‹ Le livre du jeune françaisChapitre 29 sur 116 · CONTINGENT · texte numérisé non relu

CONTINGENT

Les hommes rentrés chez eux forment la disponibilité DE L^ARMÉE ACTiTE ; ils sont astrcints tous les ans à des revues et des exercices qui durent vingt-huit jours, et peuvent être rappelés à chaque instant.

La durée du service compte du premier juilletde Tannée du tirage au sort.

 vingt-cinq ans on passe dans la réserve de Tarmée active, où le service est de quatre ans.

Les hommes en disponibilité de Tarmée active et ceux de la réserve peuvent se marier sans autorisation. Mariés, ils restent soumis aux obligations de service de la catégorie à laquelle ils appartiennent ; toutefois ceux qui sont pères de quatre enfants passent de plein droit dans Farmée territoriale.

On reste pendant cinq ans dans l'armée territoriale et pendant six ans dans la réserve de Tarmée territoriale.

Un mois avant de passer dans la réserve de Tarmée active et dans chacune des deux autres catégories, les hommes doi- Tent déposer leur livret à la mairie de leur commune, pour que le bureau de recrutement prenne note de leur nouvelle situation.

Les hommes de ces deux catégories sont rappelés chaque année au régiment pour des manœuvres dont la durée est de treize jours.

A quarante ans on est libéré de tout service militaire, mais non de tout devoir envers la patrie; car si la patrie était en danger, tous les bons citoyens devraient se lever pour elle et mettre à son service, à tout âge, leurs forces, leur intelligence et leur dévouement.

L'armée active, y compris la réserve, mais celleci en second lieu, est destinée, en cas de guerre, à marcher à T ennemi, aussi bien à l'étranger qu'en France.

L'armée territoriale est seulement appelée, en cas de guerre, à garder les places de Tmlérieur et à défendre les territoires envahis.

Les régiments de F armée active sont formés avec »d«s soldats pris dans les contingents de tous les ^cantons de France, sans distinction de régions; ceux de l'armée territoriale se composent de soldats levés diuift la région où ils résident.

Mais depuis que je viens de vous dire que tout le monde fait partie de Tarmée active, de vingt à ^ingt-cinq ans, j'en vois quelques-uns parmi vous qui paraissent avoir une* objection à me faire : je ^otts comprends. Vous connaissez le fils de M. le Maire et pluMeûrs autres comme lui qui n'ont été ^n'un an au régiment, sans avoir pour cela tiré un bon numéro. En voici la raison :

Afin que le service militaire ne nuise pas aux carrières dites libérales, qui exigent encore des études au delà de vingt ans, et pour ne pas détourner trop longtemps de Tagriculture, du commerce et de l'industrie les jeunes gens qui s'y destinent, on- leur permet, moyennant une somme de quinze cents iraiics et s'ils justifient de certains titres qui témoi- :gnent de leur instruction, ou s'ils ont passé les examens spéciaux prescrits par l'autorité militaire, de contracter, avant le tirage au sort, un engagement conditionnel d'un an. Ces engagés, cuts VOLONTAIRES d'un AN, sout soldats au même titre que ies autres. S'ils ne passent qu'un an sous les drapeaux, en revanche ils sont astreints à des examens auxquels ils doivent satisfaire, sous peine de perdis les avantages de leur engagement.

Après avoir subi ces examens de régiment, les volontaires d'un an peuvent obtenir des brevets de sous-officiers et même, après avoir passé d'autres examens, des commissions de sous-lieutenants dans la réserve de T armée active.

Vous voyez v^a'il y a tout avantage à travailler à

LA COMMDNE. 1Q7

l'école et s^u régiment pour pouvoir profitei^ des privilèges réservés aux engagés conditionnels. Car si c^est un devoir pour tous de servir la patrie en cas de guerre, il est bien permis aussi àe chercher à abréger la durée du service en temps de paix.

Il y a «aussi les engagés volontaires qui peuvent contracter, dès Tâge de dix-huit ans, même sans Tautorisation de leurs parents, Tobligation de servir sous les drapeaux, soit pour la durée de la guerre^ soit en temps de paix, pour cinq ans.

