‹ Le Livre du CompagnonageChapitre 48 sur 79 · GÉOMÉTRIE · texte numérisé non relu

GÉOMÉTRIE

n'est bon de chanter, mais il est très-important de s^occuper des principes qui peuvent fi^as aider dans nos travaux journaliers. C*eèt dans cette vue que je place ici quelques figu-^ re» de gédm^trie, uii dialogue sur Parchiîffeé- Mtè et u^ rafSOfttnfeiïieiit sur le trhit.

La géométrie a, dit--ori, pris naissance dans la' Tieille Egyp*e* Tous les ans , à des époques périodi- «ques , les eaux du Nil sortent de leur lit , ioondent les campagnes et détruisent les limites des champs. <}u9nd les eaux s'étaient retirées , chaque individu ne pouvait plus retrouver l'étendue fixe de son champs de sa propriété. On eut alors recours au mesurage, •et la géométrie naquit insensiblement.

Quoique je vous aie parlé de géométrie , je n'ai |)as la prétention de vous en faire un cours , mais je vous en donnerai quelques termes et quelques fiiîures d'un usage fréquent, (f^ox* pi. 1.)

Lignes.

Q y a deux genres de lignes, la droite et la courbe. La ligne droite est considérée comme le chemin le is court d'un point à un autre. {P^ox fig. 1 •) jSl ligne courbe prend une voie détournée , et par-

court un plus long espace pour se rencke d'un poîst à un autre, {roy. fig. 2.)

La ligne mixte est un composé de droit et de courbe ; elle se forme de la réunion de» deux premières. (P'ox. fig. 3.)

Les lignes reçoivent un nom de leurs formes ; elles* en reçoivent un autre de leurs positions.

La li^ne parallèle est celle qui , posée à câté d'une autre ligne , la longe toujours sans s'en éloigner ni s'en rapprocher plus d'un Dout que de Vautre, (^oy^ fig. 4.)

^ La ligne horizontale est celle qui est parallèle à Thorjzon », ou de niveau. {Fox^ fig- 5.)

. Un fil au bout duquel serait suspendu un petit plomh prendrait une position fixe, et n'inclinerait ni adroite Ai à gauche. Si vous tiriez une ligne parallèle à ce fil; elle se nommerait ligne d'aplomb ou verticale. (J^or, fig. 6.)

La ligne perpendiculaire est celle gui pose d'é-^ querre sur une ligne droite , placée n'importe cook ment , qui lui sert de base. {Fo/-» fi^. 7.)

Ces deux lignes sont perpendiculaires l'une h l'autre.

La ligne ponctuée est celle qui dans le dessin d'une ouvrage représente les arêtes invisibles ou de faux parements. {Foy. fig. 8.) Elle n'est le plus souvent qu'une ligne d'opération dont on s'aide , et qui ne re— présente rien , comme on peut le voir dans les figures^ suivantes , 9 , 10 , etc.

TraU carré (fig. 9).

La ligne  étant faite , ouvrez votre compas plus oor moins , et décrivez les deux arcs de cercle que vous:

1 Jetez la vue dans Tespace anssi loin que voas pourrez : Ven* droit oii vous voyez la terre et les cienx se toucher est rborizon^; regardez fixement, tournez sur vous-mêoie, vous verrez comme un immense cercle de niveau qui semble joindre la terre aux cienx , c^est ce cercle horizontal qui a donné le nom à la ligne **'*"'7onlale.

voyez. Ces arcs , en se rencontrant par leurs eittrëinités f vous donnent les deux points a , b. Faites passer une ligne droite par leur intersection , elle sera perpendiculaire ou d équerre à la ligne A.

Trait carré au bout de la ligne (iBg. 10).

Tous avez au bout de la ligne A le point c; vous voulez de ce point monter une ligne perpendiculaire à la ligne A ; posez une pointe du compas sur le point c , ouvrez-le plus ou moins , et approchant dans la direction du point d; ayant ce point , qui vous sert de centre , décrivez une ligne circulaire qui parte de la ligne A, passe sur le pointe, et se prolonge indéfiniment ». Tirez une ligne qui parte du point e , passe sur le point de centre , et se prolonge jusqu'à la rencontre de la ligne circulaire : vous aurez le point f; tirez du point/ au pointe une ligne droite, elle sera d'équerre à la ligne A.

Faire passer une circonférence par trois points donnés, — Les trois points perdus (fig. 11).

Ayant les trois points a, b^c^ placés n'importe comment * , et voulant trouver leur point de centre commun , posez votre compas sur le point a , ouvrezle à peu près vers le point b , décrivez un arc ; portez votre compas sur le point b^ décrivez un autre arc ; faites passer sur leurs points de rencontre d,ej une ligne que vous prolongerez indéfiniment du côté où le centre devra se trouver ; décrivez entre les deux points 6, e> d'autres arcs; faites passer comme vous voyez une lignepar leur intersection. Le point où les deux lignes droites se rencontrent est le centre commun des trois points a/b,c; posez-y votre compas, ouvrez-le jusqu'à un des points, et décrivez la cir-

1 Quand je dis indéfiDiment, c'est prolonger la ligue plutôt pins que moi us.

> Pourvu qu'ils ne soient pas sur une ligue droite.

conférence (pii panera égaleipeiit sut le&^deux aor

tr63.

xânrais pa tirer une ligne droite du point a au point b; une autre du points aupeintc;j aurais pris le milieu de chacune de ces lignes ; de ces milieux j*aurai8 fait partir deux liçnes d'équerre qui, en se rencontrant , m'auraient donaé le point de cen^ chercM* La première manière est préférable»

Diviser uae ligne en partie» égalée dm- premier

caup,(^. 12).

Toulaat diviser la ligne droite B, du point a au point Cj commencez par faire partir du pointais ligne D , qui sera plus ou moins en biais , et d'une longueur indéfinie. Vous voulez Je suppose , du point a au point c diviser en six parties égales; ouvrez votre compas convenablement, et, en partant du, point fl, portez six fois son ouverture sur la ligne oblique D. Ayant marqué six points sur cette ligne , du sixième, qui sera le pointe, tirez une ligne au

{►oint c. Maintenant ajustez votre fausse équerre sur aligne oBc et la ligne ce; des cinq autres points marquiés sur laligne oblique, amenez deslignes parallèles* à la ligne ce; ces lignes couperont la ligne B que nous avons voulu diviser en six parties égales*

On utilise ce moyen pour faire la division des la^ mes de persiennes.

J'ajouterai : si, sans vous aider d'une fausse équerrev vous vouliez diviser une ligne droite sur un terrain; il faudrait , au lieu d'une ligne oblique , en tirer deux formant deux angles pareils. Vous porterez les points de divisions sur les deux lignes également; vous joindrez ces points par des lignes droites qui couperont à des distances égales la liçne que vous aurez voulu di^ ▼iser. Jetez un coup d'œil au bas de la figure 12 , et TOUS comprendrez ceci.

Ovaie borné (fig, 13).

la ligne D est le grand axe de Tovale, la ligne E en

mv sa longueur et sur sa largeur. Prenez dans votre 4Sonipa8 du peint e au point d la moitié de l'orale , i>eriez votre compas sur le point c, «t marquez 4e .petit arc f; •uvrez votre compas de Tarc^ mi points,

'€t décrivez les deux, arcs de cercle 4|uc vous voy«z. Faites passer une ligne suf les points g,h\ ayant obtenu le point i, posez dessus votre compas; ouvrez-

'le jusqu^u i>oint|r> et décrivez le quart de cercle qui dooae le point Ar; posez votre compas sur le point vt,

tou¥rez*-le jusqu'au point c, et décrivez un nout de

.rovale. Sans déranger votre compas , portez-le sur le pointe y et décrivez les deux petits arcs quido»-

^aent les points fn, n. Portez votre compas sur le

.point a, marquez le point o ^ et le laissant sur ce point, décrivez cet autre bout de l'ovale. Quant aux points

(p, g, vous savez comment il faut les marquer. Ouvrez votre compas du point n au point p, décrives

.les deux grands ares qui vous donnent le point r; posez le compas sur le pomt r, et décrivez un des oôiés de l'ovale : usez du même moyen pour tracer l'autre

•«6té.

Si vous m*avez compris, vous pourrez faire des

■«wdes'de -toutes dimensions.

BXAZ.0G1JB sua X.'AaOBXTECTUaB

ENTBB DEUX GOMPAGNONf.

LAN6VE1KN:. — Du temps qiie mon père vivait j j'entendais tous les jours parler de géométrie , d*arcbitecture et de trait ; mais j'étais jeune alors , et de toutes ces choses je ne connais presque que des roots. On dit, Provençal, que vous êtes savant; voudriez- Tous avoir la bonté de répondre à mes questions , et me faire une petite instruction sur les choses dont je connais les mots ?

