MM
€ de mettre à ses pieds rhommage de ma re? € connaissance ^ de mon respect.
cJe suis avec une haute considération; c Prince, votre très-humble et très-obéissant € servitrar.
^ Signé : GHATEAtBRIAND. V
Lucerne, 7 septembre 1832.
&I 1833 le général Lafayette fit dire au Prinee qu'il défait beaucoup avoir une entrer vue avec lui. On s'étonnera peut-être devoir le neveu de l'empereur se lier avec odtu qm; esi 181â, éleva te premier la voix pour tm^ verser le héros malheuroux ; mais le générai Lafiiyette avait prouvé par son opposition dç quinze ans à k Restauration qu'il se pepenta^ de son erreur ; ^ piàis le Prince disait souvent: cil faut que le parti national oublie les griefe réciproques, qu'il s'unisse pour être compacta fort.On iffî dira jamaisde moi ce que l'Empereur disait des Bourbons , que, pendant leur long exil, ils n'avaient rien appris et rien oublié. » Le rendez- vous fut donc donné : lé général La- &yette reçut le Prince avec la plus grsmde cordialité. 11 lui avoua qu'il se repentait crudOement de ce qu'il avait aidé à faire en juillet; mais, ajoutait^il, la France n'est pa&tépublièaine, «t nous n-avions alors personheà placer à la t^ de 1% nation : on eroyait NapoléonH
prisonnier à Vienne ! U etigiagea fortement Napoléon-Louis à saisîi* la première occasion far Yorable dé revenir en France ; car/disait-'il^ ce gouvèrnemént-cî ne pourra pas se soutenir, et votre nom est le seul populaire ; enfin ii iui promit de l'aider de tous ses moyens lorsque le moment serait arrivé.
beaucoup de personnes étaient venues trouwr Napoléon-Louis, depuis la mort de Napoléon II, pour rengager à ourdir quelque conspîration. Le Prince s'est toujours refusé à de sem- Uables moyens ; son seul et unique plan , que lui seul savait, et qu'il nous a maintenant parr mis de révéler^ consistait à avmr dans tous les partis des personnes qui connussent ses vues patriotiques et son esprit de conciliation , et, dans chaque régiment, un, ou plusieurs officiers dent le caractère et les opinions bien connues de lui fussent des garanties suffisantes de leur dévouement à fea cause. Cette organisation, bien étrangère à une conspiration vulgaire, était achevée dès 1835. U avait. alors tout ce qu'il pouvait désirer en éléments de force; il ne lui fallait plus que chcâsir une circonstance et s'assurer du concours des divers partis.
Il était iniportant de savoir Tattitiide que prendrait le parti républicam à la nouvel^ -d'un mouvement tenté avec Taigie înq^iériale ;
le' Prince vouliit cdn&aitre d'ime manière précise quelles pouvaient être les espérances et les intentions, de ce parti. Un (le ses amis fut envoyé à Carrri : c'était une mission bien délicate et qui demandait les plus grands ménagements. Oh prit pour prétexte Fenvoi du Ma<nuel d'artillerie publié par le Prince. Garrel se montra républicain pur et désintéressé, plein de cette noble ambition qui n'a que la patrie pour objet; il parut avoir peu de confiance dans. une réalisation prochaine de ses idées.
€ Le parti républicain, dit^il, est miné par deux causes qui paralyseront long-ten^s ses efforts : la prmière, est la &ute commise f&c une jaioesse imprudente , en exhumant les souvenirs d'une époque dont la moralité politique ne peut être appréciée par la foule; la seconde et la plus grande, c'est le manque d'un chef et l'impossibilité d'en improviser un dans 1^ circonstances présentes. »
Mais, répliqua l'envoyé du Prince, vos travaux, vos talents, votre caractère, ne vous ontils pas déjà élevé à cette position?
< La mort de LaÊiyette, reprît Carrela avec * une modestie pleinedes fdus nobles sentiments» a &it jeter les yeux sur moi ; mais^ croyez qu'il faut pour jouer ce rdle, le prestige de travaux plus grands, plus brill^mts surtout que \e^ miens. Quand je ne puis parvenir à rallier im
pftrti, ôraam^rt me sôntt^il pôssibie de les rallier tous?» *
.n fttt aJors ijuestioD du Ptîaoe»
4 lies cmvrâge» politiques et militaires de Napoléon-Umis Bonaparte, dit FéérÎTaiii repu* l>Ucaidi aniK>iicefit uiie forte tète et un tioble offaetère ; le iiôm qu'il porte çst le plus grand deâ teAipsi Atodernes; c'est le seul qui: puisée exciter fortement les sympathies du peuf^ .
