‹ Le Livre du CompagnonageChapitre 56 sur 79 · ÉCHAPPE, LUI ET SES OUTILS, A LA FUREUR DU · texte numérisé non relu

ÉCHAPPE, LUI ET SES OUTILS, A LA FUREUR DU

« PARTI QUI LUI DICTE LA LOI. > Convcnons quc M. Hippolyte Lucas pourrait être très-entendu en littérature, mais qu'assurément il Test très-peu sur le fait des Associations.

1 sni /e faut absolament, ce B>st pas m prU'ilég».

s Voyez l*article embaochage, page 52, première partie.

s Un maître n'a qo'à être honnéle booive, et il peot chaa- 0Bt de Société quand Iram lui iewt4&

Un CompafTDon qui conduit un de ses confrère^

chez un patron^ et l'embauche, en recevra, ea

échange de son temps perdu , la somme de deux

'francs ou un lé^er repas. Gela n'est que légitime ;

Î pourquoi donc récrimmer de la sorte, et exa^^rer es choses pour les faire paraître mauvaises ? Le Rouleur, n'étant qu'un simple ouvrier, ne peut donner tout son temps , à moins quMI ne veuille contracter de fortes dettes et se voir contraint de faire des dupes.

11 y a dans Paris des maisons de placements; allez demander à ceux qui les tiennent une place quelconque, il faudra d'abord donner au moins trois francs pour vous faire inscrire , et, si l'on parvient à vous placer, ce qui n'arrive pas toujours, il faudra compter encore une somme considérable, quelquefois la douzième partie des gages d'une annt^e; et, après vous avoir rançonné de la sorte , ces placeurs seront-ils vos appuis , vos défenseurs auprès de vos maîtres , si ces maîtres sont injustes envers voust lion, au contraire; les Compagnons agissent différemment.

Les membres d'une Société versent chaque mois leur quotité pour solder les frais communs , et cela ne devrait pomt étonner. On a une salle d'assemblée, il faut en payer le loyer; — des maîtres viennent quel((uefois chez la mère , soit pour demander des ouvriers, soit pour autres choses, il faut les recevoir comme les gens du peuple reçoivent ordinairement leur monde, je veux dire cordialement. — On a des arrivants à accueillir, des partants à accompagner, et ni les uns ni les autres ne rincent te gosier de qui que ce soit, comme M. Lucas l'a gentunent avancé. — 11 faut soutenir des correspondances , — soulager des infortunes, — payer pour ceux (|ui ne paient pas, car malheureusement il est des lâches, il est des iiommes de mauvaise foi, cancer des sociétés, qui pèsent à plaisir sur les (épaules de leurs frères , aussi pauvres, aussi faibles qu'eux.

Si M. lAicas connaît le moyen de former et de régir

une Association où chacun de s'^s membres jm\%$e n'avoir que des bénéfices et point de chargées , ou tout le monde puisse être soulaf^é sans qu'il n'en coûte lien à personne , il doit , sans retard , révéler un secret si important, et il ne peut manquer d'être proclamé le législateur par excellence: MoYse, Jésus, Mahomet , seront d(:trônés , car leurs miracles seront bien petits auprès de ceux que nous attendons du nouveau législateur, le plus chéri des enfants de Dieu.

Mais , en attendant que la révélation se fa«se , disons qu'en critiquant l'embauchage et les frais de mois^M. Lucasa critiqué des choses auxquelles il n^a* point réfléchi. 11 fait pire encore quand il traite à sa manière des rapports des Compagnons avec les maîtres ; quand il parle de la fureur des premiers et des dangers que courent, en certains cas , les seconds et leurs outils! Il fait preuve, en parlant ainsi ^ ou de beaucoup d'ip;norance , ou de beaucoup de mauvaise foi. Pourquoi présenter les Compagnons comme des voleurs, comme des brigands? Quel' plaisir trouvet-on à abaisser toujours l'ouvrier dans rintérét mal compris de celui qui l'occupe ? Ne peut-on faire de la critique sans tomber dans des extrémités si blâmables?

