CHAPITRE IX. }i
basses, étaient rayonnées à Pentour; au milieu, des meubles à hauteur d'homme contenaient aussi des ouvrages. Les lecteurs se servaient eux-mêmes et s''asseyaient pour travailler. A Pextérieur, le bâtiment n'avait rien de somptueux, mais il était isolé et spécial. De notre temps, cette collection renferme la bible de Luther, son verre, son encrier et son portrait par Cranach.
Une autre bibliothèque curieuse dès le commencement du xvii" siècle était celle de la ville de Leyde. Une gravure de Woudan nous la montre en 1610 dans son état, avec ses classifications et ses divisions. Les livres étaient rangés dans des meubles munis de pupitres à hauteur d'appui. Chaque volume se plaçait la tranche en avant et non pas cotnme aujourd'hui, on l'attachait solidement, et on ne pouvait le consulter que sur place. Chaque corps de meuble contenait une série d'auteurs, les théologiens, les philosophes, les littérateurs, les mathématiciens, les médecins, les historiens, les jurisconsultes. La salle, disposée en carré, prenait jour par des fenêtres à droite et à gauche. Entre ces baies, il y avait des portraits, des vues de villes, des cartes. A droite, dans une armoire, on avait enfermé le legs de Joseph Scaliger.
Les communications étaient moins libérales qu'à Wolfenbûttel. Les lecteurs se trouvaient obligés de prendre eux-mêmes les ouvrages et de les lire debout devant les- pupitres.
En Angleterre, il faut citer la célèbre bibliothèque d'Oxford, augmentée et restaurée en 1597 par sir Thomas Bodley, ancien ambassadeur de la reine Elisabeth.
Jirt LE LIVRE.
Aux ouvertures généreuses de ce riche seigneur, on avait répondu par une approbation unanime. Il offrit donc au dépôt de l'Université les volumes recueillis par lui durant ses voyages sur le continent, et dont la valeur dépassait 10,000 livres sterling. La première pierre d'un nouveau monument fut placée en 1610, mais dès r6o2 la collection était ouverte aux lecteurs dans un local provisoire.
Le graveur David Loggan nous a conservé des vues intérieures de la Bodléienne au xvii^ siècle. Les salles étaient disposées en forme d'H, avec pavillons de l'orient et de Toccident réunis par une galerie. Les livres étaient et sont encore dans des corps de bibliothèque placés. contre les murs, avec tablettes et bancs immobiles. On ne déplace pas les volumes, on les consulte à leur lieu même. Chaque salle a deux étages, on accède au second par des balcons.
A Londres, ce fut Hans Sloane qui eut Tidée de fonder une grande collection, en offrant à TÉtat pour 20,000 livres sterling des volumes qui en valaient en réalité 5o,ooo. Créé en rjSS par un acte du parlement, le British Muséum, comme on le nomme, s'augmenta vite de plusieurs bibliothèques particulières, entre autres de celle de Henri VI II qu'on y joignit sous le règne du roi Georges IL La Harlélenne y mit 7,5oo volumes et Robert Cotton y versa des manuscrits. Il compte aujourd'hui près de t,3oo,ooo imprimés et n'a pour le dépasser que la Bibliothèque de France, soit comme nombre de livres, soit comme quantité de lecteurs.
Si nous recherchions celles des villes de l'Europe