franc AW»» ^ <^^ j^^ hconme fait comprendre les nouveaux intérêts de la France; s'il sait oubli» ses droits de légitimité impériale pour ne se rappeler que la souteraineté du peuple, il peut être appelé à jouer un grand r^e. >
Quant à la question étranglé, le Prnce pan« sait que la guert e n'am*aît pas été imminente^ Plusieurs cours pe seraient rallides plus facile* ment à un Napoléon, à un gouTomement fori parte qu'il eût été pqmlaire» qu'à toute autre combinaison politique. Le gr^nd avaniog^^ di» sait^il souvent /dé la causé inipèriale, c'est d\4tne pour t'Ewùpê l'emblème d'un pùmoir tégi^ timcy tout en teffrimntttnt en Fruncé un jfnrin^ipé élétmoMiique. Le Prince était à<mb assuré, autant qu'il pouvait l'éu^e, de la sympathie dm peuple pour sa cauie^ derassemiment de l'art» 9^e et des dUpositiotis fiiTorobles* des difié^ rents parbisv Iwsqu^il reçut des lettres qm le portèretit à croire que le momeiit aj^ochait
où il ponmit profiter dm unis cp'il avait depuis long-temps, pour i^nveicer un gouYem^ ment qu'il croyait opposé au bonheur de son paysw Des honimes^ qui, par lemt position sociide, par leurs antécédents, p$ir leur caractère» méritaieiit toute s{i confiance, lui écrivirent, quelquet^ups après l'attentat d'Âlibaud, pour lui d^indre Tétat précaire de la France. < Nous ne jouâssona pas du présent, disaient^ ils, car TaTonir qoi» effi*aie ; le pouTdir, depuis sii ans, n'a rien fondé i il a réprimé les nobles passions, énervé les oo^urà, sans inspirer ni sécurité, m confianoe ; et commet Tfurait^il pu? Lui qui n'anî Tappiii des siècles, ni eelui cfae donne la sanction du peuple, ni même le prestige d'une glorieuse origine. Le plus ibrt n'est jamais assea fort pour être toujours le maître, s'il ne tran$foraie pa force ^i droit et l'obéissance en devoir.^. La vie du rei est jou^ndlement menacée; ù l'un des ces attentats réussissait, naos serions exposés ami plus gra^ ves bouleversem^its, car il n'y a plus en France, ni un parti qui puisse rallier les autres^ ni un homme qui inspire une confiance géné4 rale« Ibtts cette position, Prince, nous avons jeté les yaun sur vptts ; le grand nom que vous portes, vos opinions, votre caractère, tout nous englue à nrdr en vous un point de ralliemeni pour la- cause popoiaire» Tei|e2*Jvoiis prêt k
^giVf et^ lorsque le temps sera venu, vos amis ae vQqs majQ^aeraixtpaâ«»
Au mois d^ juillet 1836 le Prince se rendit à Bade, non pour conspirer» eomme on Fadit^ piais pour se rapprocher de la France, et juger encore par lui-même de lopinion du pays. U y reçut, pendant son séjour, la yisite d'un grand piombre d'habitants et d'ofSciers des irilles . d'Alsace et de Lorraine ; tous lui exprimaient des sentiments qui devaient puissamment fortifier sa conviction. D'ailleurs, l'intérêt visible qu'excitait partout sa présence lui prouvait assez que la magie du nom de Napoléon ne s'était pas éteinte avec l'empereur et le duc de Reichstadt. .
. Tout concourait donc à augmenter en lui la foi qu'il avait dans le succès de la cause napoléonienne ; cependant, connue nous l'avons dit, rien n'était encore arrêté. Le Prince, ayant des amis dévoués dans toutes les grandes villes, ne pouvait encore savrâr si le mouvement qu'il projetait se ferait dans les départements ou dans la capitale elle-même ; mais , parmi les officiers qu'il vit à Bade, un surtout réunissait toutes les conditions nécessaires à l'accomplissem^înt de ses projets. C'était le colonel Vaudrey, du 4® r^iment, commandant far intérim toute l'artillerie de Strasbourg. Cet officier lui parut devoir être le pilier du
noÙYél' édifice qu'il voidait élever , et dèishlors Slrasboorg &it fixé, dans son esprit, comme le lien qui devait le premier saluer Taigle nationale. Depuis long-temps le Prince était en relation avec le colonel , comme il l'était avec beaucoup d'autres officiers, mais sans qu'il eût été question de complot. Le colonel Vau* drey est un des officiers les plus distingués de Tarmée ; quoique très^eune alor^ , il comman«dait à Waterloo vingt-huit bouches à feu; il a éminemment le feu saoré; Homme de cœur et de tète, plein d^honneur et de patriotisme, il joint aux connaissances les plifô étendues Tesprit le plus brillant et le plus aimable. Gnmd» \mn fait, d^une %iire mâle et fière, il est doué de tous les avantages extérieurs. Mais ce qui frappe surtout en lui, c'est la réunion des qualités en appaorence les plus opposées : il joint à -la souplesse des formes la fermeté du caractère, la franchise d'un soldat aux manières distinguées de rhonune du monde. Animé du patriotismele plifôpur et ië plus désintéressé, le colonel Vai^rey a toujours confondu son amour pour la liberté avec son amour pour l'eitipereur. Sa conduite franche et énergique en 1830 lui avait valu l'estime de la ville et de la ^gàmisooi àé Strasbourg. Un tel caractère excita vivement l'amitié du prince Napoléon, et le çolond, de son côté , en retrcmvismt dans
h Mi^mi de rempereur , et la grandeur d'âmé et k noUefifie des fientiments du héros de là France , œ fmt se défiandre d'une forte sympa^ thie. iie Prmçe, dpQsles Umgoes eoHver&atious qu'il eut ay^c )i)i À ^ade, lui expliqua ses idée« et ^s priijèts ^ ces termes : c Hue révûlutioa Pi'ept ei^ûusaUe, elle n'est légitime, que lors^ qu'elle se fait dans l'intérêt de la majorité d'iw@ mtien^ Qr, m est sûr que l'on agît daup 0e seoSt lerfiqu'on ne se 9mt que dHme inJlH^ee morab pour la faire réussir. Si le gouv^^ement a commis asseç de fautes pour rendre wa révolution èneore désirable au peuple, si la cause napdéonieane a laissa d'asses prdânik sonveurp dans les eosnors français, il me suffira de me^ montrer seul aux so^ts et au peuple, et de leur rappeler les griefe réee^ts et la gloire passée, pour qu'on accoure soifô mon drapeau. Si je voiilais au contraire inU*iguBr et tâcher de corrompre tous les ofBciara et tous les soldats d'un régiment^ je ne serais sâr qm d'individus qui ne me donneraient auctme garantie dç réussir auprès d'un autre régimient où les m^e^ moyens de réduction a^auraicnt p^l été employée» Je n'ai jamais conspiré dARsl'apQeption habituelle du mot; car les ^ ,faio)B9m sur lesquels je. compte ne sont pas € li^hjmi psir des ^enoents, mais par un
« liëtt phxè solide » uœ êfioipàékie ittutuell* g pour lotà ce qui peut conoowir au bodi^ur .< et à la ^ire du peuple irançjûs*
. c L'homme de l'antiquité que je hais lé [dus^ il c'est Bnitùs,niOB seulemdntpapcseqn'ilaccnii*c mis im lâche aasassinat^ faoa seulement parce ^ quilatuéleseiilhommequieûtpttrég^rer
< Rome^ mais parce qu'il a pris sur lut iine € responsabilité qu'il n'est donâé à pei^sonne A de prendre , celle de changer le gouverne*
< mtmt de son pays par tin séul&it iadépen^ c dant de la Volonté du peuple. :
f ^ je réussis à entraîner vfk régiment^ si « des soldats» qui ne me connaissesut pas» î»']enf jOlammefatà la Tue de l'aigle io^riale» alors c toutes les chances seront pour moi; ma « eattsesera gagnée moralement, quand même
< des obstaides secondaires viendraient la faire « édiouër.
