‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 1 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

VISION DU BELIER ET DU BOUC : APPARITION D UNE PETITE CORNE EMBLÈME DUN ENNEMI MONSTRUEUX DE DIEU ET DES SAINTS.

Sommaire. — Dans cette vision, le prophète assiste à une lutte entre un bélier à deux cornes inégales et un bouc qui n'a d'abord qu'une corne très grande et qui triomphe du bélier. Le bouc grandit démesurément; mais bientôt sa corne se rompt et quatre cornes surgissent à sa place. De l'une de ses cornes en sort une petite qui s'enorgueillit au point d'oser attaquer Dieu lui-même. Elle persécutait ses serviteurs qu'elle forçait à apostasier; elle lui enleva le sacrifice quotidien et profana son temple. A la demande d'un Saint, un autre Saint fait connaître la durée de la persécution et de la profanation. L'Ange Gabriel explique ensuite la vision d'une manière qui ne laisse aucune prise à Terreur. Le bélier représente le roi des Mèdes et des Perses. Le bouc est l'empire grec qui est nommé expressément par son nom comme l'empire chaldéen l'était au ch. II, 37, 38. La grande corne est Alexandre le Grand, un conquérant de sauts et de bonds, qui court de victoire en victoire et renverse l'empire des Perses. Les quatre cornes qui ont pris la place de la première sont les quatre monarchies fondées par quatre lieutenants de ce premier roi, qui se partagèrent son empire et qui le continuèrent. De l'une de ces monarchies doit provenir un roi, dont la rage contre Dieu, contre son culte et contre son peuple, est

décrite de telle] façon qu'on put parfaitement le reconnaître au temps des Machabées. Ce roi sera brisé sans qu'une puissance humaine soit intervenue.

Bat et importance de celte prophétie. — Cette vision est en connexion avec les cîi. II et VII; mais elle se restreint à deux des empires précédemment indiqués ; et elle est en même temps parallèle à la prophétie du ch. XL Dans ce ch. VIII, l'empire chaldéen est laissé de côté, parce que, d'après les ch. II, V et VII, les destinées futures de cet empire étaient suffisamment connues. La vision nouvelle ne nous offre donc des détails plus complets que sur le second et le troisième empires. Elle nous apprend que l'empire des Mèdes et des Perses sera remplacé par un empire grec ; et elle déclare plus expressément que, après la mort prématurée de son fondateur, ce dernier empire sera démembré et partagé en quatre monarchies. Nous trouvons aussi dans cette vision un élément nouveau, l'apparition, dans le troisième empire, d'une petite corne ou d'un roi impie, qui apparaîtra dans la série des quatre monarchies. Ce roi s'élèvera contre le Très- Haut, attaquera la nation sainte et il l'opprimera pendant quelque temps. Ce roi est décrit sous des traits analogues à ceux de l'Antéchrist du ch. VII; et nous apprenons ainsi qu'il y aura, dans le troisième empire, un fait de persécution semblable à celui qui doit avoir lieu dans le quatrième. Chacun de ces deux monstres est un type de l'autre. Il n'y a pas de nom propre historique dans cette partie de la prophétie du ch. VIII, mais il est impossible de ne pas reconnaître qu'il s'agit d'Antioclius Epiphane.

En montrant ainsi l'avenir à Daniel, sous le symbole d'une lutte entre un bélier et un bouc armé d'une grande corne et puis de quatre cornes qui la remplacent, le Seigneur a voulu faire connaître au peuple élu ce qui arriverait après la destruction de l'empire chaldéen et après la fin de l'Exil. La prédiction du triomphe d'Alexandre sur l'empire des Perses et le partage de l'empire grec en quatre monarchies n'avait pas, du reste, seulement pour but de dérouler le tragique drame de l'histoire et de décrire les deux grands empires qui domineraient un jour sur Israël. Sans doute, il était d'une grande utilité de présenter prophétiquement les peuples qui allaient se succéder, les personnages principaux qui ont fixé sur eux l'attention du monde, l'emplissant du bruit de leur nom, du retentissant fracas de leur élévation et de leur chute. Mais, il y avait une raison spéciale

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