« Ces sociétés , dit le même auteur, sont bien tom- « bées depuis 1830 ^ époque où chacun a mieux « compris ses devoirs et ses droits ; et l'ouvrier lul- « même a été le premier à abandonner ces rivalités « qui ne lui amenaient souvent que des coups ou la <K misère. Du reste , les journées sont si modiques en c province nue les ouvriers cherchent , autant que € possible, a atteindre la capitale, où ils jouissent a déplus de liberté , et où ils sont mieux rétribués; « et il arrive souvent que tous ces dignitaires , qui

1 Lm ferraDdlDlers on lUsenrs eo sole, se lODl form^ en Soelëté oompasDona'e en 1832. et celte Société compte ao moins, trois mille m«^mbret actifs. Il est d^aalres Soeléln qui se forment aassi , dont on pourra parler plot tard. LMsoIemeut cit. ttmcile aux oavrien : iU le sentent.

« veulent ûn&bT la franc-maçonBèrié , fié sont cfue € de bieo faibles ouvriers dans la capitale. » Peut* on entasser ainsi sottise siir sottise? Quoi ! actuelle^ ment les ouvriers quittent de toutes parts la province pour se diriger en masse sur Paris 1 Quoi 1 la population ouvrière d*un çrand état tendrait à se renfermer dans les murs d'une seule ville, parce qu'on y gagne , dit-on , de bonnes journées I On voit encore la combien M. Lucas étudie savamment le mouvement de la population de la Franee , et déplus combien il est sexisible à la misère des travailleurs parisiens, misère qui va toujours croissant. Il attaqué ensuite les dignitaires, qu'il place bien bas: ceux donc qui auront mérité Teslime de leurs co-associés, et qu'on aura portés, par élection , à la tète de la Sa* ciété dont ils fônt partie, sous la dénomination de Dl* gnitaire, de premier Compagnon , de capitaine ou c|e Président , ne seront plus , à cause même de la considération dont on les aura honorés, que de bien faibles ouvriers! En province, ils étaient quelque chose; mais dans la capitale , avec les autres ouvriers de lai PpÇY'mce , rentrés là comme eux, ils ne seront plus rien. Je me trouve quelque peu enveloppé dans ce jugement rigoureux , car j'ai eu , je l'avoue , l'honneur de marcher, une moitié d'année , % la tète de mes confrères , et je ne pensais pas que l'exercice de cette fonction eût pu nuire à ma capacité comme ouvrier menuisier. D'après le feuilletoniste , j'étais dans l'erreur, et je dois être déchu.

Ah I M. âyppolite Lucas, faites des biographies sur ^égnard , d'Ancourt et autres. Jugez , en littérature , lès vivants et les morts , mais ne sortez pas dècedbmaine , déjà bien vaste I Laissez eh paix les ouvriers 4ue vous ne connaissez pas , et que vous traitez horrimèment, sans avoir, je crois, Tîntelligence bien claire de ce (jue vous faites. Avant d'expHqiier et de juger un ol^et , quelque mesquin quil vo«» naraiSBê d'abord , étudîez-le àtterttîteiirent ; VOUS VOWS èa trouverez bien et nous aussi.

