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ceux qui ont contribué à la renaissance moderne de l'art typographique.
Mais des difficultés sérieuses, issues de la complication des nécessités artistiques et commerciales en face d'un public dont l'éducation bibliographique était encore imparfaite, arrêtèrent bientôt Pessor des beaux livres. M. Perrin ne consacrait gnère ses excellents caractères qu'à des ouvrages d'un intérêt ou médiocre, on purement local.
A part les Sonnets de M. Soulary, et plus récemment les Œuvres de Molière, il ne sortait de ses presses que des poésies restées obscures et des travaux d'histoire provinciale. M. Jannet, qui, au contraire, avait entrepris une bibliothèque dont le cadre, trop peu défini, s'ouvrait aux vieux classiques français, avait été contraint, malgré son zèle, de suspendre ses réimpressions. Ce fut ce découragement qui détermina, dans notre esprit, la publication de la Pléiade françoise. Le prospectus parut en 186$, et le premier volume fut achevé l'année suivante. Notre dessein en publiant les sept poètes de la Renaissance était d'empêcher, autant qu'il était en nous, que l'art de réimprimer fidèlement les textes originaux, en leur conservant leur physionomie primitive, se perdit. La Pléiade servit de dédicace à notre maison.
Les bibliophiles qui ont bien voulu suivre nos travaux savent que nous avions dès lors l'idée de réimprimer, selon un plan nettement défini, les principaux monumeçu de la langue française;
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notre projet est déjà réalisé en partie. Heureux si nous avons pu donner aux livres de nos collections quelque chose de cette beauté correcte et sérieuse qu'avec l'aide de précieux auxiliaires nous poursuivons de tous nos efforts !
En mettant à part les superbes séries que possèdent les maisons Perrin^ de ^yon, et J. Claye, de Paris, les caractères elzéviriens les mieux copiés sont, jusqu'à ce jour, ceux de la Fonderie générale et ceux de MM. Laurent et Deberny ; le six, petit œil, dont nous nous sommes servi pour le Livre det sonnets et pour notre texte d'Horace, et qui a été gravé par cette dernière maison, est fort beau.
Notre souhait serait de voir copier exactement les types du xvi* siècle. On ne l'a pas fait jusqu'ici. Cependant il n'est pas de types plus beaux que ceux employés de 1525 à 1660. Les arts industriels, c'est-à-dire les arts mêlés à la vie, florissaient alors dans toute la splendeur d'une expansion unique. Le beau était chose familière et à la portée de tous les artisans. L'ouvrier savait donner une forme superbe aussi bien à une lettre moulée qu'à la grille d'un parc ou à la cheminée d'une grande salle. Lors de la Renaissance, la tournure des capitales, des itaUques, les contours de Y&, du (?, toutes les ligatures et toutes les lettres doubles avaient une beauté non retrouvée depuis.
C'est id le lieu de rectifier une erreur commune à presque tous les typographes actuels, et qu'on
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trouve ansn bien dant plusieurs des livres édités par nous que sur le titre mène des Annales archéologiques de France, Nos imprimeurs emploieot comme un F une lettre du vieil alphabet des capitales à queue qui au xvi' siècle était uniquement un J. La barre de ce J ( J) a occasionné cette confusion âcfaeuse. ïï sufBt d'ouvrir le Régnier de 1608 pour se convaincre de l'erreur et partant ne pas la commettre.
Il est bien évident que la netteté du tirage dépend, en grande partie, de la pureté des caractères, et qu'avec des lettres usées par un trop long service et passées, comnae on dit, à Tétat de têtes de clou , on ne peut obtenir qu'une impression d'un aspect trouble et confus. Tout imprimeur qui a quelque soin de son arc et de sa réputation sait qu'il doit renouveler souvent la fonte de uet caractères.
De la Mise en pages
I ' BST dans les disposition» judicieuses de la mise en pages que l'éditeur montre s'il a du goût ou s'il en est dépourvu. Dans le premier cas, il I peut se tromper; qu'on veuille bien excuser ses erreurs! Dans le second, il produit de» éditions défectueuses, et les bibliophiles n'o n
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point à se soucier de lui. Ces réflexions faites, nous nous permettrons quelques remarques.
