‹ Le livre du bibliophileChapitre 2 sur 15 · DE LA RELIURE · texte numérisé non relu

DE LA RELIURE

"DV TEX7E

TABLiR un bon texte est d'une importance de premier ordre. C'est là le but capital d'bne réimpression, et les soins plastiques si complexes dont ce texte va être l'objet ne tendront qu'à le mettre en lumière selon toutes les convenances et, par conséquent, avec une parfaite beauté. Tout le travail de l'éditeur sera dépensé en pure perte s'il ne s'exerce pas sur un texte irréprochable. Il y doit songer et, s'il entreprend des séries, s'il forme des bibliothèques classiques ou curieuses, il faut qu'il applique, quant à la publication des textes, certaines règles déterminées d'avance, et qu'il s'assure le concours exclusif des littérateurs et des érudits qui admettent ces règles.

Voici celles que, d'accord avec nos collaborateurs, nous suivons inflexiblement pour les textes

qui entrent dan& la Collection Lemerre, dans la Petite Bibliothèque littéraire et dans la Bibliothèque d'un curieux. Chacun des volumes de ces collections reproduit les formes du texte original avec l'exactitude la plus rigoureuse. L'orthographe et la ponctuation propres à chaque auteur y sont scrupuleusement conservées. Nous croyons, en effet, que des mille détails de la ponctuation et de l'orthographe dépend, en partie, la physionomie générale d'un écrivain, et que modifier ces détails c'est altérer le caractère de l'ensemble.

Il est fréquent de voir, dans les textes originaux des écrivains du xvi*^ et du xvii* siècle, un même mot écrit de deux façons différentes à quelques lignes d'intervalle. Nous n'avons jam^^s été tenté, comme on l'est communém^ent eçciçtr^^ d'adopter pour les deux endroits une seule foçi^e grammaticale. Les deux leçons nous paraissent, au contraire, utiles à garder comme un témoignage de l'indécision Azaz laquelle a si longtemps flotté l'orthographe française.

On a prétendu que le souci des points et des virgules, des capitales et des particularités orthographiques est propre aux auteurs contemporains et que nos classiques ne l'avaient point. Mais, en réalité, un souci de cette nature n'est pas plus nouveau que ce soin de la forme qui surprend si fort le public chez les poètes modernes et qui est commun aux vrais poètes de tous les temps. Les éditions priginales des classiques sont loin de ne pré-

Page 1