PROVENÇAL. — Volontiers; mais une instruction orale ne suffira pas ; il vous faudrait une tablette » des crayons^ des compas, et travailler. Ce n'est qu'en travaillant que l'on peut véritablement ajhprofondir les choses dont vous me parlez.

LANGUEDOC. — Je suis impatient d'apprendre, de m'instruire , et vous refuseriez. Provençal, de répondre aux questions que je voudrais vous adresser?

PROVENÇAL. — Je ne vous refuse rien , et je suis prêt à vous répondre.

LANGUEDOC — Je sais que la géométrie est indispensable , qu'elle apprend a connaître les noms i des points et des lignes , qu'elle apprend à faire des traits carrés , des ovales , des anses de panier ; à faire passer des circonférences par des points déterminés ; a diviser des intervalles plus ou moins longs d'un seul corn* passement , à développer la surface * des corps , quels que soient leurs formes et leurs contours. Je sais qu'on apprend par elle toutes sortes de choses utiles; quoique je comprenne peu à la géométrie , je sais cependant à peu près ce qu'elle est. Mais qu'est-ce que l'architecture?

PROVENÇAL. — C'est l'art d'élever les édifices pu-

* Nomt et définllioDs.

* Apprendre à déTelopper la nirface de» priimet, dei cjWnr drei, des c6uei droiU el luclinés, etc., est de la plot grand» utilité poar eeoz qni Tenlenl te faire ires-forts dant le trait.

biles et particuliers , et de leur donner la solidité , la forme , les dispositions , les embellissement qui leur conviennent; il y a l'arehiteeture çrecque et romaine, rarchitecture arabe, rarchitecture gothique , etc. De toutes ces architectuns , c'est l^rchllecture grecque-romaine qui a prévalu. Je vais vous entretenir , non de son ensemble , mais de son orifpine , de ses divisions et de ses proportions.

LAN61TBD0C. — Ahl oui , parlez-moi d'abord de l'origine de l'architecture.

pROTBTfÇAL. — Sou Origine, pour dire comme tous ceux qui en ont parlé, se perd dans la nuit des temps. Selon Vitruve », la nécessité de se mettre à couvert pendant les mauvais temps , et de se garantir de la férocité de certains animaux , força les hommes à se chercher des abris et des retraites ; ils purent d'abord se loger dans les cavités de la terre «t des rochers. Mais les familles devenant plus nombreuses , ces demeures ne suffirent plus. Le besoin excitant l'industrie , on construisit d'autres habitations; on en fit avec des perches plantées en terre, entrelacées de branchages et recouvertes d'un enduit de boue ; on leur donna la forme de cônes pour faciliter l'écoulement des eaux. De semblables lof^ements devaient être incommodes et facilement renversés et entraînés par les vents et les inondations. La société s'agrandissant , on construisit à la place de ces huttes des cabanes plus grandes , plus solides et plus agréables. On fit choix des arbres que le hasard avait à peu près placés carrément ; on les coupa au haut du tronc , c'est-à-dire au-dessous des premières branches. Sur ces troncs coupés de niveau, furent placés horizontalement des arbres équarris destinés à porter le plancher ; pour former

t vitrave, lataDt architecte romain, oaqult eoTlron tolxante 4D» avant JésnsCbrisl, à Formles, ville de Campante. Cette ancienne ville est aujonrd^bni un bour0 nommé Mola et est à deux llenet de GaCle et à seize de Naples. Les ouvrages de Yl- Irove sont remplis de science et de détails attachants; ils sont ^tradnlU en tonlai les langues.

,ie moindre grosseur; eofin on surmpnta le toiit.4e solives inclinées pour se garantir, des pluies en Hacilitant leur écoulement. C'est ainsi qu'on racoQtj&l.'Prigine de l'architecture. On voit dans.CQlte çonr* çtruction encore informe la {H^emi^re idée 4es co-* lombes, des architraves, des frises» des qorpipbe^f 4^ modillons, des métopes, des triglyphes et des ffon* ions, et par conséquent up CQmmenpement d*0ridre.

LAN6CE00G. — Il y a dans ce que vqus vepezd^ j9C0iiter quelque chose Ci\i\ plaU- Af aintenaat ^ites- ^iDoi quelles sont les divisions de r^rçhitecture.

PEOVENç AL.— L'architecture , celle du ipoins dost •les premières notions sont indispensables aux ouvriers de presque tous les états, se divise en.oji^q prdres. Le premier de ces ordres est le toscan» Ob raconte que des peuples de Lydie , ayant émigré de <|eqr patrie , vinrent s'établir dans 1^ Toscane ; là ils. .^levèrent des temples d'une grande solidité et d'uiie^ jSimplicité remarquable. De ces constructions n^qiiit l'ordre toscan, dont le nom dérive. de TQscane. J^e jdeuxième ordre est le dorique , le plus anqien de <ious. Dorus, architecte grec, lit élever dans Axqosnn temple immense , et dont la forme et les embellissements constituèrent l'ordre dorique, ordfe si régulier, si bien propcfrtionné , et qui fut appelé dorique, du QQjjQ de Dorus , son auteur. Le trpisièiBSie ,. l'ordre ionique, prit son nopi d'Ion l'Athénien , qui y étî^bli dans Plonie , prQvipce de l'Asie-Mineure , cob-

^rlQtbe ^iant moHe m mopientoù elle allait se.pnirier, sa nourrice recueillit dans une corbeille plu-* êieurs petits objets auxquels elle avait été attachée pendant sa vie : pour |e$ mettre à Pabri des Inûires .<|u tepaps et les conserver, cette femme couvnt ta cprbeiUe d'qne tuile pleine , et la posa aiq^i sift je tombeau. Dans ce lieu se tirouva ps^ tos^rd Id It-'

i^e d'une jplante d'acbante ; au printemps elle poussa des feuilles et des tiges qui entourèrent la .corbeille; la: rencontre des <^ins de la tuile. força leurs extrémités de se recourber, ce oui forma le commencement des volutes. Le sculpteur Callimaque, que les Athéniens estimaient à cause de ses .{grands talents, passant près de ce tombeau, vit la corbeille, et remarqua la manière gracieuse avec laquelle pes feuilles naissantes Tentouraient et la couronnaient; cette forme nouvelle lui plut, il IV inita dans les colonnes qu'il fit par la suite à Gorinthe , et il établit d'a{)rès ce modèle les propoi^ lions de Tordre corinthien, le plus riche, le, plus noble , et le plus imposant de tous les ordres.

Le cinquième ordre , c'est le composite. Les Bo* mains prirent tout ce qu'ils trouvèrent à leur con* venance dans les ordres précédents , et en composèrent un ordre qui , pour cette raison , fut appelé composite. On cite encore le doriaue primitif, dit ordre Dâpf^u m > parce qu'il a été découvert dans la TUle ae Pœstum , près de Naples , et dessiné sur les ruines antiques du temple de Neptune. Il y a de plus l'ordre rustique, le persigue^ le cariatide^ vat" tique, le français y cte.; mais ces derniers ordres ne nous sont pas d'une grande utilité. Donc , comme je l'ai déjà dit , l'arcbiteclure grecque-rotnaine se divise en cinq ordres , savoir : le toscan, le dorique, Vionique^ le corinthien et le composite. Chacun de ces ordres se divise en trois parties : le piédestal , la colonne et l'entablement. Chacune de ces parties se subdivise en trois autres parties qui sont , dans le piédestal : la base , le corps ou dé, et la corniche; dans la colonne : la base , le fût et le chapiteau ; dans l'entablement : l'architrave , la frise et la corniche.

i:*AMGUBOoc. -r- Vous m'avez parlé de l'origine de Tarcbitecture , de sa division en cinq ordoes, et aiH Ires divisions ; je voudrais maintenant connaître les proportions des ordres et la manière d'obtenir le inoaule, eette mesure qui sert, dit-on, à les dessi''''-

PROTBxçAL. — Je TOUS dirai que plusieurs sav

architectes ont donné des règles pour les proportions des ordres. Je citerai Palladio «, Scamozzi *, Tignole*. Les règles données par ce dernier ont été

Î^référées. Il donne de liauteur à la colonne de 'ordre toscan sept fois sa grosseur, ou quatorze modules ; à celle de Tordre dorique , huit fois sa grosseur, ou seize modules ; à celle de Tordre ionique , neuf fois sa grosseur, ou dix-huit modules ; à celle de Tordre' corinthien et à celle de Tordre composite, dix fois leur grosseur, ou vingt modules. Maintenant je vais vous donner les moyens les plus simples pour dessiner un ordre dans ses proportions convenues. Je serai peut-être un peu long , mais je tiens à me faire comprendre. Nous sommes seuls , loin du bruit de la ville , et sur un terrain tout à fait propice. J*ai ici à ma disposition un compas d'une assez bonne longueur, et une règle qui est longue aussi ; je vais vous prêter ces instruments , et vous allez dessiner là sur ce terrain. LANGUEDOC. — Bah ! est-ce que cela se peut ?

