‹ Le Livre du CompagnonageChapitre 37 sur 79 · ROTES · texte numérisé non relu

ROTES

* Hommage aux poètes.

Marseillais Bon Accord , Gourbier ; Nantais Prêt à Bien Faire, Desbois; Bour^ignon, La Fidélité , Thévenot ; et Lyonnais L'Union : le premier mort à Marseille en 1824 , le deuxième établi à Avaray ,

Eres de Beaugenci et de son ancien ami PercheroQ e Chapiteau; le troisième établi à Écamps, près d'Auxerre; le quatrième mort à Lyon en 1828. J au-» rais voulu chanter encore quelques-uns de nos

Soètes , tels que Languedoc La Fidélité , qui nous a onné la charmante chanson : Que l'union est agréable; Bordelais La Prudence , auteur si abon» dant et si çaï , et d'autres encore; mais ma chanson devait avoir des bornes, et Je me suis arrêté.

> L'antique renommée^ etc.,

ebanson dont voici quelques couplets:

« De Salomon Tantique renommée Pès mon enfance avait séduit mon cœur, £t des beaux -arts l'heureuse destinée M'ouvre un champ libre au sentier du bonheur. Bientôt le temps et mon faible génie M*ont fait admettre au rang des Compagnons.

Dès ce moment je consacrai ma vie A Salomon, à Salomon.

> Pour Salomon , de la belle Provence J'abandonnai le séjour enchanteur ; Amour, plaisirs , bonheur, douce espérance , Semblaient partout m*accorder leurs faveurs.

Si tes appas , séduisante Emilie ,

. Ont une fois égaré ma raison , Pardonne-moi ; je connais ma folie, Car je n'aime que Salomon.

» A Salomon donnons tous une larme, Et que son nom à nos derniers neveux Offre un tableau de vertus et de charmes Qui réalise et comble tous nos vœux* fiemerdons Fingénieux Dédale* Du talisman qui forma notre nom , Et conservons toujours dans nos annales Le nom sacré de Salomon. »

* Dédale est ici regardé comme Tinventeur du compas, que Ton désigne sous le nom de talisman; car on fait avec son secours des choses prodigieuses. On regarde ce talisman ou compas comme ayant îonaé notre nom, de Compas > Compagnon*

s Ton hymne saint.

Chanson qui commence par ces couplets:

< Que récho répète en ce jour, Jusque sous les voûtes du temple , lies vœux , le respect et Famour

i)oiit chacun de nous doit Vexei^ple.

Entends nos voix , çrand Salomon » '

Du séjour qu- habitent les sages ;

C'est la Yoix de tesCompagOiOiis,

Qui t*e|fire aiuyjdurd'hui leurs hoawiages.

» On dit que le roi Salemon

Fit creuser, pour punir le yice.

Des cachots ; moi , je dis que noa ; {

L'équité faisait sa justice,

Heureux de vivre sous ses lois , - \

L'orphelin retrouvait un père ;

Ce fut le modèle des rois , !

Il rendit soa règne jtrospèire. »

« SoU qu^U chaulât rïïonneur ou la Fïctairej^ Ou & Concorde ou VAmour fralerneL

Allusion à deux chansons de Fauteur. La prenûtre» i pleine de feu et d'énergie , ooBuneOQe ainsi :

« Compagnons , unisssons nos voix ; Chantons L.,.. qu^ l'éoho retentisse f - >

Nous somo«9^> enoere une fois»

Les TOttqueurs , malgré FiniKu^tioe»

Et finit par ce couplet :

« Gloire à Peccheron le Chapiteau; I |

Bendons hoxnmage à sa science Et donnons à ce vrai Gavot j ,

Des marques de reconnaissance.

Paysr, je vdus laisse ordofuier Bn prix cy^ne de sa victoire ; Feor moi , je veux le oe^urooner Des paknes sacrées de la g'otre* Clûfiloiia d'accord., eto. »

En citant ce couplet Je ne veux p^ exciter ^ > discussions sur les anciennes affaires de Montpellier : je le eite, parce que je le trouve hieft mi; voilà tout. La scooside re^if^nt la sagesse et des «entiments tendres , on la trouvera m wtiw à la page 163 de ce volume.

i La liberté tCest pas une chimère ,

Chanson dont voici deux couplets ;

c La liberté n'est pas une chimère , ChersGompagnons , je viens de Tentrevoir.

Btant instruit du plus profond mystère , J'admire en tout les décrets du Devoir ; A le servir j'emploierai tout mon zèle ; J'en fais serment le matin et le soir.

Jusqu'au tombeau je resterai fidèle A Salomon , à l'honneur, au Devoir.

» J'achèverai le cours de mon voyage En fils aimé du grand roi Salomon ; Je veux encore > au déclin de mon âge , Avec respect prononcer ce grand nom.

Car dans les cieux un héritage immense De paix, de gloire et d'éternel bonheur.

Sera vraiment donné pour récompense D'être fidèle au Devoir, à l'honneur. »

^ Il fut sans doute, inspiré Jeune eneare.

