‹ Le Livre, illustration - la reliureChapitre 26 sur 140 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

promptement suivi; les ouvriers allemands ouvrirent leurs ateliers un peu partout en France, puis les nôtres s'en mêlèrent. A Lyon, dès 1472, ce sont 1er, Français qui tiennent ; à Angers, de même ; à Caen, à Metz, à Troyes, à Besançon, à Salins, également. Mais dans le midi on trouve Henri Mayer à Toulouse, Jean Numeister à Albi ; on rencontre, dans Test, Metlinger à Dijon; et un Bâlois, Michel Wensler, à Mâcon, sans compter les autres, entre 1470 et 1480.

Nous voici arrivés à une époque où les efforts grandissent; les libraires de Lyon emploient les lettres ornées, par où sont revenues les gravures dans le Livre. Depuis les xylographes Pillustration était dédaignée, parce que les moyens manquaient de mettre, de ci de là, des planches dans une forme. Pourtant Schoiffher employait des initiales en bois assez semblables à des vignettes. Disons, en passant, que Jean Fust était mort et que Pierre Schoiff'her continuait à publier sans relâche.

Si Ton cherchait dans l'histoire du Livre Tépoque précise à laquelle Pilltistration apparut, peut-être faudrait-il encore remonter à Albert Pfister, imprimer.r à Bamberg, qui donna en 1461 une édition des fables d'Ulrich Bohner avec cent une figures. C'est là, à proprement dire, le passage inconscient du xylographe à la typographie, une sorte de transformation d'éléments anciens en choses nouvelles, sans autre importance. L'art n'est pour rien dans cette adaptation.

Jusqu'à ce temps, l'Allemagne n'avait pas, dans son école de peintres ou de miniaturistes, des hommes capables de donner à l'ornement une impulsion per-

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sonnelle. Déjà, dans les éditions allemandes des xylographes, rinfluence des Van Eyck, pour être traduite en tudesque, n'en était pas moins très sensible, et les Flandres avaient conservé sur ce point toute leur suprématie. Au contraire, les imprimeurs allemands, qui allaient chercher fortune en Italie, tombaient dans un milieu admirablement préparé à les recevoir et à leur communiquer ses tendances. Il semble. Jusqu'à nouvel ordre, que le premier livre imprimé avec date certaine et figures en relief tirées dans le texte est l'ouvrage d'un Allemand établi à Rome, Ulrich Hahn, en 1467.

Si Ton en croit certaine histoire sans indications de sources, insérée dans V Annuair-e du bibliophile (1862, p. 2 1 3), Ulrich Hahn aurait installé des presses à Vienne, capitale de l'empire, vers 1462. Les hasards de son métier lui ayant fait éditer un pamphlet contre le bourgmestre de la ville, celui-ci souleva ses administrés et durant l'émeute les outils de l'insulteur furent jetés à tous les vents. Dans ces circonstances malheureuses, le fameux Torquemada attira le proscrit à Rome ou il lui confia l'impression de ses propres œuvres, les Meciitationes , qu'il voulait orner de figures. Ulrich Hahn était lui-même graveur ainsi que la plupart de ses confrères d'alors, c'est-à-dire qu'un dessin une fois donné sur le buis, il se faisait fort de le tailler en relief, pour s'en servir en l'intercalant dans le texte, ainsi qu'une lettre plus grosse. Passavant rapporte je ne sais quelle légende d'après laquelle les planches des Meditationes auraient été prises sur les compositions de Fra Angelico. mort en 1455. Il est aujourd'hui

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