PBOTBiTÇAL. — Oui , prcHCz cccl , ct attention! Voulez-vous construire un ordre , n'importe lequel , n'importe sa dimension, commencez par tracer à terre une ligne droite *.

LANGUEUOC. — Voilà.

PROTBivçAL. — Cette première ligne, nous la nommerons la ligne d.i bas. Tracez une seconde ligne à

t André Palladio, né à Vicence, tu Ilalie, Tannée 1518, mort en 1580.

s Viocent Scamozzi, né dans la même tille en 15S2, mort k Yeniie en 1616.

" Jacqnes Barozzio, dit Viçnole, né en 1507, dans le Tillaye de Yf^nole, en Italie, mort à Rome en U7S On comprendra facilement qae le nom de Viçnole qn*on loi a donné, est le nom de ton Tlllaffe; de lai II est passé à son Traité des règles des cinq wdres d^ardiiteciore. Aclnellement on nomme Yigoole preaqae tons les OQTrages qai traitent de TarcbUecInre on dn trait.

* Celnl.qni voudra bien comprendre ceci tracera les lignes i proportion qn'on les nomme; Il fera les divisions ausi, et cnnn toot ce qae Provençal Indique.

«fuarante, à soixante pieds de la première, si vous voulez ; mais il faut qu elle lui soit parallèle \

LANGUBDOc. — Je n'épargnerai guère mes pas. — Ça Y est.

PROVENÇAL. — €ette seconde ligne, nous la nommerons la ligne du haut. Posez sur la ligne du bas une ligne d'equerre qui se prolonge jusqu'à la ligne i!u haut.

LANGUEDOC — Un moment... C'est fait

PBOTEifÇAL. — Divisez cette ligne d'equerre de- ' puis la li|;ne du bas jusqu'à celle du haut , en dixneuf parties égales.

LAKGUEDOC. Ga demande du temps*. Attendez; j'ai fini.

PR0TE9ÇAL. — Bien. A partir de la ligne du bas , comptez : une partie , deux parties , trois parties et <iuatre parties. Au-dessus de cette quatrième partie posez une ligne parallèle à la ligne du bas.

LAKGUEDOC. — Yoilà.

pROTENÇAL. — Trois parties au-dessous de la ligne du haut posez une ligne qui lui soit parallèle*

LARGUBDOG. — Voilà.

PROVENÇAL. •— Remarquez bien ceci : les quatre parties du bas sont la nauteur du piédestal, les douze du milieu celle de la colonne, les trots du haut celle de l'entablement , quelque ordre que vous fassiez. De quelque dimension que vous le fassiez , n^oubliez jamais que sa hauteur totale se divise toujours en dix-neuf parties ; que le piédestal en prend toujours quatre , la colonne douze et l'entablement trois.

LANGUEDOC. » Et si je voulais faire un ordre sans piédestal , comment m^ prendre t

PROVENÇAL. — Vous diviscriez sa bautenr en quinze parties : la colonne en prendrait douze et

1 La ligne parallèle ett eelle qal , à eôté d^ane antre llgiie, la mil toqjoari, saoi s^en écarter oa s'en «pprscbcr plus d*aa htni que de Tanlre.

'■ L*opération ii*en demandera gnère à eeini i|nl sait la man'^^ de dlvitcr une ligne dn premier eoap. Voir la plancbe It fif

.i*eB(i^lMMBi>4M>i6. Tous «btîMidite le sitee fé* sultat ca 4ivmni en cinq i^rties : en eç cas la.eo- Jonii9<eB prendrait quatre et Tentableittent luue. On sait que 1 est à 5 ce que 3 est à 15.

A^AVGPBaoc.— ^G*est'Vrai.

PBO¥«ii(jfAL. — Maintenant reyenMs aux 'lignes «que vous avez tracées. Vous voyez entre rentable-» ment et le piédestal la hauteur que la colooae doit occuper. ( f^ojfeif planclie X)

XANttUBOOC. *- Oui.

PBOTBMÇàL.*- Eh bien,. pour faire Vùtdie tM» can, divisez cette hauteur en sept parties, voufrau» •vez.le diamèlve inférieur de la colonne ^ Prenez dans votre compas la moitié du diamètre , v<nis an-* rez le module. Portez plusieurs modules sur une ■ligne droite , et vous aurez fait votre- échelle de bmdules. Vous voyez qu*il faut diviser cette hauteur en sept nour le toscan. Vous la diviserez en huit pour le diorique , en neuf pour Tionique , en dix^poUr 46 corinthien et le coiQposite. Vous obtiendrez ainsi le diamètre des colonnes de chacun de ces ordres* On prend toujours la moitié du diamèti;e pour avoir le module ; ce qui fait suffisamment comprendre que toutes les colonnes ont deux «modules de diamâne dans le bas. filles montent jusqu'au tiers «ansdiinJ* nuer ; du tiers jusqu'au haut, elles dimlnmwU envi- Ton d'un sixième*.

LAH &IJBDOC. — Je me rappellerai ce que vous Tieipez deime dire : je saiseomment se divise la hauteur td'une colonne pour avoir son diamètre; je sais prendre la moitié du diamètre pour avoir le module; ^ sais enfin :faire rëohelle de modules. Mais je ne sais pas encore conmieiit le Hiodule se divise.

VB»wBifÇkh, — Sn douze parties pour le toscan et jle dorique; endix-^it pour l'ionique, ile corinUû#a et le composite.

1 La ffroMfliir dn bw deU «stmoe.

• Divisez le diamètre iDfà'iear de la eolonne enslx piltlet, ,f|d4Nuiaaiaq4e MtparliciàKwdiaoïèttrmp^leQr.

«e^lfide^^il 'e^dîX'^lMiif psnrtresau iiett^ tiouze?

niQTCfff AL» -^ Pàvoe que e^ derniers étant plus ricfee», phi9 élégant^', plus délièaits; on emploie dans lewsdetafls des -filets plus fins, pliis rapprocliéé : on a dènebeêoiftde'pïtts petites parties pobr là mesare d#^ plus^etltesdimensions.

LANGVBDoe. — VoR-efi éés ehoses <ful aient dan^ tOQs^Ie» ordres la même proportion?

pRO^BirçAL. — Oui , je vous al déjà êSt, que toutes les oeléimes avaient deux module» dans le bas; je TOUS dirai que toutes les bases , que toutes les* mt pwtea'et acohivoltes ont un nrodule de largeur; les chapHeaux toscans et doriques ont un module aussi* i^ARGVBDOG. — Je- comppends tout ce que vous m^vez dit. Doanez4noi maintenant les moyens de* tracer une colonne , une volute ; un fronton^ PK6TBNÇAL. — Maîsme comprcndi^z-vous?

i.AN«uBDeci — Jttsqu^à présent j*ai tout compris; je suppose que- je ne comprendrai pa$>ayee Sa même facilité ce qui vous reste a médire ; mais j'en retien* drai toiij«»rs quelque chose, car j*ai delà mémoire. pftO'TEN^AL. — Je ne crois pas en ceci devoir vous • faire dessiner sur le terrain» J'ai sur morun livre sur lequel sont tracés les objets que vous voulez con-naître. Je vais rouvrir à rendroit de la colonne , et vous expliquer ligne par ligne la manière de la tra* cer. {P^oxez planche 3.) I.AN6UED0C. — Je ne demande pas mieux.

VRovEifÇAL. — Toutes les colonnes ont le même tracé géométrique. Celle que l'on voit ici est de l'ordre toscan ; vous savez qu'elle doit avoir qua«torze modules de hauteur, y compris sa base et son chapiteau. Ici base et chapiteau sont supprimés: nous n'avons donc pas quatorze modules, mais douze seulement. Je vais vous parler comme si je voulais vous en faire faire une semblable. Ecoutez et regardez. De la ligne A à la ligne B, divisez en douze parties égales : chaque partie de cette division est un module. Divisez un de ces modules en' douze ,

TOUS aurez les parties de module. De la ligne A à la ligne B divisez en trois pour avoir la ligne D, gui est le tiers de la colonne ; la ligne C est Taxe * de la colonne. Portez un module de chaque o6té de Taxe pour former le diamètre de la colonne» qui est le même du bas jusqu*au tiers* Le diamètre supérieur de la colonne est d'un module sept parties : portes cette mesure sous Tastragale. De la ligne D à la ligne B divisez en six pour avoir les lignes 1, 2, 3, 4 et 6. Posez une pointe du compas sur le point de rencontre de la ligne D et delà ligne G; ouvrez-le d*un demi-diamètre , et décrivez le quart de cercle que vous voyez. Retombez le diamètre supérieur de la colonne sur ce quart de cercle. Divisez la portion de cercle comprise entre le point a et le point e en six parties égales. Numérotez les points de la division en 1, 2, o, 4 et 5. Du point 1 montez une ligae d'aplomb qui vienne toucher à la ligne 1 ; du point 2 montez une ligne qui aille toucher la ligne 2; autant des autres points avec les autres lignes. Sur le côté de la colonne , entre le pointa^ sous l'astragale^ et le points, sur la ligne D, vous avez cinq angles: tracez , au moyen d'une règle ployante , une lie^ne qui passe sur les deux points et sur les cinq angles^ cette ligne sera un peu courbe. Ainsi doit diminuer la colonne du tiers jusqu'en haut. M'ave^vous compris?

