‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 88 sur 222 · Que vous n'êtes à Dieu qu’à demi et que · texte numérisé non relu

Que vous n'êtes à Dieu qu’à demi et que

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vous vous partagez entre Dieu et vos aises.

entre le ciel et la terre.

2. Que vous rétractez en quelque sorte par votre conduite et par vos actions l’offrande de vous-même, que vous fites si généreuse et si complète au jour de votre profession, et que vous vous repentez presque d’avoir tant donné à Dieu.

3. Que vous abusez des grâces attachées à votre vocation et que vous ne faites presque aucun Cas des invitations, des caresses, des promesses et des récompenses de Jésus-Christ.

Sans doute,il n’est pas nécessaire de tendre à la perfection par toutes les actions qui pourraient servir à l’acquérir ; il suffit d’y tendre par la pratique des vertus chrétiennes et des vœux de religion et par l’observance des constitutions de votre instilut,—mais si vous vous mettez peu en peine des moyens qui vous sont suggérés pour vous aider à pratiquer la vertu et à observer vos vœux, n'est-il pas à craindre que vous ne tombiez dans des manquements graves ? Celui qui n'est pas fidèle dans les petites choses ne sera pas fidèle dans les grandes.

(Luc, xvr, 10.)

Sans doute, pour tendre à la perfection #/ suffit d'éviter les fautes graves, mais pour éviter les fautes graves, il est très important d’éviter, autant que possible, les fautes vénielles

Sans doute encore, d’après saint Thomas.

les transgressions de la règle, quoique renou. velées, ne constituent pas, par elles-mémes, le mépris des règles, mais il est bien difficile que

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ce mépris ne naisse pas petit à petit et qu’il ne soit difficile en pratique de dire s’il existe ou s’il n'existe pas.—-Nous parlerons plus loin de la nécessité de tendre à la perfection.

IL Mais si je n'avance pas je ne recule pas non plus.

Grave illusion que celle-là ! Sans doute on ne peut pas dire absolument ni formellement que, en théorie, ne pas avancer c’est reculer, il faut encore une certaine vie pour rester s/ationnaire au milieu d’un courant et cette vie peut suffire pour permettre à une âme de ne pas se décourager,—mais pratiquement, l’enseignement de tous les saints fondé sur l’expérience est que ne point avancer c’est reculer.

1. Parce que dans ce monde il n’y a aucun état de stabilité; cet avantage n'appartient qu’à Dieu, seul chez qui il n’y a et ne peut y avoir ni changement ni vicissitude.

2. Parce que, portés au mal comme nous le sommes, nous avons besoin d’un secours continuel et d’une grande attention pour ne pas pécher.—Notre cœur est une terre maudite qui, d'elle-même, produit de mauvaises herbes ; les passions l’envahissent vite, si à chaque instant on ne les réprime pas.

3. Parce que, dit saint Grégoire, il en est de nous qui marchons dans la vie spirituelle comme d’un homme qui nage au milieu d’un fleuve rapide ; s’il cesse le mouvement de ses membres, il recule, il est emporté par le courant.—Le chemin de la perfection que nous

notre nature corrompue par le péché, que celui qui ne s'efforce pas d'aller toujours en avant sera entrainé par l’impétuosité de ses passions.

ITT. Mais la perfection est une chose toute extérieure ; ni ma supérieure ni mon confesseur ne voit ce qui se passe en moi.

La perfection e:t intérieure c’est vrai ; mais ses «fJets se inaniftestent au dehors d’une manière pius ou moins sensible ; et c’est par ses effets que vos supérieurs peuvent légitimement juger de vos progrès ou de votre relâchement. Ils laissent à Dieu le jugement de votre conscience, ils vous disent eux, que votre conduite n’est pas celle d’une religieuse.

Voulez-vous connaître quelques uns des effets

qui indiquent les progrès d’une âme dans la perfection ?

Si vous les reconnaissez en vous,bénissez le Seigneur ; si vous ne les voyez pas, humiliezvous et soyez plus äaocile à la correction.

1. Une novice doit être devenue plus pieuse, plus calme dans sa démarche, plus modeste dans l’ensemble de sa tenue, plus douce dans ses rapports qu'une personne séculière.

Une professe doit être devenue plus intérieure, plus silencieuse qu’une novice.

Une professe de plusieurs années doit être devenue plus régulière, plus patiente, plus unie à Dieu qu’elle ne l'était l’année de sa profession.

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