AUX COMPAGNONS
De TOUR DB FiUHGS.
Jusqu'à présent, nos chers pays, on n'ayait jamais songfé à faire imprimer les chansons et autres poésies composées par nos confrères en Fhonneur de notre Société. Nous tentons aujourd'hui d'introduire Tusage de l'impression parmi nous, nous croyons que vous nous ap* prouverez^ et que l'exemple ne sera pas perdu* Nous désirerions Toir notre Société charger un Compagnon du travail de recueillir toutes nos meilleures chansons , et d'en former un recueil que l'on devrait faire imprimer à un grand nombre d'exemplaires.
Il faudrait aussi que celui dont vous auriez fait choix j tout en réunissant nos chansons, prit le som de les corriger > pour les rendre telles qu'elles ont dû sortir de la plume de leurs auteurs. Marseillais, Bon Accord; Nantais Prêt à Bien Paire; Bourguignon La Fidélité; Lyonnais l'Union, et tant d'autres que nous pourrions vous citer, (»nt donné à notre Société leurs chansons en manuscrit; elles ont passé de mains en mains; elles ont été copiées, recopiées, et se sont popularisées parmi nous^ MaU nous savons tous que ces chansons so'
pleines de fautes qui ne viennent pas de nos poètes; on sent comment ces fautes ont pu $*y introduire : ce sont ces fautes qu'il fau« drait faire disparaître , autant que la chose serait possible. .
Nous croyons devoir inviter nos poètes actuels à faire attention que nous sommes au dix-neuvième siècle; nous les invitons aussi à examiner avec nous beaucoup de nos vieilles chansons trop à la mode encore. £h bien , qu'y trouvons-nous ? Injures, grossièretés, barbarie, prévention! Nous y sommes portés aux.
cieux, et nos rivaux jetés dans les enfers ou aux galères de Rochefort et de Toulon. De telles œuvres, avouons-le, ne nous font pas honneur, et sont certes plus nuisibles à ceux qu'elles louent qu'à ceux qu'elles dénigrent. Tout homme sensé ne les entend point chanter sans hausser les épaules et sans sourire de pitié. N'imitons donc plus ce qui est dégoûtant, repoussant même. Si le fanatisme se glisse partout , c'est un malheur que nous ne pouvons parer; mais faisons du moins nos efforts pour empêcher ce monstre de s'introduire chez nous pour troubler et égarer notre belle Société. Puissiez- vous, nos chers Pays, être satisfaits de ce recueil, et nous pourrons un jour vous en offrir un second. Nous espérons pouvoir suivre le progrès de notre époque et marcher avec la civilisation.
vos PATS ET AMIS.
Paris. 1834.
{Suivaient trente-trois signatures)»'