LA.IIGUEDOC.— -Oui , mais j'aurai besoin d'y réfléchir. Je ne sais pas encore la chose par cœur; il faudrait que je la dessine.

PROVENÇAL.— Je le savais. Aussi je crois vous avoir dit sur l'architecture tout ce que je pouvais vous dire avec quelque utilité. Maintenant je vous conseille de dessiner. Ce n'est qu'en dessinant que vous poiu*rez bien comprendre le tracé géométrique des colonnes, des volutes et des frontons. En dessinant , tous ap-^ prendrez quels^sont les ordres qui demandent des ornements, quels sont ceux qui n'en comportent pas, dans quel espacement on doit mettre les colonnes, ce

1 Le miliea d« la eolanne.

<|ue c*est que les arcades et les portiques , comment on superpose des ordres les uns sur les autres : comnii-nt, dans quelques cas, il est permis de s'écarter quelque peu des règles, moyennant toutefois qu'on ne s'ëcarte pas du bon goût.

I LAN6UBD0C. — Si Ton voulait dessiner un ouvrage de menuiserie sur une feuille , comment établirait-oa rëchcUeî

pjiovENÇAL. — J'ai là , je suppose , une feuille de papier de quinze pouces sur vingt-six. Je veux dessiner dessus une devanture de boutique de douze pied& de hauteur sur dix-huit pieds de largeur : proportion observée , la plus longue dimension de mon papier recevra amplement la plus longue dimension de la devanture. Je pose sur les deux longs bords de mon papier deux lignes entre lesquelles sera placée la liauteur de la devanture. Je divise d'une ligne à l'autre en autant de parties ((ue la hauteur de la devanture doit avoir de pieds : je veux dire en douze. Chacune de ces parties est un }>ied , et j'établis l'échelle de pieds comme si j'établissais une échelle de modules. Je prendrai sur cette échelle les proportions pour tous les détails de la devanture. Pour dessiner tout autre objet sur le papier, j'emploierai le même moyen.

LANGUEDOC. — Et si Cette devanture avait des pilastres, l'échelle de pieds pourraH-elle servir à lespro* portionner ?

PROVENÇAL. — Non. Jc diviscrais leur hauteur comme si c'étaient des colonnes , et ayant obtenu le module , je formerais une seconde échelle dont je me servirais pour régler la largeur des pilastres , et pour Iproportionner les chapiteaux et les hases.

, LANGUEDOC. — Lcs pîlastrcs ont donc les mêmes proportions que les colonnes?

1 PROVENÇAL. — Oui ; ils en diffèrent seulement en ce Qu'ils sont aussi larges dans le haut que dans le bas.

LANGUEDOC. —Je comprcnds; je comprendrai encore mieux dans quelque temps d'ici. Dites-moi si j6 dois dessiner l'architecture d'un bout à l'autre.

noYBvçAt, — 3i vous avez beaucoup de temps à

Tôttiv ouf J sf VOUS' nieh aVex çthft , nott. DMi eë dernier cas , dessinez deux ordres, commene^' le' trobième , et passez air trait.

LÀivàuEDoc-. -^ L'arehitecturé' edt niûef , malt U trait est indispensable à tiik menuisier. PeUi^ef -^tO que Je puisse me servir d'un Vignole ?

pnoVEirçAL. -^ Je le pense.

LANGUEDOC. — Je Verrai à en acheter un.

PROVENÇAL. » Le^el aohètorez<'vous?

LANGUSDoc. — Lemiel ? je n'en saâs rien. Es^i^-en qvtfi Y a plusieurs Vignoles?

PHOTBNCAL. — Il y en a même une bienr grâfiAo quantité. *

LAifftinstKK:. — Faite^-ffioi-les coonattre.

pnorENCAL. -^ Il n'est pas utile de les citer Ufos; mais vofei ceux qui sont le plus connus et le plus en * faveur *

f hè Fignole dé La Gatdêttè ,o^Tth\té defs«iii(t ordres d'architecture , suivi du tracé géométrique i des ombres dans rarchifecture; 1 vol. '

2» LeFlgmolê déi oauriêrs, par Charles Normand, i outrage en quatre parties. La première renferme les •cinq ordres d'architecture et des détails sw les pro^ portions* à donner aux portes , aux croisées et aux arcades de différents genres. La deuxième contient un précis du relevé des terrains et de celui des plans des maisons , suivi de détails relatifs à la construction' des bâtiments. La troisième contient les plans, les élévations et les coupes d'un certain nombre de projets de maisons d'habitation particulière et de i maisons à loyer , dont plusieurs avec leurs différents | étages. La quatrième est spécialement consacrée aux escaliers en charpente et en menuiserie.

3» Le Fignole de Paulin Desormeaux , on l'Art du menuisier en bâtiment et en meuble , suivr de l'Art de l'ébéniste; 2 vol.

4* i: Art du menuisier , par Roubo ^, Gomptagnoit menuisier; 2 vol.

• 6* La Menuiserie descriptive, ou Nouvetm Fi'* gnoU des menuisiers^ par Goulon *, ouyra^^e extrait ea partie de celui de Roubo.

I.ANGUBDOC. — - Quel cst, pamû tant de Tigooles^ celui qui me conviendrait le mieux ?

PAOVEUÇAL. •— Si TOUS n'aviez à dessiner que Ie$ ordres d'architecture, je vous dirais de prendre La Ciardette, quoique dans son ouvrage les portiques y soient omis pour des raisons qu'on ne peut approuver. Si TOUS deviez vous charger de toute la construction du bâtiment, Charles Normand vous serait utile, et je vous dirais de le prendre, malgré que ses escaliers n'aient pas tous les développements dont ils auraient besom. Paulin Desormaux est dans un trop petit format ; de plus il traite trop de choses pour pouvoir les traiter à fond et avec clarté* koubo a fait un excellent ouvrage, qui a cependant un grand défaut : il est trop cher. L'ouvrage •de Goulon est celui , je crois, qui vous convient le mieux.

lANtfosDOG. — Goulon a donc fait un ouvrage |»arfait?

pKOTEirçAL.— Je ne dis pas cela; mais il a fait un ouvrage très-utile, ouvrage dans lequel on trouve de la géométrie élémentaire et de la géométrie descriptive, les cinq ordres d'architecture avec des as^ semblages pour les exécuter en menuiserie, les

1739, reçut par les toint de ton père, qpi exerçait la même

wofeMlon. une édnealion loisnéej 11 apprit les malhématiqneiL

la mécanique et le destin, et en m une hearense application a

ia menuiserie. Son Traité de Tart dn mennisier est le premier

currage de valeor qne nons ayons en en ce genre. Boudo moa-

nlt en 1791 . La ConTention nationale paya un tribot de recon-

' Missaiiee A la mémoire dn savant et modeste mennisier, en

aeeordaat à sa venve on teeoars de trois mille francs. Outre

" ' -t do mennisier, Roabo a publié nn Traité de la constmctioa

théàiret et des maehines, FArt du earrostler et VArt da

iler.

GoQloii, inden memdticr et proisiiear de desilD, homme VU 4e (alciUt et de dooMv.

coupes des outils dont nous nous servons, les assemblages et embrëvements divers; des plans, des éié-^ valions de croisées, de persiennes, de portes intérieures et extérieures; de devantures de boutiques de lambris d'appui et de bauteur,de parquets, etc/ etc., et tout cela avec de très-bons détails; puis viennent les rédactions des profils, les coupes et raccords des corniches et des cadres ; de là on arrive au trait. Ce sont d'abord des arêtiers, puis des esca-*^ liers de tout genre, ensuite les ouvrages cintrés en plan et en élévation , tels que chambranle, croisée, persieune, etc., etc. Suivent les voussures et les calottes , et l'ouvrage se termine par un autel , un confessionual et une chaire à prêcher.

LANGUEDOC.— Vous venez de citerbien des choses; le livre qui les contient me plaît déjà; cependant vous m'avez laissé voir que vous ne l'approuviez pas. en tout.

