‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 86 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

car par nos péchés), 20 (de mon peuple Israël ; je déposerai ma supplication), 23 (parce que tu es un favori; sois attentif), 25 (sept semaines;), 26 (et [il n'aura] pas [de successeur] •,), 27 (à plusieurs; la moitié de la semaine).

Le même contraste ne nous est pas offert par Kuenen, d'une façon si frappante, parce qu'il n'a traduit que les quatre derniers versets 24-27 du ch. IX. Il met, au verset 24, un point et virgule après « justice éternelle » (Lengerke n'exprime pas cet accent, et Stuart et Cahen le rendent par une virgule), au verset 25 (sept semaines ;ï au verset 26 (il n'y aura personne pour lui; — Lengerke et Stuart mettent ici une simple virgule). Mais au verset 27, le critique de Levde se contente, avec Lengerke, d'une virgule (l'alliance pour plusieurs), tandis que Stuart et Cahen ont adopté un point et virgule.

La traduction de Reuss est encore plue curieuse. Il n'a mis de point et virgule qu'aux versets 25 (sept semaines;) et 26 (et nul à lui •,). Dans tous les autres versets, Yathnach est traduit par une simple virgule, à l'exception des versets 3, 4, 6, qui n'ont pas même ce signe de ponctuation, du verset 16 qui offre un point d'exclamation (ta sainte montagne! car...), et des versets suivants qui sont, on ne sait trop pourquoi, affublés d'un point. Ce sont les versets 11 (sans écouter ta voix. Et sur nous s'est déversée la malédiction), 13 (comme c'était écrit dans la loi de Moïse. Mais nous n'avons point imploré), 18 (Et cette ville qui s'appelle de ton "nom. Car ce n'est pas en vue) et 23 (car tu es un bien-aimé. Fais donc attention). On peut voir par ces exemples, par ces variations, que les rationalistes, entichés de leur point et virgule, au verset 26, savent s'arranger pour mettre la plupart du temps leur règle d'un côté et leur conduite de l'autre.

Par les différentes significations qu'ils donnent à Yathnach, les rationalistes nous font assez voir, en effet, qu'ils manquent de logique et de mesure dans le grossissement du rôle qu'ils lui attribuent, sans motif, au verset 25. Généralement, ils ne donnent à cet accent que la valeur d'une virgule, et lorsqu'ils en font un point et virgule, c'est plutôt le texte lui-même que l'accent rabbinique qui leur suggère cette plus forte pause. Or, ici, rien ne leur dit que les sept semaines doivent être séparées du reste du texte par une ponctuation plus forte. Il n'est donc pas vrai, quoiqu'en disent les criticistes, que l'accent athnach nous défend de réunir les deux chiffres 7 et 62 dans une même période. Cet accent, qui se trouve après la première incise, indiqua

ici, comme dans les autres versets du ch. IX, un moment de respiration et doit aussi être traduit, tout au plus, par une virgule. Les rationalistes ne peuvent donner aucune raison qui leur permette de supposer qu'il marque ici une distinction considérable, importante. Le seul motif qui les porte à exagérer et à grossir son rôle, au verset 25, c'est le désir de dénaturer la prophétie contenue dans ce verset. Il était nécessaire de leur montrer qu'ils ne font de la sorte que de l'exégèse incohérente et de fantaisie. Il ne suffît donc pas d'entourer Yathnach d'un respect superstitieux et de déclarer, à propos du verset 25, qu'on ne saurait porter la main sur le point et virgule sacré dont on en fait le représentant. 11 faut laisser à cet accent son véritable caractère et ne pas lui donner une portée que les rabbins n'avaient pas prévue. Ils ont mis un athnach, soit parce que le besoin de respirer le réclame, surtout lorsqu'on psalmodie ou qu'on chante le passage, soit pour provoquer des sentiment» d'admiration et de reconnaissance pour la grâce qui permit aux Juifs de reconstruire leur ville. La valeur de V athnach ne peut donc pas être abandonnée à la libre fantaisie des rationalistes. Il ne leur appartient pas d'en faire, à leur gré, une borne qu'ils plantent où bon leur semble. Les anciennes versions qui ignoraient l'a thnach, mais qui tenaient tout aussi bien compte du besoin de respirer, ont inséré, dans leur traduction, une simple virgule après la mention des « sept semaines. » Les traducteurs ont compris que cette ponctuation ne tenait pas au récit, et qu'une pause plus considérable l'aurait arrêté et interrompu de la façon la moins opportune : ils se sont guidés d'après le sens du texte. C'est ce que nous avons fait nous-même. Notre traduction a été faite presque toujours sans aucune préoccupation des accents : nous n'avions pas à exprimer les gammes ascendantes et descendantes, les points d'orgue ou les points d'admiration dont les rabbins scandent les textes bibliques. Ce sont ces textes qui indiquent eux-mêmes la ponctuation -, et c'est en les consultant que, quoique nous n'ayons tenu que rarement compte des accents, nous avons ponctué le livre de Daniel tout aussi bien au moins que les Athnachistes. Après les mots « sept semaines, » nous n'avons pas même mis une virgule, parce que, sans blâmer les traducteurs qui s'en sont servis, nous somme» en droit de nier que Yathnach soit ici un accent distinctif et separatif, même en le supposant réduit à sa plus simple expression. Nous avons vu que cet accent a quelquefois pour but d'indiquer que le mot ainsi signalé offre quelque chose de mysté-

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