‹ Le livre du peupleChapitre 19 sur 28 · PIEGE N · texte numérisé non relu

PIEGE N

EXTUAIT m l ACTS 0 ACCP&ATIOH»

Des divers membres de la famille Bonaparle , bannis à là suite des événements de 1814 et de 1815 , les deux fils de l'ancien roi de Hollande semblent avoir été ceux qqi ont nourri avec le plus de force l'espoir chimérique de reprendre, en France, la place de l'homme qui a jeté tant de gloire sur leur nom.

Fixés à peu de disunce de nos frontières, à proximité deiltaliè, ils semblaient avoir choisi pour demeure le point qui les mettait le plus à portce de JSiiivre et d'ap-

piécier les évéoemeiUs gui pourraient leur offrir le plus de chances de réaliser leurs dessins, (i)

Ces espérances » dont le calme dans lequel s*écou|èrent les dernières années de la restauration avait attiédi la chaleur , se réveillèrent avec une intensité nouvelle au moment de la révolution de juillet, et au bruit de^ cqplmotions qui semblaient devoir ébranler le sol de la vieille Earope. . .

Les mouvements qui éclatèrent à cette époque en Italie paraissent avoir appelé surtout leur attention* Ce pays avait feit partie de Tanoien empire français; c'était le théâtre duquel leur oncle s'était annoncé pour la première fois au monde; leur origine^ leur nom étaient Italiens » puis ritaliç» c'était pour euxle chemin delà France ; c'était aussi celui du pouvoir. Aus^i les vit-on» dès l^s premiers syn^ptômes des trpubles qui se manif^tèrent dans cette contrée , s*y jeter tous deux avec la ferme volonté d'y donner de la consistance. Ce premier essai fut malheureux : L'un mourut à la peine ; l'autre^ accablé par la maladie; épuisé par la souffrance , dut pour la seconde fois la vie a sa mère. L'expériepce et le souvenir du malheur ne lui furent point toutefois d'assez grands maîtres. I^ générosité dont dès lors^ et dans des circonstances diffidles , le gouvernement français fit preuve à son égard , n'^ut point davantage de fruits. (2) Une deuxième fois il devait être l'objet d'un acte de clémence appelé à pren« dre part dans les plus belles pages de l'bistoire contemporaine. , .

(1} La reine Qortense vint en Suisse en 1816; ses deux fils avaient» rtm dix ans, Taotre sept; et ils étaient, sttiyant M. l'avocat général, ééfii oonspiratears !

(2) On sait qoe la reine Hortnse lias» pac Paris incognito en 1S31, et que c*est eUe-méme qui fit avertir le roi de son pasaage en France, que le goayemenwnt ignorait complètement. C*est donc elle qidUt preoYO de générosité.

-go-

Oës le lùois de Mi 1852, îl cherche ^énbuveàùis^èmparer delascène; le jetitie soldat, dohtl'epée venait dMtrè brisée en ttaliëv se saisit de la plume; ^ui tentatives du èaérriér^'silccédeiit celtes du législateur, toùïs Bonaparte' publie ses Kêûerièê politiques; il les fait suivre d un pï^bJëtâécôûikîlWôii. '' '

'Leî^êVèAeé ébhtîèmieîlt fa pensée que la France ne saurait être régénérée que par des hommes du sang dé Nipbl6)ii , èît (Jri'â étix' seuls îlpouvâît appartenir de côn- (i!Ué^ lëà éiigjèhc^s dëâ'idéèâ républicaines âVeé celles dé rfesprlt éiiérrier. Là ëonâiilulittU répond aui* promesses dtr pi-éaiAbule i Elle est défnocratiquë ; plusieurs de ses dispositions seînÙleth'éërites soùs'des inspiratiônsr saint- ^ sHnonlennes i en même tèto^ii'elte porté,' dans éàh V artîdë, (jde la i^épiibliqué W^ nd'émpereiir,^ et dans ^on tffei-nier, eottime pbtir èmpêàtiér qi(el*ofl'ûe prît de nonvèâu te changé sur râccépiioti du thoi, que là gardé rmpériate ëèf a rélabfie. ■ -' ' • '^ - î

Des lamés de sabré, saisies à Strasbourg avant Févéhëtnenf dti J» ôctoore , et sur leScJuelles àe trouvent Taîgte et les mots garde imp^hàte , prouvéïït que Loiiis feonaparte n'a point èessë clé soiigèr sérieusement à raèconi: plissëméht de ta *dispo^it^bh' finale du pacte qu'il vouiâii

t)etrojrèt^.7 '• \ /y ^'V • ' '

