HOTE
Le tailieur de pierre dit que celui qui voyage
4itt€U!hé à une soùiété a le sentiment de Cégalitê^
de la fraternité, tie,(vox. page 96, lig. 4). On le
volt, il ne voulut irriter personne^ et n'eut pas tort.
Hais, comme toute» ses paroles ne peuvent s'appli*
quer à toutes les société indistinctement , je veux
les relever par un seul exemple. N'a-t-on pas vu le
Compagnon charpenftier dire à son renard, qui est
son semblable et néanmoins son esclave : Renard »
va me chercber pour deux sous de tabac, -r- Renard,
va m'allumer ma pipe. — Renard , verse à boire aa
Compagnon. — Renard , prends ce manche à balal.^
et va monter la garde devant la porte. -—Renard,
. passe la brd(ihe dans ce sabot, et fôis-le tourner
,. devant le feu. — > Renard , etc. ; ce que le Renard fait
: ponctuellement et sérieusement , dans la pensée que
* ^^-^ , plus tard , lorsqu'il sera Compagnon, fera siwir
} gjiêities humiiiaiions à d'autres. Ainsi d'esclave il
nendra t^ran ! Ce ne sont pas les idhàrpenliers que
•: blâme ici , ce sont leurs vieilles coutumes , m-
^es de notre époque et de notre pays, indignei»
s cliaspentiers eux-mêmes; car, je ravoue f ra^
chement» si on leur trouve une certaine rudesse^ on leur trouve aussi de la probité , de la franchise » de la générosité. J'esiime et je proclame une action qu'ils ont faite en commun. Les gens qui lisent les journaux auront pu rencontrer ce passage:
« Les ouvriers charpentiers des faubourgs Saint- Martin et Saint-Denis donnent cinq cents francs pour les ouvriers malheureux de Lyon. »
Ce qui prouve suffisamment qu'ils ont le cœur bon, qu'ils sont travailleurs et économes, justice que je me plais à leur rendre ; puissent-ils s'aperce* voir que le siècle marche, et marcher avec lui!
Je m'adresse à vous tous , 6 ouvriers de la France et du monde entier. Comment pouvons-nous élever la voix contre ceux qui nous oppriment, si nous sommes nous-mêmes les oppresseurs de nos frères?
IfOTE 4.
Quand des Français, des Anglais, etc. (vor^ — po4iMr4ig. 20).
Espagnol l'Union veut faire sentir que chaque pays produit des hommes de cœur et de génie ; je comprends parfaitement son intention, et je crois lui venir en aide , en offrant le tableau suivant :
Âbailard, théologien philosophe; Louis XII, roC appelé le Père du peuple ; Calvin , réformateur ; Des— cartes, philosophe, mathématicien, physicien et astronome ; Pascal, moraliste et mathématicien; Corneille^ Racine, fameux poètes tragiques ; Molière , profond auteur de comédies et comédien ; Lafontaine , bon* homme dont les écrits gracieux sont pleins d'audace et de malice; Turenne. Vauban, Catinat, bravesgénéraux; Bossuet, Fléchier, Massillon, prédicateurs célèbres et grands écrivains ; Fénelon , l'amr de l'humanité , l'auteur de Télémaque; Le Poussin^ Mignard, Yernet, peintres; Mansard, Perrault, ar* chitectes; Jean Goujon , Girardon, Le Puget, sculp^ leurs; Montesquieu, grand jurisconsulte, écrivain philos^^'"**'*- Voltaire, ixacyclopédle vivante^
— tiô —
dantà la fois tous les genres d'écrire; Buffon , Lacépède, naturalistes; Vaucanson, mécanicien ; RouJjo^ fameux menuisier ; l'abbé de rÉj»ée,SicaP(l, célèbres instituteurs des Sourds-Muets; Monigolfier, physicien, chimiste, inventeur des talions; Miiaheau, grand orateur ; Bonaparte, le |)lus grand génie des temps modernes ; Cai not , ministre, général et tribun dévoué au peuple ; Bichat , Broussais , réformateurs de la médecine; Bernardin de Saint-Pierre, naturaliste, et surtout écrivain poétique et touchant; Laplace, Lagrange, mathématiciens ; Lavoisicr, Be;tholel, chimistes ; Monlhyon, Larochefoucault-Liancourt, philanthropes; Saint-Simon, Bazard, Founi r, réformateurs; Moiige, mathématicien, créateur de la géométrie descriptive; Jus-'ieu, botaniste; Lafayette^ ami de la liberté des peuples; Chénier, Duels, poètes