‹ Le livre du compagnonage (volume 2)Chapitre 30 sur 67 · PÈLERINAGE · texte numérisé non relu

PÈLERINAGE

Il était autrefois peu de Compagnons qui fissent leur tour de France sans faire un pèlerinage à la grotte de la sainte Beaume, en Provence; ils en revenaient munis d'images symboliques et de rubans ou couleurs embellis de dessins mystérieux. Tout ce qui venait de là était réputé, sur le tour de France, comme chose sacrée. Une partie des Compagnons qui passent en Provence visitent encore la sainte Beaume, lieu où la Madeleine, après le supplice de Jésus-Christ, se retira, dit-on, et mourut. Malgré la marche du temps, le culte et le pèlerinage ont conservé de leur sainteté et de leur poésie. Cette grotte humide et sombre, ces montagnes imposantes chargées d'un bois que les Compagnons appellent sans pareil, produisent toujours sur l'âme des pèlerins qui les visitent une impression profonde : on n'a jamais vu , dit-on, dans le bois sans pareil, le moindre vestige d'animal.

Les Compagnons partent de ce lieu avec des rameaux de ce bois, passés tout autour de leurs chapeaux, et une branche à la main ; ils portent aussi sur eux le carquois ou rouleau de * ferblanc qui contient les précieuses couleurs, le saint piton et le chapelet d'ivoire. On nomme tout cela réunit jeu ou pacotille, et coûte 40 francs.

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