‹ Le livre du jeune françaisChapitre 19 sur 116 · Fénelon, Essai philosophique sur U gouvernement civil · texte numérisé non relu

Fénelon, Essai philosophique sur U gouvernement civil

pas tout de respecter la légalité et de saluer le drapeau. Elever bien sa famille, être un bon artisan, remplir honorablement sa profession, travailler à Tamélioration morale de son pays, au soulagement de ses misères, aider au progrès des sciences et de l'industrie, donner son temps et son intelligence aux affaires publiques, ce sont là des œuvres excellentes, chacune en leur genre, et très patriotiques, si Ton s'en acquitte avec le désir du bien général.

Aimons donc et servons bien notre pays. Aimons tout ce qui est de lui, ayons toujours en vue son avantage et mettons notre intérêt dans le sien. Ne soyons pas de ces « particuliers, qui ne songent qu'à leurs affaires et ne sentent les maux de TËtat qu'autant qu'ils en souffrent eux-mêmes ou que le repos de leur famille en est troublé.* •

Ceux-là sont nombreux aujourd'hui. « Notre génération, par suite du progrès des doctrines matérialistes et de la licence des mœurs qui en a été la conséquence, a vu se refroidir notablement ce culte ardent de la patrie, cet esprit de sacrifice et de dévouement qui fait les peuples forts*. )> Redevenons vertueux, redevenons chrétiens pour être de bons patriotes.

Nous tous qui vivons depuis des siècles sur le même sol, qui sommes de la même race, qui parlons la même langue, qui avons la même histoire, nous tous que notre naissance a associés, soyons unis dans un même amour de la patrie. Que cette communauté de vie, de sang, d'intérêts, de destinée soit un bien indissoluble de fraternité.

Pour s'aimer entre soi, il faut aimer d'abord sa patrie.

I . Bossuet, Discours sur Phistoire universelle, a. L^abbé Julien Loth, De V amour de la patrie^

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