L'AMENAGEMENT D'UNE BIBLIOTHEQUE ET DU RANGEMENT DES LIVRES
Comment les livres étaient rangés autrefois. — Livres enchaînés: calcnnti. — Meubles en épis. — Conditions d'une l)onne installalion pour une bibliolhèque : exposition, emplacement, local, meubles, etc.— Rayonnage, • partie essentielle de la bibliothèque » : 1° à supports fixes ;i° à supports mobiles; 3* A supports hybrides, les uns fixes, les autres mobiles. — Crémaillères et tasseaux. — Clavelles-supports. — Bibliotbôques métalliques; — à supports à coulisses; — extensibles; — tournantes; — de table; etc. — Appui-livre. — Fantôme. — Pupitres, lutrins, chevalets-liseuses, roues d'étude, etc. — Divers modes de ranjj:ement et de classement des livres. — « Un homme de lettres ne devrait jamais déménager. ') — Méthode nornuile : classement horizontal, do gauclie à droite, par ordre alphabéti(iue de noms d'auteur. — Méthode sevp('iit<iiil<\ — En bas, les livres de grand formai; au milieu, les moyens ; en haut, les petits : la fable Ir (iln)id et ta Citrouil'c. — Classement par ordre chronologicjue. — Faut-il commencer le rangement par les rayons du bas ou par ceux du haut? — Classement vertical, par ordre de matières. — Chiasemeni ad Ult il um : les ])lus beaux livres ou les plus aimés sur le devant, i)ar derrière les vilains ou les moins appréciés.
Ainsi que d'anciens documents, notamment d'anciennes images ou gravures, nous l'apprennent, les livres se plaçaient autrefois à plat, couchés les uns à la suite des autres, sur des rayons le plus souvent inclinés et garnis de rebords. En raison de cette disposition, les titres des volumes étaient inscrits sur
les plnls, e! l'on ne donnail aux dos. qu'on voyait à peine, aueun ornenienl. Des clous de cuivre a large lôte, fixés aux quatre coins des plats, préservaient ceux-ci du IVoltement contre le bois des rayons*. Le nombre des livres augmentant, on se décida à
\. Cf. Ludovic L.ALANNE, Curiosi lés bibliographiques, p. 146: — Paul Lacroix, Edouard Fournier et Ferdinand Seré, llisloire de l imprime) ic, p. 42; — Henri Bouchot, le Livre^ niluslvnlun}. la Reliure, p[). 70, 258 et 268; — P. LouiSY, le Lirre el b's Arlsqui s'y ratlanhent, p. 191 ; — la Grande Encyclopédie, art. Bibliothèque, t. VI, p. 067, fig. 7; — etc. Pour tout ce qui concerne les anciennes conditions du livre el les hil)li()llièques d'autrefois, coiisuller avant tout l'ouvrage (le II. (iKiivri), /s'.s'sa/ sur 1rs livres duns Vanliquilé, parlirulicrcnu'iif, chez les Jimnaiiifi (Paris, Techener, 1840; in-8, 232 p]).; où il <'st question aussi des livres au moyen Age: cf. pp. 226 et suiv., el passim), que j'ai déjà mis amjjlement à contribution: — et celui de M. John W'illis Clark, secrétaire de rUiiiversité de Cambridge, Ihe Care of Books,... (le Soin des livres, Kssai sur le développement des bibliothèques et sur leurs installalions, depuis les temps les plus reculés Jusqu'à la fin du xviii" siècle; 2* édit., Cambridge, Imprimerie de l'Université, 1002; grand in-8, ô.Vi pj).). M. Clark a parcouru pres(jue toutes les contrées de rKur(q)e, examiné, étudié et « mesui'é » lui-même toutes les célèbres bibliothèques dont il parle, c'est-à-dire, outre les bibliothèques d'Angleterre, celles d'Italie : Vatican, Laurenlienne, Ambrosienne, Mont- Cassin, M()nte-01iveto,Urbin, C^esena, Saint-Marc; puis celles de Hollande : Leyde etZutphen; celles de France, etc. ; sauf, nous dit il (p. viii), celle de l'Escurial, qu'il n'a pas visitée. lOi photogravures représentant ces anciennes bibliothèques ou tout ce qui s'y rapporte (plans des établissements, casiers, rayons, supports, sièges, pupitres, lutrins, chaînes de raloKiliy etc.) accompagnent le texte de M. Clark, qui, bien (juil intitule modestement son livre Essai.... a étudié à fond et avec un soin extrême la question si complexe de l'aménagement et du mobilier des anciennes bibliothèques.
les placer les uns sur les autres, el, pour cela, on dut commencer par supprimer Tinclinaison des rayons et les rendre tous* horizontaux. On cessa alors d'inscrire le titre sur le plat supérieur, et Ton mit celte inscription en longueur au dos du volume. Puis, au lieu d'empiler les livres, qui abondaient de plus en plus, on trouva plus commode de les ranger debout sur la queue, alignés et serrés les uns contre les autres*. C'est encore ainsi qu'on procède.
Dans certaines bibliothèques publiques, à la biblio- Ihèquc du chapitre de la cathédrale d'Hereford (Angleterre, pays de Galles ; fondée en ir»94)- ; à la bibliothèque Malalestienne de Cesena (Italie, près de Ravenne ; fondée, en 1 io2, par Domini(|ue Malatesta) ; à la Laureutienne de Florence (1571)"', à la
1. Cf. Henri Bouchot, le Livre, rilluslralion. la Reliure, p. 268.