Il est a remarquer qu à 1 époque de cett^e puDiication , le Jeune duc ilç ,I\éiçhstadl vivait encore; mais on ne sautait oublier en ih^nié temps qu'il était atleint d'une maladie mortelle, et qui laissait sans doute à ses héritiers i moins qu'à tout autre, Tespoir d'une ggérison« Tout donpQ ^eû de çroir^ qiie, sous le yoile de 1 e^prU 4^ i^** mille, Louis Bonaparte cherchait g taire vi^oîr an iatéi:^ pin» iBtMiiemdbroq qm loi était ëÉtièremént personnel. (1)

(1) A-t-on jamais vu sortir unei|Çjf;}>^%^.^i9iisfti mf^f^4i^ U

ces assertions. Depuis . 1^83S,.<)QiOS>l^.eff(>i;(St d^ (^ Bon^p^rte teçiijen^.à ^pppl^r, BUf f|ii r#^i#»p. JUpulflie d^ nouvelldfs.brocbupe» j l'i^ CQ.ate^^^^,(;w^ çiir î'ém poliUqMj^ jet^flâilliair^ ^e IçiÇ^spe; l'autre (1)

s'adrésjj^ à lVtfilerie,.à r^rj^^ <}?BS jaj^u^Uej.KappléQif avaitj^erv^ ; de nog)il)Tjeux. çnvp^ ^n^^t J^ijs j^Franp^ ; plnk tard une main amie traoe son jii^V^|^^jdjtjçdS( ^^JPio:: ^apjkie des Honmeê^ d^/our. Oi^eii tire ^^e^ i[iaiQt^r<^ux exepipiaîr^Cè^.^.;",. . ."i '.;.^' .^"V. •,.".,>...

d^.4éç^mçI^,opp•^par«llefhUJl:e(a[u^ 49l^^a<^4r€}i^ dans toutes les classes de la société. ^ ,. ;^. . .. - .,•

, Jtf^ 9Eli}}tMP<« suftouiBont rot3jetf d(^M9'prlvdn4nt3^; e».|o|^ Hatm il l(i«ihM3iK^ffHdiek, H'c«Brt)aB d^mtéjeqx;

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bôuofeod'iin miâ^tère pubUcî Le phdèei Ilip^ldé|f) 4til • iw<l 4^ Ivi^t^àfï §^t§ iitr la Hioift du ^n» ài^ awçl9m^>#<{f4frar «'«if malhear qui frappait si douloareaseinef)^ tQus, \<Gfi mffsfi»i^ di ^

tuoiUe!... , ,' *

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(1) Ce qae M. Tavocat général nomme Vautre brochure, est ^ ouvrage dé'500 pa^es, contenant 50 lithographies, ouvragé de scieocç et t)rôdmt'd^ûn ti-avai] de plusieurs années. ' ' '*

' (2D Huit nilTIe êiemplaires fhrent veAc^ pendant le procès, eCâè nombreuses contrefaçons furent faites à l'étranger.

lH*oèfidinâ i l\ {yens6 qu'ate miliea du dësûrdtt il ti^uha se créer la'plaèe qu'il ambitioiine; ' • - : . .»

' Un horrible erime doit se coihmettre» ik sourdes ru* meurs, quefèn efutend toujours à l'âpprôehe dels ^ndes catastrophes^ Yaùnoucent long-temps d'avance : il attend le moment ; près de lui se trouvent les accuses Persigny et' Griconrt, que ron verra plus tard prendre, une part si active à rattèntat du 30 octobre.

' Plus tard viennent aussi à se troiibler les relations de paix qui existent depuis long-temps entre la France et un paya iroiêin,«xphdté paf toutes les passions haineuses ; le conflit seitable acquérir un caractère sérieux. Louis- Bonaparte veut pvèfiter de la circonmanoe : c'est la Suisse qm doit être le point de départ du mouvement qu'il cherche à organiser.

Mafe la Provid^ce veille sur les jours du roi, la i^son reprend sa place dans les conseils d'une nation ai souvent tenommée par sa sagesse; il Amt tourner d'un autre cdtë ses'^e^ranoes/et c'est ce que foit Louis Bonaparte, G^est fèrfi l'armée que se portentses regards ; c'est à une rèvoliitiôn militaire qu'il songe ; il se rappelle les cohortes prétoriennes ; lèS' souvenirs du iSbrûmaire et du 90 nuirs appattiennentàjuifunille ; une révohnita militaire vient d'ëdater' en Espagne, une autre en Pèrtii((aL II espère que celle qu'il veut diriger sera aussi heureuse ; il se nourrit d'ailleurs de l'espoir commun aux conspirateurs de toutes lei époques ; il ai^ne à penser que ce que le petit nombref aérait osé tenter serait approuvé par beaucoup et souffert par tous. '

