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CHAPITRE PREMIER

Origines du Livre. — Les graveurs en relief. — Le Saint-Christophe de 1423, origine des xylographes. — Les xylographes. Douais et spéculum. — La légende de Laurent de Coster. — Xylographes à caractères mobiles. — Jean Gaensfleisch, dit Gutenberg. — Le procès de Strasbourg. — Gutenberg à Mayence. — Fusl et Schoiffher. — Les lettres d'indulgences. — La Bible. — Le Catholicon. — La Bible de Mayence. — Causes dela.dispersion des premiers typographes mayençais. — Considérations générales.

E Livre a toujours été l'image la plus parfaite de Tépoque oti il fut écrit et illustré. Naïf et sincère à son origine, orné très simplement de figures rudimentaires, il prend au xvr siècle les grandes envolées de la Renaissance, joyeux ou raisonneur suivant le cas, habillé de ce qu'on appelait alors des « histoyres », c'est-à-dire de gravures merveilleuses, et tout délicatement imprimé de gothique, de romaine, ou d'italique précieuse. A la fin du siècle, il a quitté le bois pour la gravure en creux, il exagère son mysticisme ou sa satire, au gré de la politique et des que-

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relies religieuses. Puis, sous Tinfluence des peintres ei des courtisans du grand règne, il se change du tout au tout, il porte perruque si Ton peut ainsi dire, donikant dans les allégories et le convenu, pompeux et grandiose, s^ornant de colonnes et de pilastres, au lieu des anciennes arabesques et des rinceaux de la Renaissance, pour continuer par les coquetteries de la Régence, les fadeurs et les bergeries des règnes qui suivirent, jusqu'à prendre à la fin et tout à coup des mines austères, des allures grecques et romaines avec les héros de la Révolution.

C'est que le Livre, né de la peinture, a toujours été lié étroitement aux mœurs de nos pères, comme l'art lui-même. L'artiste subit plus qu'il ne croit les tendances de son milieu, et s'il lui arrive parfois d'imposeï ses goûts, il a toujours plus ou moins reçu d'ailleurs l'influence première.

La vogue des emblèmes avait au xvi" siècle fait placer au bas des portraits de Gaston de Foix une plante hâtive, aussitôt mûre que poussée, et la légende portait en latin : Nascendo maturus^ mûr en naissant. Le Livre mériterait la même devise. Il fut dès le premier jour ce que nous le voyons encore aujourd'hui, une merveille de simplicité et d'harmonie. Il n'y eut guère à son endroit de tâtonnements que ceux qui précédèrent la découverte de l'imprimerie; on peut dire que dès l'instant ou Gutenberg eut l'idée de séparer les caractères, de les placer dans la forme en alignant des mots, d'encrer le tout et de tirer sur papier une épreuve de la composition ainsi obtenue, le Livre était parfait. Tout au plus, pouvait- on entrevoir dans un temps prochain

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