X. Etsai sur le gouvernement de la vie
mâles vertus du citoyen. Ce sont eux les premiers ennemis. Ils prêchent le patriotisme et ils démoralisent la nation en lui ôtant les \igoureux ressorts de Tâme, les sentiments religieux, les bonnes mœurs, où se forme Tesprit de sacrifice et de dévoue-^
I ment.
; Ecoutez cette parole d'un homme sage, à l'adresse
des faux patriotes qui font consister tout leur amour du pays à haïr tantôt l'Anglais, tantôt le Prussien, et qui ne se haïssent pas eux-mêmes pour tout le mal qu'ils lui font :
(K II est, dîsaît-il, des ennemis plus dangereux que les ligues des nations, cVst la guerre sourde que les vices font aux bonnes mœurs ; guerre d'autant plus funeste, que la patrie n'a par elle-même aucun moyen de l'éviter.... L'ennemi n'est pas aux frontières, il est à vos portes, au milieu de vous * ».
Je vous dirai encore avec un grand évêque :
« Les Etats périssent plutôt parce qu'il y a peu de bons citoyens, que parce qu'il y a souvent de mauvais souverains^. D
Le vrai patriotisme c'est de vouloir le bien de son pays en le lui procurant. Or, que faut-il à la patrie ? De l'argent, des soldats? Oui, sans doute, mais surtout 4p bonnes mœurs, de la vertu, de la piété, pour qu'elle trouve toujours du dévouement. Le bon citoyen ne s'occupe que de concourir au bien public; il ne cherche pas, sous le couvert d'un faux patriotisme, son propre intérêt. Chez beaucoup, ce prétendu zèle du bien public n'est que de l'ambition ; ils disent qu'ils aspirent à servir leur pays, à lui être utiles, et ils ne pensent qu'à eux. Défiez-vous de ces charlatans; ils sont le fléau des Etats.
Du reste, on peut procurer le bien de son pays de plusieurs manières. Ce n'est pas tout de paj^er l'impôt et de se battre en temps de guerre ; ce n'est