Toutefois» un point d'appui lui manque encore ; il lui feiut le concours d*un chef de corps. L'homme nécessaire lui apparaît dans la personne d'un colonel d'artÂlIerie, en garnison à Strasbourg» et connu par l'influence qu'il

exBFcemr son riment : tons les inojfflié"de séduciion qw* boni en son ponmr/Loins Bonapam les met en nsage; A triomphe bientôt de h liiollè r^tancé qài lui «al opposée. A noqiaiert la conarraation de ce triomphe,

le 96 octobre àa matin, dans iihe' auberge ^ù Val d*Eiid;er(f). ^ i. . .

• D«Bs ^ sdrteda», fl arrive à Strasbourg ; les divers ««•ïorta, qan n'^d)itaient point ia viHe. » étaient accouru» «te tontes pbrto; c'est le 50 octobre qu'éclatent les «teitats snr lesquels il appartient* la'|«Stifce de prononcer. ;

" " ' . PIÈCE BT 7.

90 mfl t887i

MaÎDtenani je vous dois one explîca^ dés nioUCs qui m^ont fait agir. J'avais, il est vnii^ deux lignes de condaile à suivre ; ToDe, qui, en quelque sorte, d^odait de moi ; rautre des éFéuements. Eu choisissant la première, j'étais , comme vous le dites fort bien , un mojen ; en attendant la seconde, je nëiais qu'une ressource^ Paprès mes idées, ma conviction, le premier rô!e me seoiblait bien préférable au second. Le.succèsdç mpui entreprise m'offrait les avantages suivants : je faisais , par un coup

i) Comment l« ministère j^ublic ft-tm po être ù f^l iofii^mi^f puisque le PriUce D*avtit vu pefMnoe dans cet endroit avant Taffaire de Stra^boarç.

de main, en.ujpi jppr^ Touvr^e 4e àix 3ïiïiJW8,.|»iHi^» réussissait;, i'f^gW.à la Fwipcfç lçs,|iiiLt^, ImixWr hks, lés désor^iie;^ d;,an(b()ii)everfeiiie{|t q^Hni'^f^ti» crois, tôt Qu tard. « U^^itd'junerévoluf îpn^ldjiAf * Tbiepcs» ;se compose, de pa^ÎQns ppvr le hqi |^t 4?J)>ûi^e, pour ceux qui font obstacle; » ayant entraîné le p^ple f ar l'armée, nous ai^rion^ea les nobles pa$^o(^ ^{^li^itmae ; car la haine ne as|ît ^u^ de la lutte entnç Iftjf^iips pbiif^u^ et la force jqpraje. rPe^sonnellement, eiv^ijjtç, ipa pi^^ition était claire, netiç^ partant Jtacileu Faisait u^.réy/s^bi^ti^ avec quinze personnes , si j*arrivais à Paris , je ne ^c^v^js ma réussite qu'au peuple, et non à un parti f arrivant en vainqueur , je déposais , de plein gré , sans y être forcé , mon épée sur Tautel de la patrie ; on pouvait alors avoir foi en moi; car ce n'était plus seulement mon nom , c'était ma personne qnt devenah Qrié^{j[drantie. Dans le cas contraire, je ne pouvais être appelé que par une fraction du peuple , et j'avais pour ennemis , non un gouvernement .débiii^,/XQai8 une foula d'avtres partis, eutroii.ssi petu-^lre nationaux.

D'ailleurs, «mpâeher Tanarchie est plus facile que de la réprimer; diriger les masses est plus facile que de suivre leurs passions.' Arrivant conime ressource, je n'étais qu'un drapéJâù'dé'plus jeté dans là mêlée, dont Tinfluence , immense' dans Tâfgression ,' eût peut-être été impuissante pour Rallier. Enfin, dans le premier cas, j'éjUiis au goùvefmâil, sil'r un vaisseau c^iï n*a qu'une seule résistance à vaincre ; dans le second cas, au contraire^ j'étais 'sur tin nàviré battu par tous les vents, et qiii, au milieu de' l'oràge, né s(àit quelle foute il doit suivre.. Il e^ v-rai qu'autant là réussite de ce premier plan m'offriait d'avantages, autant le non succès prêtait au blâme. Hais, en entrant en Fhnce; je n*ài pas peAsé au rôle |^'ué me ferait

une défaite ; je complais, en cas de malheur, sur mes prodamaiions comme testament, et sur la mort comme un bienfaîi. Telle était ma manière de voir....

FI?f DES PIÈCES JUSTIFICATIVES.

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