tragiques; Talma , tragédien; Manuel, orateur^ symbole du courage civil ; Cuvier, Geoffroy- Saint-Hilaire, naturalistes; David, Vernet , Ingre, Delacroix, Delaroche, peintres; Chatcaul riand grand littérateur, auteur des Martyrs et du Génie du Christianisme; Casimir Delà vigne, poète tragique; Victor Hugo, poète lyrique et dramatique fougueux, et quelquefois sublime; Lamartine, pocte épique, dont rimagination n'a point de bornes; Béranger, poète lyrique, dont les chansons sont des odes ; Berryer, orateur qui pourrait être un Démnsthène; Garnier-Pagès, notre avocat à nous; Jacquart, mécanicien ; Arago, astronome, qui , tout en s^occupant des cieux , ne perd pas de vue la terre ; Lamennais, auteur des Paroles d'un Croxani et du Livre du Peuple, où la prose est vi aiment de la poésie; Nicod, Michel de Bourges, Dupont, les Ledru, Favre, avocats éloquents et à principes, ce qui est rare;. Thénard, Gay-Lussac, Dumas, chimistes: Raspail, chimiste, naturaliste et homme politique; Berthaud, le poète des pauvres; Pyat, Lucnet, hommes plus de fond que de forme, dont la plume puissante niaide en fiiveur des malheureux de ce inonde : Hégésippe Moreau, ouvrier imprimeur, grand poète que la mi-
«ère a tué ; David, sculpteur^ dont le ciseau populaire fait l'apothéose du mérite et de la vertu seulement ; Pierre Leroux , écrivain laborieux et désintéressé, dont les travaux philosopliiques prépareoit l'avenir; Louis Blanc, jeune publiciste qui s'élèvera à la hauteur d'Armand Garrel , et qui descend p\us profond dans le chaos social pour en faire jaillir
Suetque chose d'utile à la multitude; Cormenia, ont la plume est un pinceau, etc., sont nés en France.
Bacon, savant; Cromwel, usurpateur, génie auda^ cîeux et puissant ; Shakespeare, poète tragique, dont les compositions énergiaues font fi'émir; Hilton , poète sublime au-dessus ae toute expression, le Pa^ radis perdu est son œuvre ; Newton , savant mathématicien, grand astronome ; Âddison, Pope. Dryden, poètes ; William Pcnn , philosophe, législateur de la Pensylvanie; Locke, pnilosopne; Chatterton , poèt ' mort de dégoût et d'eiinui ; Gook, navigateur qui ^i trois fols le tour du monde; Jenner, médecin, à qui on doit la découverte de la vaccine; Young, poète, auteur d^^ Nuits; Fox, homme d*é— tat, orateur immense ; Watt , mécanicien ; JérémSe Bentham , William Cobbet , publicistes radicaux : Walter Scott, romancier naturel et fécond ; lom Byron, poète d'une énergie sombre et efiPrayante ; lord Brougham, homme de savoir et d'esprit; O'Connell, orateur dont la voix puissante agile à volonté toutes les classes du peuple, etc., etc., ëônt nés en Angleterre.
Guttemberg, inventeur de Tiniprinaerie ; LtithËr, réformateur; Leibnitz, philosopne et mathématicien; Kepler, Muller, Herschell. astronomes; Klein, naturaliste Kant, métaphysicien; Wieland, Klopstoek , grands poètes ; Winkelman , savant ; Schleg^l » philosophe ; nozart , musicien ; Goethe , poète et littérateur; Gall, médecin, inventeur de la phréAologie ; Schiller, poète vrai, énergique, sublime, grand auteur dramatique ; Tieck, autre poète; Meyer- ' musicien, etc., etc., sont nés en Allemagne*
Averrhoès, médecin, philosophe; le Cid', GoDzalve deCordoue, Gusman, nommes de guerre; Barthëlemi de Las Casas, missionnaire, ami des hommes ; Ribera, peintre illustre ; Alphonse X , roi philosophe et astronome ; don Alonzo d'Ercilla , poète épique , auteur de PJraucana; Lope de Vega, poète épique ti dramatique; Calderon delà Barca, poète dramatique prodigieux ; Cervantes Saavedra, célèbre écrltain , auteur de Don Quichotte , livre où on croit voir tout ce qui y est décrit; Yelasquez , peintre fameux ; Riëgo , h ^os martyr de la liberté ; Mina , guerrier intrépide et libérateur; Arguelles, orateur; le malheureux Torrijos, etc., etc., sont nés en Espagne.