PBOVENÇAL. — C'est possiblc.

LANGUEDOC. — Qu'avcz-vous à en dire?

PBOVEN^AL. — M. Coulon a mis dans son livr& trop d'une chose,, pas assez d*une autre, et ces choses ne sont pas toujours arraogées méthodiquement; de plus , dans Tarchitecture il porte toutes les saillies moulure par moulure^ filet par filet ; tous ces petits détails sont donc péniblement portés les uns devant les autres. Il aurait dû faire comme ont fait MM. L» <7ardette et Charles Normand : je veux dire qu'il aurait dû porter toutes les saillies à partir de Taxd de la colonne et coter en conséquence. Cette manière est pjus facile, phis précise et plus expéditive tout à la fois ; elle vaut donc mieux.

Dans les ouvrages cintrés en plan et en élévation^ îl y a de très^bons développements; mais, de la manière dont le calibre rallongé est dessiné, on pourrait croire qu'il faut, quand on exécute sur Dois, débillarder les pièces en élévation avant de débillarder en plan, ce qui ne doit pas être. J*af entendu des hommes dire que cette manière de dessiner les chambranles étdt absolument hausse t

]e ne sais pas si rigoureux ; mais je conviens qu'elle peut faire tromper. M. Goulon aurait dû dessiner les calibres^rallongés de ses parties cintrées en plan et en élévation, comme ceux de ses escaliers.

Il y aurait aussi quelque chose à dire sur ses arêtiers : pour dessiner son pied d'autel, par exemple, if fait un encombrement de lignes à ne plus s y reconnaître. Je ne dis pas que son principe soit faux ; je reconnais au contraire qu'il est précis, que l'on peut dans quelque cas en tirer un tres-bon parti , mais les élèves le saisiront , le comprendront diflBcilement ; je préférerais qu'il eût fait un développement de piea par section ^ Cette ancienne manière demande moms de lignes, moins d'espace et moins de temps; elle est plus claire, et les élèves la conçoivent mieux, ce qui est en sa faveur une raison d'un çrand poids.

Je pourrais entrer dans d'autres détails, mais ce serait, je crois, inutile.

LATf GVEDoc. -^ Ce Vignolc est donc mauvais?

PBOTENCAL.— Je VOUS l'ai déjà dit : c'est un bon ouvrage; les défauts que j'ai signalés, si ce sont des défauts (car mon opinion est discutable aussi ), ne sont pas capitaux. Ce livre est basé sur des principes, tl est rempli de choses utiles; c'est enfin le meilleur livre de menuiserie que je connaisse. Il dépend de M. Goulon de le rendre encore meilleur ; il en a le talent , s'il en a vraiment la volonté.

LANGUEDOC. •— Dîtes-moi quels sont les prix des Vignoles que vous m'avez nommés tout à Pheure.

PBovBif ÇAL. —Celui de La Gardette se vend 10 fr.

Celui de Charles Normand 40

Celui de Paulin Desormeaux 18

Celui de Roubo 100

Celui de Coulon 18

* Dans beanooQp de pays on nomme les sections do pied :: lé» pigeons. Gela vtent sans doute de ce que les panneaux aal y sont quelquefois figurés représentent cojkmie des altes^ noms de la plupart des eboses sont tirés des ressemblanee<

Ce dernier est très-bon marché, vu son étendue, et la quantité de matières qu'il contient

LANGUEDOC.— Où Se vcndeut-ils?

PRovBifCAL. — Chez Garillian-Gœury et Victor Dalmont , libraires ^ des corps royaux des ponts et chaussées et des mines, quai des Augustins , n^ 39 et 41.

LAHGUEDoc. «- CcIul qui n'cst pas à Paris ne peut aller en acheter un.

PROVENÇAL. — En connaissant Tadresse des libraires on peut leur écrire.

LANGUEDOC.— Recevrout-ils ma lettre?

PBOYENÇAL.— Oui, si TOUS l'afiranchissez. Je tous avertis que les frais de transport du livre resteront à votre charge.

LANGUEDOC.— A combicu s'élèvcut ces frais?

PROVENÇAL. — A quatre ou cing francs pour Marseille et d'autres villes aussi éloignées; à trois ou quatre francs pour Lyon , Bordeaux , Nantes ; et à moins que cela pour des villes très-rapprochées de la capitale.

LANGUEDOC. — Cest décidé , j'achètcraî Fouvraçe de Coulon.

PROVENÇAL. —Vous fcrcz bien.

LANGUEDOC.— Pensez-vous que je puisse dessiner dessus?

PROVENÇAL. — Oui , et je vous avoue qu'il vaut mieux dessiner sur un bon livre que chez un mau« vais maître ; mais je vous avoue aussi qu'il vaut

^ On trotre à la même librairie le Diclionnaire Mitoriqne d^archUeclore de Qoatremère de Qoincy ; fiO fr.; — TArt de bâUr, par Rondelet, 125 fr.; — Recoeil de menniserle, 48 fr.; — Reeaeil de meoblei, 48 f r. ; — Reeneil de lerriirerie, 48 fr. ; —le Hannel de l^Ebéniste, par Caron atné, 86 fr.: — le Morl- •or, prix de la mennlierle, 8 fr. so c.; — Traite de la coape des pierres, par Adhémara, 20 fr- ; — par Simonin et La Gardetle, 12 f r. : — par Doallot> 36 f r. ; — par Frezier, 30 fr.; — Traité de la âiarpenle, par Doaliot, 22 fr.; — par Fonmean* 42 fr. On troorera enfin à cette librairie tons Ici nmn^fi d*irt -^ -** lelenoe qœ Vqu ponrrait dàlrer.

mieux dessiner chez un bon maître que sur un bon livre. Un livre n'a gu*un raisonnement à vous donner, et, si vous ne Pavez pas compris , vous ne pouvez rien lui demander de plus. Avec un livre , quelque bon qu'il soit, on se donne beaucoup de peine» et Ton avance très-lentement; un maître o£Pre plus d'avantages : il vous parle de la voix, des yeux et des mains. Si vous n'avez ])ù le comprendre, il change de manière de s'exprimer, il fait des signes difiPérents , et jgnit par se faire comprendre , et vous avancez continuellement et sûrement. Je le répète , un bon maitre est de beaucoup préférable à un bon livre.

LAKGVEnoc. — Je n'achèterai donc pas de livres.

PROVENÇAL. — Achetez toujours ; un bon livre ne nuit jamais, tant s'en faut ; vous y trouverez inévitablement quelque chose d'utile. De plus , il pourra dans la suite vous remettre en mémoire ce que le temps vous aura fait oijQ)Iier.

LANGUEDOC. — C'est Vrai. Eh bien! je ferai cette emplette le plus tôt possible; mais a coup sûr je commencerai à dessiner de lundi en quinze.

PROVENÇAL. — Pourquoi remettre si loin , et précisément a un lundi? quand on veut dessiner, il ne faut point remettre ; pour commencer, tous les jours sont Dons. Ne faites pas comme beaucoup font; ils disent: — Je commencerai lundi prochain; — ce lundi arrive , une occasion les dérange ; le lendemain ils ne sont pas en train , ils remettent à la semaine suivante qui offire encore quelques obstacles. Après avoir remis de semaine en semaine , voyant les veillées se faire moins longues , ils se disent : — A l'année prochaine I L'année suivante , par le même raisonnement, ils entretiennent la même négligence; A la fin de tout cela ils retournent dans leur pays sans avoir acquis la moindre connaissance en dessin. C'est alors le temps des lamentations! Ecoutez une comparaison : Si vous voulez l'hiver vous lever matin , Il ne faut point sortir votre tète du \\i, puis vos deiâ bras , puis une partie de votre corps , pms r

fin , ayant senti le froid , tous fourrer encore sous vos couvertures et vos draps chauds. Plus vous serez tard au lit , plus vous aurez de la peine à en sortir ; plus vous céderez à la paresse , plus la paresse vous serrera fortement. Quand on veut l'hiver se lever matin y il ne faut point tâtonner : il faut sauter du lit vigoureusement et d'un seul bond. Quand on veut dessiner, il ne faut point tâtonner non plus : pour commencer, toutes les saisons, tous les jours sont bons; le tout est de ne. point remettre. Commencez ce soir.

LANGUEDOC. — Pays provençal, je commencerai ce soir.

PROVENÇAL. — Et ayant commencé , ne perdez point de temps ; si vous perdez huit jours de suite , vous avez après une peine de diable pour retourner à la classe. Moins vous travaillerez, moins vous voudrez faire ; plus vous serez assidu , plus vous aurez du courage et du goût à ce que vous ferez. Ne perdez point de temps. ,

LANGCEboc. — Pays Provençal, je n*en perdrai point, et vous pouvez croire que rentretien que vous m'avez accordé portera ses fruits. Dans quelque temps ie reviendrai vous voir; j'aurai besoin de vous entendtre encore.