t Croyez que jfe c6nnaÎ9 hîeû^ la France^ et c que c'est justement parce que je la lyonnais c bieu^que je désiretèilter un mouireraekit'qui << la betrem'pe et la détourne du péril où elle H semUe prête à tomber. Le plus grand ibal-
< heur de l'époque actuelle VBl le mafaqué de € HeoB entre les gouyernaiits et les gouvernés ;
< confiance^ estime» respect» honneur» ne sont I : plas lessoutieus de Tàulorité.
c La F nmee^ ym passû* depuis oioquante
anfi la république avec sm grande! idées i mat» avec ses guêtres mterminables ; la restauration avec les bi^ifiiits de la paix ^ iliais avec ses violentes passicms ; Tempire avec sa gloire et sa prospérité intérieure^ mais avec ses tendances rétrogrades et ses mfluenœs étrangères ; le gouvernement daoât avec ses promesses, ses grands mots , mais avec ses petites mesures , ses petites passions, ses mesquins intérêts.
Au milieu de ce chaos, entre ses antécédents, ses rancunes, ses besoins et ses de sirs, le peuple cherche !..«* Position la plus fâcheuse pour une nation qui na plus pour se guider que la haine des partis*
« Ce chaos moral est naturel; car dhaque règne a laissé dans la nation das traces de son passage, et ces traces se révèiaiit par des élém^ts de prospérité ou des causes de mort.
< La France est démocratique , mais elle n'est pas républicaine; or j'entmds par démocratie, le gouvernement d*un seul ; par la volonté dé tous et par république, le gou* vernement de plusieurs obéissant à un système. La France veut des institutions nationales, comme représentant de ses droits ; un hopume ou une famille comme représentant
de ses îaiérèts ; o'est4i«diTe> qu'dto veut de la république ses prîncipes populftireiS, plu» la stabilité; de Têtupire > sa dignité naito^ ftale, son ordre et sa prospérité intérieure, moins ses conquêtes ; elle pourrait enfin envier à la restauration ses alliances extérieures; mais du gouvernement actuel que peut-elle vouloir ?
« Mon but est de venir avec un drapeau pc^ulaire, le plus populaire, le plus glorieux de tous ; de servir de point de ralliement à tout ce qu'il y a de généreux et de national dans tous les partis, de rendre à la France sa dignité sans guerre universelle, sa liberté sans licence, sa stabilité sans despotisme; et, pour'arriver à un pareil résultat, que faut-il faire? Puiser entièrement dans les masses toute sa force et tous ses droits, car les masses appartiennent à la raison et à la justice. »
Le colonel Vaudrey approuva des sentiments aussi vrais, et une appréciation aussi * juste des besoins et de la position de la France; il dit au Prince que depuis long-temps il devait savoir à qUoî s eti tenir sur Ses opinions; mais que dès aujourd'hui son concours lui était assuré.
Le plan du Prince ccmsistait à se jeler inopinément au milieu d'une grande place de
gfterre$ à y tuilier le pmp\e et la gariiîmit|>ar le prestige de son noin» Tase^dant de son âu« date, et à se pbrter Aussitôt, à itiarchës forcées, sur Paris, avec toutes les fordes djq>onibtes , çntratnant sur sa route troupes et gardés Ba-> tiimales, petiples des viUes et des tatnpâgnes , enfin tout ce qui serait éiectrisé par la magie d'un grand spectacle et le frion^tie d'une grande cause» Strasbourg était bien la ^itle^ la plus favoraMe à l'enédution deoepi^ét.Uiiepo<* pulation patriote, ehnemie d'un gcfuYernement qui s est Wi contraint de Ikenciek! sa garde na-> tionale ; une garnison de huit à dix mille hôm* mes, une artillerie considérable > un âtsenal immense, des ressources de toute espèce &i" saient de cette place importante une base d'opél*ations qui , une fois acquise à la càu$e popul^ire , pouvait amener les plus grands résultats. La nouvelle d'une révolution laite à Stria&* bourg par le neveu de l'empereur, au nom de la liberté ^t de la souvwain^^ du paiple, . eût einbrasé toutes les tètes. Si Ton se rendait maître de cette ville, la garde nationale ^tait im- ' médiatement orgamsée pour faire elle seule le service de la plaoe^ et veiller k la garde de ses remparts. La jeunesse de la ville et desécoles, formée en corps de volontaires, se réunissait à la garnison» Le jour laèmt ou Cette grande révolution s'accomplissait , lotit s'organisait die
manière à partû- ie lendemaiti pour mavcher sur Paris avec pLas de douze -mille hommes , près de cent pièces de canon , dix à douze millions de numéraire et un convoi d'armes considérable, pour armer les populations sur la route. On savait que l'exemple de Strasbourg aurait entraîné tonte l'Alsace et ses garnisons. La ligne à parcourir traversait les Vosges, la Jjorraine, la Oiamp^gne. Que de grands souvenirs réveillés! que de ressources dans le patriotisme de ces provinces ! Metz suivait l'impulsion de Strasbourg ; Nancy et les^rnisons qui l'entourent se trouvaient occupés dès 1 e quatrième jour, pendant que le gouvernem^it aurait à peine pris un parti. Ainsi, le prince Napoléon pouvait entrer en Champagne, le sixième pu septième jour, à la tète de plus de cinquante mille hommes. La crise nationale grandissait d'heurç en heure ; les proclamations, faites pour réveiller toutes les sympathies populaires, pénétraient partout; elles inondaient le nord, l'est, ie centre et le -midi de la France. Be&auçon , Lyon, Grenoble recevai^ït le çonlre-ooup électrique de cette grande révolution. , i Cependant , dans ces graves circonstances , que ferait le gouvernement? dégarniraitfîl Paris des cinquante mille hommes qui , qn temps ordinaire , suilisent à peine pour main.
