‹ Le livre du petit citoyenChapitre 27 sur 77 · LA FÉE · texte numérisé non relu

LA FÉE

Le boucher regarde longuement la vache, puis il dit:

— Je vous donne trois cent cinquante francs, s La pauvre femme répond tristement :

— Emmenez-la.

Le boucher prend son porte-monnaie et paye trois cent cinquante francs.

— Maintenant, dit-il, en route ! 10 Il attache la vache à l'arrière de la voiture,

monte sur son siège et claque son fouet. Le cheval tire et tire, mais la voiture ne bouge pas. La pauvre bête, attachée derrière, reste immobile. Elle résiste. Elle tourne la tête tristement vers la is maison. Elle mugit^ Son mugissement est un appel désespéré.

Le boucher, furieux, prend son fouet.

— Non ! Non ! crie la femme, ne battez pas la pauvre Babet ! Attendez ! 20

Et elle appelle :

— Petit Pierre !

Un petit garçon de douze ans apparaît. Sa

22 Petits Contes de France

figure est toute rouge et ses yeux pleins de larmes. .

— Ne/Oleuré pas, mon petit homme, dit la mère. Marchey çoSQe Babet et.elle suivra.

S A ce mot, Ha vache, calmée, le regarde.

— Viens! ditJ'enfant. ', .,

Le boucher claque son ,fouet ej: la yoituré part. La pauvre femme les i*ègarae longuement. Bieritôt ils disparaissent. Elle entre dans la maison, tbnibe [o sur une chaise et CTmète.

^JBabet avait donné son lait aux Simon pendant dix' àns."^' Qudfè 'pîè daîis la familîe, le ' jo'ùr de

àoil arrivée T/ I^r^ dfe p^uvVes campagnards

mhihe trésor

aux voîSinâH. Il sviSt acheté la beîe îpour le petit;

Pierre. L'enfant était faible et il avait besoin de

rrace a Babet, il était mamtenant un garçon

20 robuste. X^u£fl^-i[ c

Et les Simon, qm a'StoraiSr leur ^ fils, vivaient ^uféui dans leur nuSBl^ petite maison. l(4h,S œïlfe franquÏHité ne^^dîfrar pàfe^ Le père nioiirut

stib'it^AîeY

25 La mère, qui ^e tau* mamtenant tires* pauvre, pdr- '^ /a/t souvent de TfâfflSre la vàchie, mais le petit

La Fée ^ 23

Pierre ne youVit pas. ^abet aimait le petit. Elle elaît son anue?*^ Quand la mère parlait de vendre la vache, il pleurai t. j-^av,., f

^ . Pierre était un petit pay§a^mais 'U^,avak une âtme*" de poète^^^ S^, mère le .voyait^ spuveiitrS ver s dans un coin, tom'aeuf!^ Il pensait ^ux jolis Montes de fées qu'eue lui racontait Iç soir. ^^ '^^^ .,^< Quand ilvpwit sa. mère jtourmentée par Tidée de 1 avemr, il lui disait : '

Pourquoi es- tu triste, maman ? Nous aqmmes 10

pauvres, mais une bonne fée nous aidera peut- * être un jçur.

— Helas ! mon pauvre petit, répondait la mère, il n'y a plus de miracles aujourd'hui.

Mais le petit esjîèmrioujour^^ 15

Il espérait, mais les fées ne venaient pas. -Le

boulanger refusait le crédit. Alors la mère vendit

Babet au boucheiv^

Bâoet, sonlant^son petit maître avec elle, avance dôucémërit. '' 20

— Retourne à la maison, petit, crie Jk Ji9\icher. , La vache est lo&i de son etable ; elle suivra sans

uvre bête tristement. Il

ère Babet. 25

^^^^^^K^re regarde la gam veut accompam|r^5a cher — Elle suivra^dît le boucher.

•^^*'^/<:^Mt ., ^,

L'enfant "^part^-^Cepen^^nt^ Panimal comprend que son maître l'abandonne. ■'Elle s^arrête et la scène du départ recommence.

Le boucher preno" son fouet et la' cingle. Mais selle.^ne oouge^ pas.^Plus il la cingle, plus elle '^ïnugit^^,Ay^(^ç jjQe energfe sauvage, le petit Pierre se jjtte sujUhomroe pour prejj^^ le fouet#^^^Le boucher îèveja^mam^ pour le frapper. Il entend un bruitT QuSQu'un sort des dois. C'est une lo belle jeune fille sur un magnifique cSevaL— . —"xÎOTunwit, Boulard, dit-elle, vous mtte? un enfant? ^^ >

Le boucher reconnaît la demoiselle du château.

— Pardon, niàdemoiselle ! dit-il timidement.

15 C'est cette bête. J'ai' payé, cette vache trois cent

cinquante francs et. . . .

— C'est bien, dît la jeuni^ïle, mais cet enfant,

pourquoi pleure- t-il? j^o^ia

JLe petit Pierre la regarde, eWom Qui est cette

jr^Me demoiselle? Pourquoi Boulard est-il si embarrassé devînt elle ? Est-ce une i?e? Les fées sont belles . . . elle aussi. Les fées^so^t bonnes . . . elle aussi,'^iuisqu'elle vient au 'sfemirs d'un enfant qui pleure. Alors il lui raconte l'histoire

25 de Babet.

— Boulard, dit-elle, je vous donne quatre cents Irancs de cette bête.

Les Sabots du Petit Albert 25^'

Le boucher consent. Elle lui donne Vax^ni^Y

— Et tSiVpetit, prends la vache et'raîrtre^ la maison. # . ■ , *.^t^w^j« 1

Le petit Pierreaétacne son amie et rentre.

' La jeune fille ^^Si^^^^^q' 5

— Ah ! nSfei Dieu ! crie la mère Simon en Y.oyant Pierre et la vache.

La jeune fille arrive devant la maison et descend de son cheval.

— Cet enfant aime cet^ bête et la bête aime 10 Tenfant, madame. J'ai ^ûjolù acheté Babet et je la donne au petijt Pierre.

Elle eriîlifàÈsè l'enfant et part.

La mère Simon pleure. Le petit Pierre tout jo^^dx' lui dit : 15

— Tu vois, maman . . . il y a encore des fées.

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