On peut voir,page 170, une chanson qu'il composa i étant encore Affilie. '

' Sur les bords de la Loire,

Allusion au premier couplet de cette chanson ;

« Sur les bords riants de la Loire, Apollon m'inspire à chanter Les Compagnons couverts de gloire Du beau Devoir de Liberté.

Ohl quelle jouissance De nous voir dans chaque pays.

Et sur le tour de France, En bons Frères, et vrais amis.

Vivent les sciences.

L'intelligence ; Gloire aux talents!

Tive le nom De Salomon!

Tiye'leiibtai

c De SalMAon! »

< Allusion à une chanson éans It(|iieHe IMteur remonte au berceau du Gem^gneiiaffe. etj>aiief ëes beautés de la Judée, de la Gâti^ite de Jkityf&he, de la Délivrance, «du Retour à lénisaleBi,'eie.>«Vc.

* Et maintenant nûs iVfèégànt muettes^ De nouveaux ûhanté n'éhtimIentplUs les aérs.

Depuis que J*af composé cette chanson, plosiepirs poètes ont rompu le âilénce, et fait entendre des chants noureatix. Je citerai eiitre alitresy Bôrdefeds La Qef des Cœurs, Tôuiraii^eàtt Bétaâirdeàu, Aflâlié.

LES VOYÂeEDRS.

àim: Ceit taaUmiii'tti'llItdlf.

NoinT4>yic^oii9 liaiv'la maste

, Avec constance; Nous Voyageons En courageux Compagnons.

Le soleil difi^HMèthps, . Par 8iR douce ibifiièaee.

Charme les habitants DesTines et de^ châffîps.

Nous voyageons, etc.

Les arbres sont'fleuHs, Le gazon en croissance.

Les oiseaux réunis, Chantent et font leurs liids.

Nous voyageons; ^ etc.

Sous b voûte des'clè^x Tout reprend Pexistelice; La nature en toosllèùx Parle au cœur comme aux yilux.

Nous voyageons, etc.

Amis, dOuUoiis le.|ias, Abrégeoii& la distance ; Les uamix ici-bas Seraienl-ils sans appas?

Nous ToyageoDs, etc.

Laissons aux êtres mous La funeste indolence ; Après la peine, à bous Les plaisirs sont plus égax.

HopisVoyageons, etc.

Les peines, les spucis, A la seule présence De nos joyeux amis, Xombent anéantis.

Nous voyageons, etc.

Nous sentQUs en chemin Parfois, quelque souferance; Mais dans un clair lointain Nous attend le festin.

Nous Yopgeon^ dans I9 France

Avec constance;

Nous voyageons En courageux Compagnons.

LE PAI^TAINT A|f<HiiœU3L

BOHANCB*

Aia : Keiient djn» t9 patrie.

£n Compagnon fidèle, En pur et tendre am^t , Au Devoir, à ma belle, Je demeure constant, {bi^.)

Entends au loin, 6 ma fidèle amante.

£e& chants joyaux qui frappent Jes.Mune ;:

Ils sont poussés par une troupe ardente De Compagnons, d*intrëpides Gavots.

Quand le printemps reverdit les bocages, Quand la nature orne son sein de fleurs.

Sur les chemins, sur les mers, sur les plages. Tout s'agitant de nombreux voyageurs.

En Compagnon fidèle, etc.

A ces seuls mots : voyageurs et voxage.

Je vois tes traits qui s'altèrent soudain ; Des pleurs brûlants coulent sur ton visage, Et des soupirs soulèvent ton beau sein.

Reprends courage, 6 mon unique amio.

Aux Compagnons j'obéis sans débats ; Mais loin d'ici puis-je chérir la vie?

Hais puis-je vivre aux lieux où tu n*es past £n Compagnon, etc.

Dans les cités ou dans un lieu sauvage.

Dans un tumulte ou seul , sombre et rêveur, Je croirai voir ta séduisante image. Et ta puissance agira sur mon cœur.

Le sentiment que ton regard m'inspire.

Cet amour pur, brûlant, délicieux, Qui me plongeait dans le plus doux délire, Règne à Jamais sur mon être amoureux.

En Compagnon, etc.

Mais entends-tu cette voix éclatante.

Puissante voix d'un digne Compagnon^ Elle me dit de quitter mon amante.

De me soumettre aux lois de Salomoo.

O toi, Lisa, toi dont l'âme est si pure.

Sèche tes pleurs, calme ton désespoir.

En amant vrai, je le dis, je le jure :

Je reviendrai , Lise, Lise, au revoir U

En Compagnon fidèle.

En pur et tendre amant, ^ Au Devoir, à ma belle.

Je demeure constant.

« A peine cette chanson fùt«Ue terminée, qu'iia

Gompagoon , que J'appellerai llnoonstant, pour ne pas aire plus, s'approcha du partant, et lui dit : — vous promettei de revenir avec l'intention de tenir paroleY

LB FAETAKT. — Pourquoi uon? '

L'iKOOKSTANT. — C'ost que maintes fois J'ai fait de semblables promesses, que je ne devais point tenir.

u PABTART. — Et VOUS n'aves rien à vous reprocher?