Le National lui, qiil, autrefois, tte fat à tMf^

iV^le e€ BdedeeoiiderâîC entott an besoiii», refiAefpfUe» ^Bs 9M mraéro du tS janvier t89t , un artiiele tout è fait opposé à ses doctrines radicales. De cet article> ^Igné Léon Duroeher , et que je ne fms peser que sur son auteur, je ne citerai que des courts passais; 4$ottitiençons i»ar celtii-ci : « Pierre Hu^nenin , us « simple menuisier ! on ne le croira jasHnâ I (Test um 4t membre do la Société des gen» de lettres , un ré^ 4 dacteur de revues, un candidat à Tacadémle des 4 sciences morales , un professeur au Collège de 4t France , im saini-sîmonien , un p4ialattstérren , tout « ce que TOUS voudrez , excepté un ouvrier. Qoand « on manie la phime ains! , on jette là promptemeni « la varlope, i» M. Iiéon Duroeher , homme de lettre » rédacteur de revues, n'admet pas qu'un ouvrier puisse Itîii ressembler sons le rapport de l'intelligence; us ouvrier n'est pas un homme , il ne peut être ni saint* simonîen , ni phalanstérien ; et, par la même ranson, iri légitimiste, ni républicain ^ , ni juste-milfeu ; il est trop brute , trop borné pour être raisennabflemeât <PiMie opinion quelconque. Aussi meiâsieur Duroeher, ^oute-t'il h propos de Pierre Hugtfettn, qui, d'uit ftîout à l'autre du roman , parle beaucoup et n'écrit^ pas une ligne , cette profonde réflexion : < Quand 00 ^ manie la plume ainsi, on jette là pronptement I» « varlope. » Le critique vient de constater , dans le Uaêrae article, la décaaence littéraire de George Sand ; pftisiireconnait , sans en avoir la moindre intention, ^e ce talent est toujours des pKis puissants. H veut

^ Le saint- simonisme, le foarrlérisme, sont dék systèmes lo- «lanx ; il est pourtant des ouvriers assez éclairés pour les compreDdrt, et les aMrodver ou IM refetar. Le répoblicaDisnK est va synèRie aussi ; il demande à ses ptrtisaût le sacrl&oe im Umn tniérêlf indlYitfaelt a IMntévél te tooi. De noi jours, pe« eèHt oapabtes de teUsacriftoet. Et oependaiit beaoeonp d'honl'* MÊm se éiseat réoMbileaiDe, smis que et titre leur seil eoeteilé t ei roneMN? fm^t 7 all des wir\€n répoMtealoi, 00 doit aék9 «fil j êéêê euvrien «ihit-iliiioaHni et dti osvpiMt foa^ MMes : peur ma part, j^e» eoftoait ^ue je Nral ' ^ M. Dvocber «Ml le désire vraiment

aliaisser à la fois le romancier et le meouisier » iiéros ; il ne fait que se contredire et s*abMsse lui» même.

Répondons maintenant à cette même phrase quand on manie la plume ainsi^ oniette là prompte ment la varlope y d'une autre manière. Faisons remarquer 4)u*un ouvrier, eût-il reçu de Dieu le don du çënie,. sortirait difficilement de Vobscurité. Ayant ordinairement à travailler de six heures du matin à huit heures du soir , et quelquefois plus . il ne peut écrire durant, le jour ; et, après la journée, fatigué de travaux in* erats auxquels il s'est livré trop long-temps, il a biea du mal à tenir ses yeux ouverts et son esprit éveillé ^ rapetissé de la sorte, il produit avec une grande peine. Hais admettons qu'un ouvrage de quelaue impor* tance, soit né de ses veilles , trouvera-t-il un éditeur 4|ui veuille s'en charger? Un éditeur n'achète ordi— nairement ni le manuscrit , ni l'esprit qu'il renferme , mais le nom de l'auteur, et un nom d'ouvrier promet peu de retentissement et peu de gain >.

Si rouvrier , à défaut d'un éditeur , peut rassembler assez de fonds pour se faire lulnnème l'éditeur de son ouvrage , la presse l'aidera-t-elle à en tirer parti , et à rentrer au moins dans ses frais? Hégésippe Moreau, l'ouvrier imprimeur, le poète du peuple, est mort mi* sérablement dans un hospice, et on ne lui a adressé louanges sur louanges que quand il n'a plus été de ce inonde I La jalousie , l'orgueil, les folles prétentions étouffent trop souvent la Justice ; et les talents mo* destes , les inspirations généreuses , les hommes les plus dignes, succombent sous le poids des iniquités ,

