MARQUES AUXQUELLES ON PEUT CONNAITRE QU'ON AVANCE DANS LA PERFECTION
Parmi les marques de nature à rassurer la religieuse sur son avancement dans la perfection,
Les unes sont surtout intérieures. — Üne religieuse peut sans crainte d’illusion, croire qu'elle est dans la voie de la sainteté, lorsqu’elle sent grandir en elle le désir de devenir plus sainte, et que ce désir est fondé sur la connaissance qu’elle a des devoirs de son état et sur l’idée que plus elle sera sainte plus elle glorifiera Dieu.
Lorsqu'elle tend tous les jours à réprimer ses penchants, son amour-propre, son caracère difficile, sa sensualité, son esprit d’'indépp dans la pensée d'être plus digne de ieu à qui elle s’est donnée.
Lorsqu'elle assiste aux exercices de commu:
nauté avec piété, avec assiduité, avec bonheur et qu’elle se sent heureuse de vivre avec ses sœurs, de prier avec elles, d’être unie à elles toutes, sous le regard de Dieu.
Lorsqu'elle est fidèle aux plus petites observances et qu’elle évite la plus légère faute de propos délibéré dans la pensée habituelle de plaire à Dieu et de contenter Dieu.
Lorsqu'elle ne se trouble pas des imperfec-
tions qu’elle commet tous les jours, mais
cepte avec paix les reproches qui lui sont faits et que, au lieu de se décourager, elle reprend sa vie calme et active.
IT. Les autres marques de perfection sont extérieures ; elles peuvent se résumer dans ce seul mot: les saints ne se plaignent pas. — A mesure qu’elle se rapproche de Dieu, à mesure qu’elle devient plus sainte, la religieuse apprend à supporter et à être contente de tout et de tous.
Elle ne se plaint ni du temps ni de l'intem.
périe. des saisons, acceptant avec calme et en silence les petites souffrances que lui occasionne la chaleur ou le froid. Ge n’est pas elle qui murmure à propos d’une porte mal fermée, ou d’un courant d'air qui la gêne. Elle ne se s'aidit pas contre la douleur mais elle la supporte sans répéter à tout le monde ce que son état de santé a de pénible et de triste.
Elle ne se plaint pas de son emploi, et quel qu’il soit, elle l’aime parce que Dieu, par la bouche de sa supérieure, le lui a confié, — Est-il pénible? elle l'aime doublement parce qu’il est plus méritoire ; est:il humble? elle l'aime davantage parce qu’il la tient à sa place et loin du regard des autres. On ne l'entend jamais dire: Je ne suis pas faite pour cet emploi ; ilest entièrement opposé à mes goûts et à mes aptitudes; \ est trop pénible; id n'empéche de prier...
Elle ne se piaint pas de sa supérieure, parce
w’elle ne voit en elle que la personne’de
ésus-Christ, et qu’elle reçoit:ses ordres, ses
‘Surtou
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Elle nuelle compl les pet
qu’on
s avis, ses réprimandes comme venant de Dieu ad À même. — Elle ne dit pas que sa supérieure manque de prudence, de savoir-faire, d’expént rience ; qu’elle a un commandement trop ferce me, trop absolu... tout ce qui lui vient d'elle A lui paraît bon.
ne- ! Elle ne se plaint pas de ses sœurs, supporase tant leurs défauts avec un sentiment de miséout ricorde et avec la pensée que ses sœurs la E supportent elle aussi, — supportant leur caem- ractère quelque difficile qu’il soit et ne laisen à sant jamais paraître la contrainte qu’elle a à CCa- se faire pour rester bonne, affable, prévenante, elle R — supportant leurs infirmités corporelles et fer- KE leur rendant tous les services qu’elle peut
Elle leur rendre.
Elle ne se plaint, ni de l'ordinaire de la maison, ni de la manière dont on la traite, soit pour le vestiaire, soit pour le logement, soit pour la place à occuper dans les différents exercices. ‘ Les sensuels, dit un pieux auteur, | puisent le mauvais esprit dans le réfectoire, tandis que les saints y puisent l'esprit de mor- | tification et de grands mérites pour le ciel. Tout est bon pour les saints; et, loin de se | plaindre, ils désirent et recherchent partout ce qu’il y a de pire et de plus pénible.”
Elle vit dans une paix à peu près conti nuelle et cette paix la rend affable, souriante, complaisante, la porte à accepter simplement les petits soulagements qu’on lui offre, à être surtout pleine de reconnaissance pour tout ce qu’on fait pour elle, DRE EEE SRE À
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