tQftir ^fts Tobéissàiiee lé peupie d^ ceit^ grande ci lé? En ii^ii supposant le temps de ral-^ lier les garnisons de Lille et d'ime partie des frontières du Nord, pourrait-il , tout à la fois , contenir la capitale et arrêter on mouvement aiissi ^ergiquenijent commencé? A cette armée de citoyens et de soldats enthousiastes de glpire et de liberté il n'aurait à opposer que des régiments ébranlés par l'exemple contagieux de l'insmrection. El, quand on parviendrait à maintenir une armée sous les drapeaux du coq, en présence de l'aigle d'Austerlitz, la question, réduite aux proportions^ d'une opé- 'ration purement stratégique, se décideraft encore pn faveur de la cause populaire. Une armée sans ligue de communication h défendre, dans derrières à garder, mais portant tout avec elle , et n'ayant d'autre pensée, d'autre but que dTarriver à Paris , triompherait, sans coup férir, d'une armée placée dans des conditions toutes contraires, 11 sufiir^'t, en effet , de dérober une marche à èette derttière , pour couper sa ligne de communicatioil et pour arriver avant elle à Pari^ ; ce qui terminerait la lutte.
Mais tout dépendait du premier moment : il fallait réussir à Strasbourg, Si cette entreprise présentait de grandes difficultés, elle n'était pas cependant au dessus du courage et
dès tdleiîts du aeveir de Napoléoti. {Voir à la fiii dé la brochure la lettre da Prince^ datée de Nçw-¥arik> 0Ù il explique le. but; de son çntr^prise;) . . . ', - . . ■ ,... .
Ndus èomoueà artimà ïine époque de notre Irécft cm l'on pourrait croite* qwe le rrinceavait déjà recueilli assi^z de, jîenseignenaentS' sur l'ét^ de la France, et qi^, comptant sur l'apr pùi d'officiers génératiK et supérieurs, ii n'a- 'viait plus besoin de faire de démarobes pour bonnattre l'opinion de l'ariùée ; mais il médir lait encore , pour fortifier sa conviction , la plt» concluante et la plus dangereuse des épreuves; il prit la résolution hardie d'allar par lui>-même sonder l'opinion de l'armée.
Uri soir -après une de ces fêtes brillantes içu'offrè le séjôm* de Bade, il rnonte à cheval, accompagné d'un ami, et franchit, en quelques heures, la distance qui le séparait de la France ; il s'arrête un moment aux bords du Rhin , barrière qu'urieloî injuste lui oppdse depuis lotig-tetilps, et, à là tombée de la huit, il entre à Strasbourg. Dans xinç chambre assefc vaste, uti ami du Prince avait réuni, sdusun prétexte quelconque, vingt^ùnq officiers de toutes armes, à l'honneur desquels on pouvait se fier, quoiqu'ils ne fussent liés par aucun engâgettifent. Tout à coup on leur annonce que le prinOe NapoléoA est à Strasbourg, H qu'il va
se présenter devant eux ; tous accueillent cette nouvelle avec transport, t Le neveu de rem* perenr, s'écrièrent-ils, est le bienvenu parmi nous ; il est sous la protection de Thonneur français : que peut-il craindre? nous le défendnens tous au prix de notre vie. c Un instant après le Prince était au milieu d'eux ; tous les officiers renleurcnt avec respect ; il se fait un siloiii^e religieux jdus éloquent que toutes les protestations de dévoument; et, quand le Prince est maître de sa première émotion , il s'exprime en ces termes : « Messieurs, c'est avec confiance que le neveu de l'Empereur se livre à yolre honneur : il se présente à vous, pour savoir de votre bouche vos sentiments et vos opinions ; si l'armée se souvient de ses grandes destinées , si elle sent les mîsèi^es de la patrie, alors j'ai un nom qui peut vous serr vir ; il est plébéien comme notre gloire passée, il est glorieux comme le peuple. Aujourd'hui le grand homme n'existe plus , il est vrai, mais la cause est la même ; l'aigle, cet emblème sacré, illustré par cent batailles, représente» comme en 1815, lesdroits du peuple méconnus et la gloire nationale. Messieurs , l'exil a accumulé sur moi bien des chagrins et des soucis; mais, comme ce n'est pas une ambition personnelle qui me fiait agir, dites-moi si je me suis trompé sur les senlimeuts de l'armée , et,
s'ît te finit, je me résignerai à vivre sw l» terre cti^ngère , en attendant nii meilleur avenir. » « Non, \ùi\i ne languirez pas dans Te^cil , lui répoiidirent les officiers, c'est nous qui vous rendrons votre patrie : toutes nos sympathies vous étaient acquises depuis long-temps ; nous sommes las, comme vous, de l'inaction où on laisse notre jeunesse ; nous sommes honteux du rôle que l'on fait jouer à l'armée. %
Le Prince alors leur donna rendez-vous, dès qu'une occasion favorable se présenterait, et il les quitta le cœur plein de confiance et d'espdr.
