Cf. supra, t. II, p
'2. Cf. si())ra, t. II, pp. 155 et suiv.
5. En 1886, dans le journal VFstafotlp : voir Larousse, (irnnd Dictionnaire, 2" supplément, art. Larousse.
4. Accompagnée aussi des sept volumes du Nouvmu Lurousse illustré, auquel on est en train d'adjoindre un supplément.
La Grande Encyclopédie^ commencée, en 1889, par réditeur Lamirault, et terminée, non sans difFicultés, et quelque peu sommairement et brusquement, en 1904, contient, surtout dans ses premiers volumes, d'excellents articles, rédigés avec soin, amplement documentés, et portant leur empreinte personnelle.
D'autres recueils encyclopédiques, comme le Dietionnairede la Conversation ^VEncyclopédiemodemeAQ Didot, etc. , ont eu leu r vogue et ont encore leur valeur; mais ils datent de loin déjà, et ne sont plus à jour^
Mentionnons encore la Biographie universelle ancienne et moderne de Michaud, dont la seconde édition (45 volumes in4, 1840-1865) est bien préférable à la première ; la Nouvelle Biographie générale du docteur Iloefer; le précieux Dictionnaire historique de la France de Ludovic Lalanne ; le Dictionnaire universel des contemporaiyis de Vapereau, etc. , et n'oublions pas le Dictionnaire historique et critique de Hayle, œuvre de génie, d'une si intéressante lecture; ni le volume de Jal, son Dictionnaire critique de bio^ graphie et d'histoire^ errata et supplément pour tous les dictionnaires historiques*.
1. A propos de V Encyclopédie de Diderot et de d'Alembert, (luc j'aurais également pu rappeler ici, on connaît Tirrévérencieuse boutade, plus drolatique que judicieuse, de lord Chcsterfield à son fils : « Oui, mon fils, vous achèterez VEn^ cyclopédicy et vous vous assoirez dessus pour lire Candide ». (Cf. Henri Mazel, Ce qu'il faut lire dans sa vie, p. 126.)
2. Sainte-Beuve, tout en rendant hommage au travail de Jal, qui le pressait, en 18C7, dé faire un article sur son
Pour la langue française, rhistorique et remploi des mois, rien, — pas même le récent ouvrage d*Hatzfeld, Darmesteler et Antoine Thomas : Dictionnaire général de la langue française^ — rien ne remplace l'admirable dictionnaire de Litlré, qui n'a qu'un défaut, c'est d'avoir trop restreint ses alinéas,
Diclionnaire^ ne lui a pas ménagé les reproches. « ... M. Jal n'a justifié qu'en partie tous ces éloges anticipés. L'auteur, en effet, si estimable par ses patientes recherches, manque trop souvent de critique.... En même temps qu'il redresse quantité d'erreurs en circulation, lui-mOme il en (îommet bon nombre à côté. » (Nouveauté Lundis, t. X, p. 410. note 1.) Et, dans la lettre qu'il adresse à Jal le '24 mars 1867 [Correspondance, t. IL pp. 150-152), Sainte-Beuve relève les erreurs suivantes : « Vous faites querelle à je ne sais qui d'avoir dit de Trousset Valincour^ et non du Troussot \'alinrc»u/*, et d'avoir mis un ^ à Vahncour ; or, dans votre mèine livre, ailleurs, Valincour est écrit avec un t.... A tout moment, au lieu de vous borner à des faits certains, vous donnez vos jugements et vos conjectures. Vous dites, h propos do II. de Latouche, qu'il a donné la meilleure édition d'André Chcnicr; puisque vous alliez sur ce terrain-là, vous aviez à dire (ju'il avait donné la première et la moins honne édition de ce poète.... Je reproche donc à votre excellent livre de manquer à sa propre méthode; de ne pas s'en être tenu aux faits rectificatifs et positifs; et, là où vous sortez du document précis, d'introduire presque autant d'erreurs que de conjectures.... Excusez, mon cher Jal, » etc. (Voir toute la lettre.) Le « cher Jal • ne dut pas « excuser •» cette franchise ni ces topiques arguments, et, encore plus mécontent peutôlre du silence de Sainte-Beuve, — qui, troi) occujx'' sans doute et de pliis en plus soufTrant, ne fit pas Tarticle demandé, — il supprima, dans la seconde édition de son Dirtionnaire (1872), le nom de Sainte-Beuve. — Voir aussi les notes d'Assézat, dans son édition des Œuvres couiplètes de Diderot (Paris, Gamier, 1875), t. I, pp. xxxix, xlvi. lxiii, qui contienneat de justes critiques à l'adresse de Jal.
de les avoir supprimés notamment dans ses citations de vers, ce qui fait ressembler ceux-ci à de la prose*. Au dictionnaire de Littré ajoutez celui de notre ancienne langue et de ses dialectes du ix® au xv« siècle de Frédéric Godefroy, ainsi que des vocabulaires grecs , latins (Ducange, — basse latinité, — et Freund ou Quicherat, par exemple), et des principales langues vivantes.