La justification, c'est-à-^iire le contour extérieur du texte, est évidemment en relation avec la grandeur totale du feuillet. Il doit y avoir harmonie. Une marge trop grande est presque aussi laide qu'une marge trop petite. Quelques volumes étalent le faux luxe d'un petit texte perdu comme une île dans un océan de blanc. Jamais de telles fantaisies ne plairont à ceux qui savent que le beau consiste dans la convenance des proportions.
Par la même raison, des caractères trop gros sur une page de petite dimension déplaisent à l'égal d'un texte trop fin sur un grand feuillet.
Pour les livres archaïques, nous songeons tout particulièrement à ceyx qui dans leur forme extérieure procèdent du xvi* siècle ; nous demandons que les imprimeurs varient plus qu'ils ne le font la composition des titres, des têtes de chapitre et des titres courants. Ils n'y emploient que des capitales; s'ils les mélangeaient avec des italiques, des bas de casse et des lettres à queue, ils éviteraient l'uniformité, ils réjouiraient l'œil : ce qui doit toujours être le but des arts industriels. Les imprimeurs du xvi" siècle le savaient : leurs titres, peu imitables à divers points de vue, sont du moins d'exellents modèles quant à la variété des caractères.
Pour que l'aspect . d'une page soit satisfaisant,
DE L'iMPRBSfION. IÇ
il faut que la distance qui sépare les mots soit régulière et ne présente pas ces saignées, c'est-àdire ces petits canaux blancs que l'œil, désagréablement affecté^ voit parfois courir d'une ligne à l'autre, dans un trajet oblique, sur la moitié ou les trois quarts de la page. L'éditeur doit y veiller.
Pour les livres d'une véritable importance, l'éditeur tire habituellement un nombre d'exemplaires étroitement limité sur des papiers de choix, tels que hollande, whatman et chine.
Tout amateur estime à sa juste valeur un tirage de cette nature, fait avec changement d'imposition, exigeant par là les firais d'une mise en train nouvelle et présentant l'avantage de marges agrandies proportionnellement, aussi bien dans le fond que sur les trois autres câtés de la justification. Au contraire, un tirage sur papiers de choix sans changement de justification n'augmente la valeur de l'exemplaire qu'en raison de la dififérence du papier et du faible chi£fre du tirage.
Nous avons eu recours à ces deux systèmes Pour la Collection Lemerre, nous n'avons point reculé devant les frais d'une hnposition nouvelle spéciale aux exemplaires sur papiers de choix, voulant contribuera donner ^ar là à cette collection de nos classiques la richesse qu'elle comporte. Une considération particulière nous a faât employer l'autre système pour la Petite Biblio» thèque littéraire. Nous avons pensé qu'agrandir par une justification nouvelle les exemplaires de
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choix de cette WWiolhèque, c'eût été leur «ter le caractère propre à cette collection, qui doit d'êtie de petite dimensioB, d'un format de poche intime et commode.
Du Tirage
A.» Faction efficace de IMditear cesse quand il a donné le bon à tirer. C'est pourtant du tirage que dépend la bonne on la mauvaise réussite du livre, et tous les soins antérieurs sont perdus si le tirage laisse à désirer Cette réussite, qui tient en partie à plusieurs circonstances fatales, telles que les influences atmosphériques, est due encore et surtout à l'encre qu'on emploie. 51 l'imprimeur ne se procure pas une encre dont la composition chimique soit satisfaisante, les feuillets qu'il imprime maculeront inévitablement, même an 4>oat d*un certain temps. Le tirage dépend beaucoup aussi des soins qu'y donne l'ouvrier. Cehii-cî donc à sa part d'honneur ou de blâme : il est de sa dignité de s'en préoccuper sérieusement. Il fkut qu'il ait la passion de son art : on ne fait bien que ce que l'on aime.