PROVENÇAL. — Je vous Verrai toujours avec plaisir, et puisque vous promettez de ne pas m'oublier, je penserai a vous aussi. J'écrirai un raisonnement sur le dessin, et |>rincipalement sur le trait. Cet écrit vous sera remis quand vous viendrez.

LANeuBDoc. — Vous avcz bien des bontés pour naoi , pays Provençal , et pour tout cela je ne peux que vous remercier. Allons, av revoir, pays Provençal.

PROTBNÇAi.. — Au revoir, pays Languedoc.

Ralfioimeiiieiit «or le Tralt<

J'ai donné précédemment quelques détails sur l'architecture; je vais ici, dans l'intention d'être utile , faire quelques observations sur le dessin , prior «ipalement sur le trait.

Les Sociétés de Compagnonage doivent avoir pour but l'instruction. Gtiaque membre de ces jurandes réunions doit communiquer à tous les connaissances qu'il possède. Celui qui n'a dessiné que des ))rofil$ de moulures , et qui les fait dessiner, fait bien. Celui qui n'a dessiné que les ordres d'architecture , et <qui les fait dessiner, fait également bien. Celui qui ne connaît aue les escaliers , et qui les fait dessiner et comprendre à tous ceux qui l'entourent , fait encore bien , tres-bién. Sachez peu , sachez beaucoup^ mais démontrez tout ce que vous savez à tous vos camarades désireux d'apprendre , et vous ne méri-> terez que des éloges. Si je donne mon approbation entière à ceux qui font dessiner tout ce qu'ils sauvent , je suis loin de la donner à ceux qui font destiner ce qu'ils n'ont jamais compris. Je blâme sévè* rement ceux qui font copier le trait ; car copier le trait , ce n'est rien faire , c'est moins que cela , c'est «e nuire , c'est s'habituer à dessiner machinalement sans penser et sans se rendre compte de ce que l'oa fait; c'esr s'enfoncer dans un sentier obscur, dan* l^ereux , qui égare la plupart de ceux qui le suivent jusqu'à ne pouvoir plus se retrouver dans le bon chemin. Us ont dessiné des escaliers , des autels , des calottes , etc.; ils comptent enfin leurs feuilles , et plus le nombre en est grand, plus ils s'applaudissent de leur talent. Us vioinent à changer de ville ; un maître meilleur que celui qu'ils ont eu pourrait les redresser: ils ne le veulent pas; pourquoi? Us se ' sont vantés, ils passent pour savants, et, pou" ""^ pas perdre de leur réputation , ils consenreoit'

ignorance. IVe ceux-là, les uns ne font plus rien; aautres, en trè&petit nombre, s'enferment isolé* ment le soir dans leurs chambres. Là, ils Teillent, ils travaillent, ils se tourmentent et n'arrivent à aucun bon résultat, parce qu'ils ne sont pas fondés sur les principes.

Une partie de ces honunes égarés, de ces élèves ayant fait fausse route , sentant leur position et leur faiblesse , l'avouent franchement. Ils vont, dès quo la possibilité se présente, chez de bons msd très, ils travaillent avec une nouvelle ardeur, ils refont co <iu'ils avaient fait en aveugles; leur pensée s'ouvre, prend des yeux , et ils voient clair enfin dans les courbes à double courbure * comme dans les psurties droites.

Mes amis , écoutez-moi : n'ayons point un faux amour-propre. Si nous avons pris une mauvaise route, ne nous obstinons pas à la continuer, re* tournons sur nos pas , prenons au plus t6t la bonne, la véritable route , celle qui mène sûrement et di-* rectement au but. Rien n'est plus cher que le temps, perdons -en le moins que nous pourrons; nous ne sommes plus des enfants, nous sommes des ouvriers et des hommes à aui de certains ouvrages opposent trop souvent de sérieuses difficultés. Ce ne sont donc pas des images, ce ne sont donc pas des dessins d'agréments qu'il nous faut, ce sont des dessins d'utilité, ce sont des principes, c'est tout ce qui peut nous aider dans la conception et dans l'exé* cution régulière de tout ouvrage qui peut nous être commandé.

Voulons-nous devenir bons menuisiers, dessinons d'abord quelques feuilles de profils de moulures, quelques feuilles de géométrie, dessinons quelques ordres ou tous les ordres d'architecture, si nous eo avons le temps , puis arrivons au trait

Le trait est un travail tout de réflexion et d'application; niais il n'est cependant pas si difficile à com-

1 Toate eonrbe dntrée mr deux teni •

prendre que beauceup yeideiit le faiire croire. Qaancl «D veut bien rapprendre , on rapprend. Il faut pour cela avoir de la patience et ne pas se décourager* Cenunençons par Tescalier : cette partie, je la place en tète et il faut la bien étudier , car elle renferme, plusieurs opérations que l'on emploie également dan» d'autres parties du trait.

On fait des plans par terre * d'escaliers d'un seul coup de compas , c'est-à-dire plein-cintre; alors les lignes du devant des marclies tendent toutes au même point de centre, ce qui rend le giron des marches partout égal , et le limon toi^ours régulier dans sos développement. Cet escalier est très-facile.

On fait aussi des plans composés de limons droits et de limons courbes ; dans ces plans mixtes , il faut diviser lesinarches sur la ligne du giron * et faire un balancement * démarches pourqu elles augmentent ou diminuent de largeur d'une manière convenable; il faut , quoique les marches soient balancées , et par conséquent plus ou moins en biais dans le plan ^ que leurs prolongements ^ travers l'épaisseur du hmon soient tendus au point de centre qui aura servi à le décrire. Les prolongements en question seront d'équerre dans les limons droits.

La nature et l'étendue de ce livre ne me permet-* tentni de donner un grand nombre de dessins, ni de m'étendre dans les démonstrations d'une opération de trait. Je veux cependant , dans l'escalier , entrer dans la description de quelgues opérations utiles, et que trop d'hommes ont négligées. Nous allons- nous oo cuper du balancement des marches, {^ox* la planche 4.) Vos Ihnons ou votre limon étant tracé , ayant la

* Han par terres oa plan, toat simplement.

s La llfuiie dn siron pane aa milieu de retealier, et eit tODjonrt parallèle aux decz Hmoni.

■ Balaneement de marches, oo dansement de marches : c*est tout comme. Je conseille d*apprendre les choses et de ne jamais ae passionner et se disputer pour des mots; on j perdraU ^~ tempe.

Ugae du 0iron qui passe au milieu de Fesealier , faites la division de vos marches $ur cette ligae. Nous voo* tous y je suppose , faire le balancement depuis le de* vaut de la marche 1 jusqu'au derrière delà marche 6, ce qui fait six marcnes à balancer; tirez le devaat.de la marche 1 d'équerre au limon droit , tirez le devant et le derrière de la marche 6 au point de centre du lU mon courbe; maintenant occupons-nous de l'échelle de balancement , tirez la ligne droite B , ouvrez votre compas arbitrairement ^; portez sur la ligne autaat de points que vous avez de marches à balancer , montez de chacun de ces points une ligne d'é(]^uerre à la ligne B , numérotez ces six lignes par les six chiffres que vous voyez , posez la ligne ponctuée • que Ton voit et qui doit toujours être au milieu de Téchelle ; divisez sur le contour intérieur ^ du limon , du derrière de la marche 6 au-devant de la marche 1 ^ en six parties égales ; portez une de ces parties sur la ligne ponctuée de Téchelle , prenez sur la ligne intérieure du limon la largeur de la marche 6, portez cette lar* É^eur sur la ligne 6 de l'échelle. Ayant sur cette échelle un point sur la ligne 6 , un autre point sur la ligne ponctuée , tirez une ligne droite qui passe sur ces deux points et se prolonge jusqu'à la rencontre de la ligne 1. Votre échelle de balancement est faite, cha-

2ue ligne qui la traverse doit donner une largeur e marche sur le pourtour du limon ; la marche 6 étant posée dans le plan , prenez sur l'échelle la lar* geur «e la ligne 5 , portez-la sur le pourtour du M* mon j en avant de la marche 6 ; vous aurez la largeur de la marche 5. Prenez une à une les lignes 4 , 3 , 2 et 1 de l'échelle, pour les porter sur le limon, devant la marche ô , et les unes au bout des autres ; ayant ainsi,

^ Plus oa moins.

* Si nous balancions an nombre impair de marches. luMf n^aorions pas besoin de soppoter une ligne ponctaée an mJUca de Téchelle, nons anrions alors natarellcment one lisae de ml* Hea qn\ nons senrirait.