Nous nous occuperons tout à Theure des « Classiques français ». Pour les « Classiques latins », — je laisse de côté les éditions savantes, — vous avez le choix entre la Bibliothèque latine de Firmin-Didot, avec la traduction de Désiré Nisard, dont les 29 volumes «^n^and in-8 à deux colonnes sont malheureuseinc^iit d'un formai peu commode; la Bibliothèque laliiie-françcfise de Panckoucke, 211 volumes in-8, ([u'on rencontre assez facilement d'occasion, et qui, d'ailleurs, existent encore en librairie chez Garnier; et la Nouvelle Bibliothèque latine- française^ 81 vo-
1. Il aurail (Hé égaleiiKiiit bien iréférable, au lieu de inellre dos initiales en tète de cliaciue page, dans le litre courant, pour in(li(pier les articles (aim, ano, bar,... ^)ar exemple), d'écrire on entier, dans ce litre, le mot auquel est consacré le dernier article de la page (aimable, anoblissement, BARBE, BARBILLON, BARBURE, BARGUIGNER, BARON,
barri:...). On comprend sans peine combien cette dernière disposition typographique, adoptée, du reste, en général, l)ar tous les nouveaux diclionnaircs, toutes les récentes nomenclalures, facilite les recherches, surtout lorsque les mois commençant par la même syllabe sont en très grand nombre.
lûmes in-i8, publiée par ce même éditeur. Pour les « Classiques grecs », je ne vois guère que les traductions éparses chez Hachette, Garnier, Didot, Charpentier, Lemerre, etc., à moins que vous ne préfériez les 70 volumes in-8 à deux colonnes de la Bibliothèque grecque^ avec traduction latine et index, publiée chez Firmin-Didot.
Si vous vous occupez de bibliographie, le Manuel du libraire de Jacques-Charles Brunet, la France littéraire et les Supercheries littéraires de Quérard, le Dictionnaire des anonymes de Barbier, et le Catalogue général de la librairie française d'Otto Lorenz, continué par Jordell, vous sont indispensables.
h' Histoire des Grecs et YHistoire des Romains de Duruy, V Histoire ancienne des peuples de r Orient de Maspéro, et les Origines du Christianisme de Renan ; YHUtoire de France d'Henri Martin, de Michelet, de Lavisse; la collection des Mémoires relatifs à i'Histoire de France : de préférence, celle de Petitot et Monmerqué, la plus maniable, mais, si on le peut, complétée parcelle (moins correcte et moins soignée) de Michaud et Poujoulat*; YHistoire des Français
1. Les mémoires dils historiques ne sont que trop souvent d'éhontées spéculations de librairie, dépourvues de toute authenticité, de tout intérêt et de toute valeur. Les considérations suivantes, empruntées à un historien contemporain, serviront à édifier nos lecteurs sur ce genre de commerce. - Il y avait à Londres une courtisane vieillie, connue sous le nom d'Ida Saint-Elme, qui, après avoir longtemps trafiqué de ses charmes eu France, sous l'Empire, et dans les preinto^s
b LE LIVRE.