* Ao snjet da gain des oovrages liltnraires et tavantt, od WNirrait faire «Taotrei réflexions. Comment Jean-Jacqaes lloaneaa aurait -il véen et tant écrit, si des riches comme ob «*en voit pins dans les temps ob nous sommes, ne l^avaieiii footeoQ? Car ses ouvrages loi rapportèrent peu. OQ'ont-ellc» produit à leurs auteurs, les oravres de Salnl-Simoii et de Four* rier. Celnl qui a fait Particle auquel Je réponds, ayant consacré de nombreuses pages à ces réformateurs, doit le savoir nté bien qne qui que oe toit

•I la fortune ne les seconde. Quel malheur que la presse , ce çrand levier, ne comprenne pas mieux sa véritable mission , son noble apostolat; que dé biens I que de progrès pourrait-elle réaliser!

jd. Léon Durocber reproche à George Sand de pré-* ter à ses personnages un lan^ase qu'ils ne peuvent avoir; s'il s'agit de la forme , je Te veux bien , aucun ouvrier, aucun homme de lettre même , ne peuvent

Sarler comme elle écrit; elle a trop de poésie! trop» e perfection ! quel malheur !— Dans nos tnig^es tous, les personnages parlent en vers; je pense que ce lan*^ eage n'est pas plus naturel aux princes qu*aux moin* ares valets; et ie ne sache pourtant pas que M. Puro» cher ait formulé une protestation en forme à ce sujet. — On a parlé de la forme , mais voici venir le fond; le critique dit au romancier : « Qu'à personnifier le « peuple, il fallait Téloigner de la controverse antt» < cipee , des questions qui sont confuses pour tout 1» « monde, etc., etc. '. » Lé romancier n'a nullement prétendu personnifier le peuple dans un seul homme, qui , au milieu de tous les personnages du roman , s^ trouve une exception . un homme a part; il a voulu donner un type très-elevé, sans doute, mais vrai^ malgré cela ; car les hommes du peuple , les pauvres^ Je veux dire, soit qu'ils parlent, soit qu'ils écrivent, vont au fond des choses '. Je ne parlerai pas des au* leurs les plus célèbres que la misère a toujours ac-* compagnes. Mais qu'on lise X Atelier , qu'on lise la Bûche Populaire, journaux rédigés par des ouvriers

1 C*etl préeisémeDt qnand les qnetlioDS lODt eonfbseï qii*il faut faire appel à on pitii grand nombre d^inteUigenecs , afift de les résoodre.

s Les ricbes ont vn quelquefois des pauvres de près, et ponr* tanl ils ne les connaisseDt pas : la misère rend timide; les pauvres devant les riches, qui suavent les dédaignent, parlent pen. Ils craindraient de mal dire et défaire cequMls appellent des mitr*: celte crainte les paralyse, et ce n*est vraiment qa^ave» Icnrs éganx qn*ils ont de Tesprlt et qu^ils se livrent à IV lan de knr cœur. Je le répète, les riches ne connaincBt pas Ici pan-» lires; ils ne penveal pis les comiaitre.

^ t(Miteêfpfél9tskm , on froty^er» éM^ arides é^iÉr gi^B<lgens el(f«Me portée pea commHBe. Quaad des ouvriers sfe KKitent a écrire , c'est que quelque chose les tourmente et les pousse là. Non, ce n'est pas pont faire des phrases plus ou moins spirituelles qu ilsprea* sebt la pittmey mais pour se plaindre, mais pour trou* yer ou indiquer un arrang^ement qui promette plus de Men^-étre à la masse do peuple , que celui dont ils atbfssent les plus tristes conséquences; le présent ne* les satisfaisant pas, ils se font nommes à systèmes, réformateurs, utopistes , et cela se conçoit.

