LE PARTANT AMOUREUX BMANGB
Ai» : Retiens dans ta patrie.
En Compagnon fidèle,
En pur et tendre amant,
Au Devoir, à ma belle,
Je demeure constant, (pis.) Entends au loin, 6 ma fidèle amante.
Ont chants joyeux gui frappent les 6ohos ;
le
Us sont poussés par une troupe ardente De Compagnons, d'intrépides Gavots.
Quand le printemps reverdit les bocages, Quand la nature orne son sein de fleurs. Sur les chemins, sur les mers, sur les plages, Vont s'agitant de nombreux voyageurs.
En Compagnon fidèle, etc.
A ces seuls mots : voyageurs et voyage, Je vois tes traits quU'altèrent soudain ; Des pleurs brûlants coulent sur ton visage, Et des soupirs soulèvent ton beau sein. Reprends courage, 6 mon unique amie, Aux Compagnons j'obéis sans débats ; filais loin d'ici puis-je chérir la vie?
Hais puis-je vivre aux lieux ou tu n'es Pas * En Compagnon, etc.
Bans les cités ou dans un lieu sauvage, Dans un tumulte ou seul , sombre et rêveur, Je croirai voir ta séduisante image, Et ta puissance agira sur mon cœur.
le sentiment que ton regard m'inspire, Cet amour pur, brûlant, délicieux, Qui me plongeait dans le plus doux délire, Règne à jamais sur mon être amoureux.
En Compagnon, etc.
Hais entends-tu cette voix éclatante, Puissante voix d'un digne Compagnon?
Elle me dit de quitter mon amante, De me soumettre aux lois de Salomon.
O toi, Lisa, toi dont l'âme est si pure, Sèche tes pleurs, calme ton désespoir.
En amant vrai , je le dis, je le jure : Je reviendrai , Lise, Lise, au revoir ».
En Compagnon fidèle,
En pur et tendre amant,
Au Devoir, à ma belle,
Je demeure constant.
t A peine cette chanson fût-elle terminée, qu'a
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Compagnon , que j'appellerai l'Inconstant , pour né pas dire plus, s'approcha du partant, et lui dit : — vous promettes de revenir avec l'intention de tenir parole?
lb pabtant. — Pourquoi non?
l'inconstant. » C'est que maintes fois j'ai lait de semblables promesses, que je ne devais point tenir*
. lb pabtant. — Et vous n'avez rien à vous reprocher?
Inconstant. — Rien. Sur cet article, on n'en peut trop faire.
le pabtant. — A la bonne heure.
l'inconstant. — A Chàlons, à Nantes, et surtout à Marseille, j'ai fait parler de moi.
lb pabtant. — Gomment cela ?
- l'inconstant. — Je les ai joliment attrapés.
LB PABTANT.— Qui?
.. l'inconstant. — Ecoutez-moi. J'avais pour ami à Marseille, un jeune homme de la ville. 11 me mené un jour chez ses parents; il avait une sœur; je la vis, j'en fus amoureux , je le lui exprimai le puis tôt possible. Mes sentiments furent peu à peu partagés; les parents m'accueillirent avec bonté, car j'avouais des intentions honnêtes; je fus aimé, chéri de toute la famille.
lb pabtant. — Et vous la chérissiez aussi?
l'inconstant. — C'étaient de bien bonnes cens, à la fin, il fut question de faire venir mes papiers; J'écrivis à mon pays, j'y avais un correspondant de mes amis, et qui avait le mot A toutes les lettres pressantes que j'envoyais, il faisait des réponses ëvasives, et les papiers nécessaires au mariage n'arrivaient toujours pas. A la fin , je vis le papa devenir mécontent ; quelque chose roulait dans «a tète, je fus au-devant et je lui dis : Papa Briant, Je m'impatiente, si mon pays n'était pas si éloigné, ou, pour mieux dire, si j'avais de l'argent pour faire un si long voyage, j'irais chercher moi-même ce qu'on me fait attendre depuis trop long-temps. — Quelle
«•mm* te favèllt — Trois oeufs frimes. ~»i Ml auras.— Mais j'aurai» besoin aussi d'être habillé de neuf , car je ne voudrais pas ma présenter chez mes parents sans être proprement mis. — Je t'accorde tout ce que tu désires. — Je fus donc habillé em beau 4rep, je reçus (rois cents francs en or, ma tendre Cécile me remit encore quelque chose en>eaetett»\ et je partis en leur témoignant combien je aérais impatient de les revoir et de les embrasse** Atal je les ai bien attrapés.
r LE PARTANT. ~- Attrapés?
l'inconstant. — Oui, j'ai eu de ces bonnet gens tout ce que je pouvais désirer. Je ne désir* plus rien ; ils m'ont assez vu.
lb partant. — Et vous êtes content de voasP
l'inconstant. — - Très-content.
le .partant. — Et votre conscience ne vous reproche rien?
tiNconstANT. ~ tten. Qu'ai-je fait, é» reste! un. bon tour?
le partant. — Dites un mauvais tour!
. l'inconstant. — Expliquez-vous.
le partant. — Yoos avez votre père et votre mère t
. L'iNOONSTANT. — Ottk
le partant. — Vous avez une sœurf
L'INCONSTANT. — Oui.
. La partant. — Supposez maintenant an* tous êtes dans votre pays, que vous y avez un anal eue tous menez chez vos parents, que cet ami se fait aimer de votre sœur, qu'il gagne la confiance de tonte votre famifte, qu'un mariage est cenvaan , nae, pour l'accélérer, le prétendu doit faire un
de vos parents, qu'il se fait prêter de l'argent pat -votre père, qu'il part enfin, et cartl ne revient pm fil vous apprenez dans la snite que votre ancien anal
" tre père et de votre mère, qufii an*
anlte, êuil diffame, qui* catoaurie votre mm et sa I sans taboue, que Orea~ronst oogIe
l'inconstant.— Qu'il est u*Mpeii, une danaille, un lâche, et j'irai le chercher partout pour te tuer.
lb partant. — Votre emportement tne plaît. Tous êtes donc un fripon , une canaille, unr lâche; vous méritez donc la mort? .
l'inconstant {après un m&mentdt sfkûce). — Je suis confondu; ne m'ea dites pas davantage. J'ai tort ; je comprends toute retendue de mk mauvaise action.
le fautant. — Vous receaaaiesez vol torts; il faut les réparer.
l'inconstant. — Je les réparerai.
lb partant. — 11 est permis de s'aiHtfcèr^ mais il ne faut jamais faire du mal à ceux qui nottsiont du bien, il faut toujours être honnête homme.
l'inconstant. — Je le sens.