des r/â'ers étais d'Alexis Monteil; les quelques volumes, si remplis el si lumineux, d'Augustin Thierry, et les éludes, non moins savantes et fécondes, de Fustel deCoulanges ; les curiositéshistoriques du docteur Cabanes et de M. G. Lenôtre ; VHistoire de la Hrcu/ulion, parThiers, Michelel, Louis Blanc, Lamartine (Uistnlredcs (i/yo;?'//«8), Carlyle,(}uinel,etc. ; les
années de la Restauration, était venue, après la chute de (illarl(^s X, échouer misérahlement en Angleterre, où elle se livrait à une sorte de conïinerce de chantage en vendant des letlres ou pièces ayant trait à des personnages connus, et (juc ces personnages avaient tout intérêt à lui racheter. Déjà, en 18'27, un libraire s[)éculateur, nommé Lavocat, avait publié d'elle, sous le titre de Mémoires dune Contemporaine, des souvenirs (pie Ton disait pleins d'intérêt au point de vue historiciue. Or, cette compilation, où l'on voyait figurer tous les personnages un peu importants de la République el de rKiupire, était remplie d'inventions, de faussetés et de mensonges. In écrivain de quelque talent, M. Malitourne, n'avait pas cnuiit de s'associera cette œuvre malhonnête de M. Lavocat el d'Ida Saint-Elme, en prêtant le concours vénal de sa plume à l'arrangement de ces mémoires, et en habillant de son style élégant et facile les souvenirs galants et p()liti(iues de la Contemporaine. Nous avons eu plusieurs fois déjà l'occasion d'api)eler la méfiance de nos lecteurs sur tons les mémoires particuliers. Quand ils sont reeuvrc d'hommes consciencieux et honorables, ayant occupé une grande situation politique ou littéraire, ils peuvent ((uehiuefois éclairer d'une vive lumière certaines parties de l'histoire contemporaine: mais encore doivent-ils être lus avec l'attention la plus scrupuleuse et un sévère esprit de critique, parce que, de la meilleure foi du monde souvent, leurs auteurs présentent comme l'expression de la vérité absolue ce qui n'est, la plupart du temps, que. celle de leurs préjugés et de leurs prissions [)ersonnelles. L'historien <iui y puise presc^ue tous les matériaux de sesJivres
Origines de la France contemporaine de Taine ; Y Histoire du Consulat et de l'Empire de Thiers, avec celle de la Chute du premier Empire (1814-1815) de Henry Houssaye ; sur la Restauration et la Monarchie de Juillet, les ouvrages de Vaulabelle, d'Ernest Hamel et de Thureau-Dangin, V Histoire de Dix Ans de Louis Blanc, suivie de V Histoire de Huit An>i d'Elias Regnault,etde la Révolution de ISJSpnv Daniel Sterh, Hippolyte Caslille ou Garnier-Pagès ; le Second Empire par Taxile Delord ou par Pierre de la Gorce ; l'histoire de la Guerre de 1870-71 et de la Troisième République (Charles de Mazade, Albert Sorel, Jules Claretie, Théodore Duret, Louis Fiaux, Alfred Duquel, Lehautcourt, le lieutenant-colonel
ne peut faire une besogne sérieuse; son œuvre ne sera jamais qu'une œuvre de parti. Quant aux mémoires analogues à ceux de la Contemporaine, comme il en a tant paru sous la Restauration, ce sont les égouts de Thistoire, et aucuu écrivain qui se respecte ne saurait y puiser. Ceux d'Ida Saint-Elme étaient tombés déjà dans l'oubli et le mépris public, lorsque, vers 1835, leur auteur se transporta à Londres pour y établir, hors d'alteinte des lois françaises, une véritable officine de chantage. Elle essaya d'extorquer de l'argent au roi Louis-Philippe en lui faisant proposer de lui vendre à gros prix les originaux des lettres (pi'il avait écrites autrefois ou qui lui avaient été attribuées. Des négociations furent même ouvertes par M. Guizot avec cette intrigante, lorsqu'il était ambassadeur, pour débattre la ciuestion de prix: mais les prétentions de la Contemporaine furent si exorbitan.tes, et le nombre des lettres qu'elle disait avoir en sa possession était si considérable, qu'on prit le parti d'abandoiuier Taffaire. » (Ernest Hamkl, Histoire du t'cjiie dr Lmiis- PhilippCy t. II, chap. XIII, pp. 245-245.)
Roussel', etc.), vous permettront de suivre, des origines du monde jusqu'à nos jours, — en étudiant plus particulièrement la France, — les événements et les progrès deTliumanité. Comme complément de colle bibliothè([ue historique, procurez-vous la collection des ouvrages de Paul Lacroix (bibliophile Jacob) sur les arts, sciences, lettres, institutions, usages, costumes, etc., au moyen âge, à l'époque de la Renaissance, au xvii'- et au xvm*^ siècle, sous le Directoire et le Consulat, avec le Napoléon de Roger i^eyrc, et le A7A'' siècle de John Grand-Carteret, — collection remplie d'illustrations documentaires (gravures sur bois, photogravures, chromolilhograpliies, etc.), formant un véritable musée des arts, sciences, lettres, costumes, etc.