Les éerif ains riohes et bîen élevé» agissent autre* meftt, et cela se conçoit aussi. Ils discutent beaucoap^ sur des personnes, sur des formes, sur des vieux textes; Hsse livrent jonmeUement des batailles de mots bien ronflants, cela les fait eonnattre et les pousse aussi loin qui» peuvent aller sans rien déranger à la 5eène pourtant bien fragile, construite tout exprès j^mtr eux. La plupart de ces écrivains, placés dans une région totrte particulière, peuvent a peine voir ie peuple , et ne compreunent ni sa nature ni ses besoins ; et si quelques ouvriers , porte-voix de leurs eamarades , un moment libres . expriment fortement des vérités accablantes, on traite ces vérités là d'absurdkés, de chimères. d'impertinences; on les déna» ture pour mieux les flétrir , etTouvrier , n'ayant autant dire point de tribune , ne pouvant pas obtenir là pstoie à son gré , pour répondre à ceux qui Taceusent et rinjuriènt, pm sa cause, et souffh) à l'éeart. II ar« rive par fois que des âmes d'élite, âmes généreuses, itiais trop rafes, se font les interprètes , les défendeurs des ouvriers, on leur crie alors, avec un concert de voix infernal, épouvantable, qu'elles flattent tmp leurs héros; et en définitive, qu'elles servent une mauvaise cause

M. Léon Durocher prétend que les ouvriers sont tj*ès-indi£férents en fait de choses publiques, et il les ea félicite ; il <iHt , en parlant du Corinthien : < H f a « dans l'aHure insouciante du jeune o«wrier, qae^« « que chose de plus vrai , don&ieax observé quedtti

4 la mêtvtncoU^ ra!sonneuse de Pierre. Le CoHnthlett tf est plus sobre de di^essfoDs philosophiques on c sociales; îl a Tair plus artisan, moins gentilhom* « me. moins nourri aes spéculatiOn!s de saint Simront « et de M. Pierre Leroux : cela fait son élof^e, il a sit < se tenir dans le cercle des idées pratiques * ; sa tête « ne court pas les champs en quête de chimères, etc., « etc. » Et plus loin, ayant cru devoir, à Toccasioil d*an ouvrier qui raisonna, tant cela lui paraît extraor» «Hnahre , mettre la multitude en cause , il dit : « Là « peupjfe a pfutôt le sentiment des choses qu'il n*en a « le raisonnement. » Puis , vouîawt le flatter un peu, if le flatte par ces mots : « Quand il parle, c*est Dieu « qui parle. » Le peuple parle comme Dieu , mais il Be raisonne pas , puis il conclut : « En temps ordi- « naire il juge , et quand le moment est venu , il exé* « cute. » Voilà donc le peuple juge , et bon juge sur* tout , d*après M. Durocher, d'une chose qu'il ne peut comprendre et raisonner. Quoi qu'on en dise , des Jugements qu^OB ne raisonne pas, doivent être de pauvres jugements. Notre critique dit encore : « Monter à sur les cimes de la pensée où la foule des Tytans a « été foudroyée ; à quoi bon , le peuple feît mieux » « il assisté à leur chute et recueme le fruit le plu« « net de letirs efforts , etc., etc. » Si ceux qui font les afivires du peuple s'acquittent si bien de leur mis- ^on, pourquoi vouloir changer quelaue chose à ce oui est ? Pourquoi vouloir remplacer des colosses par a autres colosses et peut-être par des nains? que 5ais-je t •— Mais loin que le peuple recueille les fruits des efforts des Tytans , comme on les appelle , il no i^cueiile que des déceptions, que des misères, cq ^uù M. Léon Durocher, vivant dans se sphère privilégiée» i|^nore complètement. J'ai bien lu son article, article très-littérafre , Je le veux bien , maïs gonfié d'excessives prétehtlons , et pourtant dépourvu de tout» philosophie et de toute logique ; cet article , disons

