LE BANQUET
An : Giroflée an printemps,
rnsFRAiH.
Est-il plus heureux sort I If otre Fête est charmante :
L'on 7 boit , Ton y chante Bans un parfait accord.
Il n'est rien de plus agréable Que de voir ses nombreux amis Bangé* autour de cette table,
Ou soi* des vins, des mets exquis»
Ouaad nous Jetons notre patrone , Lfrrés atix transports les plus doux , Afpipocbe qui voudra du troue, Oh ! uous n'en sommes point jaloux.
Estâlpkis,ete.
Sujets soumis de l'étiquette (On bon vieillard me l'a conté), les grands seigneurs, dans une fête»
Ignorent la franche galté.
tes Compagnons , c'est autre chose :
Toujours contents, toujours joyeux, Leur banquet est l'apothéose Qui les élève au rang des dieux.
Est-il plus, etc. -
Non , point d'erreurs accréditées , Point de pronos adulateurs, Point de manières affectées , Ni de trompés ni de trompeurs.
Oui , la franchise la plus pure Préside en ce riant salon , les gais disciples d'Epicure, les vrais enfants do Safomon.
Est-il plus , etc.
Yainement l'inquiet avare Entasse trésors sur trésors :
Il passera nu le Ténaro ' ; Pluton l'attend aux sombres bords, Laissant aux niais leur abstinent* Les Compagnons de Liberté Savourent en paix l'«xisteace, Et puis viennne l'éternité!
Est-il plus heureux sort !
Notre fête est charmante;
L'on y boit , Ton y chanta
Dans un parfait accord.
* Le mot Ténare a deux acceptions; «nekmnement il désignait les enfers, ou un «adroit «enter-
— Ml —
Tain du prenamaeire do Malet, 4mm la mw«v qui y conduisait Je Pemptoie ici dans ce dernier sens.
HOMHWGI AUX POÈTES \
An : A soixante au H ne ftnt pat remettre, ocr dn ton Viem«d (deneraager).
Sans être aimé du dieu de l'Harmonie , Peutonchanter comme chanta jadis Ce Bon Accord, dont le bouillant génie Touchait les coeurs, enflammait les esprits? (bis) Oui , Marseillais, ta voix retentissante, Prédominant sur les plus beaux accords (M*), Changeait soudain, tant elle fut puissante, Lealieux muets en lieux d'heureux transports(*>&)*
Tu célébras l'antique renommée 9
De Salomon , notre grand fondateur;
Par ta satire incisive , animée ,
Tu fis rougir le sot et l'imposteur.*
Ton hymne saint», qu'à genoux je contemple,
Monta , porté sur de mâles accents ,
Et retentit dans l'enceinte du temple,
Depuis la voûte à ses creux fondements.
Sans Apollon , Nantais, prêt à bien faire, Sût-il produit des odes , des chansons D'un goût exquis, d'une diction claire, Sur des sujets variés et féconds. Soit qu'il chantât l'Honneur ou la Victoire1, Ou la Concorde ou l'Amour fraternel , Ou Percheron et les Palmes de Gloire, Il est profbnd , brillant et solennel,
Sans AnoHon, ce dieu qui tout éclaire , Fous n'eussions pas entendu tour à tour 4* liberté n'êH pas une chimère*, Et d'autre» chants dignes de notre amour*
H fut «ai» doute inspiré jeune encore *, Ce Bourguignon , ce La Fidélité Qui célébra d'une voix si sonore L'Amour, les Arts, l'Honneur, la liberté.
Un jour, dit-on; sur les bords de la Loire7» Sous des tilleuls , Lyonnais-l'Onion , Enveloppé par des rayons de gloire , Traçait des vers dictes par Apollon ; De nos aïeux célébrait les souffrances*, Les fers brisés , les travaux glorieux ; Puis il chantait les Beaux-Arts , les Sciences r Et Salomon , roi puissant et pieux.
Nos troubadours des cordes de la lyre
Tiraient des sons touchants , mélodieux ,
Que leur amour, que leur brûlant délire ,
Que leurs transports poussaient jusques aux cieux.
Et maintenant nos lyres sont muettes ' ;
De nouveaux chants n'ébranlent plus les airs ;
Eveillez-vous , accourez, 6 poètes,
Et reprenez vos sublimes concerts!