Mi( hc^lel est, sans conteste, bien plus intéressant et entraînant qu'Henri Martin* ; mais celui-ci possède un avantage des plus appréciables pour les travailleurs et les chercheurs. Il a eu le bon esprit de joindre à sa grande histoire une table analytique et alpliabétique, qui comprend tout un volume (le XVII') et permet de trouver instantanément le ren-
1. On a reproché à l'ouvrage de M. le lieutenant-colonel Uour^seLriur la ij::ueiTe de 1870 de n'élre qu'une compilation et parfois une copie textuelle des écrits de divers historiens : (•r. le journal /c Malin, 23 octobre 1900.
2. Par une singulière hyperbole, George Sand déclare (llistoivc de m<i vie, t. I, chap. vi, p. 232) « VHistoire de France d'Henri Martin, le plus beau des livres d'histoire publiés jusqu'à ce jour, parce qu'il est le plus complet ».
seignemenl désiré. Michelel étant, par un très fâcheux et déplorable oubli, entièrement dépourvu de tables détaillées, les recherches sont presque impossibles à travers ses quarante ou cinquante volumes'.
i. Il est vraiment inexplicable que ni Michelet, ni plus tard sa veuve, qui a fait paraître chez quantité dVditeurs (Flammarion, Lemerre, Hetzel, Calmann Lévy, Rouff, etc.) quantité d'éditions de VHistoire de France et de la Révolution, n'aient songé à cette table analytique générale. Jules Levallois, — qui avait été très lié avec le grand historien, et fut chargé par Mme "Michelet de la revision des épreuves de plusieurs de ces éditions; qui, lui-mchne, a publié, sous le titre De la Restauration à nos jours : 1815-1900 (Paris, Rouff, s. d., grand in-8, 696 pages), une « Suite à l'Histoire de la Révolution française par J. Michelet », suite très soigneusement faite, écrite par une plume de lettré et d'homme de goût, travail amplement documenté et très personnel, qui n'a d'autre tort que d'être édité dans un format incommode, format dit populaire; — Jules Levallois m'a plus d'une fois conté que Mme Michelet s'était plutôt préoccupée de multiplier et de répandre les éditions des œuvres de son mari que d'en améliorer l'impression et d'en faciliter l'étude et l'emploi : voir à ce sujet la i»réface de l'ouvrage de Michelet, Rome, préface signée de Mme Michelet, pages 55 et suivantes (Paris, Flammarion, 1891). On sait d'ailleurs (cf. notamment V Inlerinédiaive des rhcrrfu'urs et curieux, 2'i avril 1901, col. 608, et '22 juin 1901, col. 1071 ; et MiCHKLET, Ma Jeunesse, p. I8r> et p((ssim [Paris, Lévy, 1884], où Mme Michelet a substitué son texte à celui de son mari) qu'elle ne se privait pas de retoucher, délayer et « tripatouiller » la prose de Michelet; certains volumes posthumes, parus sous ce nom illustre, sont manifestement et prescpie en entier de la main de ladite veuve. Ouant à Michelet, (lui a toujours beaucoup voyagé, écrit tantôt ici et tantôt là, travaillé sur toutes les routes, et forcément sans documents suffisants ni notes intégrales, ses ouvrages, malgré leur très haute valeur et de superbes et admiral)les envolées, se ressentent (surtout les derniers) de ce manciuc
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Il serait d'ailleurs facile de citer nombre d'ouvrages où cette môme lacune existe, au grand dam et désespoir des travailleurs et fureteurs. Qui ne regrette et ne déplore, par exemple, que les volumes consacrés par les frères Edmond et Jules de Concourt
de précision, de ce défaut d'ordre, de ponctualité et de nnHhode. Les sources et références y sont très souvent vagues et trop peu nombreuses ; et Ion comprend bien que Sainte-Beuve, qui avait l'horreur de l'inexactitude et de Ta peu près, ait toujours témoigné peu de sympathie pour le plus fantaisiste de nos historiens, « le fondateur de Técole illuinince, •• comme il l'appelle (Chroniques parisiennes^ XX, '28 juillet 1845, p. 80. Cf. aussi les Nouveaux Lundis, t. IX, p. 9 : « Il est tel homme de lettres des plus célèbres en ce temps-ci, tel éloquent écrivain et historien ({ui bien souvent pourtant a heurté mon goût, froissé mes habitudes, et que j'ai été tenté mainte fois de reprendre assez vivement. Mais, d'autre part, continue Sainte-Beuve, j'ai un jeune ami tles plus distingués, [son secrétaire, Jules Levallois], à qui, dans un mou vcMnent d'explosion sincère, il est arrivé de dire devant moi, à proi)os de ce même historien : « Le jour « où Michelot disparaîtrait, je sentirais une fibre se briser « dans mon c(eur ». « J'ai compris dès lors que, pour être ainsi aimé et chéri, pour exciter en des ûmes d'éhte de tels tressaillements, il fallait que cet homme aux brillants défauts, à la parole pénétrante, eût quelque chose d'à part et de profond », etc.).
