CH.^ PITRE VII
tées dans les travaux manuels , correspondant à la somme de travail moyenne d'un bon ouvrier. M, Ladevèze, imprimeur, pensait que la journée représentait un nombre de lettres employées par un compositeur, soit environ vingt mille de petit romain ou de cicéro. Charles IX avait rendu, le 7 septembre iS/i, une ordonnance où il prescrivait aux imprimeurs de donner « aux bons ouvriers tels salaires, grands ou petits, qu''ils adviseront convenables eu égard à la dextérité et diligence, et à Touvrage qu^ils pourront rendre chascun jour, sans que ceux qui, par leur paresse ou moindre dextérité, ne pourront rendre tant de besongne, s'en puissent plaindre ».
Selon nous, la journée des compositeurs et celle des ouvriers de la presse se calculaient différemment; ces derniers devaient tirer un certain nombre de feuilles.
La feuille, composition et tirage compris, coûtait à peu près sept écus, soit environ quarante-cinq francs de notre monnaie. Jamet Métayer faisait payer vingt écus quatre feuilles dUmpression en italiques. Il demandait trois mois pour le travail.
Les presses primitives étaient dites en bois ou à nerfs . Elles allèrent ainsi Jusqu'au commencement de ce siècle, où le célèbre lord Stanhope, électricien, écrivain et homme politique, les perfectionna et donna son nom à une nouvelle machine. Son amélioration consistait en ceci , que le barreau n'était plus fixé à la vis, mais à un cylindre en dehors. Un contrepoids ramenait la platine en place à chaque coup. Auparavant, Pierre Didot avait fait construire des platines en
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fonte. C'est en 1820 que Temploi de la machine Stanhope commença en France.
L'Angleterre a d'ailleurs joué un rôle prépondérant dans les inventions typographiques. L'imprimeur du Times, John Walter, cherchant à publier plus vite son journal, au commencement du xix« siècle, s'adjoignit des praticiens qui lui construisirent des presses mécaniques. Les Didot ne perdaient point leur temps d'ailleurs et ils cherchaient, eux aussi, des perfectionnements.
En 1848, rimprimerie du Constitutionnel donnait, grâce à l'application de la vapeur, jusqu'à 20,000 journaux à l'heure. De notre temps il y a eu les machines en blanc, n'imprimant que d'un seul côté à la fois; puis les machines doubles et à retii-atioii, imprimant les deux côtes. Les machines rotatives à papier continu tirent 35, 000 numéros à l'heure. Sur les machines de Marinoni, le grand inventeur, le papier déroulé en ruban s'imprime, se coupe, se plie sans quitter la machine et tombe dans un endroit où l'on n'a plus qu'à prendre le journal pour l'envoyer à l'abonné. Il va de soi que le livre soigné n'a rien à voir dans ces procédés merveilleux.
Il sortirait de notre cadre de nous étendre longuement sur la fabrication du papier. Ce qui est certain, c'est qu'on en faisait bien avant l'invention de l'imprimerie, car la plupart des comptes du xv« siècle sont écrits sur des feuilles de coton très résistantes et très collées. Plus tard on se servit des chiffons pour cette fabrication, et, en deux mots, voici comment on faisait le papier à la forme :