Le rouleau qu'on emploie pour encrer est d'ordinaire en colle forte et en mélasse. Nous préféré-
DB l'impression.
rions le miel à cette dernière substance^ parce que le miel est par de scories et donne du mordant à la lettre. Par les extrêmes chaleurs il s'amollit et donne trop d'encre; par les grands froids il durdt, et, comme disent poétiquement les hommes du mitier, il n'y a plus d'amour entre le rouleau et la lettre. L'éditeur doit savoir que l'on ne doit pas tirer par des températures extrêmes.
Personne n'i^aore que la presse à bras est anjourd'hui remplacée par la machine, qui opère avec' une vitesse incomparablement plus grande. Les bons imprimeurs, pourtant, ont tous encore une presse à bras qu'ils réservent aux travaux de luxe. Nous ne manquons jamais d'y faire tirer nos papiers de choix ; nous obtenons ainsi, avec de bons ouvriers, une netteté qui se remarque surtout dans la belle venue des fleurons, des culs-de-lampe et des lettres ornées. Cette netteté, cette pureté d'aspect est due à la main humaine, qui est encore, quoi qu'on dise, le plus admisable des instruments. Il serait absurde de Youloir étendre l'emploi si lent de la presse à bras hors du domdne des produits du plus grand luxe; la supprimer entièrement serait se priver du seul moyen qu'on ait d'obtenir des tirages d'une parfaite beauté; mais il faut un bras liabile, vigilant, prompt à réparer les fautes. Une bonne machine, à tout prendre, vaut mieux qu'un mauvais ouvrier.
Un bon tirage ne doit être ni trop gris, ni trop noir; il ne doit présenter aucune différence de
nuances ni dans l'ensemble des feuilles ni, à plus forte raison, sur une seule feuille ou sur une seule page. La mise en train est Fopération qui le prépare : elle est fort importante et très^élicate. Faire soigneusement les découpages; une bonne couleur une fois déterminée, la suivre d'un bout à l'autre de l'ouvrage ; éviter les bavochures qui ont l'inconvénient d'encrasser l'œil de la lettre ; régulariser le foulage ; telles sont quelques-unes des conditions d'une belle impression. Lorsqu'elle a été bien faîte et que l'encre dont le rouleau est enduit n'est pas trop épaisse, on peut tirer : on a mis de son côté toutes les chances de réussite.
Les bons imprimeurs savent qu'il ne faut glacer ni le papier de. Chine, ni le papier de Hollande: autrement celui-ci perdrait sa beauté, l'autre deviendrait méconnaissable. On sait aussi qu'il ne faut ni glacer ni mouiller les peaux; elles doivent avoir été placées, en attendant le tirage, dans un endroit humide, tel qu'une cave, et s'être suffisamment assouplies. Après le tirage, il faut avoir grand soin de mettre les peaux entre des cartons ou des planches chargées de poids assez lourds pour que, en séchant, les peaux ne godent pas.
DE l'impression. aj
Du Satinage et du Brochage
VÂND les feuilles sont tirées, on les livre an brocheur, qui, avant toute chose, doit les faire parfaitement sécher. Le satinage opéré sur des feuilles humides les macule.
Au reste, le brocheur ne doit pas satiner indistinctement tous les papiers, parce que, si le satinage convient à ceux qui sont doux et lisses, cette opération ne pourrait que gâter ceux qui, comme le papier de Chine, sont essentiellement spongieux, et dénaturer d'une façon déplorable ceux qui, comme le Hollande, doivent leur beauté aux aspérités de leur surface et à la contexture de leur grain. Un bon satinage doit être fait feuille à feuille ; sans ce procédé, les feuilles intérieures n'étant pas satinées courraient le risque d'être maculées.
Le brocheur doit plier exactement les feuilles. Il en est qu'il coupe par quarts; s'il les coupe mal, la faute est irréparable. I! ne lui suffit pas d'avoir une machine qui coupe cinq cents feuilles à la fois ; il faut encore et surtout que ces feuilles ne soient pas coupées de travers. L'art de brocher exige, comme toute chose, une longue expérience et des soins constants. L'éditeur ne peut que commander et surveiller.
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L bonne on mauvaise ornementation d'un livre dépend du choix et de la disposition des fleurons , des culs-delampe et des lettres ornées.
