‹ Le Livre du CompagnonageChapitre 31 sur 79 · CONSEIL AUX AFFILIÉS · texte numérisé non relu

CONSEIL AUX AFFILIÉS

Aie : La répnbllqae Dont appelle^ ou dn Chant da départ*.

O mes jeunes amis , qui sur le tour de France

Dirigez vos pas diligents , D'un ancien Gompa^pnon, instruit d'expérienee„

Ecoutez les avis prudents :

Pour acquérir talents, sagesse,

Pour jouir de l'égalité ,

Tous confierez votre jeunesse

aux Compagnons de Lil>erté.

CHOBUR n'AFFILléf •

Nous conserverons la mémoire De votre dernière leçon ; Nous ne ternirons point la gloire Du beau Devoir de Salomon.

Partez , 6 mes amis I et dans votre voyage Soyez résolus , mais prudents ;

2t si l'on vous attaque , armez-vous de courafl^ ; Soyez braves , soyez vaillants.

Vos coups sont alors légitimes , Frappez, domptez des inhumains Oui vont se chercher des victimes , En plein jour, sur les grands chemins.^ Nous, etc.

D'une riche cité , de la belle Marseille ,

Sous peu vous verrez les clochers; Tous saurez visiter cette antique merveille ,

Ses champs, ses eaux , ses grands rochers;

Mais allez d'abord chez la Mère,

Ainsi rordonnç le Devoir ;

Goniiaissez votre di^itaire , Soumettez-vous à son pouvoir.

Nous , etc.

A d*utiles travaux occupes^vous sans cesse ;

Fréquentez de dignes amis.

Honorez les talents, les vertus, la sagesse;

A l'honneur demeurez soumis.

Fuyez celui dont l'imposture

Chercherait à vous égarer ;

Fuyez un scélérat parjure ,

Qui voudrait vous déshonorer.

Nous, etc.

D'être un jour Compagnons nourrissez l'espérance»

Vos esprits sont intelligents; Cultivez le dessin, puisez dans la science ,

Acquérez de nouveaux talents.

Suivez surtout le sage exemple

De qui pratique les vertus;

Et dans le magnifique temple

Un beau jour vous serez reçus.

CHOBUB d'affiliés.

Nous conserverons la mémoire De votre dernière leçon ; Nous ne ternirons point la gloire . Du beau Devoir de Salomon.

BÉFLEXIOnS.

Ceux qui partent d'une ville à la dérobée , et sans payer leurs dettes , sont appelés des brûleurs; leur nom, leur signalement sont répandus sur le tour de France» et les brûleurs ne sont accueillis nulle part.

U s*en trouve, parmi ceux qui partent ainsi, qui laissent des dettes bien légères : quelquefois ils ont terni leur réputation, ils ont sali leurs noms pour la somme de vmgt ou trente francs I Certainement <is ACi calculât pas ^ en agissant de la sorte, les '

séquences de leurvOaiiie action; e*eslle pftas'sou- Tent quand ils sont retirés , ou quand un peu plus d'âge a mûri leur raison , qu'ils sont fâchés d'avoir si mal açi.

Si nous' ne voulons point avoir de reproches â nous faire , ayoas de la franèhise et de la probité I car, si nbus avions trompé quelqu'un, pourrions nous dire du mal de celui oui nous tromperait sans dire du mal de nous-mêmes? Si , ayant trompé, nous appelions fripon celui qui nous tromperait , ne pour* rait-on pas nous appeler du même nom? Et aue répondrions-nous afors? Rien. Donc, tâchons d'avoir toujours pour nous notre conscience ; c'est la plus ssntte de toiles les défenses.

L'on voit dfes Cotopag^noos , des iyffiliés, qiii ,06111^ avoir subi l'injustice de quêiaues chefs , se refirent promptement de la Société. Quand une Société est bien organisée , quand elle a des principes vrais et de sages lois, on ne doit pas la quitter si vite et pour si peu. Il faut avoir de la patienee , et faire toujours tout ce que le devoir ei l'honnêteté commandent : c'est le seul moyen de s'attacher le plus . grand nombre , et de rendre honteux ceux qui vous auraient fait des injustices. En agissant autrement^ TOUS donneriez raison à ceux qui ont tort : c'est €e qu'ils demandent , c'est ce que tous ne devez pas faire.

Nous sommes dans un temps où l'on se moque des

Sans trop mystérieux et trop séparés des antres. [ous devons dire tout ce qiii peut se dire raisoniiah blement , et vivre avec tons ceux qui savent vivre* Sans être etmêniis d'aucune Société , hous devons nous attacher à la nôtre , et la servir avec zèle el dniour. Si , après avoir fait tout notre devbi^. liotrQ société pouvait se tirompér et nous en mat réeom^ penser, il nous serait penàis dé fMre entendre ûéê plaintes modérées : ceux qui ^e trottipeiit revîMh* nent quelquefois d'tme erreur; mais ne œus ifttt^

geoDS jamais anx dépens de nos engs|^i|ients et de BOtre honneur : nous serions exècres et flétris des noms de lâches , de traîtres et de scélérats ; de toute part la défiance nous observerait, et nous vivrions, quoique au milieu du monde, dans un isolement complet. Ainsi nous aurions voulu faire du mal; nous nous en serions fait à nous-mêmes.

Soyons toujours probes et honnêtes; ne faisons jamais retomoer sur la Société entière les fautes de quelques-uns de ses membres; soyons fidèles à nos serments et à nos engagements. Tout cela a^est que notre avantage; nous agirions contre nous en agiss^t dif^icemmQAt.

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