Il n'y a plus dans Farmée m primes en argent, ni prix quelconque d* engagement.

Servir la patrie est un honneur en même tamps qu'un devoir.

Sont exclus du service militaire et privés de faire

Sartie à aucun titre de l'armée les individus conanmésà une peine afflictive et infamante, ou mémfe à une peine ccnrectionnelle avee surveillsmce de la haute police.

Il ne faut pas ccmiandre les indignes avec les incapables.

Sont exemptés du service militaire les jaunes gens que leurs infinanités rendent impropres à tout service actif (comme soldat) ou auxiliaire (comme ouvrier d'atelier ou commis d'intendance).

Peuvent être ajournés deux ans de suite les jeunes gens (jni n*ont pas la taille réglementaire (i*,54) ou sont Feconutts d*tme eomplexion faible.

L'infirmité est le seul cas d'exemption ; mais la loi admet plusieurs cas de dispenses, les unes absolues, les autres à titre conditionnel ou provisoire.

Sont dbpensës du serrice actif : i* rainé d*orphelîiiB 'êe père et de mère ;

a*" le fils unique ou l'ainé des fils d^une reure ou d^un père areugle, ou âgé de 70 ans ;

3* le plus âgé des deux frères appelés à faire partie du même tirage au sort, si le plus jeune est reconnu propre au service (les deux frères ont la faculté de se substituer);

4" celui dont un frère est présent sous les drapeaux ;

5" celui dont un frère est mort en activité de service, ou a été réformé pour blessures ou infirmités contractées au service.

Sont dispensés à titre conditionnel, notamment les jeunes gens qui se préparent à renseignement primaire , pourvu qu'ils contractent rengagement de se vouer pendant dix ans à rinstruction, et les élèves ecclésiastiques, sous la condition de continuer leurs études et de recevoir les ordres sacrés à vingt-six ans au plus tard.

Peuvent être dispensés, comme soutiens de famille, les jeunes gens désignés par le conseil municipal de leur commune

Après le tirage au sort il est statué sur les cas d^exemption ou de dispense. C^est le Conseil de revision qui prononce.

Il y a tous les ans un peu de bruit dans le bourg

Jour ce Conseil de revision. Le préfet vient, ou à son éfaut le secrétaire général, ou un conseiller de préfecture, présider le Conseil. Avec lui arrivent les autres membres du Conseil ; un conseiller général du département, un conseiller d'arrondissement, un officier général ou supérieur, un fonctionnaire de rintendance, le commandant de recrutement, un médecin militaire. La gendarmerie est sur pied ; M. le Maire et le Conseil municipal vont au-devant du préfet. Le sous-préfet de 1 arrondissement et tous les maires de canton sont là aussi. Le Conseil se réunit à la mairie où comparaissent tour à tour devant lui tous les conscrits du canton.

Le Conseil de revision se transporte ainsi dans tous les chefs-lieux de canton du département ; on dit qu'il fait sa tournée.

Après avoir prononcé sur les divers cas d'exemption et de dispense, il dresse la liste du recrutement CANTONAL, sur laquelle sont inscrits par catégories et par numéros d'ordre les jeunes gens reconnus bons pour le service et les dispensés.

Nous en avons fiai avec la commune. Après demain, dimanche, mes enfants, je vous conduirai.

VOUS, les plus grands de Técole, au chef-lieu du dé-

f)artement. M. le Curé nous dispensera ce jour-là de a grand'messe. Nous partirons après avoir entendu pieusement celle du matin. Si le temps est beau comme il s'annonce, nous aurons bientôt fait nos deux petites lieues à pied et nous irons assister aux prières publiques prescrites, chaque année, par la Constitution, à l'époque de la rentrée des Chambres. La cérémonie aura lieu à la cathédrale ; nous verrons là les premiers fonctionnaires et toutes les autorités du département; vous remarquerez bien les costumes, et à notre retour je vous parlerai des fonctions.

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