CINQUANTE-SEPTIÈME LECON
L'amélioration du sort du fellah et la France.
163. Le fellah restera aux champs. — Nous avons fait de notre mieux pour vous donner les connaissances, les conseils les plus propres à faire de vous d'excellents fellahs capables de gagner aisément leur vie; nous espérons y avoir réussi. Lorsque vous retournerez au milieu des vôtres, ne perdez pas un temps précieux à demander et à attendre une place de daïra, de chaouch, de kodja ou tout autre emploi qui vous éloignerait de la terre. Fils de fellahs, restez fellahs, travaillez avec énergie, avec intelligence, et lorsque le soir votre modeste attelage se reposera, revenez encore sous ce toit hospitalier; nous causerons des choses de votre métier, par nos conseilsnous vous aiderons de notre mieux à tirer le plus de profits possible de votre exploitation. Et peu à peu, soyez-en sûrs, votre gourbi se transformera en une habitation confortable, votre terre se couvrira d'abondantes récoltes, votre bétail s'augmentera et aisance chassera la pauvreté de vos demeures.
C'est ce qu'a dit avant nous l’agronome arabe Ibn-al-Awam : Celui qui voudra embrasser l'agriculture, y trouvera, Dieu aidant, un moyen d'existence : il en obliendra sa subsistance, celle de ses enfants et de sa famille. Il trouvera la satisfaction
de ses besoins el de lous ses désirs. Ainsi il se procurera tous
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les avantages de la vie présente et la félicité de l’autre, avec le secours de Dieu. En semant, en plantant \ s'assurera, Dieu aidant, d'abondantes récoltes. On rapporte que c'est à cela que le Prophète fait allusion quand il dit : « Cherchez le soutien de votre vie dans les fruits de la terre. »
Le Prophète a dit aussi : Celui qui élève une construction, sans faire tort à personne el qui fail une plantation en respectant les principes de la justice, obtiendra une récompense de la
miséricorde du Créateur.
164. À qui le fellah devra-t-il son mieux-être? — Il est inutile de vous faire remarquer que vous atteindrez ce mieux-être gràce à la France, qui vous entoure d’une sollieitude toute maternelle. Aussi en tracant vos sillons vous songerez à cette France bienfaisante, vous vous souviendrez des paroles de sympathie, de concorde et de fidélité que vous avez échangées en avril 1903 avec le Représentant de la France, et vous iendrez à honneur de mériter toujours l'appréciation que le Président de la République porta sur vous. /ls ont fait, a-t-il dit, une soumission définitive, cordiale el loyale, el rien n'a pu ébranler cette fidélité éprouvée. Ils ne sont pas seulement les voisins, mais les associés el les amis des colons francais. Ils aiment la Patrie Francaise devenue leur seule patrie el la servent comme les fils les meilleurs. Voilà ce que vous êtes et ce que vous serez, et certes au fur et à mesure que vous grandirez, vous apprécierez de plus en plus l'amour que vous porte la France généreuse; vous lui en saurez gré, car vous n'ignorez pas que le Prophète, après avoir dit : Les plus mauvaises bêtes auprès d'Allah, ce sont les hommes qui sont ingrats (sourale vu, 57), ajoutait : Vous récompenserons ceux qui seront
reconnaissants (sourate 11, 139).