‹ Le Livre, illustration - la reliureChapitre 103 sur 140 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

dont nous avons parlé ont été pour leurs contemporains. Maintenant, les procédés d^illustration ne se comptent plus; il y a le bois, le creux, Théliogravure Dujardin, la phototypie, la photoglyptie, le gillotage en relief, le gillotage en couleur. J'en passe et de nombreux assurément. Et, si les moyens mécaniques, si les

Fig. 88. — Balzac écrivant ses Contes drolatiques. Vignette de Gustave Doré.

héliogravures ont à présent l'importance qu'on sait, cela ne tient aucunement à leur valeur intrinsèque, mais à la rapidité et à l'économie de leur fabrication. Le Livre, le vrai livre n'a que faire de toutes ces inventions, et il s'en peut tenir au burin ou à la taille d'épargne. Peut-être cependant en mentionnerons-nous ici un fort amusant, imprimé ces années passées avec des illustrations en couleur de Gillot, le Conte de V Archer; mais les édi-

teurs n^ont pas retrouvé la bonne manière, le Voj^age de Saint-Cloiid en est la preuve irréfutable.

Pour ce qui est du Livre proprement dit, il ne fut jamais Pobjet de soins plus excessifs ou de précipitations plus malheureuses. Il est à remarquer que les ouvrages les moins destinés à demeurer dans les bibliothèques, ces milliers d'opuscules boiteux sur des questions de petite érudition provinciale, ou ces romans de cape et d'épée tard venus, sont d'ordinaire les mieux imprimés et les plus soignés, au rebours d'autres plus importants composés en têtes de clou et dont le papier s'effrite. 11 y a , dans les cabinets de lecture, bon nombre de brochures qui seront introuvables dans cinquante ans et qu'on payera leur poids de billets de banque, même salies, même déchirées, à cause de leur rareté.

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