1 (Teit -l-dlre otTU ne peott qfTA ton métier, à la «cnfuM «t toi ptalftn; i\ ta amblUeia, f^OUleci HbcriHi : V<Atl'M

la vérité , m'a paru perfidement diri^çé contre la réforme électorale, par la raison quMl deviendrait absurde, de conférer des droits à ceux dont les Tytans s*occupent avec tant de sollicitude et qu*on a peints d'ailleurs comme tout à fait incapables de lesexercer» Non , ce n'est vraiment pas par sentiment que nou& devons donner notre suffrage à tel ou tel candidat , mais par raisonnement ; notre opinion , notre ju^^e— ment , si nous sommes sincères^ sont toujours Teffet d'un raisonnement intime ou parlé. Or donc . si le

Seuple manquait de raisonnement et par conséquent e discernement et de jugement dans les affaires pu-bliques , il faudrait le traiter encore en enfant , mais l'instruire , et ne point l'abuser.

Ce qui m'a le plus étonné de l'article de M. Léon Burocner ^ ce n'est pas qu'il ait pu sortir de sa plume, TU que je ne le connais pas; ce ne sont pas non plus les choses les plus choquantes qu'il renferme, vu que tous les jours on en écrit de plus choquantes encore ; ce qui m'a donc le plus étonné c'est qu'il ait pu se * glisser dans le NcUional,

Bien d'autres journaux ont publié , à propos du même roman, des articles dont ce qui vient de passer sous vos, yeux peut vous donner une idée suffisante.

Je me suis trop étendu sans doute , on pourrait dire que j'ai oublie la personne à laquelle j'écris; mais non «je voulais vous montrer, monsieur, jusqu'où va le mépris que Ton professe pour nous et pour tout

ouvraçe qui sort de la voie commune , et après avoir

craignez donc plus « mon cher Valette , que notre livre nous nuise aux yeux de qui que ce soit; on croit l'ouvrier bien plus inepte , bien plus dégrade qu'il ne l'est réellement. Cessons désormais de nous

J M. LooU Raybeaad cît le Léon Dnrocber da National^ et r«l appris de M. BeaoDe, au momeol ojije corrigeait l*épreave 4e cette feollle , qu'il éUit ansii le W. W. da ComUHtiionnei.

effrayer de ce qu'on pourra dire de nous ; découvrons nos plaies physiques et morales , car nous en avons; «oyons nos médecins nous-mêmes , soignons-nous réciproquement, nous grandirons en santé, en force, en intJIigence, en sagesse; et nos yeux, plus pénétrants , verront un jour avec surprise des liommes pares de riches vétemenls ; et , aflFectant l'état le plus robuste et le plus sain , être vraiment plus pauvres et plus malades que nous ne le fûmes jamais. Réformons-nous! voilà ce qu'il faut aujourd'hui crier bien haut. Plus tard nous pourrons crier sur le même ton : réformez-vous ! réformez- vous !

Vous me parlez de ma Société ; je n'ai pas à m'en

Îlaindre ; elle a été pour moi ce qu'elle devait être, es enfants de maître Jacques et ceux du père Soubise , je l'espère , vivront un jour unis avec ceux de ^alomon ; déjà plusieurs poètes , membres de Sociétés qui ont été trop long-temps ennemies , me secondent avec un saint dévoûment, et cela promet beaucoup.

Je ne vous en dis pas davantage pour le moment, vous connaîtrez , avant trois mois , par le second volume que je prépare , des détails que je ne puis donner ici , étant d'une longueur qu'une lettre ne comporte pas.

Adieu , monsieur , et soyez persuadé que je suis sensible à votre approbation et à l'amitié que vous m'offrez et que j'accepte avec reconnaissance. Perdiguier , du Avignonais la Vertu.