Les négligences, les erreurs, les bourdes, les enfantillages aussi, abondent dans Michelet, malgré, encore une fois, ses géniales qualités, ses merveilleux aperçus, son ardente passion pour le bien et le juste. Il place, par exemple, en Amérique, « dans les Antilles », l'île de Cabrera, qui se trouve sur les côtes (rEsi)agne, près des Baléares {Histoire du xi\' siècle, t. III, p. 200; Paris, Marpon et Flammarion, 1880). Il attribue à Benvenuto d'Imola une aventure arrivée à Boccace, dans le couvent du Mont-Cassin, et que Benvenuto ne fait (pie rapporter {IJisluive de France, t. IX, IntroducUon,
au x\aii* siècle {la Femme au xviiic siècle, rArt du xviii^ siècle. Portraits intimes du xviii^ siècle. Histoire de la société française pendant la Révolution^ etc.), volumes si nourris, si bourrés de faits, de portraits, d'anecdotes, où les noms propres fourmillent
p. 54). Dans ce môme tome (p. 50, note), il annonce quMI parlera des Juifs « à la fin du volume -, et, à celte fin, il n'en souffle mot. Le célèbre navigateur Jacques Cartier devient pour lui « Jean Cartier • {op. cit., t. X, p. 555). Il fait mourir en 1664 Molière, mort en 1675 (op. cit., i. XV, p. 207). Il fait, sans preuve ni raison, naître Cartouche à Bar-Ie-Duc {op. cit., t. XVII, p. 526), et naître de même à Cologne Rubens {Sur les Chemins de l'Europe, p. 251, note), qui est né à Siegen (Nassau) : cf. A.-J. Wauters, la Peinture flamande, p. 200; et Larousse, Michaud, Hoefer, op. cit., etc. Il affirme, dans l'Étudiant (Conclusion, p. 201), avoir vu, en 1848, • des hommes misérables, et presque sans pain, qui donnaient du pain à manger aux chevaux de:^ cuirassiers, » et « ces chevaux, dès ce moment, devenaient incapables de charger ». Il écrit (//t.s/oire de Fiance, t. XVIII, pp. 185-184), dans son style si volontiers haché et sibvllique : « Le roi, l)endant ce temps, avait eu sa victoire. La victoire achetée, et que d'autres avaient euf . Les chiffres parlent. Il l'eut le 10. Du 17au27, notre armée fut gelée. Le 19, cette fille se montra triomphante à l'Opéra, qui l'applaudit.... » Quelle fille? Impossible de le deviner. « Nos pères, lestes marcheurs, pouvaient quelquefois passer dans la boue.... Les nôtres, au contraire, que font-ils de leurs passions 1 » {Histoire du XIX* siècle, t. I, préface, p. x.) Les nôtres, qui ? quoi ? Nos pères encore ? « Un volume dépareillé de Racine, acheté sur le quai, par hasard, a fait le poète de Toulon. » [Le Peuple, première partie, chap. ni, p. 101.) Quel est-il, ce poète de Toulon, et pourquoi ne pas le nommer? 11 s'agit sans doute de Charles Poney, né à Toulon en 1821 ; mais il n'est pas question de lui et son nom ne figure pas dans les lignes qui précèdent. Dans ses Origines du Droit français (Paris, Calmann Lévy, s. d.), Michelet emploie presque à.
