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Fig. 15. — Vignelte en- creux, gravée par Baccio Baldini pour El monte Saitto di Dio, en 1477-
rendre la feuille de papier, destinée au tirage, assez
malléable pour qu'elle fasse chiffon, et qu'au coup de presse elle aille pour ainsi dire chercher l'encre des sillons, et la garde. Il est, partant, impossible de tirer un texte à caractères en relief en même temps qu'une gravure en creux.
Cependant ce genre de reproduction qui, au contraire du bois, laissait place aux demi-teintes et aux dégradations, séduisit de bonne heure les ouvriers du Livre. Il leur sembla possible de concilier les deux tirages par des passages successifs d'une même feuille de papier sous la presse, pour y recevoir d'abord l'empreinte des caractères du texte, ensuite pour chercher l'encre déposée dans les tailles du cuivre. La première manifestation de ce nouveau moyen d'illustration eut lieu à Florence, patrie de la gravure en creux , chez Nicolo di Lorenzo, en 1477, pour l'ouvrage d'Antonio Bettini da Siena intitulé El Monte Santo di Dio. Ici les artistes n'étaient point les premiers venus. Si l'on se range à l'opinion commune, Baccio Baldini aurait emprunté à Sandro Botticelli le sujet de ses planches. Toutefois la gravure italienne cherche sa voie avec Pollajuolo, Botticelli et Baldini; elle n'est plus déjà un simple travail de nielleur, mais elle n'a point rencontré encore sa formule parfaite, ni dans son travail ni dans son tirage. Les illustrations du Monte Santo en sont la preuve, comme sont aussi celles du Dante par Baldini, pour le même Nicolo di Lorenzo, en 148 1, dont nous reproduisons ici les Avares*.