Je ne savais si je devais reproduire dans ce volume ma réponse â la lettre d'Antoine le Provençal; je m'y suis pourtant décidé, et ma pensée n'a rien de mauvais. Puissent tes hommes de lettres qui ne veulent pas donner la main aux réibrmes ouvrières garder au moins le silence, et ne point les entraver par des paroles en réfléchies que les ouvriers regardent comme es bravades indécentes. Leur critique n'est

iilHe que lorMiWe est juste. Et tou9, gaons, mes mres, putssiez-TOus lire avec le plus grand soia les articles nombreux que r<« TOUS consacre , et ne répondre aux eatomnfe»

qui vous touchent qu*en tous réformant, au'ep cherchant à devenir chaque jour meilleurs! Nous avons donné beaucoup d^armes contre nous; nous ne sommes pas encore ce que nous deTons ^tre. Réformons-nous! réformons^nousl

Au moment de livrer mon mannscrit à Fédl* leur, quelque chose de nouveau passe sous mes

Îreux, et je m'empresse d'en faire part à men ecteurs.

Le Mesioger^ iwirnal ministériel rédigé sous Finfluence de M. Guizot, renferme dans son ^ an 21 mai 1841, toujours à pro[>os du Compagnon du tour de France, un feuilleton des plus extraordinaires. Son auteur, M. Ch. Rabou,est en arrière de trois mille ans, et je ne sais quoi d^ tacher de son galimatias philosophique. En Toici cependant un échantillon : « Au moyen « de ce type (il s'agit de Pierre Huguenin), re* « vêtu à plaisir de toutes les perfections, et « qu'on présente aux classes ouvrières comme « un renet d'elles-mêmes, on leur apprend « qu'elles ont par dessus toutes les classes de la « Société rintelligence, la probité, la noblesse « des sentiments; on va même, sublime de la « flatterie, jusqu'à leur dire qu'elles ont l'élé- « gance des formes et la beauté physique* »

M. Ch. Rabou doit être un noble et neau o^ndy; mais assurément ses paroles sont très maladroites. Tout le monde sait que les hommes la- JI>orieux ne sont pas plus boileuT, borgnes, bo^

i, torlii6, laids eniîn de Tisage et de toiys, que les hommes des classes privilég^iées. dont H. Aabou doit ètte le fleuron le ^us brillant et le plus remarquable. Les ouvriers coinpren-»

. dront facilement ici que les jaloux ridicules^ ^ul Tont jusqu'à leur contester la beauté pby* «ique, dolyent nécessairement leur contester toutes les autres qualités.

Je ne suivrai point M, Ch. Babou dans ses nombreuses divagations. On saura néanmoins ^u'il parle de Piaton; qu'il en fait une citation qu'il loue beaucoup , et cela faute d'en comprendre le sens. Si 1 on suivait à la lettre

par

les 5aroles de Platon citées et approuvées par M. Rabou, toute hérédité serait aoolie. Ce n^

de somme: de là vient que Platon, quoique très-grand par le cœur et par le génie^ a pu di*viser les hommes en trois races : la race d'or^ la race d'argent et la race de fer. Mais il re* connaît aussitôt qu'il naît auelquefois dans larace de ftr des enfants avecaes âmes d'or, qu'il catt également dans la race d'or des enfants avec des âmes de fer. « Or, dit Platon , Dieu or- « donne principalement aux magistrats de « prendre garde, sur toutes choses, au métal « dont l'âme de chaque enfant est composée. £t si leurs propres enfants ont quelque mélange

« de laboureur; il veut aussi que, si ces der* « niers ont des enfants qui viennent de Tor. ou

4L de Pargenty on les élève, ceux-ci à la codAh •« tioD de guerriers, ceux-là à la dignité de ma- « gistrats, parce qu'il 7 a un oracle qui dit çue' « /a république périra lorsque elle sera gou^\ M cernée par le fer ou t airain» » Les paroles du philosophe Platon que j'emprunte au Mes^\ tager sont claires, et je yeux bien qu'elles nous soient applicables ; mais je n'ai jamais entendu, jamais TU dans notre Société , les magistrats chargés du triage des âmes. Les en-> fants d'or de la race de ter continuent la rude| <âcbe de leurs pères; les eoFants de fer de Ui race d'or ne descendent point à la condition d'artisan ou de laboureur, ils héritent toujours des hautes fonctions. Nous courons donc grand risque d'être un jour e^ouvernés par le fer ou l'airain, et l'on sait, diaprés Platon et M. Ration, ce qui doit en arriver. Je ne pousserai pas plus loin mes réflexions à ce sujet. Je dois ce-