à chaque page, soient dépourvus d'index alphabéticfues? De mc^me pour 17//.s/o2>^ des Français de Théophile Lavallée (encore celle-ci a-t-ejle au moins une lable dos matières détaillée); pour YHUtoire de France^ d'aprêii les documents originaux et les monuments de
chafiue pasjo l'abréviation G., sans nous dire ce qu'elle sipjni- (ie probablement Grimm : cf. p. 4 : G. 461 ; p. 5 : G. 401 ; p. 6 : G. 459; etc.). Dans le même ouvrage, page 280, il dit en note : • ... Voyez l'extrait qu'en a donné M. Saint-Marc Girardin. » Mais où M. Saint-Marc Girardin a-t-il donné cet extrait? Dans jVo.s I-ils (livre II, cbap. vu, p. 112), il écrit : « Jusqu'en l'an 1200, le Pt'^re [Dieu le Père] n'a plus ni temple, ni autel, ni symbole. (V. Didron.) -Où « voir • [V.] Didron? Et plus loin (livre III, cbap. v, p. 176) : « // ne s'aperçoit pas que, j)ar ce dur chemin, sans s>?i apercevoir, il retourne au passe....* (Voir d'autres exemples des inadvertances et incohérences de Michelet dans l'ouvrage de M. Emile Fa- (iiKT. Il'ftides littéraires sur le xix" siècle, pp. 365 et suiv.) Presque jamais de références précises, chez lui, rien qui peiinette de vérifier les assertions, souvent étranges, de l'historien national. * Michelet, a fort justement dit Jules Levallois, dans son Journal manuscrit, cahier XXIII, 1889, p. 77 (inédit), m'apparaît comme un merveilleux artiste plutôt que comme un historien. Il peint les événements et les fait voir tels qu'il les voit, mais je ne suis pas du tout sur qu'il les voie comme ils se sont passés. • Et nous ne saurions mieux résumer notre sentiment surMiche- Icl que par cette appréciation et cet hommage : « Avec tous ses défauts, qui sont peut-être inséparables de ses qualités, son Histoire de France est la seule que nous ayons, parce ((ue, seul de tous les historiens qui ont tenté l'entreprise, il a eu l'im.igination assez forte pour « personnaliser » la patrie, et ainsi donner à son histoire quelque chose de ce vivant intérêt qui est celui de la biographie. Toutes les autres ne sont que des compilations. » (Ferdinand Bru- NETiKRE, Manuel de riiistoire de la littérature françaisCy p. 457.)
Vart de chaque épo^/wé^, par Henri Bordier et Edouard Charton, etc., etc.
Rien de plus utile, rien de plus précieux qu'une table ou index alphabétique, < accessoire obligé de toute bonne, complète et commode édition, » et Ton comprend bien qu'un chancelier d'Angleterre, lord Campbell, ait voulu demander, en 4850, qu'on privât de ses droits de propriété littéraire tout écrivain qui publierait un livre sans index*.
Les Causeries du lundi de Sainte-Beuve-, ses Portraits littéraires^ ses Portraits contemporains^ ses Nouveaux Lundis et son chef-d'œuvre, Port-Royal, constituent la plus accessible et la plus vivante histoire delà littérature française que nous possédions, histoire biographique et monographique, mais suffisamment détaillée et complète. Ajoutcz-y, comme complément ou correctif, sinon quelques gros ouvrages, tels que la monumentale Histoir<^ littérdlre de la France^ entreprise par les Bénédictins de Saint-Maur, et continuée par des membres de l'Institut (Fauriel, Daunou, Viclor Le Clerc, Paulin
1. Cf. A. DE BoiSLiSLE, Mémoires de Saint-Simon, Avertissement, t. I, p. Lxxi. (Paris, Hachette, 1879; collection des Grands Écrivains de la France.) Sur l'utilité, « l'absolue nécessité «• des index alphabétiques, voir notre tome II. pages 77-79.
2. « ... Ces admirables Lnndîs, qui sont comme VEnryclopédie des Lettres.... ». (Jules Claretie, Un secrétaire de Sainte-Beuve [Jules Levall ci s ], /e FzV/aro, 18 septembre 1905.) Cf. notre tome I, pages 197 et suiv.
Paris, Reuan,etc. *), bien lourde probablement pour voire humble collection d'amateur et de jouisseur lilléraire, les « cours » de Villemain et de Saint-Marc Girardin', V Histoire de la littérature française de Désiré Nisard, et d'agréables et consciencieuses études, inspirées par l'érudition et le goût modernes et mises au point (Taine, Emile Montégut, Paul Albert, Emile Deschanel, Gaston Paris, Petit de Julleville, Ferdinand Brunelière, Paul Stapfer, Emile Faguet, Anatole France, Jules Lemaître, Jules Levallois, Gustave Merlet, A. Gazier, René Doumic, Paul Bourget, Gustave Lanson, Georges Pellissier, Léo Claretie, Edouard Rod,etc.).
