‹ Le livre du peupleChapitre 12 sur 28 · RELATION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

RELATION HISTORIQUE

DES ETEMEMEifTS

)rtt 30 a^tUAtt 1836.

Vingt ans d'exil pestaient snr la famille de Tempérer; depuis le désastre de Waterioo, ta France n'avait plus entendu prononcer le nom de Bonaparte que pour apprendre des nouvelles de deuil , lorsque Tentreprise de Strasbourg vint rappeler à la vie un paiti qui semblait mort, et réveiller les secrète^ sympa* tîes du peuplé.

L'entreprise du prince Napoléoi;|i (1) a été mal jugée, et dans les motii^t qui l'ont amenée

(1) Le prince Charles-Louis Napoléon» fils de Louis Napoléon, roi de Hollande» et de la reine Hortense, naquit à Paris le âO avril 1806 ; il eut pour parrain l'empereur, et pour marraine l'impératrice Marie-Louise. Ce n'est qu'en 1831, en devenant fils unique par la mort de son frère aine, qui avait été grand-duc de Berg, qu'il prit le nom de Napoléon-Louis, en vertu d'un pacte de famille par lequel l'empereur avait décidé que Faîne de la famille impériale s'appellerait toujours, Napoléon. C'est ainsi que le

graud-duo de Bcrf[, dont le nom primitif élail Louis-Nar

et dans ses moyens d^exécution, et dans ses résultats.

Le prince devait survivre à ses rêves de gloire, et l'acte viotciit qui iHjit le amstraice à la jistiM h livib SftiM défense atnr attaques des partis toujours prêts à se ruer sur les tentatives hardies que la fortune abandonne. Il a recommencé un nouvel exil, laissant en France ses actes dénaturés, sqs intentions calomniées etî miÉciMmues. Daoïb lee pfewf^a mpmemtft il était diiPSeile de iaire- conoaUfQ Mmt ce qui aurait rapinort à rinwrreçtiott dn^ octobre ; on manquait de reiMe^piemeate éructe; l'aih teur de rioiurrectkm ^Uit k deux miUa lieeee denoi^hietiadéfaiteétaittropréo^etepQiitpoiH voir en paiiw ft^^ ealine (1)« Maintenant que les passions sont apaisées, il. tefk de tiotro

poKod , 4 vafc pris te nom de NapoléourLooift , à h mort dtiamIMré rfbé, lé prineeroyid deftrfhBde^ ttoit 1 rage de cinq ans, à La Haye.

(1) Cependant, peu de temps après te 30 octobre, M. de fWstgny, aide^-camp du prince, avaft M paraître à Londres une brochure qtrf ètcitâ un vif intérêt , et â laquelle nous dvons emprunté un grand nombre de reoseî-* gnements*

Lès autres brochures publiées sur le même sigetsont: Imumsction de Sirasbaurg, préieniU dam $ei proportions lustoriqve$, par M. E.Roch; Paris, au bureau deXObservaHeur des Tribunaux ; Procès de t insurrection mi/flotre du 90 ociùbre 19S$, jugé par ta cour d'assises du

devôîr^dé faire Connaître la vérité; nous montrerons îeâ choses telles cpi'diles se sont passées, et Ton' vetra que ce n'est qu'après de graves investigations sur Tétat de la France, que ce n'est qii*après avoir peséf froidement* toutes les chances qui étaient en faveur de soii entreprise que lé prince en arrêta rexécutitm. ' Depuis la mort de Tempereur tt de son flls, la France ri*avaft plus qu'un soùvenwr vague' deft membirès de la famille de Napoléon encore existahts. 1% gloire avait été si grailde, que tous tes hominés dé son époque avaient A6l s'éclipser devant elle. Quant à ses nevettit, Fexîi les avait arraîchés dès leur p4us tendre jeunesse à ' leÉfiPs cotalpatriotes, et la génération nouvelle ne les côiinaîsi^àit pas. Le parti napoléonien n'avait donc plus un homme qui ràpplelât à lui * leâ sympâttiiés de là nation, et qui firt -le représentent dé k è^sé t)c^lâiré, qui s*étàit élevée avec la gidîre ét'qt^disparut avec les rêvera de lapatrie^. * '^

Mais tme causé trouve toujours un hopime ' pour la l^^résentei*^ et la destinée avait permis que, dahila famille de l'empereur, il se trou-

Ba^RInn; ' Strasboai^, dhè^lSIbberiiiaimrDf lit Tenmhe d€ NtupolfamrlM^f pv M. JimefiiFaxy^ (knèine/i8a6|()

des Hcmmes du Jour.)

vut uii hériiîer de oe grand nom « qui eût les épaules assez larges pour soutenir le poids de vingt ans de malheurs et le fardeau, bien plus lourd encore» d'un avenir qu'il lui Ëdlait conquérir, pied à pied, par son mérite et son aourage.

