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CHAPITRE PREMIER

lettre de Guillaume Fichet, prieur de Sorbonne, dont nous aurons à parler longuement ci-après, à Robert Gaguin, lettre trouvée par M. A. Claudin en tête de Touvrage intitulé : Gasparini Pergamensis orthogra- ■phiœ Liber, publié en 1470, vingt ans à peine après les premiers travaux de Mayence, Gutenberg est proclamé rinventeur de la typographie. A défaut d'autre ce témoignage d'un savant, qui, le premier, amena à Paris les imprimeurs allemands, nous paraît à peu près irréfutable.

En ce qui concerne Jean Fust et son petit-fils par alliance Pierre Schoiffher, ils se défendent assez par leurs œuvres pour qu'on n'ait pas à en dire autre chose ici ; sans doute de graves présomptions s'élèvent dans notre esprit sur la délicatesse de leurs rapports avec Jean Gutenberg, mais nous ne sommes point si osé que de les charger outre mesure. Nous ne savons rien de précis sur ces temps ni sur ces hommes.

Qu'on imagine à présent d'humbles ouvriers, les plus simples des « gens de mestiers », pour employer l'expression française d'alors, enfermés dans une manière d'atelier noir comme une forge de campagne, réunis en petits groupes de deux ou trois personnes, dont les uns dessinaient et les autres taillaient le bois; qui avaient auprès d'eux une table sur laquelle on maintenait la planche gravée après avoir frotté ses reliefs d'encre grisâtre; qui ensuite, au moyen ànfrotton, appuyaient le papier humecté sur ces saillies, et l'on aura en peu de frais d'idées toute l'économie des impressions xylographiques.

Si Ton ajoute à cet atelier primitif la matrice où

Ton coule les caractères, la boîte où on les distribue par lettres, la forme où on les range pour composer les pages, et une petite presse à bras; de Tencre plus noire, du papier humide pour permettre à Tencre grasse de s'imprégner plus profondément, ce sera, si Ton veut, la chambre de travail de Gutenberg, Fust et Schoiffher et des premiers imprimeurs à lettres mobiles.

Ainsi était née de la peinture, en passant par la taille d'épargne à son enfance, la typographie, qui devait révolutionner les idées et un peu les mondes. Mais Fart nouveau n'apporta î)as seulement sa grande lumière, il étendit le cercle de la gravure, qui jusque-là se mouvait dans des difficultés énormes de reproduction. Comme si le temps eût été mj&r pour toutes ces choses, presque au moment où les premiers typographes se manifestaient par des œuvres sérieuses, un orfèvre florentin rencontrait par hasard la taille du métal en creux ^. Que fût-il arrivé de ce procédé nouveau si les presses de Gutenberg ne fussent venues apporter leur puissant concours aux impressions d'estampes ? Il se trouva donc que l'imprimerie rendit au centuple à la gravure ce qu'elle en avait reçu, et qu'elle l'entraîna à sa suite dans une marche rapide.

Alors réapparurent, suivant de nouveaux procédés, les figures un peu abandonnées durant la période de transformation suscitée par les ateliers de Mayence. Notre but est de parler plus longuement du livre orne et illustré suivant les moyens en relief ou en creux, de

I. L'opinion faisant de Finiguerra l'inventeur inconscient de la gravure en creux est aujourd'hui fort battue en brèche. Nous no pouvons prendre part dans le débat, à propos du Livre.

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