PREFACE
De tous les Livres de l'Ancien Testamment, il en est peu qui soient aussi antipathiques aux prétendus libres penseurs, aux incroyants, que le Livre de Daniel. On voit dans cette œuvre admirable, des prophéties merveilleuses qui embrassent une longue période de l'histoire de l'humanité ; nous trouvons dans cet écrit une confirmation éclatante des doctrines chrétiennes relatives à l'inspiration des prophètes ; nous y découvrons aussi une philosophie de l'histoire et des vérités dogmatiques et morales garanties par des miracles éclatants et parlant aux yeux ; ce livre, enfin, se présente à nous comme étant, par excellence et avant tout, la prophétie du Messie.
Il ressort évidemment de ces considérations que le Livre de Daniel est tout spécialement propre au combat de la foi et de l'incrédulité. Aussi ne trouvons-nous pas étonnant qu'il soit devenu un champ de bataille entre le pseudo-libéralisme ou rationalisme qui n'est qu'une espèce de libertinage d'esprit ou d'érudition et la critique rationnelle ou traditionnelle qui, ne voulant pas se laisser emporter à tous les vents des doctrines, à toutes les négations gratuites, à toutes les hypothèses en l'air de l'impiété, refuse de mêler à l'interprétation de la Bible les fantaisies du paradoxe.
Le chef-d'œuvre dont nous nous proposons de rendre compte à nos lecteurs, est signé d'un des maîtres les plus éminents du Prophétisme hébreu. Les ennemis de la Révélation biblique se sont étendus avec complaisance sur les objections considérables que rencontrerait une défense de l'authenticité de ce Livre. Les pages que nous publions montreront que les résultats obtenus ne s'accordent pas avec les prédictions sinistres des antichrétiens. Il sera facile de voir que la prétendue critique de quelques érudits allemands n'a pas justifié les espérances malsaines que les pseudo-libres penseurs avaient mises dans une exégèse qui n'est qu'un répertoire d'assertions erronées, et que la