Fmdant reconnaître que , si M. Rabou approuve laton, il le fait fort innocemment; il comprend de la manière la plus lourde l'allégorie «ous laquelle Platon insinue , comme il le dit lui-même, une dure vérité. Cette vérité est Crès-dure en effet , mais M. Rabou ne sait pas pour qui, il ne s'en doute pas. M. Rabou croit matériellement aux trois races d'or, d'argent et de fer, et il sait très-bien, lui, que les ouvriers sont de cette dernière ; il pourra même le leur persuader, car les ouvriers croient^ dit-il, tout ce qui est imprimé. Son feuilleton était imprimé, c'est ainsi que je l'ai lu; il a produit sur moi, comme on voit, un effet puissant, et il ne manquera pas d'agir de même sur tous les our ▼ners, mes camarades.

— llî —

« La règ^e commune veut » dit M. Rabou^que lies enfanté ressemblent aax pères »; pois il ajoute en note : » Cette ressemblance n'est pa$ le fait â^ la naissance seulement* » Oh ! certes non, M. Rabou » et nous pouvons àTancer, sans <:raînte d*étrcL^menti par des hommes dé bon ^ns, que ta ^sance ne fiait absolument rien^ «—Un morceau d*acier façomié est plus brillanl qu'un m(M*ceau du Dième métal qui ne fest pas , quoiqu'ils aient en nature les mêmes qua** tités. un homme cultivé a quelque chose de supérieur àPhomme sans culture, et pourtant ce dernier })eut posséder en germe des qualité plus éminentes que le premier; û ne mit que tes développer, — Il faudrait être aveugTe pour ne pas le voir: il est, de nos jours, des lu-* mières comme des préjuefés dans tous les rangs de la Société : Finegalité d*intelligence s'effaça [ de plus en plus. Je connais un simple ouvrier

mille* Mais en voilà assez ! Ce n^est pas en l- 1841, et en France surtout, que nous devrions avoir à discuter sur une telle matière.

Moïse a dit ; « Tous les hommes sont sortis du même couple »; et ces paroles sont préfé*

1 Et Misa le ttoieraiid, Jatoiln te perroqnler, Darand te ne- BnMcr , UbrelOD, rimprlmcvr tor Indiennei, Beozerilte te polter d'éUlo, RelMNil.tebouteDser»et cent aatretqae non

GirrioQf Daminer, mai* qoe te manoiie d'argeot et de protloa loreeot à ne polot faire imprioier leurs prodocUons. If Ten cet gem-là ne fatent-lli pat bien M. Raboaf Et ai nooa I VQQllont nominer tooi les oorrters qnl éerWent sur les questions i MlUteaes cC soelales, U liste en serait certe bien longoe. Malt ? a qnai boa eCf rir ws ycoz dci sens ee qa*Us s*obstliienl à ne palBlfelr.

raLles â toutes les catégories Inventées par les sayanls. Jésus a dît : « Tous les hommes sont fi'ères, Us sont tous également composés de chair et d*os. > Voilà ce qui est encore beau. Et quand des hommes viendront me dire : Il y a une race dV, une race d^argent et une race de fer, le leur répondrai: Vous n*étes pas chrétien!

r^oo, monsieur Rabou, fussiez -tous tous les jours prosterné au pied de nos autels , fissiez- TOUS même tos prières en latin, non, non^ TOUS n'êtes pas chrétien , et tous ceux qui partagent TOS idées, quelles que soient leurs prétentions et leurs grimaces, ne sont pas plus chrétiens que tous.

CMSO;<iS DE RÉGÉNÉRATION,

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