‹ Le Livre, illustration - la reliureChapitre 124 sur 140 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Fig. 103. — Reliure de Le Gascon pour le cardinal Mazarin, d'aprcs l'original de la Bibliothèque Mazarine.

consistait - a promener un petit instrument en roue,

ay) LE LIVRE

gravé, préalablement chauffé, sur Tor en feuilles collé, dans lequel il imprime ses saillies.

Avec Louis XIV, la passion des dorures s'accroît; on invente de bien charmants festons , mais on en abuse bientôt, on en inonde les bibliothèques. Sur les plats se voient les soleils éclatants, les armes, les guirlandes d'or. Cramoisy dirige la reliure pour le roi, qui consacre de grosses sommes à l'acquisition de cuirs du Levant. En 1666, le directeur des travaux réclame du maroquin incarnat; en 1667, il reçoit 22 douzaines de peaux, montant, avec les frais de transport , à 1,020 livres tournois. Successivement, les approvisionnements se font et servent aux volumes de la Bibliothèque royale; 6g douzaines en 1667, 46 douzaines en 1668 et 333 douzaines en 1670, coûtant au roi plus de 12,000 livres*! Sur ces peaux admirablement tannées, et qui, malgré un service incessant, tiennent encore aujourd'hui comme au premier jour, le roi faisait appliquer, suivant les formats, des fers en bordure et ayant au milieu les armes de France avec le collier du Saint-Esprit.

Parmi les praticiens mentionnés dans le très utile ouvrage de M. J.-J. Guiffrey sur les Dépenses de Louis XIV, nous avons trouvé Gilles Dubois, mort avant 1670; Levasseur, relieur de Huet, évêque d'Avranches, pour lequel il avait habillé un Bréviaire de Soissons^ conservé à la Bibliothèque nationale, travail payé i5 livres, d'après le journal du célèbre évêque; La Tour, Mérins ou peut-être Mérius, mort avant 1676. Il

I. J.-J. Guiffrey, Comptes des Bâtiments du Roi (Collection des documents inédits), à la table.

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