Rienzi , orateur, libérateur ; le Dante, poète , auteur de la divine Comédie ; Pétrarque , poète , chantre de la Fontaine de Vaucluse et de Laure ; TArioste, poète dont l'imagination créa le Roland furieux; le Tasse , le plus grand po te de son temps , auteur de la Jérusacem délivrée ; Boccace, dont la prose est riche et l'imagination féconde ; Christophe Colomb, navigateur, qui découvrit 1 Amérique; Galilée, astronome, qui le premier dit: La terre tourne; Machiavel, écrivam politique: Raphaël, lesCarache, le Titien, le Guide, le Dominiqutn , l'Albane , Paul Téronèse, peintres célèbres; Michel-Ange Buonarotti , peintre, architecte, sculpteur et poète ; on lui doit les plus grandes beautés de Téglise Saint-Pierre de Rome; Bramante, Vignole, architectes célèbres; Toricelli , géomètre, physicien; Volta, c^'lèbre physicien ; Galvani , physicien et médecin ; Alficri, poète tragique; Casanova, sculpteur; Biionarotti, descendant de Michel-Ange , homme politique ; Rossini , Paganini , Rubini , grands musiciens, etc., sont nés en Italie.
Enfin , pour ahréger, je dirai : l'Europe a produit Tieho - Brahé , astronome ; Luther , reformateur ; Boherraave , médecin ; Le Camoëns , poète , auteur delà ZKfieiae ; Guillaume T^ H . libérateur; Copernic, astronome; Jean-Jacques Rousseau, homme et
écrivain extraordinaire; Kosciuszko, libérateur; et dans des temps plus anciens, Marc-Aur< le, Antonin, Trajan, empereurs; Sénèque, (philosophe; Lucatn, Horace, Virjjile, Lucrèce, poètes; César, génie éloquent et guerrier; Cicéron, orateur; Sparlacus, libérateur; les G' acqups, tribuns du peuple; A"chimède , géomètre et mécanicien ; Euclide , mathématicien; Pindare, poète lyrique: Démosthone, orateur; Alexandre, conquérant; Platon, Aristote, philosophes; Eschyle, Eu^ypide, Sophocle, créateurs de fa tragédie; Socrate, estimé le plus sage des hommes ; Solon , philosophe , législateur ; Cimon , Aristobule , Léonidas , g'néreux guerriers; Homère, le plus grand poète de l'univers.
L'Asie a produit Zoroastre , législateur des mages; Moïse, légi-laleur des Juifs; Confucius, grand philosophe; David, Salomon, Cyrus, Porns, Daruis, rois célèbres; Jésus-Christ, fondateur du christianisme, qui renferme tant de choses dans ces mots : « Tous les homm. s sont également composés de chair et d'os ; Le premier e.-t le serviteur des autres; Aimez-vous les uns les autres; Faites à autrui ce que vous voulez qu'il vous soit fait à vous-ménne, etc. »; Mahomet, orateur, poète et guerrier, fondateur du mahométisra«î : Avicenne, médecin; Abdé) ame , général ; Tamerlan , Gengis-Kan , héros célèbres, etc.
L'Afique n produit Sésostris, roi conquérant ; Asdrubal, Amilcar, Annibal , grands héros; Jugurtha, brave Numide ; Ptolomée , astronome , inventeur d'un système astronomique; Ori^ne, Pholin, Tertullien, St-Augustin, savants pères de l'Eglise; Capitain,nègre d'un grand tal nt; Méhémet-Ali et son fils Ibrahim , adroits et braves guerriers , réformateurs d'un peuple en décadence depuis long-temps, etc.
