NOMS DES VARIÉTÉS PRÉFÉRABLES
Betterave (jaune ovoiïde) | !f de livre fo.o7 Blé d'Inde canadien jaune 4 épis
Carotte guérande jaune) | Ionce
Chou (Henderson d'été) 1 paquet
Chou de Siam (Champion) .. | !{ de livre Citrouille canadienne (jaune et verte) % de livre Concombre (épine blanche) 1 paquet Fève rameuse (jaune Lima)... 1 paquet Navet blanc (Globe) ..| K de livre OHRPONFOUTE DIU R re e 1 paquet
Vous voyez que c’est bien modeste, mais mon livre est surtout pour les colons qui ne sont pas millionnaires : les autres pourront ajouter à cette liste des graines de salade pommée © Pierre blanche, ” de melon “ananas d'Amérique,” de persil frisé double, de rhubarbe Victoria, de radis rouge écarlate, etc.
Ils en trouveront le prix dans les catalogues que distribuent les marchands de graines.
Quel que soit l’état de votre fortune .je vous recommande cependant de consacrer quelques sous à acheter un paquet d’angélique, de sarriette d'été, de betterave à sucre de France et deux ou trois onces de graines de soleil.
Quant au tabac, je n’ai pas de conseils à vous donner : chacun son goût, moi je fume de préférence le vrai canadien, qui vient bien dans ros terres neuves.
Dites au marchand qui vous vendra vos grainages de mettre quelques paquets de graines de bouquet par-dessus le marché ; ça sera r la ménagère.
Î. 1dez lui aussi un catalogue en français ; vous y trouverez les renseignements nécessaires pour semer convenablement toutes ces graines.
En s'y prerant à l'avance, votre femme peut aussi vous exempter quelques dépenses en conservant les graines de semen- Ces potagères qu’elle Peut trouver à sa portée : graines de to. mates, de concombres, de citrouilles, de melons.
Achetez aussi, sur le marché, deux ou trois navets, autant de betteraves et de carottes ; choisissez les plus belles : Le printemps venu, vous les planterez P'oprement dans un coin de votre jardin : ça vous servira de porte-graines et vous sauvera d’autres dépenses,
Quant aux grains Propremient dits, avoine, seigle, orge, sar- 'asin, ainsi que la graine de trèfle et de mil, on recommande énéralement de les acheter sur place : Ça coûte quelques cents de plus, mais on sauve le coût du fret et on obtient ainsi des variétés acclimatées à la région.
Surtout, n’ache:ez que du meilleur, quitte à en acheter moins : la graine de mil sale, où Pavoine éventée, coûte toujours trop cher, même à cinq cents le minot.
Vous pouvez aussi obtenir quelques graines de semences, légumes, grains. natates, etc., en écrivant à la Ferme Expérimentale d'Ottawa. Demandez qu'on vous envoie ce qui convient le mieux Pour votre terre (terre légère, terre franche ou terre forte). Ecrivez autant que possible avant le er de mars de chaque année, Vous obtiendrez ainsi deux Où trois livres d’excellentes semences, et en continuant ainsi pendant quelques années. Vous aurez bientôt tout un assortiment de plantes de choix qui Vous permettront de recueillir vous-même Vos graines de semence, sans qu’il vous en coûte un sou.
Adressez votre lettre comme suit :
À Monsieur le Directeur, Ferme Expérimentate Centrale, Ottawa.
En même temps, demandez Jui de vous Envoyer ie dernier “apport des ferm,r CXpérimentales (en francais) : c’est un gros livre publié par le gouvernement Pour renseigner les cultivateurs. Il y a là bien tes choses aui ne Peuvent pas immédiate.
ment vous servir, mais VOUS y trouverez quand même de bons renseignemeLts—e Ça ne coûte rien.
Quand partir ?
C’est encore toute une question, et la réponse dépend des circonstances.
Si vous avez l'argent nécessaire pour vivre iusqu'à la récolte de l'an prochain, et vous acheter une vache dès le printemps, partez cet automne, Ca vous donnera de l'avance : vous pourrez bâtir votre chantier en arrivant, et tandis que votre femme s'occupera des petits détails de l'installation. vous aurez le temps d'efferdocher quelques arpents de terrain dont vous abattrez le gros bois durant l’hiver.
Mais si vous n'avez pas d'argent, et s’il vous laut, dès le premier hiver, abandonner votre chantier, je crois qu’il vaut mieux attendre au printemps, surtout si vous avez de Pouvrage où vous êtes.
Vous le voyez, il est difficile de donner une réponse fixe, parce aue les circonstances changent et qu’une chose avantageuse pour Louis peut causer la ruine de Robert.