Il est démontré que, pour décorer un livre aussi bien qu'une maison ou qu'une fontaine, il ne suffit pas du talent individuel d'un bon artiste, il faut adopter un style. Or un style est le propre, non d'une personne, mais d'un temps. Il est des époques qui, pour des raisons très-complexes, n'ont pas de style et sont réduites, dans les arts industriel», à reproduire et à appliquer les di£férents styles des siècles antérieurs. Telle semble être l'époque présente. Nous hasardons ces généralités avec beaucoup de réserve, mais elles nous sont inspirées de toutes parts. Nous voyons la joaillerie, l'orfèvrerie et le mobilier actuels revêtir
DB k'OKNBMBNTATION. 95
kt forints les plus belles et les pins canctéristiqiies des styles anciens, sans en inangarer beaucoup de nouvelles. Nous dirions, si c'était ici le moment, que l'architectnre, qui fournit communément à tous les arts industriels les motifi essentiels dont Pe»semble constitue un genre, un style, ne leur offre guère, dans la période contemporaine, que des réminiscences d'origines diverses et peu propres k former un ensemble harmomeuz.
Malgré ce qui a été tenté de i8j$ à 1845, Fart moderne, livré à ses seules ressources, n'a rien apporté de caractéristique k la décoration du livre. Les artistes ont illustré les textes de vignettes dont quelques-unes ont un grand mérite intrinsèque; ils n'ont imaginé aucun système ornemental d'une physionomie particulière. Le GU Blas avec les bois de Gigoux et le Paul et Virginie publié par Curmer sont des livres à juste titre recherchés pour les excellentes figures qu'ils contiennent, mais ces figures, qu'elles soient hors du texte ou dans le texte, sont des st^ets et non des omementi. Ce sont autant de petits tableaux composés uniquement en vue d'eux-mêmes et nullement dans un but de décoration.
Le zvi* siècle est le grand siède de l'ornement typographique. Alors les fleurons, les lettres ornées, les culs-de-lampe, sont riches en motifs de la plus belle frappe. C'est l'époque des lettres nieUées, des lettres à fond sablé, des lettres à sujets. Les ornemente venus d'Italie, délicatement
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modifiés par la main française, portent tous Tem- .preinte d'an style unique et magistral.
En ce temps-là, des artistes illustres, les Jean Cousin, les Geofifroy Tory, les Petit Bernard, ne dédaignaient pas de dessiner des lettres et des ornements pour de beaux livres.
Le xvu* siècle néglige l'ornement et s'applique .surtout à la composition des grands sujets, des frontispices et des portraits superbement dessinés et gravés.
Le XVIII* siècle, le siècle charmant du rococo, associe avec un art exquis le sujet à l'ornement et mêle heureusement l'illustration et la décoration.
Cest sous Louis XV que de petits culs-de-Iampe, commencés à l'eau-forte et finis au burin présentent des Amours et des Génies dans des ornements de coquille et de rocaille.
Alors les grands petits maîtres de la vignette, les Eisen, les Cochin, les Gravelot, les Marillior, ornementaient eux-mêmes les livres qu'ils illustraient. Les gravures sur cuivre prenaient place dans le texte même, en haut et en bas des pages^ variant à l'infini sur les feuillets les motifs que portaient, dans le même temps ^ les trumeaux et les dessus de porte des boudoirs, ou les moulures des œils-de-bœuf aux façades des châteaux.
Nous ne rappelons de l'art de la Renaissance et de l'art du xvui* siècle que ce qui est strictement nécessaire pour indiquer l'application qu'on en peut faire à la décoration des livres nouveaux.