L'Améritjue a produit Washmgton, général libérateur ; Franklin, homme d'état, philosophe, savant à qui l'on doit les paratonnerres; Fulton, inventeur des bnf POU Y à vapeur; Ritten-House, astronome ; Bolivar, Mbérateur, puis dictateur; Toussaint-Lou-
verlure , général nègre , qui combattit pour l'indépendance des nègres , ses frères ; Fenîmore Cooper, i:omancier; Papineau , orateur libérateur.
Si Tavais voulu mentionner des femmes , j*aurais cité des Sémiramis» assyrienne; des Arthémi.9e ^ des Sapho , des Corinne , grecques : des Lucrèce , des Gornélie, romaines; des Isabelle, espagnole; des Elisabeth, anglaise ; des Marie-Thérèse, autrichienne; des Catherine , russe ; des Marguerite d*Anjou , des Jeanne d'Arc , des Sta'él , des George Sand , françaises, etc.
Cette liste, quoique incomplète, pourra néan-* OQOins faire comprendre qu'il ne faut pas avoir de prévention contre les pays^ puisque dans chacun d'eux sont nés d'aussi grands hommes et des femmes si justement célèbres.
IfOTE 5.
Tes ennemis sont ceux qui , chargés du soin de te gouverner^ de f administrer, se livrent aux vices {voX' p. 106, lig. 29).
Le tailleur de pierre et le charpentier paraissent se contredire. Le premier exalte le mérite des chefs que les Sociétés se donnent , et je conviens que leurs choix sont rarement mauvais ; le second n'envisage pas les choses au même point de vue , et signale les mauvais chefs (car il s'en rencontre quelquefois) comme les plus grands ennemis des Sociétés qu'ils gouvernent. Je suis persuadé qu'en ceci le tailleur de pierres ne pense pas différemment que le chari)entier. Si l'on saisit bien leurs pensées , la •Qontradiction n'existe plus.
noTB 6.
Je le livre à l'impression. Puissent les ouvriers ie lire avec plaisir^ et je promets bien de reprendre un jour la plume ^ non pour faire des phrasespures et élégantes {vox- p« t09, lig. \^^
11 me semble déjà entendre cette exclamât
Abl reprendre un jour la plume! Un oavrier! uv CompagfDonl un menuisier] Fil... Ne feraiti-U pas mieux de prendre son rabot et île raboter toujours? ^Doucement, sMl vous plaît, gens iufaumatiisr Batoter toujours I Je suis de chair et d'os, et la machine mal entretenue se disloque facilement I Tea ai Texpérience. Mais, malgié. cela, croyez-le, jo rabote comme un homme , comme un autre enfin ; demandez à celui qui m'occupe s'il est content de ma besogne! Pourtant, je 1 avoue, le rabot à la main, je pense, je médite, je prévois; et, comme j'ai souvent vu mes prévisions se réaliser, je me suis dit : Tu penses assez juste; tu allais peu au cabaret , n*y va plus I Emploie tes courts instants de repos à écrire , cela distrait et ne coûte rien ; c'est ce qu'il faut, on çagne si peu à présenti — Ecrire I est-ce
3ue je sais? — Qu'importe, écris tout de même» is ce que tu penses ; si les ouvriers te comprennent et disent : C'est cela , c'est bien cela ! que te fautai de plus? — Rien. — Ah I si tu savais le latin » le grec , 1 hébreu , le chaldéen , comme le fameux docteur qui disait il y a quelques jours des choses si belles, si sublimes, si hautes, si profondes I Oh F quelles phrases ! oh ! quelles périodes ! On était saisi , confondu , on ne savait plus ni d'où l'on ve-*
nait, ni par où on allait Quel malheur que tu ne
sois pas un savant, va! Tu aurais fait merveille t Hais , après tout , console-toi , écris , parle comme on parle; on ne t'en comprendra que mieux. — Eh bien, oui, c'est décidé, résolu; oui, j'écrirai! Ouvrier, je parlerai le langaçe des ouvriers, les ouvriers me comprendront , d'autres aussi peut-être? Ainsi donc , mes amis , comptez sur moi : je ne fais pas de serments, à quoi servent les serments? Mais quand j'ai dit , c'est bien dH.
mmm m compagms.