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LE LIVRE DU COLON 51 Grenouilles & Wawarons
Est-ce tout ce que nous avons comme petits ruisseaux ? Non.
Dans les lacs et les marais environnants votre chantier, il y a des centaines et des milliers de wawarons qui font un vacarme du diable, pendant les soirs d'été ; c’est bien le moins qu’ils en paient la façon. Attrapez-les donc avec un hamecon placé au bout d’une petite ficelle de 3 ou 4 pouces et d’un grand manche ; pour cela, attachez un petit morceau de flanelle rouge à ‘namecçon et passez cette petite amorce sous le nez de la grenouille qui avale amorce et hamecon ct qui se trouve prise, Coupez les cuisses en bas des reins, et je.ez tripes et carcasse à vos cochons. Quant aux cuisses, vous leur enlevez la peau de haut en bas— cela s'arrache comme un calecon ; puis salez légèrement ces cuisses, couchez-les proprement dans une caisse avec des feuilles de fougère bien fraîches, et envoyez-les à Montréal, à Québee où à Ottawa chez un marchand de poissons où un restaurateur de première elasse. Les cuisses de wawarons se vendent environ ? cents la livre, et il faut environ 5 wawarons pour une livre de cuisses.
Vingt-cinq wawarons rapporteront done une piastre, cent wawarons rapporteront $4.00.
Je connais des jeunes gens qui £: -ont fait $200.00 en deux mois rien qu’en vendant ainsi des cuisses de grenouilles.
Vos petit: garçons peuvent en faire autant.
Le travail des enfants
Je vous ferai remarquer en passant que plusieurs de ces petits travaux peuvent être confiés aux enfants. Au Canada, ne ne fait pas assez attention au travail de ce petit monde.
On les laisse galvauder jusqu’à 8 ou 9 ans,puis on les envoie à l'école : après cela, il est trop tard pour leur remettre en tête le goût du travail des champs. Il faut donc les entrainer dès le premier âge en les intéressant à des travaux proportionnés à leurs forces.
Quelques cents par semaine les encourageront, et en ayant
soin de Les payer réculièrement et surtout de ne jamais les tricher, on les aecoutumera à l'économie et aux affaires. I apprendront mieux à calculer de cette facon qu'en alle à l'école deux ans de plus.
Dès qu’ils seront en état de travailler, achetez-leur donc un petit ratcau, une petite brouette, ete, : confiez-leur un coin du jardin, donnez-leur quelques poules, laissez-leur le soin de lever les œufs, de nettoyer le poulaillr, de préparer la bouette des animaux et surtout de nettoyer les alentours de la maison, de ramasser tous les outils qui traînent, de les mettre toujours à la même place et de charrier sur le tas de fumier tout ce qui encombre les environs. Une brouettée de balayures par semaine, denne cinquante-deux brouettées par année : en jetant un peu d'eau sale sur ces déchets (eaux de savon, eaux de lessive. etc.), vous aurez au printemps deux ou trois tonnes de terreau qui conviendront magnifiquement à vos jardinages. Faites faire ce travail par vos jeunes et surtout payer-les. Vous y gagnerez et les alentours de votre maison auront un meilleur aspect,
Cest déplorable de voir combien on néglige ces détails à la campagne: tout est à la traîne : les copeaux s'éparpillent de tous ls côtés au lieu d’être maintenus dans un cadre fait avec quatre billots ; les outils restent au soleil et &:ns la cour, au risque d’estropier le monde et le bétail ; et pendant ce temps, les enfants galvaudent dans les b ‘’nicher des oiseaux, et le patron luimême fume la pipe de..n davette du pocle en disant qu'il n’a rien à faire.
Articles en bois
Mais...reprenons le cours de nos petits ruisseaux, car il en reste encore et je crois même qu'ici c'est presque toute une petite rivière qui roule, en gazouillant, des pépites d’or.
N'est-il pas vrai, en effet, que vous n‘avez pas toujours l’occasion de faire des gros travaux et que vous n'avez rien à faire pendant les jours de pluie, pendant les soirs d'automne et les longs mois de l’hiver ?
Pourquoi ne travaillez-vous pas pendant ces heures de chômage ?
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