DE l'ornementation. 2/
Pour nous, qui nous sommes particulièrement occupé de la réimpression des écrivai&s classiques en caractères dits €l\iviriens, nous avons dû adopter, pour les ornements, le style du xvi*^ siècle, qui est le plus en rapport à la fois avec la forme typographique et l'esprit de nos auteurs.- Une copie exacte de tels ou tels' fleurons, de telles ou telles lettres ornées, nous a paru œuvre en quelque sorte stérile et d'ailleurs d'une exécution peu satisfaisante. Nos procédés actuels de gra* vure, étant plus délicats, plus fins que ceux d'autrefois, sont par cela même mal applicables à la reproduction servile des bois du xvi* siècle. Nous ne saurions imiter aujourd'hui la taille épaisse, large et peu minutieuse de 1» vieille gravure d'ornement. Nous sommes forcés, dans une simple copie, d'amaigrir le trait et d'ôter de la sorte à l'ensemble quelque chose de son caractère. Aussi avonsnous été heureux que M. Renard, artiste d'un rare talent décoratif, voulût bien dessiner pour nous des bois, des culs-de-lampe et des alphabets niellés qui, par le style, procèdent de la Renaissance, mais qui, par la liberté des combinaisons et la nouveauté du faire, sont des œuvres originales. g^ Les vignettes sur cuivre, intercalées dans le texte, comme fleurons ou culs-de-Iampe, à la façon du xvui® siècle, nous paraissent également fournir des ressources décoratives à l'éditeur moderne, mais à la condition qu'elles soient non point seulement de petites compositions, de petits
a8 LE LIVRE DU BIB£IOPKI£R.
tnUsaaz 90. miniature^ mait bien des ornements en rapport avec les dispositions typographiques de la page; le graveur alors devra songer moins à la perfection et au fini de son travail qu'à la diS" position des ombres et des lumières et à l'effet de l'ensemble,
11 n'est pas ' dans notre sujet de parler de l'illustration proprement dite. Nous ferons seulement une remarque qui, si simple qu'elle soit, est rendue utile par la tendance que certains amateurs ont à estimer les livres à figures indépendamment du mérite même de ces figures. Il ne suffit pas qu'un livre contienne plusieurs eaux -fortes pour être un livre précieux; il faut que ces eaux-fortes soient bonnes en elles-mêmes, et, en outre, il est à désirer qu'elles soient en harmonie avec l'esprit et la forme du livre qu'elles illustrent; sans cela, ce sont des images qui nuisent aux livres, au lieu de les orner et de les servir.
igP
*D1) T(i4TrE*Il
iiv qu'on se genre aujourd'hui de papier de coton pour la presque totalité des livres, le papier dit de Hollande est le seul qui soit durable, solide, riche, et convienne aux livres de luxe.
Ce papier n'est pas originaire de la Hollande comme son nom pourrait le faire croire : après la réTOcation de l'Édit de Nantes, les principaux fibricants français allèrent exercer leur industrie en Hollande et nous envoyèrent dès lors leurs piodnits.
La maison Blancbet et KJéber, qui fabrique son papier à Rives et dont le dépôt est à Paris, obtient nn papier façon de Hollande, pur fil, d'une excellente qualité. Ce papier, résistant et sonore, doit à l'Intégrité même de la matière première d'être très^ •ec, nn peu bleu et un peu cassant.
La maison Darsy, qui reçoit le dépôt des fabriques de Dambricourt frères, de Saint-Omer, fournit un papier d'un moelleux et d'une blancheur trèsagréables, dus, sans doute, à l'emploi d'une faible partie de coton.
Nous citerons encore la maison Morel et compagnie, qui fabrique à Arches (Vosges) des papiers de fil excellents.
Bien que les produits de ces fabriques françaises soient très-satisfaisants, nous devons nommer ici la maison Van Gelder, d'Amsterdam , dont les dépositaires à Paris sont MM. Havard et Lips, qui naguère donnait un papier bleuté d'un aspect déplaisant et qui maintenant égale, avec ses papiers d'un ton un peu |aune, les produits de nos meilleures fabriques.
Les papiers anglais, très-collés, d'une extrême blancheur, n'offrent pas des garanties exceptionnelles de durée, mais ils présentent une netteté d'aspect vraiment admirable. Ceux de la marque Whatman, entre tous, sont d'une pureté qui les rend particulièrement propres 'à ■ recevoir les dessins au lavis des architectes. On comprend que des papiers d'un tissu aussi régulier et aussi fin doivent concourir sérieusement à la magnificence d'un livre.
Une modification importante s'est introduite dans la fabrication du papier : les pilons, qui autrefois broyaient le fil, ont été remplacés par des cylindres qui le tranchent et le hachent. On