AVANT ET APRÈS
elle autant d'ordre, de justice et de régularité qu'il était possible à une nation d'en posséder alors.
Nous trouvons des institutions politiques également éloignées de l'absolutisme du pouvoir et de l'anarchie de la licence, des mœurs sociales vigou-* reuses, des. caractères fortement trempés, un patriotisme énergique, le culte de la tradition nationale, le sentiment des devoirs de la vie publique et en même temps de fortes vertus, de généreuses aspirations, un grand esprit de foi et de charité.
Le respect de 1 autorité, l'unité des classes entre elles ont assuré la paix et la tranquillité dans l'État; la sage politique de nos rois, les vertus du peuple, l'heureuse influence du christianisme ont fait la grandeur et la prospérité de la France.
Dans les siècles passés, la civilisation matérielle, accrue aujourd'hui par les découvertes modernes, était moins développée, mais la civilisation morale, due à la religion et à la vertu, était plus avancée.
Si l'œuvre de la monarchie et de la nation a été complétée depuis administrativement, elle a été, en grande partie, détruite moralement.
Il y a aujourd'hui plus de régularité et d'ordre en apparence dans la justice, dans l'administration publique, les finances et l'armée ; il y a moins de stabilité dans le gouvernement et moins d'unité dans la nation.
La religion et la politique en sont venues à diviser tous les Français, qu elles unissaient autrefois dans une même croyance, dans un même respect de l'autorité, dans une même tradition nationale.
Aujourd'hui, n'être pas du même parti, c'est presque n'être plus du même pays.
Les libertés vraies et solides di'un peuple, les libertés individuelles, les libertés municipales ont été remplacées par de fausses libertés politiques, qui ne procurent aucun avantage réel au peuple et n amènent que du désordre dans l'État. D'ailleurs ces
prétendues libertés sont tenues en perpétuelle défiance ; elles ne peuvent subsister qu'à la condition d'être restreintes et réglées. Tous les gouvernements de ce siècle, empire, monarchie constitutionnelle et république, en ont usé de même à leur égard.
Là où il y a des hommes, il y a toujours des abus. On en trouve dans le passé ; ils ne sont pas moins fréquents de nos jours. Des réformes étaient devenues nécessaires à la fin de l'ancien régime; elles se seraient faites d'accord avec le Toi et la nation.
Au lieu de réformer, la Révolution a détruit, et ce qui a été refait depuis n'est ni durable ni bon.
Il faut que la France rentre dans sa voie, reprenne ses traditions, qu'elle redevienne catholique et monarchique, pour continuer à s'accroître, en ajoutant aux anciens progrès ceux que le temps apporte avec lui.
Il faut qu'elle sorte de la révolution, pour rentrer dans 1 orçjre, la justice et la liberté.