‹ Le livre du jeune françaisChapitre 100 sur 116 · LA VENTE · texte numérisé non relu

LA VENTE

Pour se transmettre l'un à l'autre ce que l'on possédait, on a commencé par I'échange. Les hommes ont d'abord fait comme les enfants. Quand l'un de vous a envie de la pomme d'un autre, est-ce au'il la paie? Non, il donne à son camarade, pour 1 avoir, une poignée de billes. Ainsi chez les premiers peuples on échangeait un mouton pour un vêtement, des fruits pour du blé, les produits de la chasse pour ceux de la pêche. On devenait propriétaire du bétail qu'on avait acquis en échange de farine, et des armes qu^on avait achetées pour des^vêtements. Aujourd'hui encore l'échange se pratique chez les peuples barbares. Il est resté en usage parmi nous, mais il est restreint à un petit nombre d'objets.

C'est un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes s'obligent à se donner respectivement une chose pour une autre.

Vous concevez que l'échange n'était pas très commode. Quand on voulait avoir un cheval, il fallait trouver quelqu'un qui eût besoin des dix ou douze sacs de farine qu'on offrait à sa place. Et puis, il n*était pas facile d'échanger la chose dont on avait envie pour une autre chose d*une valeur toute pa-

reîUe. Comment apprécier au juste Tune et l'autre?

Enfin, pour une hache dont on avait besoin, si Ton n'avait à offrir qu'un mouton valant plus, comme on ne pouvait partager le mouton, il fallait prendre plusieurs haches en échange et les troquer à leur tour contre d'autres objets. C'étaient là autant de difficultés.

On a donc été amené à chercher un moyen plus commode, plus prompt et plus sûr de se procurer les choses nécessaires. Car les hommes ont constamment besoin les uns des autres, et c'est la cause, avons-nous vu, de la société : ce que l'un a, l'autre ne l'a pas ; ce que celui-ci peut faire , celui-là ne le

5 eut point. Chacun ne faisant qu'un certain genre e travail est obligé de se procurer des autres les choses qu'il ne produit pas. Cela se faisait donc primitivement par l'échange ; maïs avec ce troc d'objets en nature, que de lenteurs I que de difficultés pour le commerce !

A mesure que les peuples avancèrent en civilisation, ils remplacèrent l'échange par la vente. Comprenez-vous la différence?

Dans l'échange, on cède une chose pour une autre chose ; dans la vente on cède une chose pour un PRIX.

Mais qu'est-ce que le prix? — C'est un objet qui a une même valeur pour tout le monde et qui permet d'acheter n'importe quelle autre chose.

Mais comment, direz- vous encore, a-t-on trouvé cet objet ou établi cette valeur ?0n a créé pour cela

la MONNAIE.

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