DU TEXTE
La Notice biographique et, quand il est besoin, le Glossaire complètent le travail de l'éditeur littéraire.
Ce que ce travail coûte de peine et exige de savoir, d'esprit ingénieux, de sens critique, ce n'est point à nous de le dire, mais nous devons signaler ici à la reconnaissance du public lettré, les hommes laborieux et érudits, tels que MM. Marty-Laveaux, Charles Royer, Chartes Asselineau, Alphonse Pauly, Ernest Courbet, Etienne Charavay, Anatole France, F. de Caussade, Eugène Réaume, dont l'actif et intelligent concours nous a permis de publier, en moins de six années, un grand nombre de volumes dans lesquels les plus illustres de nos écrivains classiques revivent en leur intégrité première.
"DE L'KMTIiJSSSIO^f^
De« Caractères
ES caractères dit* el\éviri€ns ont été remis en honneur par M. Perrin, de Lyon. Ces caractères, fort beaux en eux-mêmes, nous donnent, pour le Ldâ cas qui nous occupe principalement, c'est-à-dire pour la réimpression des vieux écrivains, l'avantage d'un archaïsme en harmonie avec les textes. Leur emploi dans cette circonstance concourt à produire cet effet de couleur locale si justement recherché de nos jours.
Au reste, ce nom à^el\évirien ne doit pas être pris à la lettre. Ce n'est point là une désignation précise, car on l'applique indififéremment à des types du xvi*, du xvii* et même du xviii* riècle, assez dissemblables les uns des autres.
DE £'lMPRB88ION. 1)
het caractères employés par Loixia Eljsevir et par ses cinq £â, qui furent imprimeurs à Leyde, à La Haye, à Utrecht et à Amsterdam, au eommeaoement du ztix^ siède, sont loin d'ailleurs d'être plus bsaux que Ceux dont les. libraires de Lyon ou de Paris fiûsaient usage au «àdfo préoédsnt. Mais Louis Ellievir pasie pour avoir, dés la fia dd zvi* siècle, inauguré une réforme qui a préTalu : c'est lui, dit-on , qui le premier distingua dans les minuscules les « et les t, voyelles, des V et des >, consonnes. Quoi qu'il en spit, les Elzerir, bien qu'inférieurs aux Estienne pour la correction des textes, sont justement estimés comme ayant produit, à une époque où Tart de l'imprimerie sommeillait en France, une longue série de petits volumes établis avec goût et tirés avec soin. Leur mérite est gri^nd sons ce double rapport ; mais ce serait une erreur de croire qu'ils possédaient en propre les caractères connus aujourd'hui sous lear nom. Dès i$$o, Haultin^ de la Rochelle, employait les caractères dont les Elzevir devaient plus tard se servir.
Vefs 18 $5, un homme qui fit beaucoup pour son art et dont la mémoire doit étire grandement estimée comme celle d'un artiste inventif et déli* cat, M. Perrin, imprimeur à Lyoïf, trouva dans la vieille fonderie lyonnaise de MM. Rey des poinçons et des matrices du xvi* riède. Il en acquit une partie ; il dessina et fit graver les séries qui lui manquaient, et il obtint ainsi ces caractères
dont Tancienneté faisait, à proprement parler, la nouveauté, et qu'il ne contribua pas peu à mettre à la mode.
A la même époque, et poursuivant le même bat, M. Claye, l'imprimeur distingué, se livrait à des recherches dans toutes les anciennes fonderies de caractères de Paris : tant il est vrai qu'il se manifestait alors un retour vers le goût des types anciens! Mais ses efforts restèrent infructueux, et n'eurent d'autre résultat que de l'amener à constater que toutes les anciennes matrices en cuivre rouge avaient été converties en gros sous par la Révolution.
M. Claye ne se rebuta point : il poussa ses recherches jusqu'à Lyon, vieux centre abandonné d'imprimerie populaire, et c'est dans la fonderie séculaire de la Êimille Rey qu'il retrouva et acquit une partie importante d'antiques poinçons et matrices échappés à la destruction. — C'est ainsi que les maisons Pcrrin, de Lyon, et Claye, de Paris, possèdent véritablement les types du xvi* siècle.
M. Jannet, de son côté, fit fondre des caractères d'un type analogue. L'éditeur de la Bibliothèque el\ivirienne, dont la mort encore récente est une grande perte pour la Librairie, était doué d'un esprit plus ingénieux, plus industrieux encore qu'artistique. Les caractères qu'il employa, d'une forme resserrée, n'ont pas toute la pureté désirable. ' Nous n'en reconnaissons pas moins que que M. Jannet doit être cité avec honneur parmi