REMERCIEMENT
Dans beaucoup d'états, quand un Compagnon a fini son tour de France et qu'il veut se fixer dans un lieu quelconque, il remercie sa Société, c'est-à-dire qu'il s'en retire muni d'un certificat, à lui délivré dans une grande réunion, par ses confrères, certificat attestant la moralité et la conduite sage de celui qui t'obtient : ce certificat est une sorte de congé. Celui qui a remercié n'appartient plus à la Société active, il n'y doit plus rien, il est indépendant ; il reste cependant attaché de cœur à cette Société et Panne comme un bon soldat aime son régiment et ses vieux compagnons d'armes, avec lesquels il a souffert et combattu long-temps; il l'aime même à un degré supérieur, car son attachement fut toujours libre et ne dura qu'autant qu'il le voulut : aussi cette Société pourrait encore dans une grande occasion compter sur sea secours pécuniaires et sur sa personne.
Il est des Sociétés où l'on ne remercie jamais; eelle des Compagnons étrangers tailleurs de pierre, est de ce nombre.
Dans beaucoup de villes, on voit des Compagnons retirés du Compagnonage actif, former entre eux une sorte de société de secours mutuels qu'ils ne quittent qu'avec la vie. Cette dernière Société commence à se pratiquer dan»
chaque corps d'âat, et s'étend insensiblement sur plusieurs points. Les hommes sentent de jour en jour davantage le besoin de s'unir par des liens doux et durables.