Ainsi d<mc, en aoât 1856, le Prince avait épuisé tous les nioyens possibles pour scruter les dispositions du peuple et de l'armée. Ce n'est donc pas sans de mures réflexions, sans de graves investigations , que l'entreprise de Strasbourg a^té conçue. Sur de l'assentiment des masses, pouvant compter, avec toute assurance, sur deç amis dévoués dans l'armée , dans le peuple et dans les classes influentes de la société, il n'attendait plus qu'une occasion favoraUe pour profiter de tcms les éléments de succès que les circonstance^ avaient mis à sa disposition.
Vers la fin d'août, il partit de Bade, et se rendit en Suisse, au camp d'artillerie de Thoun. Quoique absorbé^par des travaux militaires , il
B'en Clivait pas moins , de loin » la politique de la France; c'est là qfxil a{^rit q^'un mî- Biâl^re doctHnaire avait été retms à la tète des destinées ^ du pays, et que le blociis con*^ tre la ÎMiiweaTait irrité toute^ les populatiopsi dea froBtièfesi) i) erut alara que k moipeut était arriïé de profiter de l'inUuenç^ d@ $ou noiu, duQonahreetde^a hm^fM^ de^e^^ imUi Au mais d'oQtObl'e , le pnuçq Napoléon était à Arene«ûbai^, auprès de sa roèi'e hicm-aimée, daua ce séjour charmant qu'elle avait créé , et où elle awit» réuni tqut ce qui pqnt fpbeUir ia vie, si toutefois des jours d'exil p{JA\aiei|t
l'ewkbeUirl Pour çm^ qui «ut ^u lePïiupftdans la cercle hébreu» de »a fawtiilo, entouré d'aT «lis, JQttiasani des avaulagii^ quft pï?^went une fcu^uufi iudépoïdante , nu iulérieur beur reu* et l'amQtir dea persuaue» qui vq«s ênfou^ reirti peur çeu<Tlà il est facile de cpmjweudre tQut ce qu'il a fallu d'éuergie pour quûter taat de aujete d'affection et se jetei' daus loua les ba»arda d'une netreprise périlleuae,
lie W^oç\o\m , l&Prinee fit sea adieux à aa luàre^ l^ diaant qu'il allait che* uu«de ses cûUiHiea^ fi^îi qu'eu FCUHa il avail dénué rcoidez-vous , près de la frcuatière de France , à dcu holùuifes po)]tiqu^si qui Yiiulaieiit entrer en cQiuuuiuicatiûn avec h^ ^ mère, tout eu ignorant sai^ projets , au «^fiaU i^epe^wt de
la décisioii de son csnctkm. kmû , en lui domialit des conseils de prudence , elle lui dit adieiè ayec émotion , et passa à son doigt Panneau de mariage de Tempereur et de l'impératrice Joséphine , comme un taUsman contre les p^ils auxipiels il pouvait s'exposer. Le Prince partit. Hélas ! il ne devait plus revoir sa mère qu'au Ut de mort !
Près d'A^eneinl^rg est un château apparu tenant au li«rt6nant»oolonel Parquiri, qui avait épousé une ancienne dame de )a reine; Hortenae. Depnii long-temps les rapports les plus intimes liaient la reine et son fils à M. ffarquin, ancien csqiHainede la vieille garde ImpàHfâle, dont tpnlela earrière militaire fut marquée par des aetiims d^éclat. Onze blessures^ Ufi drapeau pris à l'ennemi , la vie sanvée à un nmrécbal de France ( le maréchal Oudiuot ) y voilà quels ' sont ses états de service. Ck>nmi de toa& les chefs^ militaires maintenant en place, ik lot instamment sollicité , ^1 iSS&f de reprendre^du service, et fut nommé ckef d^escadroA dans la garde municipale de Paris. Il était alors en congé ep Suisse. Le Prince alla le trouver deux jours avant son départ «et lui dit : c Parqnin , je vais me faire tuer , eu bîèti je ramènerai I^aigle sur nosî drapeaux ; voulez^vous me suivre? — IVînee^- odnpteî.sur nio}, répondit^îl. » Bt
viUgt-qualreJi^eufeÀ sqprès i'eK-ckpîtHYiie de la -^i0Îlle garde sacheaimak vers Sit^asbourg. Le X& ottbbre , plusieurs géiiérauK , sur lesquels on comptait» a vaicHii été prévenas que le Prince avait une communication iniportasto à letr faire; un readez^vous leur avait été assigné: ki Prince, se rendit au lieu convenu; mais un malentendu , qui parut d'abord ine^cplîcable» empêcha que Ton féi, se rencontrer. Il attendit trois joiurs inuttlemait : le temps était précieux ; l'autorité pouvait être prévenue de son départ et faire observer ses démarches. DauB , uae^ entreprise où la prenuere condition de. sQccfès est le secret , FinatteBdu , un jour; une heure de retard pouvait tout perdre. La présence d'officiers généraux, connuis dans Farmée, eût été très^utile sous plus d'un rapport; mais, en définitive, elle n'était pas indis^ l)ensablé. Le Prince, forcé par tes circonstances, se décida à se passar de leur concours. 11 partit donc, le 28 au ibatin, de Fribourg, passa par Neuf-Brisacb, Cotmar, etc., et arriva ù dix heures du scnr à .Strasbourg, danS' sa voiture attelée de <]uatre chevaux. 11 passa la nuit dans la chambre d'un officier,, rue de la Fontaine, n^24. Le lendemain , il fit prévenir le colonel Vaudrey et convoqua chez M. de Persigny les personnes qui devaient jouer les principaux rôles. 11 leur apprit d!abQrd qu il
*vaît reçu des cpiiummicatrons qui prouvaient que, dans les YÎlles frontÎOTes, les habitants étaient prêts à suivre le mouvement, dès qu'une foroê militaire imposante aurait levéFétendard detarévohe.
