‹ Le livre: Historique--fabrication--achat--classement--usage et entretienChapitre 16 sur 156 · Op. cit., p. 139. Cf. supra, t. III, p. 264, note · texte numérisé non relu

Op. cit., p. 139. Cf. supra, t. III, p. 264, note

doute à ce sujet, et qu'il faille répondre à cette dernière question par l'affirmative.

Un écrivain que Fà-peu-près n'effrayait pas et qui a commis bien des hérésies en bibliographie et ailleurs, J-ules Janin, a émis ce conseil, dans un opuscule « fort joli et bien écrit, mais dont le principal mérite est d'être rare*, » r Amour des Hvre-^ : « N'achetez aujourd'hui que si vous avez lu, d'un bout à l'autre, le livre acheté il y a deux mois, il y a six semaines. Furetière demandait un jour à son père de l'argent pour acheter un livre : — « Or çà, « répondait le bonhomme, il est donc vrai que tu « sais tout ce qu'il y avait dans l'autre, acheté la « semaine passée? » C'était bien répondre ^ »

1. L'appréciation est de M. Jules Le Petit, V Art iV aimer les livres, p. 40. On pourrait appliquer à Jules Janin ce que Sainte-Beuve a dit de Charles Nodier : « Nodier avait le don de t' inexactitude. Comme érudit, il ne pouvait écrire deux lignes de suite sans qu'il y eût quelque erreur. » (Sainte-Beuve, les Cahiers de Sainte-Beuve, p. 55.) « Jules Janin, c'est de la crème fouettée. » {Id., ap. Louis Nicolar- DOT, Confession de Sainte-Beuve, p. 81.) « ... Janin, qui donna tant d'entorses à l'histoire littéraire.... » (Octave UzANNE, Zigzags d'un curieux, p. 170.) Or, la bibliographie, dont Janin ainsi que Nodier étaient des adeptes, et non des moindres, est avant tout et plus que toute autre, selon la formelle déclaration d'Edmond Werdet {Histoire du livre en France, i.lY^ p. 288), « une science d'exactitude et de détails minutieux ».

2. Jules Janin. op. cit., p. 14. — A propos des ouvrages nouveaux, Jules Janin [a]). Gustave Mouravit, op. cit., p. 109) donne aussi ce conseil : « N'achetez que le livre dont vous avez fait la lecture cinq ou six semaines auparavant, « -- <l'ç,^V.-

Non, car, avec ce système, vous vous priveriez de livres cherchés en vain par vous depuis longtemps et dont vous avez le plus grand besoin; vous laisseriez échapper les aubaines les plus belles, les plus inespérées. Encore une fois, rien d'absolu sur terre. Évidemment Jules Janin a eu raison de mettre en garde les bibliophiles contre les entraînements auxquels ils sont si tentés de succomber; il a eu raison de les dissuader d'encombrer leurs rayons de livres qu'ils ne liront jamais; très justement il conclut qu' « avec cette nécessité de lire entièrement ce qu'on achète, on y regarde à deux fois avant d'acheter; on se méfie un peu plus de ce qui est rare et curieux, pour se tenir aux chefs-d'œuvre honorés de l'assentiment du genre humain* ». Mais ce « bon gros critique, comme le remarque si bien M. Jules Le Petit*, n'a jamais dû connaître à fond la passion des livres, ni la joie intime que nous procure l'acquisition d'un volume souhaité, ni le serrement de cœur qu'on éprouve à voir passer en d'autres mains l'objet qu'on espérait obtenir ».

« Le premier motif qui doit nous pousser à acquérir un ouvrage, dit encore M. Jules Le Petit^, c'est

à-dire le livre dont vous avez eu loisir de vérifier et éprouver la valeur. « En ce temps de réclame, combien ont pu expéri* menter la sagesse de ces paroles! • ajoute M. Mouravit.

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