‹ Le livre du compagnonage (volume 2)Chapitre 18 sur 67 · ORIGINE ©ES SOBRIQUETS · texte numérisé non relu

ORIGINE ©ES SOBRIQUETS

Il est probable que dans les premiers temps du Compagnonage, en crainte des docteurs eu théologie i, les cérémonies avaient lieu dans les profondeurs des bois. Il est probable aussi que tous les Compagnons hurlaient. Leurs hurlements étaient plus ou moins graves , plus ou moins aigus, selon lés Sociétés; de là sont venus sans doute ces sobriquets : Loups, Loups- Garoux , Chiens, etc., etc.

D'autres prétendent que le nom de Chien, attribué à tous les Compagnons du Devoir, Tient de ce gue ce fut un chien qui découvrit le lieu où gisait sous des gravats le cadavre d'Hiram, architecte du Temple, et que, d'après

* L'histoire ne non» instruit pas de tontes les persécution» que le Compagnonage a eu à subir. D'après le père Hélyot , voici ce qui se serait passé en 1645 :

« Il y avait parmi les Compagnons artisans de chaque mé- « lier, dit-il , certaines maximes exécrables et sacrilèges qu'on t appelait vulgairement le Compagnonage, d'autant plut c dangereuses qu'elles étaient cachées sous le voile d'une piété c apparente, et qu'on pouvait les embrasser avec une entière c assurance d'impunité , parce qu'elles étaient ignorées de* t juges ecclésiastiques : mais en ayant été avertis par le wc viteur de Dieu qui n'avait pu les détruire par ses chari- « tables remontrances, ils les condamnèrent à sa sollicila- < lion , et défendirent , sous peine d'excommunication , les « assemblées pernicieuses de ces Compagnons. Us les avaient « transportées au Temple au Marais , comme dans un lied c exempt de la juridiction de l'arehévéque ; mais ils en furent i chasses par sentence du bailli du Temple, à la requête du « bon Henri , qui obtint aussi une sentence d'excommuuica- * tton de l'archevêque de Toulouse contre eeux de son dipr*

cela, tous les Compagnons qui se séparèrent de ceux qui avaient tué Hiram furent appelés de ce nom de Chien.

Sur le sobriquet Dévorant je dirai : le De- Toir est un Gode; c'est l'ensemble des lois et des règlements qui dirigent une société, ceux qui possédaient un Devoir furent nommes Devoir ants, puis Dévorants.

Sur le sobriquet Gavot, voici ce que Tondit 2 quand les Compagnons du Devoir de Liberté, arrivant de la Judée, débarquèrent en Provence, ils se réunirent sur les hauteurs de la Sainte-Baume; de là ils descendirent dans les vallées et dans les plaines pour se répandre ensuite dans les villes. Ceux qui les virent descendre de la monta&ne dirent : ce sont des Gavots, et ce nom leur fut conservé. Je ferai observer qu'en Provence on appelle Gavots les habitants de Barcelonnette et tous les autres habitants des montagnes.

c qui se laissaient aller dans ees exeès de libertinage, et 11 eut c enfin la consolation de voir le Compagnonage entièrement « aboli, malgré tontes les oppositions qu'il trouva dans cette < sainte entreprise. »

Voir a ix bibliothèques royales et autres l'histoire des Ordres monastiques, par le père Helyol, tome vm, page 179.

Le bon Henri ou Michel Bach était un dévot ; il voulait que les Compagnons vécussent dans le célibat , et suivissent les pratiques religieuses en usage chez les moines : n'ayant pu réussir dans son projet , il dut naturellement les dénoncer et les calomnier : c'était très-natnrel et surtout selon Tordre do temps.

Les auteurs du dictionnaire de Trévoux ont reproduit, à l'article Compagnonage , le passage ci -dessus sans ajouter un mot de réflexion ; ils ont cru le Compagnonage mort quand il était seulement forcé de se cacher. Le Compagnonage est comme le chiendent ; on a bean couper sa tige, Il travaille et croit sous terre, puis il reparaît à ta surface toujours plut

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