‹ Le livre du compagnonage (volume 2)Chapitre 51 sur 67 · LE BANQUET · texte numérisé non relu

LE BANQUET

An : Giroflée an printemps,

rnsFRAiH.

Est-il plus heureux sort I If otre Fête est charmante :

L'on 7 boit , Ton y chante Bans un parfait accord.

Il n'est rien de plus agréable Que de voir ses nombreux amis Bangé* autour de cette table,

Ou soi* des vins, des mets exquis»

Ouaad nous Jetons notre patrone , Lfrrés atix transports les plus doux , Afpipocbe qui voudra du troue, Oh ! uous n'en sommes point jaloux.

Estâlpkis,ete.

Sujets soumis de l'étiquette (On bon vieillard me l'a conté), les grands seigneurs, dans une fête»

Ignorent la franche galté.

tes Compagnons , c'est autre chose :

Toujours contents, toujours joyeux, Leur banquet est l'apothéose Qui les élève au rang des dieux.

Est-il plus, etc. -

Non , point d'erreurs accréditées , Point de pronos adulateurs, Point de manières affectées , Ni de trompés ni de trompeurs.

Oui , la franchise la plus pure Préside en ce riant salon , les gais disciples d'Epicure, les vrais enfants do Safomon.

Est-il plus , etc.

Yainement l'inquiet avare Entasse trésors sur trésors :

Il passera nu le Ténaro ' ; Pluton l'attend aux sombres bords, Laissant aux niais leur abstinent* Les Compagnons de Liberté Savourent en paix l'«xisteace, Et puis viennne l'éternité!

Est-il plus heureux sort !

Notre fête est charmante;

L'on y boit , Ton y chanta

Dans un parfait accord.

* Le mot Ténare a deux acceptions; «nekmnement il désignait les enfers, ou un «adroit «enter-

— Ml —

Tain du prenamaeire do Malet, 4mm la mw«v qui y conduisait Je Pemptoie ici dans ce dernier sens.

HOMHWGI AUX POÈTES \

An : A soixante au H ne ftnt pat remettre, ocr dn ton Viem«d (deneraager).

Sans être aimé du dieu de l'Harmonie , Peutonchanter comme chanta jadis Ce Bon Accord, dont le bouillant génie Touchait les coeurs, enflammait les esprits? (bis) Oui , Marseillais, ta voix retentissante, Prédominant sur les plus beaux accords (M*), Changeait soudain, tant elle fut puissante, Lealieux muets en lieux d'heureux transports(*>&)*

Tu célébras l'antique renommée 9

De Salomon , notre grand fondateur;

Par ta satire incisive , animée ,

Tu fis rougir le sot et l'imposteur.*

Ton hymne saint», qu'à genoux je contemple,

Monta , porté sur de mâles accents ,

Et retentit dans l'enceinte du temple,

Depuis la voûte à ses creux fondements.

Sans Apollon , Nantais, prêt à bien faire, Sût-il produit des odes , des chansons D'un goût exquis, d'une diction claire, Sur des sujets variés et féconds. Soit qu'il chantât l'Honneur ou la Victoire1, Ou la Concorde ou l'Amour fraternel , Ou Percheron et les Palmes de Gloire, Il est profbnd , brillant et solennel,

Sans AnoHon, ce dieu qui tout éclaire , Fous n'eussions pas entendu tour à tour 4* liberté n'êH pas une chimère*, Et d'autre» chants dignes de notre amour*

H fut «ai» doute inspiré jeune encore *, Ce Bourguignon , ce La Fidélité Qui célébra d'une voix si sonore L'Amour, les Arts, l'Honneur, la liberté.

Un jour, dit-on; sur les bords de la Loire7» Sous des tilleuls , Lyonnais-l'Onion , Enveloppé par des rayons de gloire , Traçait des vers dictes par Apollon ; De nos aïeux célébrait les souffrances*, Les fers brisés , les travaux glorieux ; Puis il chantait les Beaux-Arts , les Sciences r Et Salomon , roi puissant et pieux.

Nos troubadours des cordes de la lyre

Tiraient des sons touchants , mélodieux ,

Que leur amour, que leur brûlant délire ,

Que leurs transports poussaient jusques aux cieux.

Et maintenant nos lyres sont muettes ' ;

De nouveaux chants n'ébranlent plus les airs ;

Eveillez-vous , accourez, 6 poètes,

Et reprenez vos sublimes concerts!

Page 1