CARRES
Tous les Comparons portent des cannes :
dans certaines Sociétés on les porte courtes ; ce sont des cannes quelque peu pacifiçiues; dans d'autres on les porte longues et garnies de fér et de cuivre; ce sont alors des cannes guerrières, des instruments de bataille. Les jours de cérémonie on pare les cannes de rubans.
Le Compagnon qui arrache la canne à un Compagnon ennemi a fait une grande prouesse; il s'en glorifie.
ÉQUERRB ET COBIPAS.
L'équerre et le compas sont ks attributs de tout le Compagnonage , car on pense, je l'ai déjà dit, que le mot compagnon derire de comuas^
Néanmoins un grand nombre de Sociétés ne veulent pas permettre que de certains corps d'états s'en parent. On trouve ces états trop inférieurs et trop au-dessous d'un tel instrument!
Les cordonniers et les boulangers ont payé cher quelquefois la gloire de porter le compas; tous les Compagnons du Devoir des autres états sont tombés sur eUx.
BOUCLES d'oreilles.
Les charpentiers Drilles portent suspendus à l'une de leurs boucles d'oreille ime équerre et
un compas, à Fautrelabésaiguë; les maréchaux portent un fer à cheyal , les couvreurs un martelet et une aissette, les boulangers la raclette. Chacun de ces états croit ayoir seul le droit d'embellir ainsi ses boucles d'oreilles. Les ac« cessoires des boucles d'oreilles ont engendré des batailles.
GOnOUITE EN RÈGLE.
Quand un Compagnon aimé part d'une ville, on lui fait la conduite en règle 9 c'est-à-dire que tous les membres de sa Société raccompagnent avec un certain ordre. Le partant et le Mouleur, portant sur son épaule la canne et le
Caquet de celui qui s'en va , marchent en tête* bus les autres Compagnons, armés de cannes, parés de couleurs, chargés de verres et de bouteilles pleines de vin, suivent sur deux rangs ^ et forment une longue colonne.
Un des Compagnons entonne une chanson de départ; tous les autres, d'une voix forte, répè-> tent le refrain. La conduite s'en va ainsi ea chantant au loin de la ville. Là , on s'arrête, on fait une cérémonie qui n'est pas la même pour toutes les sociétés. On hurle ou on ne hurle^ pas, mais dans tous les cas on boit, puis l'on s'embrasse et l'on se quitte; le partant s'éloigne, la conduite revient en ville.
FAUSSE corrouiTE.
n arrive, quand il se fait une conduite en r^le,que des Compagnons ennemis des pre^ miers font une fausse conduite; ils improvi*»
sent un faux partant; il se raniment en colonne, et vont au-devant de la conduite qui revient ^ ils se rencontrent, ils se topent, ils se livrent bataille, et le sang coule toujours abondamment ; il y a toujours des blessés et quelquefois des morts. Â Mantes, un père de famille, s'é* tant joint à une de ces fausses conduites, se fit tuer.