RUE DE LILLE
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Concerning the conditions and pursuits of the next life, tbere opens a world of occupations, duties and enjoyments, as numerous and varied as we find them hère ; a world wherein the life which now is, is supplemented by that which is to corne. He who has labored long and patiently to control and discipline a wayward nature, may he not properly désire and rationally expect, that he will be allowed to prosecute the task, hère so imperfectly commenced, there, where there is no flesh to be weak if the spirit be willing? Is this an unworthy conception of heaven ? Is it a conception less salutary, less elevating than that, which speaks to us of joining the angelic hosts and sharing their changeles6 a vocation? Nay, truly it is far more worthy of God and man.
Robert Dale Owen.
On sait que la plupart des rouleaux que les anciens Égyptiens avaient l'habitude d'ensevelir avec les momies, contiennent des copies plus ou moins complètes de certains textes sacrés, considérés comme des talismans ayant la propriété d'opérer ou de faciliter la rentrée du défunt dans une vie nouvelle, et de le protéger dans ses pérégrinations d'outre -tombe. Le sujet de ces textes roule presque invariablement sur la destinée de l'homme après la mort. Parmi les compositions de ce genre parvenues jusqu'à nous, le Livre des Morts et le Livre des Respirations sont connus depuis longtemps. Tout récemment on en a signalé encore d'autres, à savoir: le Livre des embaumements, le Livre du grand- prêtre Amen-hotep et le Livre royal 1 ).
Le Shaï-en-sinsin ou Livre des Respirations dont nous nous occupons ici, date de la Basse -Époque, mais on considère généralement qu'il a été rédigé à l'aide de matériaux bien plus anciens. Les nombreux exemplaires qu'on en a trouvés sont tous en écriture hiératique. Si l'on peut juger d'après les titres des défunts auxquels ils furent consacrés, le Shaï-en-sinsin a été spécialement réservé aux prêtres et aux assistantes dAmon-Ra.
M. Brugsch, le premier, a appelé l'attention des égyptologues sur ce livre intéressant et en a publié, d'après un manuscrit du Musée de Berlin, une transcription en hiéroglyphes accompagnée d'une traduction latine 2 ). Un fac-similé en écriture très-cursive qui se trouve dans l'ouvrage de Vivant-Denon 3 ), est reproduit à la fin de la publication de M. Brugsch. C'est le seul texte du Shaï-en-sinsin qui ait été publié ; encore est- il- incomplet, car il y manque une partie du § 9, les §§ 10, ll a , ll b et 12 en entier, une partie du § 14, et enfin la prescription
1) G. Maspero , Mémoire sur quelques papyrus du Louvre p. 14 et 58.
2) Sàaï - en - sinsin , sive liber metempsychosis veterum Aegyptiorum etc. Berolînii 1851.
3) Voyage dans la Haute et la Basse-Egypte pi. 136.
finale. Une bonne analyse du Livre est due à M. Birch, le savant conservateur du British Muséum 1 ).
En attendant qu'un fac-similé complet soit mis à la disposition des égyptologues 2 ) , je reproduis sur les planches ci-jointes des copies (dont l'écriture se rapproche autant que possible de celle des originaux) de deux manuscrits que possède le Musée du Louvre:
1° le No 3284, c'est-à-dire, la partie du texte hiératique qui contient le
2° le No 3291, portant au recto 48 lignes d'écriture hiératique et au verso 3 lignes d'écriture démotique 4 ).
Le premier de ces deux exemplaires sur lequel a été faite la traduction qui va suivre, comprend six pages d'une belle écriture hiératique et contient au complet les quatorze paragraphes dont se compose le livre sacré, ainsi que la prescription finale. Les variantes ajoutées au bas des planches I à V sont tirées des passages correspondants des manuscrits suivants du Louvre:
No. 3291 au nom d'Hor-si-esi, fils d'Hor et de Kaï-kaï 3166 „ „ d'Osir-aau, fils de Ta^i-ba-t 3126 „ „ de P-ser-asu-^et-u, fils d'Osir-aau 3158 „ „ de Ta-ser-paut-ta, assistante d'Amon-Ra 3121 „ „ de Ta-sa-/em, assistante d'Amon-Ra 5 ). Ces variantes suffisent pour rectifier quelques erreurs de notre texte. Plusieurs manuscrits retranchent certaines sections de la version ordinaire et les remplacent par d'autres, mais la grande majorité suit le texte du No 3284 qui paraît représenter la rédaction officielle. Il existe aussi un texte imité du Lime des Respirations, nommé le Livre des Respirations second ( ) , dont nous ne nous occuperons pas ici.
1) Introduction to t/ie Rhind papyri.
2) Il faut rendre hommage aux » Trustées* du British Muséum de la magnifique publication nFacsimile of an Egyptian hieratic Papyrus of the reign of Ramses IH now in the British Muséum* , exécutée sous l'habile direction de M. Birch. Ce beau fac-similé, qui a été généreusement offert à un grand nombre d'égyptologues , est d'un prix très-modéré et par conséquent accessible à tous les savant* ; il est destiné à rendre de véritables services à l'étude de l'écriture et de la langue de l'ancienne Egypte.
3) Voir T. Devéria, Catalogue des Manuscrits êgypt. du Louvre p. 132.
4) ibid. p. 131.
5) ibid. p. 131 à 137.
6) ibid. p. 153.
Le Shaiï-en-sinsin ne présente pas de difficultés sérieuses au traducteur, sauf dans quelques passages au sujet desquels les observations que mon savant ami, M. Chabas, m'a fournies avec son obligeance habituelle, m'ont été fort utiles. Il en est autrement des données théologiques et mythologiques que contient le texte. Je n'y ai touché que très-légèrement et je laisse aux savants auxquels ces questions sont familières, le soin de les soumettre à une étude spéciale. Cette branche importante de l'égyptologie a été en France l'objet d'investigations sérieuses de la part de MM. F. Chabas, Emmanuel et Jacques de Rougé, Paul Pierret, E. Lefébure et E. Grébaut. Je me borne ici à une traduction aussi littérale que possible, accompagnée d'une courte analyse, dans laquelle je ne m'occuperai pas des mots dont le sens est généralement accepté par les égyptologues.
Avant de terminer, il me reste le devoir agréable de remercier le savant' conservateur du Musée égyptien du Louvre, M. Pierret, d'avoir libéralement mis à ma disposition tous les textes qui se rapportent au Livre des Respirations.