Installation
Vous voici done sur votre lot avec armes et bagages y compris, si possible, un ou deux voyages de planches, Si vous ne voulez pas bâtir votre chantier en arrivant, afin de forcer le détrichement, faites-vous une cabane, pointue ou carrée, avec la planche que vous avez emportée : recouvrez-la avec des écorces Ca des auges de cèdre, mettez des branches de sapin comme plancher en les plaçant en écailles de poisson, pour cacher les gros “ofons. En plaçant cette cabane à l'abri du vent du nord, Vous pouvez v dormir sans cainte jusqu’à la Toussaint, même sans la fermer du devant. Le soir, vous faites un bon feu à l'entrée, vous vous entortillez bien dans votre couverte, et bonsoir !
Cette méthode vous permet de vous mettre à l'efferdochage de suite, et à mesure que vous rencontrez une épinette ou un sapin qui peut vous convenir pour bâtir, vous l’abattez, l’ébran-
chez, le coupez en longueur et le laissez sur place, Entre temps, ‘ous Vous ferez une échelle d'une vingtaine de pieds avec deux épinettes et des rondins—votre tarrière, votre hache et votre couteau de poche suffiront Pour cela.—Ramassez ensuite de Ja Inousse : mousse de roche, mousse d'érable, de frêne, de merisier, etc., et faites-là sécher à l'ombre et à l'air.
Puis, quand tout sera prêt et que vos voisins auront fini leurs récoltes, vous donnerez un bi pour monter Je corps et la charpente de votre chantier,
Personne ne vous refusera un coup de main : c'est dans les coutumes du pays.
Aussitôt le chantier fini, faites deux ou trois grosses attisées en ouvrant portes et chassis pour chasser l'humidité, et si possible, ne couchez dans ce chantier qu'après l'avoir chauffé ainsi un jour ou deux.
Si vos moyens ne vous Permettent pas d'acheter toute la planche nécessaire, employez celle que vous avez pour la couverture, et mettez des branches de Sapin comme plancher, ou bien encore des écorces, mais je vous préviens que les arbres sont durs à écorcer, excepté en juillet et août.
Vous pouvez encore couvrir votre chantier avec des auges en cèdre, et les voisins vous diront comment faire cela, mais autant que possible, ayez de la planche. Vous achèterez ensuite, si vous n’avez pas déjà, trois ou quatre rouleaux de rapier goudronné, et vous étendrez ce Papier sur la couverture quand il ne vente pas, placez des tringles pour le tenir. Ces tringles seront mises de haut en bas et non Ce gauche à droite pour laisser couler l’eau de pluie et la neige fondue. Pour Ja même raison, faites votre couverture pas mal à pic.
Entre temps, vous rechaussez bien le bas de votre chantier avec la terre que vous avez tirée de votre cave, S: vous ne faites pas de plancher, vous ne Pouvez naturellement pas faire de Cave. En ce cas, prenez de Ja terre aux environs Pour rerhausser. Ce travail est indispensable et vous sauvera bien des maladies. Reste à calfeutrer les fentes, Joints, etc.
Vous bouchez les plus gros joints avec des éclats de cèdre, de bois blane, du Sapin, ete., puis vous achevez de boucher les trous avec de la mousse que vous enfoncez avec un bo :t de bois
taillé en ciseau, pas trov aiguisé, sur lequel vous cognez avec un rondin.
S'il y a de la terre glaise dans les environs, faites vous du mortier, voici comment : prenez de cette glaise par pelletées : faites la cuire en faisant un feu à l’entour, puis écrasez-là e1 poudre ; délayez-en deux ou trois terrinées dans un seau d’enu, avec un peu de sable et de mousse ou même sans rien du tout, et servez-vous en pour bousille
Si vous n’avez ni glaise ni chaux pour faire du mortier, ma foi ! il faudra se contenter de la mousse.
Maintenant, si votre voisin * des vaches, demandez lui deux ou trois brouettées de bouse, qui vous serviront pour bousiller, mais d'une manière ou de l’autre, bouchez bien tous les trous ; surtout les petits : c’est par les petits trous qu'entre la mort, et puis, cela vous sauvera trois ou quatre cordes de bois par hiver : le bois ne vous coûte rien, mais il faut une journée pour en débiter une corde et vous n’avez pas de temps à gaspiller.
Dès que le chantier est habitable, faites venir votre femme. avec le reste de votre petit bagage, si ce n’est déjà fait.
Defrichement
Que vous soyez arrivé le printemps ou l'automne, vous voilà donc installé, du moins à peu près. Petit à petit, vous vous perfectionnerez, vous ferez un clemin pour aller chercher de l’eau, puis un grand cadre avec 4 billots retenus par des piquets, pour empêcher les copeaux de s'éparpüier partout, puis une shed avec des écorces ou des branches pour abriter votre meule et le bagage qui ne peut entrer dans le chantier : etc.
Laissons cela maintenant et parlons du défrichement.
Pour défricher profitablement, il ne suffit pas de se lever à 3 heures du matin et de laper dans le tas jusqu’au retour des étoiles ; il faut faire du ton ouvrage.