Il s'agissait donc, pour première condition de succès, d'enlever un régiment. La garnison de Strasbourg se composait de deux régiments d artillerie , du Lataillon de pontonniers et de trois régiments d'infanterie ; ces régiments occupaient des casernes situées le long des remparts de la ville, et éloignées les unesdes autres à d'assez grandes distantes. Un des réginients d'înfonterie, le 46® de ligne, était caserne à l'extrémité d'une ligne de remparts, le long de laquelle devait se passer tout le drame militaire. C'était sur cette ligne que se trouvaient THôtel-de-Vîlle, la Préfecture, la division militaire, la subdivision, le bataillon de pontonniers et lé 5® d'artillerie. Au centre d'une autre ligne de remparts , perpendiculaire à la ligne précédente, se trouvait le quartier d' Austerlitz, occupé par le 4® d'artillerie ; le 16* de . ligne logeait à la citadelle. Quant au 14® léger, placé à une autre extrémité de la ville, il était tout à fait en dehors de cette ligne d'opérations, et ne pouvait avoir qu'un rôle peu actif dans les événements qui se préparaient. Or, devant quel refînent se présenterait le Prince? La
position du colonel Yaudrèy, comme chefdtt i^ d'artillerie, et l'attachement des soldaits à m personnel faisaient supposer quç ce dernier ré^iinent serait plvis facilement entraîné; mais le colonel déclara qu'il ne fallait compter t dans les circonstances actuelles, que sur le prestige du noflii de Napoléon; que l'influence d'un chef de corps n'était que seçopdaire en pareil cas; que, pour Henri Y, par exemple^ un cotonel n'aurait pas le pouvoir d'enlever cent hcwmeç de son régiment. U ajouta que son rôle dey^it ^e toriier à présenter le Prince à l'un des trois porp$i d'artillerie sous ses ordres ; que Tun n'était pas miepx disposé que les autres^ que (^ans le à!" il avait quatre cents recrues ; mai^ que si un pi:emier régiment sui^itla Pnnce> il était sûr de toute l'artillerie. Il fît ol^server alors que, par suite de différentes circonslofnces, le hataiUon de pontonniers jouissait d'une grande popularité dans la ville, qu'il entraînerait tout le peuple , mais qu'il avait le grand inconvénient d'être partagé dans deux casernes ; que le 4^ d'artillerie avait le désâvanttgo' d'avoir 9QS écuries éloignées du quartier, mais quç 1^ ^^ réunissait toutes les conditions désirable», i^ysmt ses chevanx et son parc d'wtil^fiç sousiia maiut qvi'il éfait plns; nombreux ^ ^\, copiptait» ];Âe$(v^oup plus de vieux soldats . (^as^ Sf^sia^gs. Il ImX dcwP question 4'^t4 de
cependant, par m\Q da plpi général qui fu| ènspite adapté , çl^qui rendait i'Qoiploi du œa^^ tériçl dçiVT^U^iç inutilç, on revint i l'idée de $îe pFé^entec au 4^ ' d'artillerie ^ d'ailleurs^ de grand» ^uyçuîra iie ptiacl^aient i( çç.\é^ gimçnti .
]^^>, wpe f<4a qe pvejmeT corps enlevé, se porterait'Qn «pr- Vartillerio^ou biep friiv l'in-. faifleriQ? HaHieruit-ow de wiiQ touie l'ar^il^ •leiio , Qtt ^en(eraJt-oii d'aJ>ord d6 wêlw le» deuxarinos? IVofitpraivoii du premier miH men^ ^e fîuQcès pour a)ri*îver à la caserne d'un régimeni d'iniîinteriç , avant qu'aucune me«r
sure eût pu être prise pour soustraire ce règin^ent à rinfluence du Prince? Cette question^p en appaj!C»ice tp^te militf^irç» 9e conipliquai^ de considérations bii^ autrement grave»,
L^ premier parti çonnstait donc à rallier d'abord les troiïî régin^nt^ d'ar^lerie, Dans ritypothèse d'uq premier succès au quartier d'Austérité 9 ce résultat était immanquable* ife Prince se trouvait maiire de cent cinquante pièces de canon;» sans parler d'w fu'sçn^ inuneiisQ ; s'il ne i»e CAt agi qne d'une opération militave » dès ce moment la vilk entière
était an son ^ ppuvovr« U n'avai| qu'à M raqdre
siir la {4aice d'anges t donner $ûs nrdres» et toMl»iiiHidkiQ«t QÏm^ Mai« que é» çom»-
qtiences fiifiestes pouvait entHitrter ce partr ! Pendant le temps nécessaire pour enlewr toute l'artillerie , et prendre les dispositions énergiques qu'exigeait cette résolution , Tiulanterie pouvait être entraînée dans un sens contraire , on pouvait lui faire prendre une attitude hostile, en la trompant sur J'ideniilé ou sur les intentions du Prince , ou tout au moins la faire sortir de la ville. Mais, ce qui était bien plus grave, il était à craindre que la population ne s'effrayât de ce déploiement de fwce militaire. En voyant les batteries d'artillerie traverser la ville , et se former sur la place d'armes , on eût pu croire que le Prince ne se présentait au peuple qu'escorté seulement des souvenirs militaires de l'eni* pire ; et cette prévention pouvait produire une^ fâcheuse impression. Maître de Strasbourg par la force purement militaire , etsans le concours des habitants , on n'était maître que des murailles d'une ville. Ce n'était qu'un foit isolé , sans conséquences, sans résultats ultérieurs ; tandis que cette conquête, accomplie par l'entraînement populaire et l'enthousiasme patriotique du peuple et des soldats réunis , c'était un grande révolution commencée.