Il est curieux de remarquer que le roi de Rome et le prince Napoléon , donl nous parons aujourd'hui, furent les deux seuls princesi Ide la Êunille qui naquirent sous le règerimpérial; aussi furent-ils les deux seuls qui ni urent à leur naissance les honneurs militairese det les hommages du peuple. Des salves d'artelerie annoncèrent la naissance du prine çNapoléon, sur toute la ligne de la granc armée, dans la vaste étendue de l'Empire et dans le royaume de Hollande.

La France était alors à l'apogée de ses grandeurs et de ses proscrites. I^e génie de I%apoléon réorganisait l'Europe, ef; la siqpréimatie de la révolution firançaise dominait toutes les puissances. Pour donner à sa force continentale l'idée de la durée et de la fixité, l'empereur saluait avec bonheur la venue des héritiers mâles de sa fortune politique. C'étaient des continuateurs futurs de ses projets, de sa pensée, de son nom et de soi) pouvoir, qu'il voyait dans les fils de son frère Louis, que le plébiscite de l'an XII appelait à lui succéder

après le roi Joseph qui n'avait pas d'enlants mâles (1).

Le prinœ Napoléon, élevé par sa mère dans les sentiments les plus français, sentit, dès son jeune âge, les devoirs que lui imposait le grand nom que le sort lui avait donné. Après la révolution de 1830 , il n'avait écouté que ses sentiments de citoyen , et il avait demandé au roi Louis-Philippe de servir comme simple soldat dans les rangs de l'armée française* On lui répondit par un nouvel acte de bannissement. Indigné de se voir fermer la patrie, après une révolution qui avait ramené le drapeau tricolore , et ne voulant pas être inutile à la cause des idées libérales, jeune et sans expérience, il courut combattre dans les rangs des patriotes italiens : c'est dans ces événements qu'il perdit son frère, qui, comme lui, s'y était distingué et par son courage et par son activité. Les vicissitudes humaines ont de tristes enseignements ; mais au moins le prince dut au malheur les avantages d'une éducation libé-

(1) La question qui fut proposée à l'acceptation du peuple était ainsi rédigée : « Le peuple veut l'hérédité db LA DiGNrrÊ IMPÉRIALE dass la desc^danoe directe, naturelle , Intime et adoptive dç Napoléon Bonaparte , et dans la descendance directe , naturelle et légitime de Joseph Bonaparte et de Louis Bonaparte , ainsi qu'il est réglé par le sénatus-consulte du 28 floréal an XII. »

raie. Loin des courtisans, îl put apprendreque la véritable grandeur consiste* dans le mérite personnel, et que c'est par Tesprît et le cœur que Ton devient aujourd'hui quelque chose. Apres les événements dltalie , il revint en Suisse et se livra à de graves études, qui ont fait de luî un hqmme distingué dans les différentes branches des sciences pratiques.

(Tétait en 1832, Napoléon H vivait encore et était le but de bien des espérances. Le prince Napoléon se chargea de le représenter auprès # des nombreux partisans que le fils de l'empereur comptait en France. On sait qu'à cette époque une grande partie de l'armée était prête à recevoir Napoléon II, s'il se présentait à la frontière. Un corps d'armée tout entier, colonels et généraux compris , l'attendait, et, vu l'impossibilité où se trouvait le jeune prince d'y arriver, les chefe étaient prêts à accueillir son cousin, sll était muni d'une simple lettre de Napoléon U. La mort du duc de Rèîchstadt fit avorter ce grand projet ; mais les vœux et les désirs de la plupart des partisans du roi de Rome se tournèrent alors sur le pFioce Napoléoi>. Qui imeux que lui , en effet , pouvait remplacer le fils de l'empereur? Elevé par une mère française , il avait déjà donné dés preuves de ses sentiments patrio tiques -, et son caractère , autant que son

origine^ étaient d^heureuses garanties* Il était fils du roi honnête homme, qui, en 1810, aima mieux perdre son trône que d^agir contre sa conscience ; fils de la reine Hortençe, qui laissait tant de souvenirs en France; neveu du prince Eugène, petit-fils de Timpératrice Joséphîhe.