Prenez donc d’abord votre s.. 2 ou faucille ct enlevez toutes les ferdoches, en commençant auprès du chantier. Autant que possible, arrachez les ferdoches au lieu de les couper. Puis.
LL LE LIVRE pu COLON
fans un petit feu d’écorce et de bois » ort bien sec, et jetez-v vos ferdoches à mesure : ça brûlera pourvu que vous avez le soin de relever votre feu de temps en temps. A mesure que vous Vous éloignez, faites de notiveaux feux—et ainsi de suite. Durant Jes premiers temps, ne vous servez de la hache que le Inoins possible : vous n'y êtes pas habitués peut-être et une foudure est vite attrapée, Ne restez Pas non plus trop longtemps ac. Croupi pour travailler : cela étourdit—variez votre ouvrage, Coupez un PEU, arrachez les racines, culbe - les souches pourries, attisez vos feux.
Le lendemain matin. Prenez la hache, mais rien que pour une heu.e, abattez Jeux OU trois petits sapins ou épinettes, ébranchez-les, brûlez les branches—billez, c’est-à-dire coupez l'arbre en longueurs de 10 à 12 pieds, Puis, avant de vous sentir fatigué de la hache, repsenez la Sape ou la faucille et continuez l'efferdochage, Au bout de quelques jours, vous aurez ainsi le tour de la hache, et pourrez battre pendant quelques heures,
Si vous êtes en automne, il vaudra mieux forcer sur l’effer. dochage jusqu'aux neiges et bucher le gros bois en hiver, à moine que Vous ne soyiez obligé d’aller en chantier.
En ce cas, calcalez votre affaire pour arriver à peu près juste.
Si votre voisin Peut vous louer son cheval, sortez tout le bais qui peut vous servir : bois de corde, piquets de clôtures, perches, ete. Mettez ca an ro// way, sur des traverses, en attendant l'heure de vous en servir,
Quant à l’autre bois, laissez-le sur place pour le brûler le printemps venu.
Surtout, ne craignez pas de mettre de côté autant de bois que possible : bois franc, billots. perches, piauets, ete. vous en aurez besoin plus vite que vous ne le crovez,
Ce bois, quand il est placé sur de bonnes traverses (r0/1 ways) qui l’empêchent de toucher terre, qu’il est bien aéré au moyen d’autres traverses placées entre chaque lit, et qu'il est abrité contre le soleil ot la p'uie par une Couverture en écorces a en planches mises sur des perches retenues par des fourches de bois piquées en terre, peut se conserver ainsi pendant n7». sieurs añnées, el au bout d’un an ou deux le colon sera bien aise
de trouver ce bois à sa porté : plutôt que d’aller en chercher à 25 où £0 arpents pour se chauffer, pour bâtir ou faire des clôtures. Ajouions qu'en brûlant tout son bois, le colon massacre sa terre en détruisant tout l'aumus qui la recouvre. Cet humus, composé dé feuilles pourries, est ce qui rend le sol fertile. Qu'on le brûle et il ne reste plus que du sable, de la roche ou de la glaise qui ne donneront parfois que de pauvres récoltes, même malgré la richesse des cendres.
Il est bien vrai que les terres neuves sont quelquefois acides et que le feu a la vertu de corriger ce défaut ; mais un simple feu de branches suffit à atteindre ce but.
On pourrait même s’exempter complètement de b: terre neuve, en X répandant de la cendre ou de la chu
Ce qui détruit l’acide, ce n’est pas en effet le feu lui mais la pot sse contenue dans la cendre que le feu donn
Ajoutvus «ue, dans les bois francs ou même dan: mêlés où le bois franc domine, la reugle, c’est-à-dire la de terre acide qu'on cherche à détruire pur le feu, : qu'assez rarement sur une épiasseur capable de nuire, et q firait souvent, pour aoir une bonne récolte sur ces terra de donner un bon coup de herse.
LD'aatre part, le colon devant s’efforcer, comme on Le vert tantôt, de cultiver des légumes la première année, et trava s’exécutant surtout à la pioche, on comprend que, même s
terrain un peu veugleux, on pourrait s’en tirer sans bi chose que des branches et des ferdoches.
L'heure venue de brûler, on réunit tout le bois büchers et on met le feu, en relevant à mesure les Il vai mieux brûler les tas qui sont près du chantier, |}: soir, et toutes petites quantités à la fois, alors que le vent est tombé, ] crainte des accidents.
Inutile, au reste, de recommander la prudence : il suffi parfois d’une étincelle pour ruiner un homme.
Il existe une autre méthode de défrichement qu’on nomme l'abattis plat : on l'emploie surtout dans les bois mous (sapinièeres ete.) Ici, on n’efferdochera pas du tout. On abat tout le gros bois, arbre sur arbre, en ébranchant et en billant à mesure, puis