Le second parti consistait à se porter du quartier d'Âusterlitz au quartier Fînckmatt , occupé par le 46^ de ligne. On y arrivait avant
que le mouyemeat put être prévenu ^ et qu'au* cune disposition hostile ne fût prise ; on pas* sait, chemin ftisant , devant toutes les auto* rites , qu'on entraînerait ou qu'on ferait arrê« ter. Si on enlevait le 46^, les difficultés militaires étaient donc surmontées ; car , pendant ce temps , des officiers dévoués du bataillon de pontonniers et du 5^ d artillerie, devaient aller à leurs régiments , les rassembler et les porter à tire-d'aile à la division militaire, " comme lieu de rassemblement.
Ainsi donc tout se trouvait lait dans le même temps ; le$ deux armes , artillerie et infunlerie , étaient mêlées ; les deux autres corps d'artillerie étaient enlevés , les proclama dons. im|M-imées et affichées dans les rues et sur les places publiques ; et le Prince se trouvait à la tète d'une force supérieure à celle qu'on eût pu lui opposer : rien dès lors ne pouvait plus comprimer ce mouvement tout moral et populaire. Cependant , si on ne réussissait pas à entraîner le 46^, toutes les précanticms étaient prises pour assurer la retraite ; on se portait à la rencontre des deux autres régiments d'artillerie ; on recourait à des moyens plus énergiques ; on rentrait enfin dans l'exécution du premî» jJan. En outre 9 pendant ces mouvements^ les proclamations auraient été connues ; et qoand le Prince
atf îvëraf t eut là ïJlfccé d'khmeS , Ta ^kitiWâtîori , déjà initiée àlï Seci^t de feeS Ihtetitidfi!^ , comprtndrak là néceàsttéde ce déïlîofemetit de fofcfe^, et elle y â|j(<làiîdira!t H première. Ainsi ; ttiftigré litî èchëè rilhlhéUreu^ , blî était IrtHtifttlttuàbl(3mëiît Sotitfettù pat lep(?iiplè, et la i»éiTSSite pat*afsi^àît certaine.
Ce parti était plus conformé à TeSprit du iiiouvetneht projeté par le Prince. Il satisfaisait, à toutes les conditions poKtiqtieS et militaires : aussi fut-il adopté. TtfaiS, pour assurer la réussite , oii tout au tnoins la retraite , dans la tentative à faire an quartier Finckmatt, il existait des difficultés de localités qui méritaient d'être sérieusement examinées.
Lé quartier Fitickmatt est Un long bâtiirietit , situé parallèlélîient ha rempart , dont il n'est séparé que par tine cour très-étroite, fermée dans toUte sa longueùfr par une courtine , et à chaque extrémité par un m^ur éleré. Cette cour, qui n'est qu'un long boyau , sert aux troupes de lieu de rassemblement. Pour se tendre de la tllle à la caSerrte , il n'y a que deux issues ; Tune, par le chemin du rempart, qui aboutît à l'une des extrémités de la cour, Où se trouve une grille en fer ; Taiitre , dans u!le direction opposée , par tlne ruelle étroite, qui , pSrtatlt du ftrtibourg de Pierre , arrive
^t^iendictilttitettieiit à la grille principale du
qUflwler; située àtt centre du bâtîrtiënf: 6e faubourg de PJeri^ est une large rue , percée pftrdllèlemeiit àU quartier,* mais Séparée de celuî-cî par un maébif de maisons dé soixante à quatre-vingts pas de profondeiit*, et n'ayant é'autires communications arec lui que par la ruelle dont nous tenons de parler , ruelle si étroite qu'il ne peut y pjtfeser que qUatre hommes de front.
Si le Prince arrivait par la ruelle du faubourg de Pierre , il était obligé de laisser une grande partie du régiment en bataille dans cette rue, et d'aller se présenter arec une faible escorte à la caserne , sans pouvoir montrer aux soldats d'infanterie l'exemple entraînant de tout un régiment entraîné dans sa cause.
8i, au cohtraire, ou vehait, par l*autre chemin , se placer sur le rempart , eh face de la casertie , le Prince apparaissait à l'infanterie escorté de tout un régiment enthousiasmé. Un tel spectacle attirait l'atteiltion de toute l'infanterie ; du rempart au bâtiment il n'y a que vittgt à vingt-cinq pieds : le Prince pouvait haranguer les soldats réunis , et s'en faire connaître. Plusieurs batteries du 5® d'artillerie avaient leurs chevaux dans lacaserne Finekihatt; les Soldats de ces batteries étaient Connus de ceux du 46^ r ils avaiwt l'habitude
.de se voir et de causer ensemble aux heures du pansage ; ils se reconnaîtraient , s'annonceraient Ja grande noavelle; personne ne douterait de la présence d'im neveu de l'empereur : rentrainement devait être contagieux.
Néanmoins, s'il en était autrement, si Tinfanterie résistait à cette puissance morale , si même elle voulait entreprendre d'arrêter ce mouvement, rien ne pouvaitempêcher le Prince de se retirer pai' le rempart. Un piquet de soixante chevaux, posté à la grille « suffirait pour maintenir l'infanterie pendant le temps nécessaire à la retraite;, et le Prince, en longeant le rempart , arriverait par la ligne la plus courte au'x parcs et aux autres régiments d'artillerie qui l'attendaient.
Toutes ces considérations furent présentées-, pesées et analysées par le Prince avec une grande netteté de vues. Hélas ! pourquoi ses idées n'ont-elles pas pu avoir leur complète exécution !