> intérieur ou dedans.

sur le limon ) déterminé vos largeurs de marches par des points, tirez des lignes qui partent de ces pomU et passent sur les points qui sont sur la ligne du giron et qui Y correspondent ; ces lignes, donnant le devant des marches , seraient prolongées jusqu'au grand li mon , si notre papier eût permis de le figurer ; donnez un coup d'œil sur les prolongements des marches au travers des limons , cela suffira , le pense.

Si je faisais un onvrage méthodique de trait , je m'occuperais actuellement de la coupe à crochet , et des lignes de base ou de constructions; mais ce que Je décris ici est un hors-d'œuvre à ce livre , et s'a* dresse à des hommes qui ont déjà quelques connaissances sur le dessin ; il n'y a donc pas d'inconvénient à passer tout de suite au développement particulier ^.

Ce développement est de la plus grande utilité ; si vous voyez un escalier à briquet ou en fer à cheval avec des limons tout étroits , tout étranglés dans les

Quartiers tournants , vous pouvez penser qu'ils «ont té faits sans son secours. Si vous ne voulez pas être exposé à faire de tels escaliers, apprenez à faire usage du développement particulier.

{rox€Z plancne 4). Commencez à tirer la ligne droite A , prenez dans le plan , sûr la ligne  du li* mon , la laideur de la marche 6; portez cette largeur sur la ligne droite A ; prenez encore sur la ligne A du limon la largeur de la marche 5 , puis celle des autres marches; portez toutes ces largeurs les unes à côté ëes antres sur fa ligne droite A ; élevez les sept lignes oui y sont perpendculaires ^ Placez entre ces lignes des pauteurs de marches , comme s'il s'agissait d'un développement ordinaire ; décrivez en dessus , puis en dessous des quarts de ronds, les arcs de cercle que

i J'appellerai déveioppenent ordinaire le développement flnr leqael ou trace le boit. J'appeHerai déveioppement particulier cette autre opération qui développe vraimept le (iraoB et le fait voir dans tonte sa longoenr pour qu'il puittc 6tre régnlarité.

.s fmBfMtnAén, ou ûféipiÊm, c*eit la méHA cImik...

TOUS voyez; tirez deux lignes qui touchent ces arcs de cercle sans pénétrer dedans : ces deux lignes vous donnent le ramp^ant et la largeur régulière du limon. liC développement particulier est terminé , occuponsnous du développement ordinaire. Commencez à po« ser la ligne de base; projetez, des points formés par la rencontre des lignes des marches avec la ligne ultérieure du limon, les lignes 1 , 2, 3, 4, 5, 6 et 7; il faut dans tous les cas que ces lignes soient perpendiculaires à la ligne de base ; établissez vos nauteurs de marches. Il s'agit maintenant de fixer la ligne du dessus , et celle de dessous du limon. Prenez , dans le développement particulier , sur la ligne d'aplomb , devant la marche 1 , la distance du point a au point b. Portez cette distance sur la même ligne du développement ordinaire , pour fixer le point b. Prenez de rechef sur la marche 1 du développement particulier la distance du point a au point c ; portez encore cette distance au développement ordinaire sous le quart de rond de la marche 1 pour fixer le point <?. enfin prenez dans le développement particulier la largeur variable du limon sur les lignes 2, 3, 4, 5, 6 et 7; portez? ces largeurs sur les lignes qui correspondent à cellesci dans le développement ordinaire. Ayant fixé les points qui doivent vous gujder , tirez la ligne de dessus et celle de dessous, et vous aurez la largeur de votre limon.

Quant aux lignes ponctuées^ qui doivent donner le gauche de ce limon, je n'en parle 'pas; c'est une chose très-simple, que tous ceux oui ont quelques notions de Pescalier doivent savoir raire.

En dépit de la règle générale, j'ai pris le dévelop^ pement particulier non en dedans , mais en dehors du limon ; j'ai cru qu'il valait mieux régulariser ce qui est visible que ce qui ne l'est pas. Je propose à ceux qui trouveraient cela mauvais de l'examiner de près; ils pourront changer de sentiment.

Retournons à la coupe à crochet d'équerre que nous étions sensé avoir laissée.

f ^^vex planche S.) Le plan par tenre des limons

et dés marches étant tracé, il faut développer la portion du limon où on veut que la coupe soit

S lacée. Par exemple, prenez , sur la ligne intérieure u limon, la largeur de la marche 2 dans votre compas; portez cette largeur de marche où vous Toucirez. {fi^tz la figure 2.) Tracez les deux lignes d'aplomb 2 et 3 ; établissez deux dessus de marches» Ayant figuré deux quarts de rond, décrivez au* dessus deux arcs de cercle , décrivez-^n deux autres au-dessous, tirez les deux lignes rampantes qui les touchent et établissent la largeur du limon, posez d'équerre aux lignes rampantes deux lignes plus ou moins rapprochées pour former le crochet, retombez des bouts de ces deux lignes quatre lignes d'aplomb venant poser sur une ligne horizontale placée un peu plus bas, distinguez ces lignes par les lettres a, b, c,a, prenez ces quatre lignes sur la ligne horizontale, et portez-les, sans déranger leurs éca^• tements , sur la ligne intérieure du hmon , dans la marche où Ton doit faire le joint ; tirez , du point a et du point d , deux lignes tendantes au point de centre, qui traversent le limon du dedans aurdehors; posez la ligne c parallèle à la ligne a, posez la ligne parrallèle à la ligne d. Je vous fais poser ainsi ces deux dernières lignes pour qu'il n*y ait pas du

Î gauche dans la coupe , et que le joint soit plus àcile à faire. Les lignes de la coupe étant posées dans le plan, et les limons se recouvrant Tun rautre» tirez les lignes de base, et développez.

J*ai tracé la coupe à crochet d'équerre comme la tracent les maîtres les plus en faveur; cependant ie crois devoir observer qu'en agissant de cette sorte la coupe est d'équerre en dedans du limon, où elle ne se voit pas, et n'est pas d'équerre en dehors, seul côté où elle se voit Sur la figure 2, qui est le dedans du limon» la coupe est d'équerre; sur la figure 3, qui est un développement pris en dehors du même umon. elle est trop coucnée. S'il s'agissait d'un limon intérieur S un effet tout contraire aurait lieu.

. tunMndncOtédBjoiirdereieaUcr.

ear la coupe serait alors trop droite. Il sendt fateîle de démontrer la cause de cet e&ei ; mais je dois me boraer à domier pour conseil, à ceux qui tiendraient à avoir une coupe parfaitement d'équerre en dehors du limon, d'opérer sur ce côté du limon, et non sur Fautre.

Je ne m'étendrai pas davantage ici , et j*ai Tespoir d'être compris de ouelques-uns , qui pourront me faire comprendre à d'autres.

Après avoir donné ces démonstrations , que j^ai cru utiles , je dirai : Faire le balancement des mar* cfaes dans les plans mixtes et dans les plans à S, dé* velopper une portion de limon pour y placer la coupe d'éqiierre , et retomber cette coupe en plan pour avoir le croisement des lynons et leurs longueurs exactes; transporter un limon, quand, faute d'espace libre ou propice, on ne peut le développer sur place ; faire le développement particulier et s'en servir pour régulariser la largeur d'un limon, quels que soient son contour et son rampant , c'est presque tout le trait de l'escalier.

Outre ces escaliers à limons pleins, on fait des escaliers en marches massives , oits anglais, dont les coupes ne diffèrent pas de celles de^ escaliers en pierre.

On fait surtout des escaliers à crémaillères ou de^ mi-anglais. Les opérations que j'ai décrites servent pour ces escaliers connue pour les autres; la dtff^ rence est que dorénavant les devants des contre* marches seront nos principales lignes dU plan ; c'est de leurs point) de contact avec les limons que par^ tiront les projections ou lignes snx lesquelles on établira les hauteurs des mardies , pour fomer le développement du limon, sur lequel on tracera le bois.

Il sera bon de dessiner qu^ques éiévatio» gé(h* métrales d'escaliers ; on (pourra terminer cette par*^ tie du trait par Tescalier à entonnoir à limons m«* sés\ et par l'escalier à ^oud à courbes et à

> Le limon évasé n'est pM û^m bel cfileC. On peut teU*! 4ei

panneaux. Ce dernier est très-ottle ; le plafond dani» sa largeur est quelquefois de niveau sous l'escalier; d'autres fois, pour de certaines raisons , on le fait pencher du coté du petit limon. Ceci est peu diffi» cultueux. Dès qu'on a figuré la coupe de l'escalier, on voit le bout des courbes et la position de leurs arêtes; on peut facilement comprendre comment il faut porter Ces arêtes dans les développements. On fait aussi des escaliers à consoles, à goussets, etc.; mais je n'en dirai rien , car, connaissant ceux dont j'ai parlé; on n'aura qu'à jeter un coup d'œil sur ces derniers pour les comprendre parfaitement.