La Bibliothèque de V Enseignement des Beauay Arts ^ qui est d un prix relativement minime, et compte actuellement (1906) 58 volumes, tous accompagnés de nombreuses illustrations, nous sera d'un grand secours pour tout ce qui touche la peinture, la
1. « Le premier volume de V Histoire tiltéraire de la France par les religieux bénédictins de la congrégation de Sainl- Maur (dom Rivet, dom Tallandier et dom Clément) parut en 1755. Elle s'arrôta, lors de la Révolution, au douzième volume in-i; l'Institut de France en publie la suite.... >• (Ambroise FiRMiN-DiDOT, Esmi sur ta typographie, col. 842".) VHistoire littéraire de la France comprend actuellement (1906) 33 volumes et s'arrête au \\* siècle.
2. ViLLHMAiN, Cours de littérature française : Tableau de la littérature du moyen âge, 2 vol., Tableau de la littérature au xviir siècle, 4 vol., etc. (Paris, Librairie académique, dates diverses); — Saint-Marc Girardin, Cours de littérature dramatique, 5 vol. (Paris, Charpentier, dates diverses).
sculpture, Tarchileclure, la gravure, Tarchéologie, le mobilier, la tapisserie, etc., etc. Je vous signalerai encore, dans ce même genre d'études, YUistoire de Vart dans V antiquité de Perret et Chipiez; et le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines de Charles Daremberg, Edmond Saglio et Edmond Pottier, en cours de publication (190G : 3 volumes parus; le tome III, 2« partie, comprenant les lettres L.-M) ; mais que ces gros et savants ouvrages ne vous empêchent pas d'avoir sous la main le bon petit Dictionnaire des antiquités romaines et grecques d'Anthony Rich. Puis le Cicérone^ guide de Vart antique et de Vart moderne en Italie, de Burckhardt; V Histoire des peintres de Charles Blanc; V Histoire de fart pendant la Renaissance d'Eugène Muntz; les ouvrages de M. Emile Gebhart sur T Italie et la Renaissance, etc.
Les dix-neuf volumes de la Géographie wdversdle d'Elisée Reclus, Xq Dictionnaire géograpidque et administratif de la Fiance de Paul Joanne, et une collection des Guides Joanne et Baedeker (Joanne pour la France surtout) vous rendront en maintes occasions de signalés services.
N'oubliez pas non plus le Code et quelques bons ouvrages de droit, un manuel ou dictionnaire de médecine usuelle, le Bottin avec V Annuaire Hachette, et une collection complète d'un ou de plusieurs périodiques, — toujours selon la place dowV
vous disposez : — V Illustration ou le Monde illustré^ par exemple, où sont consignés, retracés par la plume et le crayon, les faits marquants de chaque semaine, et qui offrent, dans leur ensemble, l'histoire écrite et illustrée de notre temps*; la Nature; Viniennédlalre dd^ clu^rclmurs cl curieux^ un des recueils les. plus appréciés de tous les érudils et travailleurs; et le doyen de nos journaux à gravures sur bois, le Magasin pilforesffue (fondé en 1835), que, dans ses « Matériaux de la bibliothèque », M-. Guyot-Daubès place très justement en tète des collections à consulter, ce ({ui, ajoute-t-il, peut se faire aisément, grâce aux tables récapitulatives ^ Ces tables s'arrêtent maliieureuscment à Tannée 18812.
Rappelons enfin, — et c'est par là que nous au-
i. Mieux encore que ces deux grands périodiques, au point de vue qui nous occupe, au point de vue de la documentation et des bibliothèques, la Revue encyclopédique ou nniversetle, fondée en 1801 par M. Georges Moreau, de la maison Larousse, et dirigée i)ar lui avec tant de compétence et de soin, offrait, au fur et à mesure des événements, l'histoire écrite et illustrée de toute la vie contemporaine. (chaque année avait son index alphabétique, et, tous les cinq ans ou au bout de dix ans, ces index étaient réunis et fondus ensemble. Les recherches étaient ainsi des plus faciles, et cette publication, belle et bonne entre toutes, était en état de rendre à tous les écrivains et à tout le monde les plus signalés services. A la fin de décembre 191)5, la Revue universelle, au grand et très grand regret de tous, a cessé de paraître : on peut dire que rien ne la remplace.