L'mcoNSTAifT. — Rien. Sur cet article, on n'en peut trop faire.

L« PARTANT. — A la bonue heure.

L'iHGONSTANT. — A Ghâlous, à Nantes, et surtout à ïfarseiUe, yai fait i>arler de moi.

tM PARTANT. — uottunent cela ?

i.*iircoN8TANT. — Je les ai joliment attrapés.

LR PARTANT. -^ 0»iî

i.'iKGONSTANT. — Écoutez-4DOi. J*avais pour ami à Marseille, un jeune homme de la ville. 11 me mena un jour chez ses parents; il avait une sceur; je la vis, j'en tas amoureux , je le lui exprimai le pkîs tôt possible. Mes sentiments furent peu à peu parafés; les parents m'accueillirent avec oontë, car j'avouais des mtentions honnêtes; je fus aimé, chéri de toute la famille.

LR PARTANT. — Et VOUS la chérisûez aussi?

t.*iNCONSTANT. — C'étaient de bien bonnes cens. Ala fin, il fut question de faire venir mes papiers; J'écrivis à mon pays, j'y avais un correspondant de mes amis, et qui avait le mot A toutes les lettres pressantes que j'envoyais, il faisait des réponses évasives, et les papiers nécessaires au mariage n'arrivaient toujours pas. A la fin , je vis le papa devenir mécontent ; quelque chose roulait dans sa tète, je fUe au-devant et je lui dis : Papa Briant , ie m'impa-^ tiente, si mon pays n'était pas si éloigne, ou, pour mieux dire, si j'avais de rargent pour faire un si long voyage, j'irais chercher moi-même ce qu'on me fait attendre depuis trop ioni^iempi* -* wm

somme te Ittu^t — Trois oevts, ftipcs;^Ta'M auras^— Mais j'mmus besom aussi^étre habilié dm ntutS't ear }• ne ^r^drais pteme ^senter chez moi parents sans être proprement mis, — Je t'a)ûeonli| tout ce que tu désires^ -^ Jefus 4oae liaibillé'«B Ixeaa dnipij^ reçus iTdis cents f^antsen or, hmi teiàre 4éiMf me remit! encore quelque chose'jen'caahfltte>; et je partis en leur témoignant combien je seraltf impatieiit de leis refoiir et do* les embmsset^ Alii je les ai bien attrapés.

tB PAaTlmr. -k Attrafiést

l'inconstant. — Oui» j'ai eu de ces bdiqie^gemi tout ce que je pouvisds désir^i^ Je iie<'déshrf |dus tien ; ils m*ont assez, vu^

LE PARTANT. —Et TOUS ètcs costeot de VOttSf i .

l'inconstant. -* TrèMM)ntent.

LE PÀATANT. •— Et Yotre coDseienoe' ne vouft 'neproche rien?

L'iRcoffSTAiTTl ^ itten.- Qu^aihje'fait, du restée! un bon' tour?

LE PABTANT. -« Dîtcs uB^maoTais tooi^f

L^impi^srANTj — EitpiIqiiez*yous«

LB^PaLHTAirr. <— Vêt» avez vottie père' et vettQ lAèret

IiteCbNSTANT. -^ Oui.

LE PARTANT, — YOUS aVCZ UUC SCBUr?

L'iBâxniBVAirT. -* Oui:

Lv PARTAlrT. ^ Supposez «maiateitant quB^'Vmis ètes^'dapsTOtrepays, qoe^Voud y^ayez uli anti otiè Tbus' menez -'Ofaà vos parents, que* œt ami se w% aimer de yotre< soSur, qu'il! gagne la oonfiiainBO''d€ teute votre fanriiie; qli'uÉk mariage est cùmman^^ ^ue, pmir i'aoeélmr, le prétèiiaB ^ dbit faire uà voyage dans son payis, qufil se fai<; h abflkr atnD frais 4éyi>& palrents, qui! se fait prêter t de. l'argent ym iTDtire père, quit pdrt enfin, et cpifil ne retient |[>m; Si vpus apm'eine^ dansia «lîité'qiie voire aneieni <méI «emoque^e votre pi^re et de votre mère, qu^ â»^ sahe, qu'il <ifllii»iie> qu'il caètaBievotresceor «liilÉ i»«iiié danslii4)ettivqueidire»^aiis9

L'iffeoHSTAHT.— Qu'il estimtfr^iKOJa, upiSionaille, un lâche, et j*lrai le chercher partput pQMjr le. tuer.

u FAETANT. — Yotrc epi|içir|^uieat ine^ plaît. Tous êtes donc un fripon , une c^LoaUl^y un i&che; TOUS méritez donc la mort?

lu^ de ma mauvaise actibd. *

LB PARTANT. — Vous rceo.imaissez vos, torts; il faut les réparer.

l'inconstant. — Je les réparerai.

LB PARTANT. — Il cst pcmiis de s*amuse^, mais il ne faut Jamais faire du mal à ceux qu! nou^ font du bien, il faut toujours être honnête hoibme.

L'INCONSTANT. — Jc le SCUS.

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