La deuxième partie du trait sera formée des ou-^ Vrages cintrés en plan et en élévation, tels que chambranle , éventail , persienne , etc. J'observerai que le développement particulier, que je recommande tant pour l'escalier, est ici encore plus indis^ pensable. Un chambranle , exécuté sans le secours de cette opération, n'aurait ni le contour, ni la forme , ni la largeur, ni la régularité qu'on aurait cm lui donner. Ce développement est la base du trait; mais, pour des raisons que l'on comprendra , je ne m'étendrai pas davantage là-dessus. Je ne peux faire que des observations. Les corniches volantes, pour ceux qui voudront les faire , constitueront la troi» sième partie du trait. Je les place immédiatement après les chambranles , parce qu'il faudrait quelquefois, dans la menuiserie, les exécuter en même temps.

La quatrième partie du trait se composera des arêtiers ^ droits et des arêtiers courbes. On pourrait Mtr ces derniers redresser quelques erreurs, et faire voir comment on peut , par des procédés simples et faciles , leur donner les courbures les plus bizarres

eiealiers à entonnoir sans évatcr les llmoni ; c^ett mieux et moins ionff.

1 Arêtier, tonte pièce de bois placée snr nn angle et inclinée^ eonme la pièce de cbarpente fonmot arête snr l*angle d*Qa ciMiile vnà'Uà toit, comme les picdf de devant dnm antd, ele^

sans nuire à la régularité de leurs surfeees appa* rentes. Je Toudrais aussi pouvoir mettre en-préseoce deux systèmes différents et les comparer; mais un si petit livre ne le permet pas.

Dans la cinquième partie du trait rentreront les calottes 1 massives et celles d'assemblaee, dont la dernière sera à montants rayonnants et la plus élégante. Les dômes se font par les mêmes principes , et sont plus faciles à exécuter quand leurs plans sont purement circulaires.

La sixième partie du trait sera formée des voussures'. On les nomme queue de paon» Saint-Antoine» corne de bœuf (ou de vaclie), oreille d*âne, partie de Marseille, etc., etc. Les unes ont reçu leurs noms de leurs formes; les autres des lieux où elles ont été construites pour la première fois. Tout ce que je pourrais dire ici sur les voussures ne serait que des mots; il vaut donc mieux s*y appliquer que d*ea |»arler inutilement. Les quadrilatères dont on se sert «ans les corniches volantes pourraient, je crois, ^tre utilisés , pour Téconomie du bois , dans des panneaux peu jRauches de certaines voussures. Je me réserve de raire plus tard quelques recherches là* dessus.

Le classement que Je viens d*établir dans les parties du trait est une chose tout arbitraire. L'essen* liel est de se faire comprendre des élèves ; le maître «pii se fait le mieux comprendre est celid qui a la meilleure méthode et qui démontre le mieux, quelles ^ue soient sa méthode et sa manière de démontrer.

Il sera bon de terminer cette étude par un ou- Trage où les diverses parties du trait puissent se trouver réunies; par une chaire à prêcher, Je sup-pose. Il n*y a ici rien de bien nouveau. On n'a qu'a rassembler ce qu'on a déjà fait

« CaMte, bolierie du haut d'âne nid»

*Toaiiiire,cq)èeedelM)iieried*€^brMrB,fM Psa foit flaees dam le hatt dîne porte dmrce, 09 4^nB eraiaéc^ de.

Qu'il y ait dans ce travail un escalier à plafond» cet escidler, on Ta fait

Qu*il Y ait un cul-de-lampe ^ sur un plan carré ou polygonolde^ ce ne sera que de Tarètier ; ses courbes ne seront, le plus souvent, que des pieds d'autel renversés; toutes choses qui ne vous sont pas in» connues.

Qu'il y ait une impériale * sur un plan circu-» laire, on emploiera pour la faire les moyens dont on s'est servi pour faire la calotte à montants rayonnants.

Que la chaire, par exemple, s'adapte à une oo* lonne, il faudra, à l'endroit de jonction, et sous le cul-de*lampe , et sur l'impériale , une traverse d'une forme assez originale ; vous emprunterez aux Toussures des moyens pour l'exécuter.

Je n'a! pas nommé toutes les pièces que Ton fait entrer dans le trait des menuisiers ; mais qu'un élève ait dessiné les escaliers, les parties cintrées en plaa et en élévation, les arêtiers, les calottes et les voussures, qu'il en ait bien étudié, bien saisi les principes j et il n'aura plus besoin de maître; il pourra faire , avec du goût et de la bonne volonté , toutes sortes d'ouvrages. Les ouvrages varient de formes et de dimensions, mais les principes, mais les opérations principales servant à les exécuter, no varient pas, et je conclus qu'alors, pour pouvoir» on n'a qu'à vouloir.

he» hommes exagérés, mystérieux, et qu'on peut avec raison nommer les charlatans du trait, preten* dent qu'il faut quatre, cinq ans de leçons pour qu'un menuisier sache passablement le trait: ne croyez pas cela.

(ïelui qui a du courage et quelques dispositions peut, en vingt-quatre mois, dessiner les profils de moulures, les figures les plus utiles de la géométrie»

* Cnl-de-lampe, piice en forme de pyrimide reavenée, et attachée «ms la cave de la chaire.

> impériale, sorte de dOme qai eouroime la chaire.

une partie des ordres d'architecture et le trait; outre des dessins, il aura fait, en petit, des escaliers , des autels , des calottes et des voussures ; il aura fait enfin tous les modèles qui lui étaient né* cessaires pour la conception de ses dessins.

Ayant exécuté en petit, on exécute en grand avec

Ï^lus de facilité; les lignes étant alprs plus écartées es unes des autres , on risque moins de se tromper : le tout est de ne pas avoir peur des grosses pièces de bois.

L'élève qui aura dessiné deux ans ne sera pas^ d'une force égale au maître qui démontre depuis bon nombre d années : mais il pourra travailler, se développer, se fortifier encore sans le secours de personne ; et si ses dispositions naturelles sont supérieures à celles de son maître , il doit nécessairement à la longue l'emporter sur lui.

Il y a des hommes qui disent qu'il vaut mieux ne point dessiner que de dessiner peu. Je suis d'un avis contraire ; le peu que l'on fait peut avoir son utilité . mais je recommande de ne point précipiter ses études , et de bien apprendre le peu que l'on ap» prend.

vous , dont la modestie , dont les talents sont connus et appréciés, ô vous Lyonnais L'Jmi du Trait, Toulousain La Prudence , Suisse Le Résolu^ lafrance L'Jmi du Trait, Bourguignon France Cœur, Gascon, L'Jmi du Trait, \ous tous enfin. Compagnons courageux, qui, marchant dans la même voie, vous livrez à la démonstration, nonseulement par métier, mais par devoir, mais par éé^ Toûment , mais par amour pour vos semblables , con-^ tinuez la tâche que vous vous êtes imi)osée ! Vos méthodes sont-elles simples, qu'elles soient, s'il se peut, plus simples encore ; rendez le trait facile et attachant, faites de nombreux élèves, formez des hommes à la société, communiquez-leur vos talents; mais de plus inspirez-leur votre sasfesse ; qu'ils ne soient prévenus ni contre ceux qui élèvent les murs des vastes édifices, ni contre ceux qui les couvrent

de leurs combles solides ^ Ou*ils n'aient de prévention ni contre les métiers , ni contre des rivaux «, ni contre des camarades. Ce c^u'ils ont appris, d'antres peuvent l'avoir appris aussi , ou peuvent encore l'apprendre comme eux. Donc, s'ils ont des talents, Î[u'ils y joignent la modestie, cette belle qualité qui eur donne tant de prix ; qu'ils soient enfin comme TOUS êtes, et ils seront toujours estimés.

^ Un baldaquin de la plus grande beaaté, nn onvrage de charpente d^nne complicaUon extraordinaire , a été mis en 1839 â TExpoiition des produits de Tlndastrie. Cette réunion de je ne sais combien de milliers de petits morceaux de bois, cet assemblage confus, original, mais délieat, mais sublime, a quelque chose d'imposant. Cet ouvrage sort de la main des Compagnons Drilles. Rendons justice a tout le monde : les Compagnons Drilles ont bien travaillé I

s M. Oli?ier, homme plein de bonté et de talents, est Compagnon dn DcYoir. Il a elé, à Paris, mon maitre de dessin, et je ne peux que Ten remercier ; il a donné des leçons à un grand nombre de Compagnons de notre Société. Grandjean , dit Maconais le Chapiteau; SéTcrac, dit Toulousain la Prudence; Giraudon, dit Prorençal le Vainqueur; tous hommes savants et établis chacun dans son pays, ont été de ses élères.

riN DB LA PREMIERB PARTIE.

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