‹ Le livre du fellahChapitre 75 sur 104 · Conduite du troupeau · texte numérisé non relu

Conduite du troupeau

en troupeaux et confiés à un berger; il faut un bon berger, un enfant ne peut avoir les qualités suffisantes pour conduire et soigner un troupeau. Le troupeau ne doit pas être trop nombreux pour qu'il puisse se nourrir convenablement sur un pâturage. Le fellah aura soin de faire des provisions de fourrages pour les distribuer soit en hiver, soit à la fin de l'été, lorsque les pàturages sont insuffisants.

On ne doit jamais laisser pâturer le troupeau dans des terrains humides, marécageux, et en hiver on ne le laissera quitter son abri que lorsque la rosée oula gelée blanche aura disparu des champs; le mouton, nous l'avons dit, craint énormément l'humidité. L'été, le troupeau sortira de bonne heure et sera garanti de la chaleur au milieu du jour.

Un bon berger doit savoir utiliser parfaitement les pâturages. Il mènera d'abord son troupeau dans les endroits où les herbes sont plus grossières, il l'empêchera de parcourir le pâturage trop rapidement. Avant de conduire le troupeau dans les chaumes, il le fera d’abord boire, car un mouton qui mange du grain et boit ensuite est sujet à des accidents mortels. Le fellah utilisera également les ressources fourragères que présente un champ nouvellement labouré : lorsque le sol est à peu près sec, les moutens ne tassent pas la terre et mangent quantité d'herbes, de racines, de chiendent; le fellah devra donner aussi aux moutons des feuilles d'arbres, de frènes, de müriers, de vigne, etc., les grignons provenant de la fabrication de l'huile d'olive; les Kabyles ne manquent pas de fournir à leurs troupeaux des glands doux, de la balle d'orge, des figues tombées avant leur maturité, des doukkar, du sorgho, du millet, etc.

Il faut autant que possible donner au mouton de l'eau

SE

fraiche et se souvenir qu'il ne faut pas le faire boire après qu'il a mangé du grain ou lorsqu'il vient de faire une course. Éviter en été les eaux croupissantes échauffées par le soleil.

132. Tonte. — La laine. — Tous les ans, au commencement du printemps, on procède à la tonte des moutons (djezza). Les fellahs coupent la toison au moyen de couteaux ou de la faucille, mais la tonte se fait plus régulièrement et mieux avec un

instrument spécial appelé forces Fig. 407. — Cisailles ou forces pour {[meqass) (fig. 107). Après cette opé-

la tonte des moutons. x À ation il faut préserver le mouton de la forte chaleur et du froid pendant quelques jours. Il faut avoir soin aussi de mettre les débris de laine à l'intérieur de chaque toison, qui ensuite est attachée. Enfin, pour augmenter le poids, il ne faut pas rouler les toisons fraichement tondues et humectées, ou non de petit lait dans du sable, de la poussière, du plâtre, ete. ; toutes ces fraudes se reconnaissent, nuisent à la qualité de la laine et portent du tort au fellah. La laine a une grande valeur, les indigènes l'utilisent pour tisser leurs burnous, leurs tentes, etc.

Page 1