‹ Le livre: Historique--fabrication--achat--classement--usage et entretienChapitre 6 sur 156 · Sainte-Bki'VE, Portrnils liltérah-en^ t. II, p. i · texte numérisé non relu

Sainte-Bki'VE, Portrnils liltérah-en^ t. II, p. i

3. Cf. notre tome I, pp. 225 et suiv., PitHlilections parliculières et Auteurs préférés.

à tout voir el tout lire, et de s'espacer, s'égailler^ courir çà et lu, partout, au hasard des circonstances. Vous, voire choix est fait, votre cercle d'études est tracé, la liste de vos auteurs préférés est close... ou à peu prés. Si vous voulez profiter et jouir de vos lectures, ne quittez pas ce champ, si restreint qu'il soit et que vous l'ayez fait; appliquez-vous à le creuser, à le fouiller et le retourner :

Un trésor est caché dedans,

comme dans celui du vieux laboureur de La Fontaine, et

C/csl le fonds qui manque le moins.

Prenons un cas des plus habituels, le plus fréquent sans doute chez nous, en France. Supposons que ce soit vers nos grands écrivains, du xvi^ au xx*^ siècle, que se dirigent vos préférences, — quitte à vous d'opérer une sélection et de vous limiter dans ce vaste et glorieux patrimoine. Rappelons que ce sont des volumes de format moyen (in-18 jésus environ) qu'il nous faut*, imprimés correctement sur

i. Nous ne saurions trop insister sur ce point, sur Textrôme importance de la commodité du format. On ne lit pas (surtout les myopes, et presque tous les fervents liseurs sont ou deviennent myopes) les volumes de grand format, les in-folio, les in-4 ni même les grands in-8, trop encombrants et trop lourds à la main ; on les consulte sur une table

bon papier, en caractères bien lisibles, et de prix abordables, — ne dépassant pas, par exemple, le prix de la nouvomité, T) francs ou o fr. 50. Quelles^ éditions allons-nous choisir?

Un de nos devanciers, .Jules Richard, dans son

traité de VArt de former une bibliothèque^ s'est déjà posé la question, et n a pu la résoudre : aucune édition existant actuellement en librairie ne remplit les conditions requises.

< J'ai toujours, écrit-il S déploré le sans-géne avec lequel on fabrique les livres pour le peuple. Généralement c'est honteux! Dans ce temps de doctrines humanitaires, où Ton parle tant d'instruction gratuite et obligatoire, je ne conçois pas qu'une Snrirté des bons livides, ayant pour but de fournir à bon marché au peuple une édition convenable dos classiques français et étrangers, ne se soit pas formée» sous la protection ou en dehors du gouvornonioiiL Le goût du livre est enfanté par le goût do la lecture, et il ne faut pas que le goût de la leclnre soit entravé par les apparences repoussantes du livre. »

ou un pupitre : on ne lit que les livres faciles à tenir et à manier. Voilà pourquoi les publications dites populaires, ces romans illustrés publiés en livraisons de luiit pages in-8 colombier (O,^^ x 0,315} ou même in-8 jésus (0,17r) x0,27:)), destinées à être reliées, ne peuvent, sous cetle dernière forme, réunies en énormes, épais et pesanls volumes, (pie décourager les plus avides « bonnes volontés », et leur faire l>crdre le goût de la lecture. Cf. supra, t. 111, pp. 110-117. 1. Op. cit., p. 120.

< Mellre à la portée des petites bourses des éditions portatives, bien faites et agréables à Tœil, » tel est le but que Jules Richard*, comme tant d'autres amis des livres et du peuple, aurait voulu voir alleinl, et qui reste toujours éloigné, toujours à rétat de projet ou de rêve, malgré les plus pressantes, les plus légitimes et on peut dire aussi les plus patriotiques réclamations*.

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