‹ Le livre: Historique--fabrication--achat--classement--usage et entretienChapitre 41 sur 156 · Chap. ni, vers · texte numérisé non relu

Chap. ni, vers

qu'exerce sur chacun de nous la fréquenlalion des

grands esprits, des sages de tous les temps et de toutes les nations; dans les perfectionnements de culture, d'observation et de méthode qui en résulteront pour nous; dans la force, le courage, la bonne humeur, la bonté, le jugement, l'expérience, tous les enseignements et les scnliments que nous puiserons à cette merveilleuse source; dans les pures, profondes et inlassables joies que les livres et l'étude réservent à leurs adeptes ^ « Ni les années, atteste, dans une de ses paroles d'or, un des plus nobles penseurs de notre temps, le moraliste américain Emerson (1803-1882)% — ni les années, ni la lecture des

1. Cf. le portrait de Vhomme heureux et de Vluniune aafje, par Bl'ffon 'Sur la nature des animaux : Œuvres cu)n]>/ète!^, t. III, p. 492; Paris, Fume, 1857): « Le bonheur est au dedans de nous-mêmes, il nous a été doiuié; le malheur est au dehors, et nous Talions chercher. Pourquoi ne sommesnous pas convaincus que la jouissance paisible de notre âme est notre seul et vrai bien; que nous ne pouvons l'augmenter sans risquer de le perdre; que moins nous désirons, et plus nous possédons?... Considérons l'homme sage... : maître de lui-môme, il l'est des événements;... se suffisant h lui-même, il n'a qu'un faible besoin des autres, il ne peut leur ôlre à charge; occupé continuellement à exercer les facultés de son âme, il perfectionne son entendonent, il cullive son esprit, il acquiert de nouvelles connaissances, et se satisfait à tout instant sans remords, sans dégoût; il jouit de tout l'univers en jouissant de lui-mémo. »

2. Emerson, ap. Jules Levallois, Journal )H(ntuscrity cahier XXIII, 1887, p. 13. « Si j'avais à demander un goùt caj)able de m'étre en aide en toutes sortes de circonstances, d'être pour moi une source de bonheur et de joie à travers

LR LIVUF.

livres n'ont pu enlever ce préjuge, enraciné en moi, qu'un lettré est un favori du Ciel sur la terre, Thonneurde son pays, le plus heureux des hommes. »

la vie, et une défense contre ses maux, quand tout irait mal et quand le monde serait contre moi, ce serait le goût de la lecture. Donnez à un homme ce goût et les moyens de le satisfaire, et vous ne manquerez guère de faire un homme heureux. Vous le mettez en contact avec la meilleure société de toutes les épo(|ues de riiisloire, avec les personnages les plus intelligents, les plus spirituels, les plus sensibles, les plus braves, les plus purs, qui aient fait l'ornement de l'humanité. Vous le faites citoyen de toutes les nations, contemporain de tous les âges. Le monde a été créé [)Our lui. » (John Kuski.n [ 1810-1000 i, a)>. lidouard Hor- VEYRE, l'un naissances ncressaùcs à un Ifihliojih'.lc, t. III, ]). 20.) i\ï. aussi le mot de Goldsmitu, l'auteur du l'irnirc (le Wdkc/h'lff, cité dans notre tome I, p. 172 : «< La littérature est un sujet qui me fait toujours oublier mes misères » ; et, dans le môme tome: p. 128, une citation de Gassendi; p. 1(57, une de Mme du Chàtelet; pp. 218-219, une de Balzac et une d'Augustin Thierry. Voir, d'ailleurs, sur le réconfort, les joies et le bonheur que procure l'amour des lettres, tout le présent ouvrage, passiniy et principalement notre tome I, consacré à « l'Amour des livres et de la lecture ».

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