Mais le prince , voyant qne la mort du duc de Keichstadt avait porté un coup funeste k son parti, sentit, malgré les protestations de quel-' ques individus qui le pressaient d*agïr immédiatement, quMl devait d'abord se feire connaître personnellement , pour rallier à sa personne tous les anciens partisans de son cousin ; aussi ii'appliquk-t-^îl avec assiduité à mettre à profit les fortes études de sa jeunesse, afin de se distinguer par ses écrits , puisque tout autre moyen de se rappeler à la France lui était interdit. C'est alors qu'avec la fermeté d*un jeune homme et toute la persévérance dé Fâge mûr, il trouva dans Tétude le moyen de poursuivre son idée de prédilection, la résurrection du parti napoléonien. En 1835, il écrivit une brochure sur la Suisse, dont nous extrayons un passage pour prouver quelles étaient les idées qui Toccupaîent depuis longtemps. En parlant de Factè de médiation qui (ut donné à la Suisse en 1804, il s^exprimé ainsi : c Cet acte apporta, avec la pacification

des b*oukle$ intérieurs, de grand» avantages. 11 garantit la souverainaté du peuple, il abolit toute préséance d'un pays «ur un autre ; il n'y eut plus de sujets en Suisse , tous forent citoyens. L'acte de médiation fut donc un bien pour la Suisse, parce qu'il cicatrisa ses blessures et assura ses libertés. Mais ne nous faisons pas illusion : pourquoi l'empereur avait-il laissé le pouvoir central sans force et sans vigueur?

c C'est qu'il ne voulait pas que la Suisse pût entraver ses projets ; il désirait qu'elle fôt heureuse , mais momentanément nulle ; et d'ailleurs , sa conduite pour ce pays est conforme à celle qu'il adopta pour tous les autres. Partout il n'installa que des gouvernements de transition entre les idées anciennes et les idées nouvelles. Partout on peut remarquer, dans ce qu'il établit, deux éléments distincts : une base provisoire avec les dehors de la stabilité ; une base provi* soire , parce qu'il sentait que l'Europe voulait être régénérée ; avec les dehors de la stabilité , afin d'abuser, ses ennemis sur ses grands projets , et pour qu'on ne l'accusât pas de tendre à l'empire du monde. C'est dans ce seul but qu'il swmouta d'un diadème impérial ses lauriers républicains, c'est dans ce seul but qu'il mit ses frères sur des trônes.

€ Un grand honmie n'a pas les vtiei; étroites et les faiblesses que lui prête le vulgaire; si cela était, il cesserait d'être un grand homme. Ce n'est donc pas pour donner des couronnes à sa Emilie qu'il nomma ses frères rois , mais bien pour qu'ils fassent, dans les divers pays , les piliers d'un nouvel édifice. Il les fit rois pour qu'on crût à la stabilité et qu'on n'accusât pas son ambition. 11 y mit ses frères, parce qu'eux seuls pouvaient concilier l'idée d'un changement avec l'apparence de l'inamovibilité; parce qu'eux seuls pouvaient être soumis à sa volonté, quoique rois ; parce qu'eux seuls pouvaient se consoler de perdre un royaume en redevenant princes français. Mon père, en Hollande , fat un exemple frappant de ce que j'avance. Si l'empereur Napoléon eût nommé un g^éral français au lieu de sonfi^re, en 1810, les Hollandais se fassent battus contre la France. Mon père, au contraire, ne croyant pas pouvoir concilier les intérêts du peuple qu'il était appelé à gouverner avec ceux de la France , préféra perdre son royaume plutôt que d'aller contre sa conscience ou contre son frère. L'histoire nous oflfre rarement un aussi bel exemple de désintéressement et de loyauté !

c Si l'on eKaHii«etofite la conduite d^Napo*

aaa

t léoii, oii trouvera partoutlea neméss^t>t6'»

c mesdeprDgrès^lesmémeiBappar^nçeftde&t^r % bilité» C'est la le fond de aou histoire* Mais»

c dîra-t-on » quand devait être le twxm de cet

c état provisoire? A la paix avec la Ruisie i et

5 à l'abaissement du système anglaûi» ^'il eût

€ été vainqueur, on await vu leducbé de Var-

c sovie se changer en nationalité polo&aifie ;

« la Westphalie se changer en na^onalité al-

c lemande; la vice^royauté d'Italie se chsu^er

f en nationalité italienne» En France , un ré*

c gime libéral eût remplacé le régime dictato-

< rial; partout stabilité» liberté, indépenc dance , au lieu de nationalités incomplètes

< et d^institutions transitoires. »

