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espérer que ce motif me fera tromper grâce aux yeux de Votre Altesse Royale; et si mon ous^rage étoitjugé indigne de Vinap" préciable faveur de son puissant suffrage, quElle daigne du moins accueillir ai^ec bonté le tribut de la plus juste admiration, ainsi que Vhommage respectueux du dés^ouement sans homes avec lesquels je suis y
MADAME
De Foire Altesse Royale
La très humble et très obéissante servante,
Cet ouvrage, conçu au milieu de ce déplorable conflit d'opinions, qui environna de tant de difficultés les dernières années du règne de Charles X, fut terminé en 1 829. L'attitude hostile des divers partis , tes principes subversifs de tout ordre so-
i PRÉFACE.
cial émis chaque jour avec une désolante audace par les ennemis de la légitimité, Faveuglement et l'apathie de ses partisans, l'ambition efirénée de tous, m'en suggérèrent la pensée. Je crus entrevoir, dès lors , que la France portoit dans son sein une plaie dévorante et mortelle ; une vague inquiétude tourmentoit les esprits; le peuple, excité par des intrigans politiques, avoît soif d'une liberté qu'il n'auroit pu définir; il se croyoit opprimé et malheureux, tandis que sa situation éloit libre et prospère ; la classe moyenne enivrée de l'importance que lui avoit donnée Ja révolution de 89, qui avoit vu croître ses richesses et son influence pendant cette longue période de discordes civile» qui renversèrent toutes les som;mités sociales; la classe moyenne, dis-je, voua un
culte insensé auK doctrines révolution* naires^ et s'efforça de les répandre, entraînée par une haine aveugle contre le pouvoir monarchique et contre la noblesse* Cependant le premier, limité autant que possible , garantissoit à chacun, son indépendance; et la seconde, dépouil*lée de ses antiques privilèges, même en: grande partie de sa fortune, ne devoit plus exciter l'envie* Mais la haine raisonnet-elle! il faut qu elle ait été bien violente dans les artisans de la révolution actuelle,, puisqu'elle a obscurci leur jugement au point de leur faire envisager comme un bienfait^ comme un triomphe, ce qui devoit être la cause de leur ruine et de leuc^ abaissement.
Les princes de la noble famille dès^ Bourbons, en reprenant en i8i4 1^ sceptre
xij prIfage.
de leurs ancêtres, retrouvèrent en France tous les élëmens de dissensions qui avoient provoqué leur bannissement antérieur, et la mort du vertueux Louis XVI. Tous ceux qui Tavoient précipité du trône et traîné sur l'échafaud , tous ceux qui s'étoient élevés sur les débris des grandeurs tombées, se liguèrent de nouveau pour expulser une dynastie ressaisissant les rênes de TEtat en vertu de son droit héréditaire , et par là seul un objet permanent de crainte et de reproche pour ces hommes qui ne reconnoissent d'autre droit que celui du plus fort, d'autre loi que l'intérêt matériel. En vain une rare magnanimité paya-t-elle d'un généreux pardon les outrages reçus ; en vain espéra-t-elle, à l'aide d*institutions libres, satisfaire les exigences, concilier les esprits; en vain
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ses trésors versés abondamment dans Tasile de l'indigence, prodigués pour encourager l'industrie, la littérature, les arts, essuyoient-ils les larmes du pauvre et relevoient-ils le génie de l'artiste : ses implacables détracteui^s ne lui tenoient compte de rien. Tant d'animosité dans les cœurs, tant de' divergence dans les opinions, tant des doctrines subversives proclamées sans relâche dans le but de corrompre les sources de la vie sociale, rendoient tout gouvernement libre impossible. Napoléon avoit comprimé la révolution avec la main de fer d'un despote , les Bourbons crurent la désarmer à force de générosité. Noble erreur des belles âmes! Au milieu de ces conjonctures difficiles qui entravoîent tous les actes de leur haute et pénible mission, leurs vertus seules leur appar-
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tiennent, leurs fautes sont l'ouvrage des temps. Que des flatteurs rampans encensent le pouvoir debout qui paye leurs adulations, qu'ils jettent le blâme et les mépris sur la grandeur déchue. qui na plus rien à donner; Thistoire de tous les siècles raconte de semblables traits, qui sont la honte de Fhumanité. Quant à moi, fière de me ranger parmi ces êtres qui font gloire de rester fidèles à l'infortune, je dirai avec eux que jamais la majesté royale ne brille d'un plus pur éclat que lorsqu'elle se montre sous les cheveux blancs d'un vieillard, dans les traits pleins de candeur d'un noble enfant Auguste famille, vos pas retentissent de nouveau sous les voûtes gothiques d'un palais fécond en douloureux souvenirs : c'est là que rhérîtière des vertus et du courage