CHAPITRE PREMIER. jp
aussi vite qu'il était venu, avec Albert Pfister, sans laisser la moindre trace; on n'y retrouve plus d'imprimeur avant 1480, plus de vingt ans après !
Gutenberg était mort avant 1468; il fut enterré dans l'église des Récollets de Mayence par les soins pieux d'un ami qui lui attribua sur son tombeau l'invention de la typographie.
On devait commencer à comprendre l'influence de cet homme dans la découverte dont tout le monde parlait alors, mais les bouleversements de la cité archiépiscopale ne pouvaient guère laisser place à des idées bien justes sur la valeur respective des inventeurs. Pierre Schoiffher et Jean Fust n'avaient pas été très atteints par les crises politiques. Après deux ans d'abstention, ils reparaissent avec un De Officiis, de Cicéron, toujours en progrès et toujours supérieurs à euxmêmes. Cette fois, ils sortaient franchement des publications religieuses et, chose plus extraordinaire encore, ils employaient des caractères grecs ( 1465. In-40).
Telle est, dégagée des contradictions incroyables des écrivains d'art et esquissée seulement dans ses grandes lignes, l'origine à peu près établie aujourd'hui de l'imprimerie. C'est d'abord l'image gravée en relief, que nous ne sommes point allé chercher en Chine avec quelques-uns de nos prédécesseurs. Sur cette image furent bientôt taillées, par le même procédé à^épargne^ des légendes explicatives, qui donnèrent idée d'imiter les manuscrits, et les xylographes parurent avec ou sans figures. Puis on en vint à corriger les erreurs dans ces livres, et à trouver ainsi le caractère mobile en bois.
Cette lettre en bois, possible quand on se servait dufrottoji pour rimpression, s'écrasa rapidement sous la presse, dont avait donné Tidée le pressoir vulgaire des vendanges. On chercha dans le sens du caractère métallique à couler dans un moule frappé au poinçon. Ce dernier ne fut pas inventé alors, il servait précédemment aux monnaies et aux sceaux. On l'adapta tout simplement à la fabrication de la matrice des lettres. Dans cette matrice on jeta du plomb qui donna le caractère désiré; ainsi furent publiés les premiers livres dont nous avons raconté brièvement la composition.
Pour la part de gloire à réserver à chacun des premiers typographes, il faut se garder également de s'égarer en bien ou en mal. Nous avons cherché à démêler, dans le fatras des publications, les opinions possibles, ou basées sur des documents certains. Que l'origine des donats, des xylographes, soit hollandaise, il serait puéril de le nier, car, d'un côté, les planches à images sont sûrement de l'école de Van Eyck, et, d'autre part, Ulrich Zell, qui inspira la Chronique de Cologne en 1499, assigne positivement aux donats la Néerlande comme berceau. Or il était disciple de Gutenberg , il avait pu l'entendre discuter sur cette question. Après cela nous nous inquiéterons peu de Laurent de Coster; le nom ne fait rien à la chose, en pareille occurrence.
Pour ce qui est de Gutenberg, nous n'avons pu aller aussi loin que M. E. Dutuit, qui, dans le Manuel d'estampes (t. I", p. 236, 287 et suiv.), met en doute son droit au titre d'inventeur. Il est constant que, dans une