‹ Le livre du jeune françaisChapitre 107 sur 116 · I. Salliistc. A · texte numérisé non relu

I. Salliistc. A

Le contrat règle les conditions de logement, de prix et de nourriture et la durée de Tapprentissage. Les deux premiers mois de Tapprentissage ne sont qu*un temps d'essai au bout duquel le contrat peut être rompu des deux parts.

La durée du trarail de Tapprenti est limité par Tâge. Audessous de quatorze ans, elle ne peut dépasser dix heures par jour ; de quatorze à seize ans, douze heures. Aucun travail de nuit ne peut être imposé au-dessous de seize ans. Le maître est obligé de laisser à Tapprenti mineur de seize ans, qui ne sait pas lire et écriie, ou qui n'a pas terminé son éducation religieuse,, prendre sur la journée de travail le temps nécessaire à son instruction (deux heures par jour.)

Les dimanches et jours de fête, les apprentis ne peuvent être tenus de travailler.

Un métier vaut un fonds de terre; mais pour Texercer avec profit, il faut être adroit, laborieux, économe.

Si vous êtes ouvrier, travaillez loyalement pour le patron. Il vous paye en bon argent, vous devez le servir en bon travail.

Si vous êtes patron, soyez juste et bon envers vos ouvriers.

Âssociez-les autant que possible à votre industrie ou à votre négoce. Augmentez le salaire des bons travailleurs ; encouragez le travail de chacun en lui attribuant une part de vos bénéfices: c'est votre intérêt.

Un patron chrétien doit ^voir autant de soin de l'âme que du corps de ses ouvriers. Veillez à leur instruction , à leur bien-être, à leurs intérêts; facilitez-leur Taccomplissement de leurs dévoies religieux; occupez -vous de leurs enfants.

Prenez exemple sur ceux qui ont fait de leur usine, de leur exploitation, une véritable famille, où le patron est le père de ses ouvriers.

Le salaire est réglé d'un commun accord entre le patron et l'ouvrier.

S'il y a des difficultés, les ouvriers d'un même patron ou d'une même industrie peuvent s'entendre

pour demander en même temps une augmentation de salaire. Cest la coalition.

Ils peuvent même suspendre le travail, pour obliger les patrons à consentir à leur demande. La cessation du travail s^appelle grave.

Ce sont là des moyens extrêmes auxquels il ne faut recourir que rarement; presque, toujours ils tournent contre l'ouvrier.

En temps de coalition et de grève la loi protège la liberté du travail. Chacun est libre de continuer à travailler aux anciennes conditions. Nul ne peut être contraint d^entrer dans une coalition ou dans une grève. Les moyens violents de pression sont punis par la loi.

Sont punis d^une amende i6 fr. à 3oo et d*un emprisonnement de six jours à trois ans ceux qui, à i^aide de violence» ou de menaces, ont amené une coalition ou une grève.

LE GOMMEEGË»

Quoique le travail soit libre, vous ai-je dit, cependant il y a différentes professions qui sont réglementées.

Le commerce en général , est astreint à des règles particulières.

Tout commerçant doit tenir un livre de comptabilité. Il faut qu^il ait au moins trois livres : un LIVRE JOURNAL OÙ il iuscrit chaquc jour ses opérations : ventes, achats, recettes, payements ; un registre-copie, sur l^uel il transcrit ou reproduit sa correspondance commerciale ; enfin un registre d* inventaire, pour drçsser à la fin de chaque année le tableau des bénéfices réalisés et des pertes subies, le compte de ses marchandises et de ses créances et celui de ses dettes. C'est ce que Ton appelle Tactif et le passif.

La bonne tenue des livres est pour le négociant une condition d'ordre et de régularité dans ses opérations.

Les commerçants relèvent pour leurs affaires de la juridiction spéciale des tribunaux de commerce. Ils sont exposés à la FAiLLrrs.

Un négociant, qui par suite de malheurs ou de fautes, ne peut plus continuer ses payements, doit faire connaître sa situation au greffe du tribunal de commerce, dans le délai de trois jours ; puis il dépose son BILAN, cVst-à-dire le compte de son actif et de son passif. Là-dessus le tribunal le déclare en faillite. Par le jugement de déclaration de faillite le commerçant perd r administration de ses bienp, qui passe à un «THDiG nommé par le tribunal*

La mission du syndic est de LiQinDER la faillite ; il réalise Pactif, et pour cela il recouvre toutes les créances et vend tout ce qui appartient au pa.ilu ; il en défalque le passif et partage le surplus aux créanciers, en proportion de leur créance.

Le failli peut obtenir à Tamiable de ses créanciers un concordat, c'est-à-dire la remise d'une partie de ses dettes. Dans ce cas il reprend la direction de ses affaires, mais avec Tobligation de rembourser aux créanciers le montant intégral des sommes dont le concordat Ta laissé débiteur. S'il se libère entièrement yis-à-yis d*eux il peut faire prononcer sa RiHA- BiUTATiON par la cour d'appel.

La faillite peut se compliquer, pour le commerçant,

de BANQUEROUTE.

La banqueroute simple est prononcée contre un failli, s*il n'a pas de livres de commerce ou si ses livres sont mal tenus, 8*il a été prodigue, s'il n'a pas rempli les engagements de son concordat.

Le failli est déclaré en banqueroute frauduleuse, s'il a fait disparaître ses livres et commis des actes de mauvaise foi à l'égard des créanciers. ^

La loi punit les banqueroutes simpffs d'un mois à deux ans de prison, et la banqueroute frauduleuse des travaux forcés à temps.

Dans le commerce surtout, il faut beaucoup d'ordre et de diligence.

La probité y est de rigueur. N'imitez jamais,

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mes enfants, ces marchaxids et ces négociants, si communs aujourd'hui, qui trompent malgré leui conscience, malgré la loi, et sur la qualité et sui •la quantité; qui, voulant faire fortune à tout prix, en quinze ou vingt ans, ne savent pas se contenter de bénéfices honnêtes et travaillent à s'enrichir par la fraude.

Le commerce a perdu sa bonne réputation d'autrefois. Qui dit marchand aujourd'hui dit trop souvent trompeur.

Ayez de l'économie : c'est la meilleure source d'enrichissement. Montrez de la politesse etdel'afTabilité à vos clients : vous achalanderez votre maison. Par-dessus tout soyez honnêtes : on vous estimera.

Souvenez-vous ae ces proverbes oh vous trouverez la sagesse de l'expérience :

tt Bien mal acqhis ne profite jamais. »

« Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. »

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