Il fut fait mention de cette brochure dans uae des çéaaces de la di^te helvétique oomme d'un ouvrage remarquable; qn^que temps après on décerna au prince le titre de citoyen de. la république^ qualification honorifique, marque de opnsidéraUon que les Suisses dé« ceraèr^t de tout temps comme une preuve d'estime» dont le marâi^bal Ney et le prince de Metternich avaient été autrefois honorés»

Deux ans plus tard, le prince JVapol^ fit pvaitre un manuel d'artillerie {i} ^ i^uît de

(1) Chi lit dans la Biographie des Hommes du Jour que le conipte-renâa de œ Hflânel thns ils Speetaïèur mUi" uim M gèiâraleiimt atirib«é au ^éMifdm, et qu'on

trois aânéôs 4W ibrav^îl assidu 'et Opniatt^ô i XOV& ies: jovraau^i militaî^es ont ftiît Véh^ dé cet oiiYraf;^^^ justifiant isun^ la réputation qu'il a acquise à «ou au^iuc auprès <fôs officiers di'artilleria 4^s difi^eates |>ui8$ance» de TJ^uropç. Mais teroiinças ces détails bipgraphi-^ quçs, qui sont hors dB notare sujet » letarrivons aux coQsidéfations qui ont inspiré au prince la résolution de sa t^eufative politique.

Par le dernier exercice de la souveraineté nationale, par le plébiscite de Tan XII, le peuple français avait placé lîi couronne impériale sur 1^ tête du vainqueur de MiarengO (1); par cet acte solennel .il avait voulu confier le dépôt de ses intérêts et de ses droits, exposés à périr en passant si âouveittt de laains «n mains , à la garde d'une famille MtiVéU^, sortie du peuple , ^et par conséquent intéressée à garder ce dépôt précieux. En 1814 et 181S, la trahison et les baïonnettes étrangères livrèrent la nation à la sainte-alliance ; le peuple ne fut plui^ co]»s«}té.

Le prince Napoléon avait la convîqtian {woionde que, tant qu'un vote général n'aurait pas sanctiomié un gouvernement quelconque, les

dta cet ûuvfage coiûm^ te meilleur traité d'artîlliefrîe ^ill existe en Europe.

(1) Napoléon regut trois fois la sanction populaire :

diverses factions agiteraient oonstammeut la France ; tandis que des institutions passées à la sanction populaire, choisies et créées Tolontairement par le peuple, pouvaient seules amener la résignation des partis et la paix véritable qu'il souhaitait à sa patrie. Cette opinion, sur laquelle il avait profondément médité, il l'expliquait en ces termes dans ses conversations intimes : c Le temps des préjugés est passé, le prestige du droit divin s'est évanoui en France avec les vieilles institutions féodales. Une ère nouvelle a c&mmencé. Les peuples désormais sont appelés au libre développement de leurs facultés. Mais dans cette

comme oonsal , comme consul à vie, comme empereur. Consulat : constitution de Tan

VIII, sur 3,(M2,S69 votants,

1,562 ont rejeté.

3,011,007 ont accepté.

Consulat à vîe,sur 5,577,259 votants,

8,574 ont rejeté, 3,568,885 ont accepté.

Empire héréditaire , sur. . . . 3,534»254 votants,

2,579 ont rejeté, 3,521 ,675 ont accepté.

Dans la constitution de 95 , il

n'y avait eu que 1,801,918 acceptants,

11,600 refusants.

Pour celle de Tan III. .... 1^057,390 acceptants,

40,977 refiisânts.

impulsion gétiérftle^ hflpritaiée à la cmUeatÎQii moAefnBj qtiî régla le mauvement, qui ptéseac^ vara le peuple des dangers de sd propre act»^ vite? Quelgouv^uemeut sera assez puissant^ asses respecté pour assurer à la naùon la jouî^ sançe de grandes libertés « sans agîtjitio&s, sans désordres ? 11 faut à un peuple lU)i:e ufi gouvernement revêtu d'une imn^ense force morale» et que cette force soit propoirtionnée à la masse des libertés populaires» Sans cette condition , le pouvoir, fHÎvé d'un ^i

nioral suffisant » forcé par le besoin de sa conr nervation , ne recule alorsj po^ se mamtenir» (jlevant aucun expédient» aucune illégalité* L'inertie du plus grand nombre , effrayé d'un danger momentané » protè^ ces actes de nécessité ; et l'on se trouve heureux d'acheter, an {NrÎK même de la violation des lois , un peu d':ordre et de tranquillité : extrémité toujours