'2. Glyot-Daubès, /Vlrf de chu^ser les notes..., pp. 108-101).
rions dû commencer, — rappelons une autre sorte d'ouvrages dont on ne devrait jamais se dessaisir, qui semblent destinés à devenir le point de départ et la base de toute bibliothèque particulière ; nous voulons parler des livres de classes, < de ceux qui ont servi à notre éducation, même depuis son début; de tous les livres dont l'étude nous a été imposée dans , les écoles primaires, secondaires ou supérieures; en un mot, de toutes nos grammaires, nos dictionnaires, nos livres élémentaires d'histoire, de géographie, de sciences, de mathématiques. Ces ouvrages nous ont donné généralement assez de mal dans notre jeunesse, nous ont occasionné assez d'ennuis, de travail et de fatigue pour que nous les connaissions.
€ Si plus tard, dans la vie, notre mémoire nous fait défaut, au sujet des connaissances acquises dans notre enfance, nous aurons près de nous le livre même dans lequel nous avions puisé ces connaissances, et nous saurons où retrouver rapidement la page, l'alinéa, se rapportant à notre recherclie.
< Toute notre éducation première sera ainsi résumée, condensée dans nos anciens livres occupant quelques rayons de notre bibliothèque ; ce sera, en un mot, la représentation matérielle de toute la première période de notre vie intellectuelle*. »
I. Guyot-Daubês, op, cil.^ pp. 106-107. Sur les livres de classes, les volumes d'écolier, « les bons vieux livres de
Voiîâ tino série d'ouvrages pouvant servir de fond ;\ toute bibliolhèque, une réunion d'excellents outils, pnvieux à tous ceux qui lisent, écrivent et étu-
ditMll-
Mai> ce ne sonl là en quelque sorte que des ^énér,i'i:t'<\ Or. chacun de nous a ses besoins et ses goûts partu uliors, chacun de nous, par vocation ou néces- >ito. par plaisir ou devoir, est poussé vers tel ou tel iTcniv de loctun^s et d'études*, où il arrive peu à peu cl forcement à se restreindre et se confiner; d'abord parce que nous nous plaisons tous à fréquenter lie prclcrcncc les gens et les choses que nous connai>>iM\> déjà, à approfondir, goûter et savourer de plu> en phis ce que nous savons: et parce que chaque ii»in lie 1 infini domaine de la science est à lui seul une immcnsilé.
loUôiro . \oir, dans noire tome II, page 100, des strophes oiiiprunloo^ à un volume de M, Jacques Normand.
1. ... On doit rechercher, dans le choix de ses livres, deux cli»»s«'> principales : 1^ un ensemble encyclopédique pouvant iiou< donner tout au moins un renseignement sommaire MU* quehiue sujet que ce soit; — 2<» une collection d'ouvrages spéciaux aux études qui nous intéressent d'une façon particulière. - ^(iivoT-nAunÈs, op. cit., p. 105.)
2. « ... les bibliothèques ne pouvant mieux estre comparées qu'au i>ré de Sénèque, où chaque animal trouve ce qui luyest propre : Bus hcvOdmj canis leporem, ciconia lacer tuni.» (Gabriel Naudé, AdvU pour dresser une bibliothèque, chap. in, p. "H.) Cf. supra, t. I, p. 150.
Les uns se cantonnent ainsi dans Thisloiro, dans une histoire spéciale, celle, je suppose, <le leur province ou de leur ville natale ; d'autres s'adonnent à Texamen de questions scientifiques, voire d'une seule question; d'autres s'attachent à une époque, à un groupe, une école, ou môme à un personnage de notre littérature. Nous avons vu* que le législateur Sieyès et l'idéologue Destutt de Tracy « lisaient perpétuellement Voltaire : arrivés au <lernier tome, ils reprenaient le premier et recommençaient- » ; que (juizot lisait chaque soir quelques sonnets de Pétrarque < pour se rasséréner l'esprit », qu'Alphonse Daudet, dans les dernières années de sa vie, avait arrêté son choix sur Montaigne ol l'ail des Esscfis son unique livre de chevet : et comhien partagent ce culte fervent pour rinronijjarahle moraliste, en qui revit, résumée et condensée, toute l'antiquité! Combien se sont de même passionnés pour Horace, pour Dante ou pour Shakespeare, et h combien Rabelais, Régnier,. Molière, La Fontaine ont on auraient pleinement suffi!''
Tenez-vous-en donc, dans vos lectures, an précepte de Sénèque, de Pline et de Voltaire : no vous prodiguez pas, ne vous gaspillez pas. ('c n'est qu'à la jeunesse qu'il convient d'aspirer à tout connaître,