A dix heures dn soir , le conseil se sépara ; un rendez-voys fut assigné pour quatre heures du matin aux personnes qui en avaient fait partie , ainsi qu^aux officiers des différents régiments sur lesquels on pouvait compter le plus particulièrement. Le Prince leur envoya un de ses aides^de-camp pour leur porter ses ordres. Dès la veille un appartement avait été
aux offifcîefs qui devaient suivre • le ïVînce , dam;U)ie î»aisqti>pârticidîèrè^» située environ k àms^ éètit& pâs du qudHier d' AuBterlitz^ i à ente hew^ëi^lePi^inceV^ rendit ; tous les conjuriés^ arrîvàrent sueceèsiTêment , le prince Napoléon leur, fit pâî^l^de- sesi moyens d^exécntion, de tout ce qu'on aurait ii faire dans lâ> jourtfée , et donna àchaciin^d'dÙK ses instructions ; en<iii il leur lùtseé pt^oclanibtions, qm excitèri?nt uri enthousiasme général (^ voir les proclamationi) à la (in delà brochure) : on en fit quelques- Copies , pôut> servir dans leis premiers moments , en attendant qu elles fiissent iniprimées* .
Cependant l^instant si désiré approchait. 11 était siK be^n'efi; il se fit un grand t^léhce^ ei bientôt la trompette retentit au quartier d'Aus^ teirlitz ; le colonel Vaudrey faisait sonner rassemblée. Peu >à peu , an çaime de la nuit , suctîédèrent des bruits confus qui couvrirent bien» tôt lès éclats de la trompette. Les soldats se levaient, preiiaient leurs armes et descendaient précipitamment de leurs chambres, sequestionnant ihutnèllement sur le but de cette prise d'armes. D'autifes passaient dans les rues en courant poiir aller chercher leurs chevaux qui étaient hors ciu quartier , et revendent augalop se rendre à leiur poste . Gependanit le tumultes a-
.paisa ; le colonel Vaudrey avait réimî tout son
régîipdittif et VaviMtf#t tii«iMe.^en.i)«pr« ^M9 la graphe cow <kt J£k eafierw ;i Sfâxunte oan»»^ jSflar^ k cheval stjitipnimrat auprès; 4e lagnllD surUgraiideplaaed'AiiMeiJUU) t<Mi9^iM?é'«ay»iit quelque cho$^, d extraordioaiFe « .%9et)4aÂeal avec impatience F^j^plicatioa de œ ri^iMiK^e'ment inaccoutumé* C'ert alors qu m yint préyenir le Prince : < ÀUodb » messieurs , s'écri^vi tril, le momcsat e$t armé ;. Aow^ sdkvis vcuir n l^Fraqce se souvient encore de vingt années de gloire^ » « .:
. . U s'i^ancedans laTue(l); l^soIScierssepresr swt derrière lui; il se retoUrniei pour les con-» templer : l'un (i^'eux lui dit : :< Ailes ^ Prince , la France vous suit. > Le trajet était, court, il fut }>ientdt frandbi. Le colonie était ^enl'au centre du carré ; le Prinw 3 avanœ av^ assurance aU milieu des troupes^ et marche:droît vans lui. ]m colonel met le sakie à la ipaiu> fait pprt^r les armes ^ et d'ime voix mâle etfi^.qui vibre dans tous les. cieurs , il s'écrie : € Soldats du quatrième d'artilïerie^ une grande révolution
(1) Le Prmoe ^taît vêtu d'ip lupifariaa t|'d£liUene : ia-;bit bleu» coUet et passepoils rouges. Il portât des épaulettes de colonel, les insignes de la Légion-d'Honneur, un chapeau d'état-major du modèle admis dans l'armée, et pour arme un sabre drûH de grosse cayalerie. La maK YeÛanee a^ede pu voir dans ce coiUMd une iniiaileii da^kiideremp^ridun .
Devf^ir4^ ^''Ctfil^riiw^ l)^)<>l«irài. tt est. devant
vfkéçQ^fPpitii II ^mptQ sur Voûre ooUitege'; totire
plir^ ceif e giit^^cj^ ^ giarîfiuto mlsakui.-Seklâtfii VQlre^^otOi^ 0 rép€iiidiiLâe wus^; k-éfiétet donc
. C^r^fV-filt répéftè;pac!leiP:S<^datftiûilw wi
Lie Prif»Qa fit^alûra àigue^a'il ^ouUitpacl^ri le silence se rétablit, et d'une voix fortement aciwiàtii^e 1 -f SoldatSyil^tirr^it^ïv; appe^ô^ en FraqucQ^.pjUf. i)P0,fi4pi|tatîoR de» ¥ÎHe&>et det garnii^^ 4^ l'^t^ ^ xéi^to Ài t^ioor^ ou .à Dji^rir ppiir.i^ gjwe^ft Ift Ittwté du^p0H|rte fyai^çai&v,c'€is<;\à îV<M» les pir^icri^jlue j'»î youlpiue|^eat£^><parcf '(fiii'ç^tjp^ YOHe^ ftttfiaoi il eii$(e, dp .grande .fipuvpi^»; m'e^ d^s votre r^uw^em q^e l'einpef €)w N^pdiéo^, *iiî* ftBcle, 3çi:vit comine eapjt^ioi^; c'e^tftveq touB.qtà'il ^ei^t illifçtréi au si^e 4e. Toulon, çt q'^t efti qore yoirç. brave régjn)^i»t .qai jini^K^nyrit \^ portçs 4« G^eqohlç a,a tet^^ur da rtte.d'l^be» i . A Soldats, de aottvallefi destwiée6;vott3 iSK)nt répervée& ^ à immis la gloine de coHwdaumeer unie