fatale pour une grande nation*

€ Gomment donc recréer la tnajeslé du pouvoir ? Où trouver un principe de force morale devant lequel s'inclinent lie& partis et s'anûuUent les résistânices individueUes? Où cher-i cher eâfin le prest^ du droit , qui n'existe plus en France dàn$ la personne d'un roi, d'uti seul , si ce n'est dans le droit , daiis la volonté de ^ous? Cest qu'il n'y a de force que là. Les homme» q^ai , en 1830 /otot mécoimu ce pria*

et^ I ont trahi û06 intérêts 1«& plus SAcré» ; ils o&t i>&ti un édifice dont ils ont oublié lOB (bn^ dations* En négligeant de foire servir la sonvé* FÂÎneté du peuple à rétablissement de Tordre^ ils ont préparé de grands malheurs pour Fa*» venir de la France et de l'Europe ; d'autres s*en serviront pour produire le désordre et Tanarchie, »

Le Prince eut sur ce sujet des conversations avec plusieurs hommes influents. Iliui fut démontré que les opinions les plus extrêmes, quoique dans des intérêts contraires , s'entendaient toutes sur le principe fondamental de la . souveraineté nationale, que l'appel au peuple des républicains, la réforme électorale de l'opposition parlementaire, le vole universel Aes royalistes, accusaient une foi commune à tous les partis. Quand on voit les fils des émigrés de GoblentK invoquer à leur tour la doctrine du vote universel, n'est*il pas démontré que les principes de la révolution de 1789 ont enfin pénétré dans toutes les têtes, et qu'il ne manque plus à la génération présente qu'une occasion solennelle d'en faire l'application? Alors seulement cette grande révolution sera terminée.. Or qui pouvait, mieux que le prince Napoléon, aider à l'accomplissement de cette œuvre sociale, lui dont le nom est une garantie de liberté pour les unsj rfVrfre pour les

atitres ^ et un "SôuVénir du gloire pour totts.

Le ptiiâcé Napdéôn- était profondément con* vaincu dé la vérité de ces principes ; mais devant Fimmense responsabilité qu'il voulait encourir, il avait besoin d'être fortifié par la démonstration pratique des événements ; or, rien iie pouvait mieux confirmer son opinion que la succession des faits accomplis depuis cinq ans. Les émeutes de Paris et des provinces , les événements des 5 et 6 juin , des 15 et 14 avril, ceux de Lyon, de Grenoble, etc. ; les agitations sans cesse renaissantes sur tous les points de la France, le licenciement des gardes nationales de Lyon , Strasbourg, Grenoble, etc. ; tout lui démontrait qu'il ne s'était pas trompé sur l'état précaire d'un pouvoir mal établi ; et, quand les partis, lassés de se faire battre isolément, cessèrent de troubler la tranquillité des rues, il ne se méprit pas sur leur prétendue Trésignation. Le pouvoir se vit chaque jour contraint de chercher isa force daofts un nouveau sacrifice de nos libertés ; et s'il réussit un moment à désarmer les partis, il n'en rallia aucun. Ainsi ce n'était que pour obtenir une tranquillité factice qu'il avait compromis la dignité de la France en Europe.

Depuis plusieurs années, le Prince s'était lié, par des relations amicales ou scientifiques, avec des hommes distingués de tous les partis ;

Âksi^Qii 18Sâ, il vit m Stuisse.M. de Gkà« teaubriand^ avec lequel; il eut, de Ipû^u^s et graves (xmversations* On verra que ce. jeune homnie de vingt-quatre ans sut intéresser, paf Texposé de ses opinions et de ses principes, un homme aussi remarquable que M. deChateaur briand. Voici la lettre qu'il en reçut au sujet d'un écrit qu'il avait publié.

« Priupe, j'ai lu avec attention la petite bro* <, chure que vous avee bien veulu me confier } € j'ai mis par écrit, comme vous l'âves désiré, <r quelques i^èxions, natureUem^nt nées des A vôtres, et que j'avais déjà soumises à votre « jugement. ».

* Vous savez. Prince, que moù jeune roi « est en Ecosse; que,, tant qu'il vivra, il ne « peut y avoir pour moi d'autre rm de France « que lui. Mais si Dieu, dans ses impénétrables < desseins , avait rejeté la face de S. Louis ; « si notre patrie devait revenir sur une éleotion « qu'elle n'a pas sanctionnée, et si . ses m@s»irs « ne lui rendaient pas l'état républicain pobsi- 5 ble, alors. Prince,, iltfy.a pas de nom qui « aille inieux à la gloire de la France que le « vôtre.

« Je gard^ai un profond souvenir de votre « hospitalité et du gracieux accuiail de «an- « dame h duchesse de Saiiit-Lett. fe wtw prie

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